L'église Saint-Sulpice est une église paroissiale catholique située dans le quartier de l'Odéon, dans le de Paris.
Situation géographique Cette église est située place Saint-Sulpice. Elle a pour adresse postale le 2, rue Palatine. Elle est desservie par les stations de métro Saint-Sulpice, Saint-Germain-des-Prés, Odéon et Mabillon.
Historique Églises précédentes vignette|gauche|Le bourg Saint-Germain autour de l'église Saint-Sulpice vers 1550 (plan de Truschet et Hoyau). vignette|gauche|redresse=1.0|Ancienne église Saint-Sulpice (début ).
La date de la construction de la première église à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Sulpice n'est pas établie avec certitude.
À l'origine, la paroisse Saint-Sulpice était confondue avec le domaine de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés.
En 1159, le pape Adrien IV donna aux abbés de Saint-Germain-des-Prés la pleine juridiction spirituelle et temporelle des églises situées sur le domaine de l'abbaye : la chapelle Saint-Pierre (située rue des Saint-Pères, centre de la paroisse), la chapelle Saint-Martin-des-Orges et l'oratoire Saint-Jean-Baptiste. À partir de cette date, les abbés vont organiser différemment la paroisse, d'abord en nommant les curés hors de la tutelle de l'évêque. Puis, l'emplacement de l'oratoire Saint-Jean-Baptiste, qui est déjà cité en 807, est choisi comme nouveau centre de la paroisse.
Vers 1180, l'église Saint-Sulpice est construite à cet endroit. L'église fut dédiée à saint Sulpice le Pieux, archevêque de Bourges. En 1724, les fouilles de l'église permirent de mettre au jour une pierre tombale du , prouvant qu'une chapelle (dont dépendait un cimetière) existait à cet endroit depuis plusieurs siècles.
La paroisse Saint-Sulpice est citée dans une bulle pontificale du Adolphe Berty, Topographie historique du vieux Paris. Région du Bourg Saint-Germain, , 398-400, 2 plans de l'église aux , Imprimerie nationale, Paris, 1876, .. La construction de l'enceinte de Philippe Auguste, en 1211, sépara le territoire de la paroisse entre celui situé à l'intérieur des remparts de celui se trouvant à l'extérieur. Cela a été une source de conflits entre l'évêque de Paris et les abbés de Saint-Germain, l'évêque revendiquant le territoire de la paroisse intra-muros et l'abbé s'y opposant.
Le , François de Sales, alors en voyage à Paris, prêcha à Saint-Sulpice le panégyrique de Sainte Geneviève.
Du , une nouvelle église fut bâtie à la place de l'ancienne chapelle parallèlement, à la rue du Vieux-Colombier. Après l'achat d'un terrain appartenant à Jeanne de Montrouge en 1530, elle fut agrandie d'un chevet pentagonal sous . Entre 1615 et 1631, Christophe Gamard a dirigé les travaux d'élargissement de la nef par l'ajout de chapelles latérales. Avec l'agrandissement des bourgs de Saint-Germain et Saint-Germain-des-Prés, la nécessité de construire une église plus grande et plus digne de la population qui la fréquente s'impose : le bâtiment d'alors ne peut contenir que le douzième des paroissiensGermain Brice, Description de la ville de Paris, 1718.. La population est estimée à sur une surface de . En 1689, on a dénombré sur le territoire de la paroisse . En outre, l'ancienne église menace de tomber en ruine.
En juin 1642, le curé de Saint-Sulpice, Julien de Fiesque, échange avec Jean-Jacques Olier (1608-1657) sa cure contre le prieuré de Clisson. Olier réforma le clergé et lui donna une formation. Il a fondé la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice qu'il a placée sous le patronage de saint Charles Borromée.
vignette|droite|redresse|Le portail supposé de l'ancienne église, aujourd'hui à Nogent-sur-Marne.
Dès 1636, le conseil de fabrique a jugé que l'église était trop petite et qu'il fallait en construire une nouvelle. Jean-Jacques Olier souhaitait construire une église pouvant rivaliser avec la cathédrale Notre-Dame et permettant de recevoir près de L'église Saint-Sulpice a une longueur de et de largeur. La cathédrale Notre-Dame a une longueur de et une largeur de . La nouvelle église a une surface 5 fois plus grande que l'ancienne. La voûte culmine à au-dessus du sol contre à Notre-Dame.. Les plans de la nouvelle église sont demandés à Christophe Gamard. La proposition est choisie au cours d'une tenue le sous la présidence du prince de Condé. Un conflit entre d'une part Jean-Jacques Olier et d'autre part le prince de Condé et l'abbé de Saint-Germain qui jugeaient les dépenses de construction du séminaire Saint-Sulpice excessives a gelé le projet jusqu'au début de l'année 1645. Un arrêt du parlement de Paris en faveur du maintien d'Olier à Saint-Sulpice a débloqué la situation. Olier signa les plans de la nouvelle église le .
D'après Agnès Bos, conservateur du patrimoine, le portail de l'ancienne église aurait été acheté par les Récollettes lors de la démolition du bâtiment pour leur couvent qui était situé à l'intersection des rues de Varenne et du Bac à Paris. Il serait ainsi celui remonté en 1914 comme portail latéral de l'église Saint-Saturnin de Nogent-sur-Marne où il est visible aujourd'hui.
Église actuelle Premiers travaux vignette|redresse=0.8|Jean-Jacques Olier, curé de Saint-Sulpice initiateur de la reconstruction de l'église.
Les travaux d'agrandissement sont confiés en 1645 à l'architecte Christophe Gamard, voyer de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Le Christophe Gamard traça les fondations du chœur de la nouvelle église dans le cimetière, à peu près derrière l'ancienne église. La reine Anne d'Autriche, suivie de la princesse de Condé, est venue à l'ancienne église Saint-Sulpice avec l'évêque de Cahors pour faire ses prières avant d'aller dans le cimetière pour y poser la première pierre de la nouvelle église, le Henri-François-Simon de Doncourt, Remarques historiques sur l'église et la paroisse de Saint-Sulpice, tirées du premier volume des Instructions & prières à l'usage de la dite paroisse, , Paris, 1773 .. Claude Gamard meurt en 1649. Les troubles de la Fronde interrompent les travaux. Quand l'abbé Olier démissionne, en 1652, seuls les murs de la chapelle de la Vierge sont construits.
En 1655 Louis Le Vau donne un nouveau plan pour l'église. Remarque : ce livre donne une chronologie un peu différente de celle adoptée dans le texte pour les débuts de la construction : une première pose de première pierre aurait été faite en 1646 par Gaston d'Orléans et une deuxième pose de première pierre par la reine Anne d'Autriche le . Il indique que Daniel Gittard devient l'architecte de l'église par la mort de Louis Le Vau, mais celui-ci est mort en 1670. qui n'est qu'un agrandissement de celui de Gamard qui n'est pas accepté par les marguilliersVoir .. Les projets de Gamard se révèlent insuffisants pour la population de la paroisse - Remarque : ce livre donne une chronologie identique à celle de Jean-Aimar Piganiol de La Force et une explication des faits un peu différente de celle adoptée dans le texte pour les débuts de la construction..
En 1660 Daniel Gittard, architecte du Grand Condé, donne le plan de l'église, adaptation des plans de Gamard et de Le Vau, qui a servi pour toute la construction de la nouvelle église à l'exception du massif antérieur. Ils sont approuvés le . Il a choisi l'ordre corinthien. Le curé Raguier de Poussé célèbre la première messe dans la chapelle basse de la Vierge le . Il a béni la chapelle de la Vierge le . Pour lier le chœur de la nouvelle église à la nef de l'ancienne église, le chœur de l'ancienne est démoli en arasant les piliers à de haut pour supporter le sol de la nouvelle église à partir . Cette différence de niveaux entre les sols des nouvelle et ancienne églises a permis de laisser des cryptes sous l'église actuelle dans lesquelles ont été aménagées le cimetière paroissial et pour certaines concédées aux maisons de Condé, de Conti et de Luynes. La différence de niveau de 4 à entre le nouveau chœur et la nef de l'ancienne église a compliqué l'exercice du culte. Le chœur et les chapelles situées autour sont bénies par l'archevêque de Paris, François Harlay de Champvallon, le . En 1674 on a commencé à construire les fondations des piliers de la croisée, puis en 1676, ceux du transept du côté du presbytère. Mais les travaux sont interrompus moins de deux ans plus tard à cause de l'endettement de la Fabrique. Les commissaires du roi saisirent les biens de la Fabrique et décidèrent d'augmenter les taxes sur les boues et les lanternes pour payer les dettes. Daniel Gittard meurt en 1686. Son fils Pierre Gittard a participé aux travaux. Il a donné en 1719 les plans du portail sud de l'église et a collaboré avec Oppenord.
Reprise des travaux sous la direction de Gilles-Marie Oppenord (après 1719) Les travaux ne reprennent qu'en 1719 avec le nouveau curé de Saint-Sulpice, Jean-Baptiste Languet de Gergy. Il a fait appel à la générosité des paroissiens. Il intéresse le duc d'Orléans, régent du royaume, en lui faisant poser la première pierre de la chapelle Saint-Jean-Baptiste et du portail sud, le . Il engagea son directeur des bâtiments Gilles-Marie Oppenord pour édifier la nef et le transept. Pour trouver le financement nécessaire, le curé a obtenu du Régent le droit d'organiser une loterie entre 1721 et 1746. Le , l'église est considérée suffisamment close pour être consacrée. Le , les archevêques et évêques de l'assemblée, au nombre de 21, vinrent à l'église pour la consacrer et sceller des reliques dans le maître autel. Après 1746, seule une partie des gains de la loterie ont été attribués à l'édification de l'église.. Le bras sud du transept est construit en 1719 et 1723 avec la nef, la chapelle de la Communion, celle de l'Assomption dite des Allemands à l'emplacement du cimetière de la rue Palatine, en 1724. En 1726 est élevée une tour-clocher au-dessus de la voûte de la croisée. Son poids excessif nécessite de la démolir dès 1731. À la suite de cette erreur, Oppenord est déchargé de la direction des travaux. La nef est achevée en 1736.
Les travaux sous Servandoni (après 1730) vignette|redresse=0.8|gauche|Projet de façade de Servandoni. (1732). vignette|redresse=0.8|Autoportrait de Niccolò Servandoni tenant le projet de la façade de l'église Saint-Sulpice à Paris (musée du Louvre).