La maison impériale ou du Japon, aussi nommée lignée Yamato, comprend les membres de la famille étendue de l’empereur du Japon qui conservent des obligations officielles, et dont les biens appartiennent au trône du chrysanthème et sont donc gérés par l’Agence de la maison impériale.
Il s’agit de la plus ancienne dynastie régnante au monde puisque selon la tradition japonaise, elle remonte au fondateur mythique du Japon, l’empereur Jinmu, qui aurait régné de -660 à -585. Quoi qu’il en soit, tous les empereurs historiquement reconnus du Japon, depuis l’empereur Ōjin qui a occupé le trône vraisemblablement à la fin du , sont issus de cette lignée.
Signification
Définition juridique À la suite de la capitulation japonaise en 1945, les Américains, qui occupaient le Japon, ont voulu considérablement limiter le poids de l'aristocratie japonaise, limitant la famille impériale au strict minimum et supprimant tous les autres titres nobiliaires. C'est ainsi que la loi de la maison impériale promulguée le limite celle-ci tout d'abord à l'unique descendance de l'empereur Taishō, expulsant de fait toutes les branches cadettes ayant une ascendance impériale antérieure. De plus, seuls les fils de membres de la famille impériale, ainsi que leurs épouses, en font partie à vie puisque les filles, titrées princesses à leur naissance, perdent toute appartenance à la maison régnante dès lors qu'elles se sont mariées, sauf si leur époux est membre de la famille impériale. Ainsi, l'ordre de succession au trône est uniquement limité aux descendants masculins de l'empereur Taishō« The Imperial Household Law of 1947 », Geocities.
Dénomination et origine Aucun nom officiel ne détermine la maison impériale du Japon, mais l'utilisation de la dénomination ou , évoquant simultanément l'ethnie majoritaire et le berceau historique du Japon, est courante pour désigner une série de 126 empereurs descendants légendairement de la déesse Amaterasu, divinité du Soleil dans le shintoïsme... Bien que la constitution d'après-guerre retire toute autorité de droit divin à l'empereur, son activité cérémonielle continue de faire référence à cette ascendance et la liste souverains comprend les empereurs légendaires antérieurs à la période Yamato..
La maison impériale reconnaît 126 monarques, à commencer par l'empereur Jinmu et jusqu'à l'empereur actuel, Naruhito. Cependant, les chercheurs s'accordent à dire qu'il n'existe aucune preuve de l'existence de Jinmu et que le récit traditionnel de la fondation de la famille impériale relève de la mythologie. Les preuves historiques concernant les vingt-cinq premiers empereurs sont rares, et ceux-ci sont considérés comme mythiques, mais il existe suffisamment de preuves d'une lignée agnatique ininterrompue depuis le début du . Historiquement, les empereurs japonais vérifiables débutent à partir du avec l'empereur Kinmei, le tennō.
Titulature et style des membres de la famille impériale Les membres de la famille impériale ont tous une titulature spécifique en fonction de leur degré d'éloignement des empereurs.
L'empereur et l'impératrice du Japon
thumb|left|Étendard de l'empereur thumb|Étendard de l'impératrice L' et son épouse l' sont les deux seuls membres — avec les impératrices douairières et l'empereur émérite — de la famille impériale à être désignés par le terme , et leur titulature complète est donc, respectivement : et .
Aucun nom n'est généralement attaché à ces titres, sauf quelquefois l'impératrice qui peut voir son prénom ajouté (par exemple Sa Majesté l'impératrice Michiko), alors que ce n'est jamais le cas pour l'empereur. Celui-ci ne reçoit son , qui reprend l'appellation de l' correspondant à son règne, qu'après sa mort : suivi des kanji 天皇 (Tennō), il forme alors le . C'est ainsi que l'ancien empereur Hirohito une fois mort a pris le nom d'.
Les veuves des empereurs précédents Les veuves des empereurs précédents, et donc anciennes impératrices consorts, font toujours partie de la famille impériale et y occupent même une place importante en tant généralement que mère ou grand-mère du souverain en place (et cela depuis que la polygamie de l'empereur a été abolie dans la pratique sous l'empereur Taishō et officiellement par la loi de 1947). Ayant été impératrice, une impératrice douairière est toujours titrée . La veuve de l'empereur ayant précédé l'actuel souverain (et donc en règle générale la mère du monarque en place) est désignée sous le titre d', et est donc désignée comme . Les veuves des empereurs encore plus anciens (et donc en règle générale la grand-mère, voire potentiellement l'arrière-grand-mère, de l'empereur régnant) portent quant à elles le titre de et sont donc désignées comme . Ce titre n'a jamais été porté depuis la révolution Meiji.
Comme l'empereur et l'impératrice, les impératrices douairières ou grandes impératrices douairières ne voient aucun nom personnel accolé à leur titulature officielle. Et comme les empereurs, elles reçoivent un à leur mort pour former, avec les kanji 皇后 (kōgō), leur . Ainsi, depuis son décès en 2000, la veuve de l'empereur Shōwa, née Nagako, est désignée sous le nom d'.
Les enfants et petits-enfants de l'empereur À la naissance Chaque enfant et petit-enfant, fille et garçon, aîné et cadet, de l'empereur reçoit, sept jours après sa naissance, un : choisi par le père. Généralement utilisé par les observateurs occidentaux, à l'instar de l'empereur actuel lui-même, désigné en Occident par son prénom Naruhito, il se termine par le suffixe pour les garçons et pour les filles. , choisi par le père. Parfois considéré en Occident comme l'équivalent d'un nom patronymique, uniquement pour les enfants de l'empereur ou du prince héritier (les enfants des cadets reprennent le titre de leur père), il va servir à désigner dans les documents officiels le prince ou la princesse durant son enfance jusqu'à ce qu'il change de statut (pour devenir prince héritier ou empereur pour le fils aîné, lorsqu'il est autorisé à fonder sa propre maison princière ou, pour les filles, lorsqu'elles se marient et quittent donc la famille impériale). Il est suivi du suffixe qui signifie littéralement « de la maison » (d'ailleurs, tous les membres de la famille impériale, sauf l'empereur, l'impératrice, les impératrices douairières, le prince héritier et son épouse, comportent un nom officiel suivi de ce suffixe qui marque leur appartenance à une branche de la famille impériale) mais généralement traduit par le terme « prince de », voire par la particule nobiliaire traditionnelle en France « de ». Par exemple, l'actuel empereur du Japon reçut à sa naissance le titre officiel de . , généralement un végétal, choisi par la mère et symbolisant le caractère de l'enfant. Les épouses princières, après leur mariage et leur entrée dans la famille impériale, choisissent également un emblème personnel. Seul l'empereur est amené à perdre celui-ci lors de son intronisation, au profit d'un sceau personnel aussi appelé o-shirushi (celui de l'empereur Akihito est le kanji 榮, ei, signifiant « prospère, florissant »).
Le premier kanji du prénom et celui du titre honorifique proviennent par tradition d'une ou plusieurs phrases des Quatre Livres et Cinq Classiques de la littérature chinoise censées symboliser le caractère général du prince. La seule dérogation à cette règle eut lieu pendant la période du entre 1870 et 1946. Les deux noms étaient alors choisis à partir de passages du du , acte fondateur et base doctrinale de cette religion étatique.
Tous les fils et petits-fils d'un empereur en ligne masculine, de même que son successeur jusqu'à son intronisation comme prince héritier, ont le rang de , et les filles et petites-filles en ligne masculine de l'empereur portent, jusqu'à leur mariage, le titre . Enfin, chaque membre de la famille impériale, à l'exception de l'empereur, de l'impératrice et des impératrices douairières, est désigné par .
Ainsi, la titulature complète de l'actuel empereur à sa naissance et jusqu'à son intronisation comme prince héritier en 1991, fut . Autre exemple, celui de l'unique sœur de l'actuel empereur, connue désormais depuis son mariage en 2006 comme Sayako Kuroda, et qui était titrée jusqu'alors et depuis sa naissance .
À l'âge adulte Le Prince héritier, son épouse et ses enfants
thumb|left|Étendard du Prince héritier thumb|Étendard de la Princesse héritière Le successeur présomptif de l'empereur (selon le principe de la primogéniture masculine) ne devient officiellement qu'à un certain âge, au minimum après son passage à l'âge adulte lors de son vingtième anniversaire (l'empereur Akihito est néanmoins passé à l'âge adulte un mois avant son dix-neuvième anniversaire, le , le même jour que son intronisation comme prince héritier Données personnelles de l'Empereur et de l'Impératrice sur le site de l'Agence impériale japonaise). Il est officiellement intronisé lors d'une cérémonie traditionnelle shinto au palais impérial, appelée 立 太子 の 礼 (Rit'taishi no Rei, littéralement « Cérémonie d'avènement du Grand fils »). Il est alors autorisé à fonder sa propre Maison (réunissant son épouse, ses enfants et son personnel), baptisée systématiquement , et abandonne le nom honorifique reçu à sa naissance — ne gardant que son prénom (c'est d'ailleurs le seul moment où le nom officiel n'est autre que le prénom) — ainsi que le titre de au profit de celui de prince héritier.
Par exemple, la titulature complète de l'ancien prince héritier, Naruhito, était .
Son épouse porte quant à elle le titre de . Ainsi, Masako Owada, épouse du précédent prince héritier Naruhito, a porté à la suite de son mariage et jusqu'à l'avènement impérial de son mari la titulature officielle suivante : .
Leurs enfants ont, à leur naissance, des noms officiels personnalisés, contrairement aux enfants du fils cadet d'un empereur qui va alors prendre pour nom honorifique celui de son père. Ils portent, comme tout petit-enfant d'un empereur, le titre de prince ou de princesse impériale. Par exemple, la fille de l'actuel couple impérial et précédent couple héritier du trône du chrysanthème a reçu à sa naissance en 2001 le prénom de Aiko et le nom officiel de princesse de Toshi, donnant le titre suivant : . Elle le gardera, sauf révision de la loi, jusqu'à son mariage et donc jusqu'à sa sortie présumée de la famille impériale.
Tous deux abandonnent une nouvelle fois ces titres lorsqu'ils deviennent empereur et impératrice du Japon.
Les fils cadets de l'empereur, leurs épouses et leurs enfants thumb|Étendard des membres cadets de la famille impériale Le fils cadet d'un empereur va changer de nom lorsque l'Agence de la maison impériale va l'autoriser à fonder sa propre , au moins après son passage à l'âge adulte faisant suite à son vingtième anniversaire et en général après son mariage.
Son nom complet conserve alors la forme de sa titulature de naissance, à savoir : nom officiel ou , différent du reçu lorsqu'il est venu au monde. Il reprend l'un des noms des anciens fiefs historiques de la famille impériale. Ainsi, le frère cadet de l'empereur Akihito et l'oncle de l'actuel empereur, avait reçu à sa naissance le nom honorifique de . Une fois marié, il devient le , en référence à l'ancienne province du même nom pendant l'époque d'Edo. Ce nouveau nom sert alors de patronyme à sa nouvelle maison : il devient donc le nom officiel de son épouse, de son fils aîné qui hérite du titre à la mort de son père et de ses fils cadets jusqu'à ce qu'ils soient à leur tour autorisés à fonder une nouvelle branche cadette de la famille impériale.