Henri Mathias Berthelot, né le à Feurs (Loire) et mort le à Paris, est un général français, grand-croix de la Légion d'honneur et médaillé militaire, ayant servi pendant la Première Guerre mondiale.

Biographie vignette|Plaque de la maison familiale du général à Nervieux. Fils d'un capitaine de gendarmerie, c'est en 1861 que naît Henri Mathias Berthelot, à Feurs. Élève brillant, il étudie au lycée impérial de Lyon et est bachelier en 1879. Il réussit le concours de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1881. Il en sort classé sur 342 dans la promotion "Égypte". Il achève sa formation en Algérie en tant que sous-lieutenant au régiment de zouaves de Koléa. Son supérieur le décrit comme un « officier d'avenir ». Il reste en Algérie jusqu'à la mi-.

Il part ensuite pour l'Indochine, il y reçoit son baptême du feu pendant la guerre franco-chinoise de 1884-1885. Il est promu lieutenant en 1886. Le général Charles Warnet, le chef du corps du Tonkin, lui trouve une grande habileté dans ses travaux. En , il est fait chevalier de l'ordre du Dragon d'Annam. Quelques jours plus tard, à la suite d'une fièvre, il est rapatrié en France.

Une fois en France, il rejoint le régiment d'infanterie à Gap. Une année plus tard, il est reçu à l'École de guerre. En 1891, il reçoit son brevet d'état major et est promu capitaine. À la suite du stage obligatoire à l'état-major, il part en Autriche pour améliorer son allemand. Il passe ensuite les douze années suivantes de sa carrière sous la protection du général Joseph Brugère. Il devient son officier d'ordonnance et se montre « ferme républicain » dans le régiment d'infanterie à Reims puis au corps d'armée à Bourges. Après avoir intégré le corps d'armée à Amiens, il est réaffecté au régiment d'infanterie à Reims en . Par la suite, il est muté au régiment d'infanterie en juillet 1899.

Peu de temps après, il rejoint Brugère, alors gouverneur militaire de Paris. À ce poste, il supervise l'organisation du pavillon de l'armée pendant l'Exposition universelle de 1900. Il continue à travailler auprès de Brugère quand celui-ci est nommé vice-président du Conseil supérieur de la guerre. En , il est nommé chef de bataillon et accompagne en 1901 en tant qu'officier d'ordonnance de Brugère, le tsar Nicolas II à Reims. En 1902, il reçoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur. vignette|gauche|Berthelot et le général Brugère lors des Grandes manœuvres de l'Est de 1901 avec Nicolas II. thumb|Henri Berthelot assure le maintien des liens entre les Alliés et la Roumanie (photographie prise en Roumanie le ).|alt=banquet

En 1903, il quitte le service de Brugère et devient commandant du bataillon de chasseurs à pied de Baccarat. En , Brugère lui demande de revenir auprès de lui et en décembre de la même année il est nommé au bureau de la direction de l'infanterie. En mars de l'année suivante, il devient lieutenant-colonel et en octobre secrétaire du comité technique d'état-major. Promu colonel en 1910, c'est en 1911 qu'il commande le régiment d'infanterie. Pendant deux années et demi, il passe son temps entre son régiment et Paris, où il travaille avec le général Joffre, chef d'état major des armées. Il intègre la commission de révision du service des armées. En , il accompagne Joffre en Russie. Il est fait général de brigade en . Il entre à l'état-major général en .

Il devient le maître d'œuvre du plan XVII, le plan de mobilisation et de concentration de l'armée française en cas d'entrée en guerre. En 1914, il est premier aide-major général du général Joffre chargé des opérations. Berthelot est responsable des trois premiers mois d'opérations au début de la Grande Guerre, avant d'être remercié par Joffre.

Dans le sens où il a contribué à mettre en œuvre sur le théâtre des opérations les principes de l'offensive à outrance et a refusé de prévoir l'invasion de la France à travers la Belgique en 1914 en dépit des indices avant-guerre puis des évidences dès (appel des réservistes en Allemagne) et début août (, invasion de la Belgique), Berthelot a été qualifié dans les médias de « mauvais génie » de Joffre. Selon la biographie du général Lanrezac écrite par Fernand Engerand en 1926, c'est seulement le que le Grand Quartier général a réalisé son erreur, soit trop tard pour venir en aide aux Belges et pour arrêter les Allemands.

Le , Berthelot reçoit son avis de mutation à la tête du de divisions de réserve : c'est la disgrâce. En , il mène une offensive à Crouy, près de Soissons. En échec après de durs combats, il est contraint de se replier en arrière des positions de départ. C'est la nouvelle disgrâce.

Du au , il commande le corps d'armée ou « groupement Berthelot ». Il est à Verdun, dès , où il doit défendre puis reprendre le Mort-Homme et la cote 304. Son optimisme et son souci des conditions matérielles des soldats lui permettent de prendre l'ascendant sur ses troupes et de résister, avant d'obtenir des succès offensifs. Le quitte Verdun en juin 1916.

Le , il est placé à la tête de la mission militaire française en Roumanie, dite mission Berthelot, forte de près de et sous-officiers. Il réorganise l'armée roumaine, lourdement défaite par l'Allemagne et résistant à grand-peine en Moldavie entre janvier et . La révolution russe retirant ce pays du conflit, la Roumanie doit finalement signer l'armistice de Focșani le ..

vignette|gauche|Timbre hongrois surchargé Occupation française en 1919.

Après son retour en France, le général Foch lui confie le commandement de la armée du au . Il perce le front à deux reprises d'abord courant près de Reims à la poursuite des Allemands (repli vers la ligne Hindenburg) et ensuite le quand il franchit la Vesle près de Jonchery. Le , au moment où les Empires centraux s'effondrent et où les troupes allemandes se retirent de Roumanie qui reprend les armes le 10 novembre, Berthelot est envoyé en mission dans ce pays, moins pour une nouvelle offensive alliée que pour contenir la pression révolutionnaire en Bessarabie et en Hongrie où, avec des contingents roumains et français, il crée le l'armée du Danube, avec laquelle il contribue à empêcher la République soviétique d'Odessa d'entrer en Moldavie (1918) et à défaire les Hongrois bolchéviks lors de la guerre hungaro-roumaine de 1919Conférences publiques de George Cipaianu (historien, Faculté d’Histoire et Philosophie de l’Université Babes-Bolyai, Cluj), L’image de l’autre : officiers français sur l’armée et la société roumaine pendant la Première Guerre Mondiale, La Maison roumaine, Paris, 2016..

De 1919 à 1922, il est gouverneur militaire de Metz. De 1920 à 1926, il est membre du Conseil supérieur de la guerre. À ce titre, il participe à la décision de construction de la ligne Maginot. De 1923 à 1926, il est gouverneur militaire de Strasbourg.

Il meurt à Paris en , à . Il est enterré à Nervieux dans le Forez, sa région natale.

Carrière militaire Arme : infanterie

1883 : sous-lieutenant. 1886 : lieutenant. 1891 : capitaine. 1900 : chef de bataillon. 1907 : lieutenant-colonel. 1910 : colonel. 1913 : général de brigade. 1914 : général de division, à titre temporaire. 1915 : général de division, de manière définitive. 1915 : général de division ayant rang et appellation de général de corps d'armée. 1918 : général de division ayant rang et appellation de général d'armée. 1923 : général de division, exceptionnellement maintenu en activité après avoir atteint l'âge de la retraite. 1926 : mis à la retraite.

Souvenir du général en Roumanie En 1923Article du Journal amusant du 18 août 1923.Article de l'Ouest-Éclair du 3 octobre 1923., en signe de reconnaissance de la contribution de l'armée française à la libération de la Roumanie, il reçoit du roi Ferdinand et de la reine Marie de Roumanie une propriété confisquée à la famille Nopcsa, aristocrates austro-hongrois, située dans le village transylvain de Fărcădin, ainsi qu'une palme de reconnaissance conservée dans l'église du village. L'acte de cession inclut un manoir ainsi que de terrain agricole, un verger et de la forêt, dont les revenus annuels sont destinés, selon le désir du Général, à l'Académie militaire roumaine, pour financer des bourses d'études destinées à de jeunes étudiants roumains de l'École militaire de Bucarest pour se perfectionner à l'Académie militaire de Nancy.

Du vivant même de celui-ci, le conseil communal rebaptise la commune du nom de General Berthelot. En 1965, pendant la dictature communiste roumaine, son nom est changé en (« L'union ») et la villa du général est transformée en entrepôt agricole et pillée. Après la chute du président communiste Ceaușescu, un référendum local approuve en 2001 le retour à l'appellation « General Berthelot ».

De nombreux établissements scolaires ou voies publiques (rues, boulevards…) portent le nom de Berthelot en Roumanie. À l'occasion de la Fête nationale roumaine, chaque , le Consulat général de Roumanie à Strasbourg dépose une couronne de fleurs devant le buste du général Berthelot situé rue de Boston, en face du parc de la Citadelle. Henri Berthelot était membre d'honneur de l'Académie roumaine.

Distinctions Décorations françaises (1926) (1922) Chevalier de la Légion d'honneur (1902) Officier de la Légion d'honneur (1914) Commandeur de la Légion d'honneur (1916) Grand officier de la Légion d'honneur (1917) avec trois palmes (1886) 50px Chevalier de l'ordre du Dragon d'Annam (1887)

Décorations étrangères 50px Grand-croix de l'ordre du Ouissam alaouite (Maroc) 50px Chevalier commandeur de l'ordre de Saint-Michel et Saint-Georges (Royaume-Uni) 50px Grand-croix de l'ordre de l'Aigle blanc (Serbie) (États-Unis) 50px Grand-croix de l'ordre du Soleil levant (Japon) 50px Commandeur de l'ordre du Mérite militaire (Espagne) 50px Grand Officier de l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare (Italie) 50px Grand-croix de l'ordre de l'Étoile de Roumanie (Roumanie) 50px classe de l'ordre de Michel le Brave (Roumanie) 50px Grand-croix de l'ordre de Saint-Stanislas (Russie) 50px Commandeur de l'ordre de Sainte-Anne (Russie) 50px Chevalier de l'ordre impérial et militaire de Saint-Georges (Russie) Officier de l'ordre de la Couronne (Roumanie) Grand-croix de l'ordre de Ferdinand de Roumanie (Roumanie)

Hommages La Poste française a émis deux timbres à son effigie le .

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . . . . . .

Articles connexes Généraux français de la Première Guerre mondiale Mission Berthelot Mutineries de la mer Noire Liste de généraux français célèbres du Liste des grands-croix de la Légion d'honneur Liste d'élèves de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr

Liens externes

Fiche biographique en anglais. Fiche biographique en français. Site Internet du village roumain « General Berthelot ». Film Le Général Berthelot et la Roumanie, dans la série « Les petites histoire de la grande guerre ». Film Le roi Ferdinand de Roumanie décore le Général français Henri Mathias Berthelot. « La mémoire roumaine de la mission Berthelot (1918-2007) », Jean-Noël Grandhomme.

Catégorie:Membre du Conseil supérieur de la guerre Catégorie:Chef militaire de la Première Guerre mondiale Catégorie:Élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr Catégorie:Militaire français de la Première Guerre mondiale Catégorie:Membre de la mission Berthelot Catégorie:Gouverneur militaire de Strasbourg Catégorie:Membre étranger de l'Académie roumaine Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Titulaire de la médaille commémorative interalliée (1914-1918) Catégorie:Récipiendaire de la médaille militaire en tant qu'officier général français Catégorie:Récipiendaire de l'Army Distinguished Service Medal Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Grand-croix de l'ordre du Ouissam alaouite Catégorie:Chevalier commandeur de l'ordre de Saint-Michel et Saint-Georges Catégorie:Récipiendaire de l'ordre du Soleil levant de première classe