Marie-José Pérec, née le 9 mai 1968 à Basse-Terre en Guadeloupe, est une athlète française. Elle est la seule Française triple championne olympique d'athlétisme : en 1992 aux Jeux de Barcelone (sur ) et deux fois aux Jeux d'Atlanta en 1996 (sur et ).

Elle est la deuxième à avoir réalisé le doublé aux Jeux olympiques sur (la première est l'Américaine Valerie Brisco-Hooks), et la première athlète, hommes et femmes confondus, à avoir remporté, lors de deux Jeux olympiques consécutifs, le titre sur . Le temps qu'elle signe en finale à Atlanta 1996, est à ce jour la septième meilleure performance de tous les temps et durant , le seul temps réalisé à moins d'une seconde du record du monde de Marita Koch ( en 1985), ainsi que le record olympique sur le tour de piste jusqu'à Paris 2024. Marie-José Pérec est également double championne du monde du , à Tokyo en 1991 et à Göteborg en 1995. Durant sa carrière, elle est surnommée La Gazelle en référence à sa foulée aérienne (surnom analysé aujourd'hui au prisme des stéréotypes racistes pesant sur les athlètes noirs, qui ont fréquemment reçu des surnoms d'animaux sauvages), ou La Divine pour son brillant palmarès.

Elle détient le record de France du (, 1993), du (, 1996), du haies (, 1995) et du relais (, 1994).

Depuis la fin de sa carrière sportive, Marie-José Pérec s'est engagée dans diverses activités liées au monde du sport.

Elle est la dernière relayeuse de la flamme olympique, avec Teddy Riner, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024.

Carrière sportive Débuts Bien que douée en éducation physique, le sport l’intéresse peu durant sa jeunesse. Elle pratique uniquement le basket-ball à la section du Cygne noir entre 1982 et 1983, club où évolue sa sœur aînée, c’est grâce à une professeur d’EPS, Marie-Hélène Soual, qu’elle découvre l’athlétisme. Celle-ci la convainc de participer à un championnat de jeunes où Pérec, bien qu’elle n’ait jamais couru avec des pointes avant cette date, ni fait de départ dans des starting-blocks, parvient à réaliser les minima pour les championnats de France scolaires. Lors de ceux-ci, à Paris, elle termine à la seconde place. Bien que repérée par la fédération, ce n’est que deux ans plus tard qu’elle intègre l’Institut national du sport et de l'éducation physique (INSEP).

Elle intègre le groupe de Fernand Urtebise en 1985. Son groupe est composé d’athlètes plus âgés : Daniel Sangouma, Laurence Elloy, Laurence Bily. Leur collaboration est un échec : pensant que son gabarit n'est pas adapté au , il désire qu’elle se dirige vers le alors que pour elle le tour de piste est une évidence. Non convaincue par l’athlétisme, elle décide d’arrêter.

Après avoir arrêté les études qu’elle avait reprises après son arrêt de l’athlétisme, elle fait des petits boulots, notamment dans une pizzeria. C’est par l'entremise de son petit ami de l'époque, Richard Nana Dwanang, athlète du PUC entraîné par François Pépin, qu'en 1987, elle décide de revenir à l’athlétismeMarie-Josée Pérec, site france-jeunes.net, consulté août 2008.. Leur collaboration, plus basée sur le dialogue, convient mieux à l’athlète guadeloupéenne, de plus la diplomatie et la pondération de Richard seront très utiles pour apaiser les conflits.

Elle obtient ses premiers trophées, avec son premier record de France du , et durant la même année 1988, son premier titre de championne de France de la discipline. Elle participe à ses premiers Jeux olympiques, à Séoul, disputant les quarts de finale du , le livre de l'année 2004, L'Équipe.

En 1989, elle obtient la médaille d'or sur du championnat d'Europe en salle de 1989. Durant la même saison hivernale, elle termine à la sixième place des Championnats du monde en salle de Budapest. Elle obtient la médaille d'or sur et au relais aux Jeux de la Francophonie disputé au Maroc. Elle termine la saison en participant à la Coupe du monde des nations disputée à Barcelone. Elle franchit la première la ligne d’arrivée, dans le temps de , mais est déclassée au profit de la Cubaine Ana Fidelia Quirot, pour avoir mordu sur un couloir voisin. Durant cette même saison estivale, elle remporte également un nouveau titre de championne de France, mais sur la discipline du haies. Elle évoque des vomissements avant les courses, dus au stress.

Lors de la saison estivale, au championnat d'Europe de Split, elle termine à la troisième place, le titre étant remporté par l'Allemande Grit Breuer. Deux jours plus tard, elle réalise le temps de lors du relais , mais, malgré cette performance, la France ne termine qu’à la cinquième place.

Première consécration mondiale : Tokyo À l'intersaison, elle change d'entraîneur, rejoignant le groupe de Jacques Piasenta. L'année 1991 sera l'année de sa consécration sur la scène internationale. Son début de saison est perturbé par une blessure au genou qui l'oblige à une opération. Elle remporte ensuite la Coupe d'Europe à Francfort en juin, établissant avec 49 s 32 un nouveau record de France.

L'événement majeur de la saison d'athlétisme est le championnat du monde 1991 à Tokyo. Bien qu'elle soit soumise à un grand stress, qui l'empêche de s'alimenter normalement, elle court de plus en plus vite lors des différents tours et est la grande favorite de la finale. Sa rivale la plus sérieuse est la championne d'Europe de Split, Grit Breuer. Celle-ci, placée juste derrière la Française en finale, calque sa course sur celle de Pérec qui accélère à de l'arrivée, puis, malgré un retour de l'Allemande, remporte le titre en établissant un nouveau record de France en . Ce temps constitue alors la huitième meilleure performance mondiale de tous les temps50 ans de sport, l'Équipe . Elle termine la compétition en participant au relais , composé de Laurence Bily, Maguy Nestoret, Valérie Jean-Charles. Les Françaises terminent à la cinquième place.

Jeux de Barcelone Elle commence la saison 1992 en établissant la meilleure performance mondiale de la saison lors du Nikaïa de Nice, avec . Elle descend ce temps lors des demi-finales des Jeux olympiques de Barcelone, dans le stade olympique de Montjuic, en réalisant . Lors de la finale, Pérec n'a qu'un seul objectif : devenir championne olympique et ainsi rejoindre Colette Besson, elle aussi championne olympique du lors des Jeux olympiques de Mexico plus tôt. Le destin veut que Pérec occupe le même couloir que sa devancière, le 5La Fabuleuse Histoire des Jeux olympiques, Robert Parienté et Guy Lagorce, .

Sa rivale de Tokyo, Grit Breuer, n'est plus là en raison d'une suspension de , prolongée de deux ans pour dopageGrit Breuer, d'amour et de dope fraîche, Libération consulté le 13 août 2008. Reste toutefois la tenante du titre, Olga Bryzgina, qui concourt sous les couleurs de la CEI. Lors de la course, Bryzgina et la Colombienne Ximena Restrepo sont devant elle. Pérec accélère dans le virage mais Bryzgina est toujours en tête à . La Française continue de sa grande foulée et Bryzgina cède devant les de Pérec. C'est la première fois que celle-ci franchit la barrière des . Elle remporte son premier titre olympiqued'Athènes à Athènes: le chef-d'œuvre de Marie-Jo, l'Équipe Marie-José Pérec, sporting-heroes.net, consulté en août. Avec le relais du , composé également de Patricia Girard, Odiah Sidibé et Laurence Bily, elle termine à la quatrième place derrière les États-Unis, la CEI et le Nigeria, à seulement quatre centièmes des Nigérianes.

Elle termine la saison en établissant avec sa meilleure performance personnelle sur lors du Weltklasse Zurich, puis remporte le de la Coupe du monde d'athlétisme à La Havane, terminant également deuxième du relais .

Stuttgart 1993 L'année suivante, elle se fixe un nouveau défi, condition nécessaire pour la motiver après les sollicitations post-olympiques. Son objectif est le des championnats du monde 1993 à Stuttgart. Malheureusement, une blessure, lésion aux muscles ischio-jambiers, lors d'une victoire sur au meeting Nikaïa de Nice ralentit sa préparation« D'Athènes à Athènes : Pérec dans la légende », L'Équipe . Elle parvient toutefois à se soigner suffisamment pour se rendre à Stuttgart où elle se qualifie pour la finale. Dans la ligne droite, voyant Merlene Ottey se détacher insensiblement, Marie-José Pérec décélère et échoue à la quatrième place. Elle reconnaîtra en fin d'année qu'elle aurait dû sprinter jusqu'au bout« L'or, sinon rien », chronique de Marc Ventouillac, publié dans le quotidien L'Équipe du mardi 13 août 2013.. Ottey obtient son premier titre devant Gwen Torrence et Irina Privalova. Avec le relais , elle termine à la quatrième place, derrière la Russie, les États-Unis et la Jamaïque. Le relais tricolore est alors composé de Patricia Girard, Odiah Sidibé, Valérie Jean-Charles, Marie-José Pérec assumant le dernier relais.

Helsinki 1994 Cependant, sa relation avec Jacques Piasenta s'envenime. En début d'année 1994, la tension atteint son sommet, à l'occasion de son forfait pour les Championnats d'Europe en salle de Paris-Bercy. Piasenta s’était engagé à faire participer son athlète. Ce que Pérec refuse, ne s’estimant pas prête, redoutant la défaite. La collaboration entre l’athlète et son entraîneur est rompue. Elle décide alors de changer d'horizon, et elle rejoint le groupe HSI, de John Smith, groupe qui regroupe de grand sprinters mondiaux, dont Maurice Greene et Ato Boldon, mais également des spécialistes du tour de piste, avec le champion olympique du Quincy Watts ou Kevin Young, également champion olympique mais du haies. En Californie, elle retrouve des conditions qui lui conviennent : le soleil mais surtout l'anonymat.

Elle retrouve sa distance du et reste invaincue lors du début de saison sur la distance, son seul échec étant une disqualification pour franchissement de couloir à Monaco. Sa collaboration avec son nouvel entraîneur porte rapidement ses fruits et Pérec remporte le seul titre qui lui manquait encore : le titre de Championne d'Europe à Helsinki devant la russe Svetlana Goncharenko. Trois jours plus tard, le relais français du , composé de Francine Landre, Viviane Dorsile et Evelyne Elien remporte le titre européen en , devançant la Russie et l’Allemagne.

Elle termine la saison en remportant la finale du Grand Prix IAAF qui se déroule à Paris, pour l’inauguration du nouveau Stade Charléty, réalisant en la meilleure performance mondiale de l’année.

Göteborg 1995 Pour la saison 1995, Pérec, suivant les conseils de son entraîneur américain, s'est donné un nouveau défi : doubler les épreuves du 400 et du haies lors des Championnats du monde 1995 à Göteborg. Ce défi est conforté par une victoire sur cette dernière distance lors de la Coupe d'Europe. Elle descend par deux fois sa meilleure performance sur les haies, à Paris puis lors du Bislett Games. Cette course est la première d’une série de courses destinées à la tester vis-à-vis de la répétition des efforts qu’implique son projet. Elle enchaîne par deux à Charléty puis un à Monaco, tout cela en quatre jours. Lors de cette dernière réunion, une contracture à la cuisse droite l'empêche toutefois de réaliser son défi.

Grâce aux soins de la délégation française, elle participe au , épreuve dont elle avait pronostiqué avant la compétition que la victoire se jouerait en moins de . Son hypothèse est juste : elle gagne en dans une course où elle mène à de l'arrivée, malgré un retour de l'Australienne Cathy Freeman. Celle-ci craque finalement sur la fin, laissant les deux places derrière Pérec à Pauline Davis-Thompson et Jearl Miles« Faute de pouvoir doubler, Marie-Jo Perec se contente de l'or », L'Humanité, 9 août 1995.. Le relais du ne parvient pas à se qualifier pour la finale, finissant à la cinquième place de sa demi-finale. Après les mondiaux, elle établit le record de France du haies, en , lors du Weltklasse de Zurich.

1996 : le doublé olympique d'Atlanta thumb|Marie-José Perec après sa victoire sur lors des Jeux olympiques de 1996.