Le centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan, encore appelé la maison d'arrêt de Gradignan, est un établissement pénitentiaire français situé à Gradignan, en banlieue de Bordeaux (Gironde). Ouvert en 1967, il comprend une maison d'arrêt pour hommes, femmes et mineurs, ainsi qu'une structure d'accompagnement vers la sortie. L'unité hospitalière sécurisée interrégionale implantée au sein de l'hôpital Pellegrin ainsi que l'unité hospitalière spécialement aménagée de l'hôpital de Cadillac lui sont rattachées.

L'établissement connaît depuis le début des années 2000 une surpopulation importante qui, conjuguée à l'état de vétusté avancé des bâtiments, a conduit le ministère de la Justice à envisager sa reconstruction. Débutée en 2021, celle-ci doit s'achever à l'horizon 2026-2027.

Description Construit en 1967 sur un terrain de six hectares, l'établissement de Bordeaux-Gradignan est conçu comme une maison d'arrêt d'une capacité de 407 places . En 2023, elle se compose d'un bâtiment principal de six étages et de bâtiments annexes qui regroupent : Deux quartiers maison d'arrêt pour hommes majeurs ; Un quartier maison d'arrêt pour femmes majeures ; Un quartier pour mineurs ; Un quartier de semi-liberté ; Un quartier pour peines aménagées. Outre l'unité sanitaire en milieu pénitentiaire (USMP) rattachée au centre hospitalier universitaire de Bordeaux, le centre pénitentiaire accueille un service médico-psychologique régional (SMPR) où interviennent des praticiens du centre hospitalier Charles Perrens.

L'établissement dispose de d'ateliers dédiés au travail volontaire des personnes détenues géré par l'Agence du travail d'intérêt général et de l'insertion professionnelle des personnes placées sous main de justice (ATIGIP).

L'unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) implantée au sein de l'hôpital Pellegrin du centre hospitalier universitaire de Bordeaux, d'une capacité de , est rattachée au centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan. Il en va de même de l'unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) de Cadillac, spécialisée dans la prise en charge de patients détenus en soins psychiatriques.

L'établissement est situé dans le ressort de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Bordeaux et, en ce qui concerne l'organisation judiciaire, dans le ressort de la cour d'appel de Bordeaux et du tribunal judiciaire de Bordeaux.

Difficultés Surpopulation Comme de nombreuses maisons d'arrêt françaises, celle de Gradignan connait depuis le début des années 2000 une constante augmentation de son nombre de détenus. En 2002, alors qu'on en recense 619, le directeur Yvan Laurens déclare alors "C'est une situation digne de Zola au , aux portes de Bordeaux" . En , il y jusqu'à 890 détenus au mois de mai, le taux d'occupation atteint 220%, le personnel dénonce le manque de moyens de la prison et ses conséquences .

En , toujours du fait de la surpopulation carcérale qui atteint durant cette période, l'établissement suspend toute nouvelle admission dans le cadre du dispositif « stop écrou ». Cette situation provoque également plusieurs incidents tels que le saccage d'une cellule.

En 2024, malgré l'inauguration en mai d'un nouveau bâtiment, 893 détenus étaient écroués pour une capacité de 539 places, soit une densité de 165,7 %.

Suicides Le , la prison enregistre son de l'année . De 1996 à 2008, 34 suicides ont été dénombrés. La maison d'arrêt figure dans la liste des 20 prisons françaises ayant enregistré le plus grand nombre de suicides sur cette période .

Meurtre Le , Michel Lestage, qui effectuait son dernier jour de détention, est égorgé par son codétenu. En juillet, l'inspection générale des services judiciaires préconise une sanction disciplinaire contre une partie du personnel. L'affectation du codétenu n'avait pas été étudiée alors qu'il présentait de graves troubles psychiatriques . Ce meurtre relancera le débat sur les malades mentaux en prison .

Viol En , l'État français est condamné par le tribunal administratif de Bordeaux à verser à un prisonnier violé par son codétenu en . L'organisation et le fonctionnement du service de surveillance de la prison de Gradignan sont mis en cause.

Personnel agressé Fin , la presse note la troisième agression de surveillants en une semaine dans le centre pénitentiaireBordeaux : troisième agression de surveillants en une semaine dans la prison de Gradignan, lefigaro.fr, 31 août 2024

Détenus notables

Évasions François Besse s'évade par deux fois (en 1971 et 1973) de la maison d'arrêt de Gradignan. Il écrira plus tard avoir bénéficié "des complicités tant intérieures qu'extérieures" .

Notes et références

Voir aussi Articles connexes

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