Jean-Marie Granier, né le à Lasalle (Gard), et mort le à Sainte-Croix-de-Caderle (Gard)État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970, est un graveur, dessinateur et professeur français.

Biographie Né dans une famille d'artisans ferblantier de Lasalle, Jean-Marie Granier fait ses études aux collèges de l’Immaculée Conception à Aubenas et Saint-Stanislas à Nîmeséléments biographiques sur le who's who, puis à l'École supérieure des beaux-arts de Nîmes où il étudie pendant une année.

Il part en Allemagne pour le Service du travail obligatoire (STO) où il fera du dessin industriel . Rentré en France, il décide de devenir dessinateur.

À son retour, il s'inscrit aux Beaux-arts de Paris en 1946 et intègre l'atelier de gravure de Robert Cami et Démétrios Galanis (1882-1966), ce dernier étant membre de l'Institut.

Là, il fait la connaissance de ses condisciples, dont Josée Dirat, qui deviendra son épouse, inscrite à l'atelier de Jean Dupas (1882-1964)Le couple deviendra l'ami d'un autre couple célèbre de l'école, Marcelle Deloron et Jean Joyet (1919-1994). Il y a également Madeleine Lefeuvre, Henriette Lambert, Mickaël Compagnion, Paul Collomb, Maurice Boitel, Geoffroy Dauvergne, Jean-Pierre Alaux, Jean Fréour, Françoise Boudet, Robert Savary, ces deux derniers futurs prix de Rome en (1950) ex æquo, Gaston Sébire, Pierre Henry, Jean Mamez et René Quillivic qui deviendra également membre de l'Institut.. Dès 1946, Granier pratique l'eau-forte par esprit de contradiction selon ses propres termes :

En 1950, il est Lauréat de la Casa de Velázquez et part pour un séjour à Madrid en Espagne qui se prolonge jusqu'en 1952Il fait partie de la artistique, où il retrouvera quelques-uns des condisciples cités précédemment, et également : Martine Charron, Camille Hilaire, Henri Laville, boursier de Bordeaux, le sculpteur Georges Nadal, André Pédoussaut, Claude Pettitet venant de la Villa Médicis, Claude Samson et Luc Simon..

À partir de 1950, Granier commence à travailler sur le thème de la tauromachie, et produit plusieurs suites de planches, des estampes et des portfolios. Sa première eau-forte sur cuivre, La Cornada () et la deuxième, La Cornada avec peón au quite, décrivent deux étapes du moment où un torero se fait prendre par le taureauDanièle Crégut dans . L'œuvre gravé tauromachique de Jean-Marie Granier devait être une Tauromaquia, comme celles de Goya ou de Pablo PicassoLa Tauromaquia, pour illustrer le texte de Pepe Hillo : Tauromaquia completa. En Espagne, Granier a l'ambition d'illustrer toutes les passes. Il commence à exécuter huit petites pointes sèches qu'il veut reprendre au burin, mais c'est un échec. Deux des petites plaques sont gâchées. Il ne maîtrise pas encore la technique du burin, ce n'est qu'au bout d'un grand nombre d'échecs qu'il obtient ces premières gravures. Rentré en France, en été 1952, il se sent prêt à graver douze burins pour le texte de Pepe Hillo. Mais il abandonne finalement et il ne reste de ces premiers travaux en France que quelques plaques de cuivreDanièle Crégut dans.

En 1959, nommé professeur à l'école supérieure des beaux-arts de Nîmes, il va y enseigner jusqu'en 1976. À partir de 1963, une période de recherche et d'analyse par le dessin et la pointe sèche commence pour lui après un an de cécité totale due à une blessure à l'œil mal soignée, qui lui a fait perdre la vue.

Dès 1967-1968, en recouvrant ses forces, l'artiste accorde une attention particulière au mouvementDanièle Crégut dans . De 1972 à 1978, quatre expositions personnelles (trois à Nîmes et une à Paris) initient le succès commercial de Granier et sa reconnaissance par la critique.

En 1976, Jean-Marie Granier est nommé professeur de dessin à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. En 1979, il y devient professeur de gravure, poste que Cami occupait autrefois. Il sera successivement :

Élu membre de l'Académie des beaux-arts le au fauteuil de Roger Vieillard, il est reçu sous la Coupole le par le président de l'Académie des beaux-arts, le sculpteur Jean Cardot. Il devient lui-même président de l'Académie à deux reprises, en 1994 et en 1999.

Il a été membre et administrateur de plusieurs sociétés, nommé directeur du musée Marmottan Monet à Paris en 2000 Directeur du musée Marmottan.

En 2006, avec les résistants Raymond et Lucie Aubrac, les écrivains Edmond Reboul, Maurice-Yves Castanier et plusieurs autres, il fonde, en Languedoc, une société savante : l'Académie des Hauts Cantons.

Il a partagé son temps entre Paris et les Cévennes où il avait son atelier jusqu'à son décès en 2007.

En 1984, son œuvre comptait gravures, eaux fortes, pointes sèches et burins, ainsi que des livres illustrés parmi lesquels se trouve Une ténébreuse affaire d'Honoré de Balzac (1954), La Maison du peuple de Louis Guilloux, suivi de Compagnons avec une préface d'Albert Camus (1955).

Œuvres Illustrations 1950 : Trésor de la Poésie française, Livret de Georges Bouquet et Pierre Ménanteau 1952 : Trésors de la Poésie française, Livret 1954 : Aubenas et le Val d'Ardèche, éditions du Dauphin, ornement de Jean Chièze avec dix planches dessinées et gravées par Jean-Marie Granier 1954 : Une ténébreuse affaire de Balzac - Climats de Maurois 1954 : Climats par André Maurois, éditions La Porte Ouverte 1955 : La Maison du peuple de Louis Guilloux ; suivie de Compagnons. Avant-propos d'Albert Camus; bois gravés et originés de Jean Marie-Granier 1955 : Austerlitz d'Albert Ponod, présenté par le maréchal Juin, éditions de Minuit 1955 : Bir-Hakeim de Jean Mathias, précédé d'un discours du général de Gaulle, éditions de Minuit 1956 : L'Herbier de l'Ubac et de l'Adret texte de Pierre Menanteau éditions les Nouvelles presses françaises 1956 : Florilège poétique de Louisa Paulin, Poèmes et proses, présentés par Théophile Briant avec le portrait de Louisa Paulin en frontispice 1957 : Ce que l'Alouette m'a dit de P. Ménanteau 1957 : Florilège poétique de René Guy Cadou 1957 : Trésor des rondes et des berceuses de G. Bouquet et P. Ménanteau éditions de Minuit 1959 : Florilège poétique P. Ménanteau 1959 : Le Petit cochon de pain d'épice de Léopold Chauveau, éditions La Farandole, illustration à quatre mains avec sa femme, créditée ici José Granier. 1959 : Le Nom difficile de Luda 1966 : La Contrainte de Léon Safran 1967 : La Barrière entrouverte de Georges Bouquet 1971 : À l'école du Buisson de P. Ménanteau 1982 : À notre insu de Jean Grosjean 1994 : Triptyque de Jean Grosjean 1996 - Un graveur sur bois Jean Chièze, Institut de France, , Granier, Henry Bernard, Georges Oberti

Estampes 1946 : Suite des Rues 1947 : Suite des Coqs, Suite de Vanves 1947-1959 : Suite la femme de l'adjudant 1948-1949 : Suite pour les Quatre Éléments d'André Chamson 1957 : Le forgeron à travers les âges et les pays, série pour les Éts Lauravia Forges et Outillage 1972 : Nus, 12 pointes sèches avec un texte liminaire de Henry Bonnier 1972 : Camargue, texte d'Henri Bosco, 11 burins, Éd D. Crégut 1982 : Orbes, poème de Jean Laude pour six pointes sèches de J.M. Granier, éd. D.Crégut Femmes, d'Henry Bonnier Catalogue Raisonné de l'œuvre gravé de Lucien Coutaud

Distinctions 1987 à 1989 : chargé de mission auprès du musée des beaux-arts de Nîmes 1988 : sociétaire de la société de gravure Le Trait Membre de la Jeune gravure contemporaine Membre non résidant de l'Académie de Nîmes 1991 : membre de l'Académie des beaux-arts 1994 : président de l'Académie des beaux-arts 1999 : président de l'Académie des beaux-arts Membre du Comité national de l'estampe Administrateur de la Fondation de Lourmarin Laurent-Vibert (Vaucluse) Membre de l'Académie royale des beaux-arts de San Fernando à Madrid (Espagne) 2000 : directeur du musée Marmottan Monet à Paris 2006 : membre fondateur de l'Académie des Hauts Cantons (fauteuil III)

Décorations Chevalier de la Légion d'honneur 65px Chevalier de l'ordre national du Mérite 65px Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres Chevalier des Palmes académiques

Expositions 1972 : galerie Danièle Crégut à Nîmes 1975 : galerie Danièle Crégut à Nîmes, « 20 burins sur le thème des Cévennes » 1976 : château d'Aubenas, « gravures et dessins », exposition organisée par Jean Charay 1978 : galerie Danièle Crégut, « gravures et dessins » 1978 : galerie rue Mazarine à Paris 1984 : rétrospective de l'œuvre gravée, organisée par Victor Lassalle au musée des beaux-arts de Nîmes, le catalogue rédigé par Danièle Crégut inventorie numéros Membre du Salon des réalités nouvelles 1994 : exposition musée du Colombier à Alès, « 10 ans de gravure 1984-1994 » 1995 : exposition de la série des Labyrinthes au château de Vogüé 2008 : exposition à l'hôtel de La Condamine au Vigan, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine 2011 : exposition au musée cévenol du Vigan, « Gravures autour de la donation Granier à la Ville du Vigan »

Collections publiques Madrid, Casa de Velázquez ; Paris, département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France ; Nîmes, musée des beaux-arts ; Le Vigan, musée cévenol : fonds des œuvres cévenoles offertes à la commune du Vigan en 2007 ; Alès, musée du Colombier.

Notes et références

Annexes Bibliographie R. Gérard, Jean-Marie Granier, graveur dans Le Courrier graphique, J. Carrière, Vingt burins sur le thème des Cévennes, catalogue de l'exposition Galerie D. Crégut, Nîmes, 1975 J. Charay, Gravures et dessins, Catalogue de l'exposition de Nîmes, 1976 F. Mouton Pincemaille, Érotisme et techniques de la gravure dans l'estampe contemporaine, maîtrise d'enseignement des arts plastiques, Paris-I, 1978 Bartholomé Bénassar, Le retour de Stevenson dans les Cévennes, de la Montagne à l'Homme, Toulouse, 1979 F. Woimant, Jean-Marie Granier dans Les Nouvelles de l'Estampes , Paris, 1980

Danièle Crégut, Thèse Université de Paris I Panthéon Sorbonne, Paris, 1981 Lydia Harambourg, Jean-Marie Granier, Canal Académie, 2008

Liens internes Académie des Hauts Cantons

Liens externes

Hommage de l'Académie des beaux-arts, sur academie-des-beaux-arts.fr. Centre d'art Jean-Marie Granier, sur saintecroixdecaderle.fr.

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