Madeleine Charnaux, née le Son acte de naissance (n°18) dans les registres de naissance de la ville de Vichy pour l'année 1902. à Vichy, où elle meurt le Acte de transcription de décès (n°4926) dans les registres de décès du 14ème arrondissement de Paris pour l'année 1943, indiquant le décès à Vichy., est une sculptrice, dessinatrice et aviatrice française.

D'abord orientée vers la sculpture, élève d'Antoine Bourdelle, Madeleine Charnaux se tourne vers l’aviation, activité dans laquelle elle excellera jusqu'à ce que la tuberculose l'emporte en 1943.

Biographie vignette|redresse|Antoine Bourdelle, Madeleine Charnaux, modèle debout à grandeur d'exécution (1917), Paris, musée Bourdelle. vignette|redresse|Antoine Bourdelle, Buste de Madeleine Charnaux, Montauban, musée Ingres. Madeleine Charnaux est issue d'une famille d'intellectuels. Son père et ses frères sont médecins.

En 1922, elle épouse , et depuis peu divorcé, Pierre Frondaie. Leur mariage est célébré le à Paris, quatre mois moins un jour après le divorce de Frondaie avec Michelle Gillierthyssens.com.. Ce mariage durera cinq ans.

En 1928, elle se fait remarquer en exposant chez Bernheim-JeuneRené Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, ..

Elle prend l'avion pour la première fois à l'occasion d'un voyage de Palerme à Naples à bord d'un hydravion. Elle écrira plus tard dans son livre La passion du ciel, souvenirs d'une aviatrice que sa vocation est née ce jour-là.

En 1938, elle épouse Jean FontenoyGérard Guégan, Fontenoy ne reviendra plus, Gallimard, Folio, 2013, et photographie n°26 du dossier hors-texte., un ancien communiste passé au Parti populaire français de Jacques Doriot, collaborateur de Je suis partoutFrançois Brigneau, 1939-1940. L'année terrible, Publications F.B. et ex-rédacteur en chef du Journal de ShangaïNuméros du Journal de Shangaï accessibles dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF., auteur de plusieurs romans dont L'École du Renégat et Cloud, le communiste à la Page. Il part pour la Finlande comme correspondant de guerre lors de l’invasion de ce pays par l’Union soviétique durant la guerre d'Hiver (1939-1940). En , il s'engage dans la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF), pro-nazis, et part combattre sur le front de l'Est. Il mourra vraisemblablement à Berlin en lors de la bataille de Berlin, son corps ne fut jamais retrouvé.

Madeleine Charnaux, collaborationniste et proche des occupants nazis, comme son mariJean Cocteau, Journal 1940-1945, NRF., meurt des suites de la tuberculose à Vichy le et est inhumée au cimetière de Vichy.

L'aviatrice Les débuts En 1932, Madeleine passe son brevet de pilote amateur. Entre et , elle effectue un trajet France-Maroc à bord de son premier avion, un de Havilland Moth. À la recherche de vitesse, elle le remplace par un Miles Hawk, espérant battre des records de vitesse avec passager.

En , Madeleine Charnaux, encore amatrice, tente sur son Hawk, avec une passagère, Yvonne Jourjon, de battre le record de vitesse aux Douze heures d'Angers. Encore débutante, elle est largement surclassée par des pilotes comme Hélène Boucher, débutante elle aussi mais déjà connue et reconnue dans le monde de l'aviation, et qui après une carrière fulgurante, trouvera la mort cette même année. D'autres pilotes de renom participent à cette course comme Legendre et Georges Signerin (tué en vol en 1934), Pierre Lacombe et Trivier, Arnoux et Brabant.

Hélène Boucher part la première, rattrapée au cours de la quatrième heure de course par Lacombe.

Arrive la douzième heure de course. Hélène Boucher se pose, vaincue de quelques secondes par Lacombe. Elle a battu tout de même deux records de vitesse sur . Trois femmes finissent le parcours : Hélène Boucher, Madeleine Charnaux et Viviane Elder..

Caudron Après quelques voyages en Afrique du Nord, entraînée par Maurice Arnoux, Madeleine Charnaux bat deux records d'altitude. Le , Madeleine Carnaux, accompagnée d'Yvonne Jourjon, établit un nouveau record féminin d'altitude sur avion léger en atteignant à bord de son Miles Hawk. Puis le à Orly, elle atteint à bord d'un Farman F.357 et accompagnée d'Édith Clark.

Elle se fait engager par Caudron-Renault en tant que professionnelle. Elle fait partie de l'escadrille qui représente la marque au cours d'un tour de France. On lui a confié un appareil de tourisme, le Luciole,

À la fin du tour de France, au sol, elle chute de l'aile de son avion et, blessée, doit rester alitée plusieurs mois. Elle cesse de voler pendant plus d'un an.

Un avion qui l'attendait chez Potez pendant son absence est confié à Maryse Hilsz. Celle-ci bat le record d'altitude féminin et le porte à .

Le Rafale En 1936, Madeleine Charnaux assiste au quinzième salon du Bourget où elle revoit Maryse Bastié, son aînée, et l'équipe Caudron-Renault dont elle a fait partie quelque temps. Elle acquiert un appareil identique à celui sur lequel s'est tuée Hélène Boucher deux ans auparavant. L'aviatrice Amy Johnson notamment a tenté de décourager Madeleine Charnaux. L'engin est fabriqué sur mesure, seuls six exemplaires sont sur le marché, le prix n'est pas exorbitant. Cet avion, qui a déjà trois morts à son actif, demande En 1934, on lui avait d'ailleurs préféré Hélène Boucher. Après un test surprise auprès d'Hélène Boucher, c'est elle qu'on avait engagée à sa place.

À l'hiver de l'année 1936, Madeleine Charnaux s'entraîne sur son Rafale tout en poursuivant son lent rétablissement. Elle vole sur des distances de 100 et et envisage aussi de plus longues distances comme le 1000 et le . Elle s'entraîne sur le plateau d'Étampes, des lieux qui ont connu les débuts de l'aviation en 1910 et le haut lieu de la voltige aérienne. Elle vole en fin de matinée quand les cieux sont libérés de la plupart des acrobates.

En 1937, Madeleine Charnaux est la première aviatrice à obtenir un brevet de pilotage sans visibilité.

Elle s'entraîne sur le parcours qu'elle devra accomplir à la vitesse la plus élevée possible entre des balises. Pour le 100 et le , ces balises sont placées à Villesauvage et La Marmogne qu'elle n'arrive pas à bien localiser. Après plusieurs vols, un homme qui en connaît la localisation se propose de l'accompagner. La balise, détrempée par les intempéries, n'est que peu visible. Comme Hélène Boucher, elle placera un repère dans un champ voisin pour être sûre de ne pas manquer la balise.

Le , elle parcourt les à la vitesse moyenne de en compagnie de Mahé, établissant quatre nouveaux records dans différentes catégories. Ensuite, elle repart seule effectuant le même parcours à la vitesse moyenne de et bat ainsi deux nouveaux records.

Maryse Bastié lui remet la croix de la Légion d'honneur à Orly.

Elle s'entraîne maintenant pour le mille et ses amis sont revenus. Elle baptise le Rafale « Long Museau ». Elle espère battre de nouveaux records,

Le , elle parcourt le trajet Villesauvage-La Marmogne dix fois aller et retour et est encore couronnée de succès. Elle établit ainsi avec son Caudron Rafale deux nouveaux records de vitesse sur (féminin et général) avec une vitesse moyenne de . Il s'en est fallu de peu : l'examen du moteur révèle une fuite à un joint de culasse.

Le , elle améliore son record sur atteignant une vitesse moyenne de .

Elle fut la propriétaire du Caudron immatriculé F-ANAR, précédemment possédé par Henri Lumière puis par Henri Bouquillard.

Les dernières années Madeleine Charnaux se préparait pour le quand éclate la Seconde Guerre mondiale. En 1938, est nommée provisoirement commandant du Corps auxiliaire féminin de l'aéronautique (CAFA)gettyimages.it. et organise un cours pour opérateurs radio« Madeleine Charnaux forme des techniciennes auxiliaires pour l'aviation », Paris Match, septembre 1939.Frédéric Pineau, 1919-1949 : Les femmes au service de la France, 2006, p. 8. auquel participent aussi la pilote Élisabeth Boselli et la danseuse Joséphine Baker. Durant l'hiver 1939-1940, elle est en service non comme pilote, mais comme opérateur radio au GC I/2Photographie représentant de Joséphine Baker, Madeleine Charnaux et quelques pilotes sous la neige, in Charles Onana, Joséphine Baker contre Hitler, 2006, p. [?]..

Records

D'après le site de la Fédération aéronautique internationale, Madeleine Charnaux a battu plusieurs records.

Records d'altitude Le à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, Madeleine Charnaux aux commandes, secondée de Yvonne Jourjon atteint une altitude de . L'appareil utilisé est un Miles Hawk de la société Philips & Powis Aircraft équipé d'un moteur de Havilland Gipsy III de . Record féminin d'altitude pour un appareil biplace entre 280 et , sans avitaillement en vol. Ce record sera battu le par Marthe de Lacombe secondée de Aube, à Villacoublay à bord d'un Morane-Saulnier 341 équipé d'un moteur Renault Bengali de . Elles atteignent . Le à Orly, Madeleine Charnaux aux commandes, secondée de Édith Clark, atteint cette fois-ci . L'appareil utilisé était le Farman 357 immatriculé F-AMGU équipé d'un moteur Renault Bengali de . Record féminin d'Altitude pour un appareil biplace entre 280 et , sans avitaillement en vol. Le record tient jusqu'en 1937. Le , la Soviétique Irina Vishnevskaya secondée de Katya Mednikova atteint à Tushino dans la région de Moscou à bord d'un appareil baptisé N 9-bis équipé d'un moteur Shvetsov M-11-F de .

Records de vitesse Le à Villesauvage-La-Marmogne, Madeleine Charnaux aux commandes est secondée de Mahe. La vitesse atteinte est . L'appareil utilisé est un Caudron Rafale C-530 équipé d'un moteur Renault Bengali de . Record féminin de vitesse sur pour un avion léger biplace entre 280 et sans avitaillement en vol. Ce record était auparavant détenu par l'Américaine Helen MacCloskey assistée de G. Moore Savage, record établi le à Miami à . Record féminin de vitesse sur en circuit fermé sans chargement. Record féminin de vitesse sur sur un biplace léger, moteur quatre temps, , sans avitaillement en vol. Record (mixte) de vitesse sur sur un biplace léger, moteur < 2 L, sans avitaillement en vol. Le , elle bat aussi le record suivant en étant seule à bord du même appareil atteignant une vitesse de :Record (mixte) de vitesse seule à bord sur , moteur quatre temps, , sans avitaillement en vol. Ce record lui sera enlevé par Maurice Arnoux le à Étampes, France, aux commandes d'un Caudron Rafale C-660 équipé d'un moteur Renault Bengali de . Le pilote Henry Boris atteindra la vitesse de un mois et demi plus tard, le sur le parcours Bernay-Quillebeuf-Berville-Thiberville à bord d'un appareil similaire. Le à Villesauvage-La-Marmogne, Madeleine Charnaux est seule aux commandes. La vitesse atteinte est . L'appareil utilisé est un Caudron Rafale C-530 équipé d'un moteur Renault Bengali de . Record féminin de vitesse sur pour un avion biplace léger, moteur quatre temps, , sans avitaillement en vol. Le , elle bat un autre record aux commandes du même appareil, secondée de G. Lallus, avec . Record de vitesse seule à bord sur , moteur quatre temps, , sans avitaillement en vol. Ce record lui sera aussi enlevé par Maurice Arnoux le à Étampes, France, aux commandes d'un Caudron Rafale C-660 équipé d'un moteur Renault Bengali de . Le pilote Henry Boris chef-pilote à l'aéro-club de Bernay atteindra la vitesse de un mois et demi plus tard, le sur le parcours Bernay-Quillebeuf-Berville-Thiberville à bord d'un appareil similaire. Record de vitesse féminin sur pour un avion biplace léger, moteur quatre temps, , sans avitaillement en vol.

Décoration

Publications Qui a tué Marina Sturm ?, Éditions France-Empire, 1944 ; rééd. Auda Isarn, , 2017. La Passion du Ciel, Souvenirs d'une aviatrice, Paris, Éditions Hachette, 1944 ; réédition en 1962 (extrait en ligne) et 2024 (éd. Dualpha).

Iconographie

Antoine Bourdelle, Madeleine Charnaux, 1917, statuette en pied en terre crue, Paris, musée BourdelleMusée Antoine Bourdelle, MT TE.2853..

Notes et références