Dora Pejačević, née le à Budapest et morte le à Munich, est une compositrice croate, membre de la famille noble Pejačević. Elle introduit le lied pour une voix avec orchestre dans la musique croate Vladimir Maleković, Vesna Lovrić Plantić, Graham McMaster, Historicisim in Croatia, 2000. et sa Symphonie en fa dièse mineur est considérée par les spécialistes comme la première symphonie moderne de la musique croate Koraljka Kos, Dora Pejačević, Symphonie et Phantasie Concertante, CPO . 777 418-2..
Biographie Dora Pejačević, fille du Ban croate, le comte Théodor Pejačević et de la baronne hongroise Lilla de Vaya, commence à étudier la musique enfant à Budapest avec l'organiste hongrois Karoly Noszeda puis poursuit ses études à l'Institut Croate de Musique à Zagreb. Elle commence à composer à . Plus tard, elle suit l'enseignement de Percy Sherwood à Dresde, de Walter Courvoisier (composition) et d'Henri Petri (violon) à Munich.
Néanmoins, largement autodidacte, elle développe son talent artistique avant tout au contact des personnalités de son époque ; parmi ses maîtres spirituels, on compte la pianiste Alice Ripper, la peintre Clara Westhoff, les écrivains Annette Kolb, Rainer Maria Rilke, Karl Kraus, Sidonie Nádherná von Borutín et d'autres personnalités jouant un rôle de premier plan sur la scène culturelle européenne de l'époque. Elle souscrit à « Die Fackel » (La torche), de Kraus et montre un vif intérêt pour les questions sociales du moment.
Les mondes intellectuels d'Oscar Wilde, Ibsen, Dostoïevski, Thomas Mann, Schopenhauer, Rilke, Kierkegaard, Clemens Krauss et Nietzsche, ont tous eu un impact sur le développement de sa personnalité artistique. Les œuvres de tous ces écrivains, parmi d'autres, sont mentionnées dans son journal de lectures, particulièrement riche.
En Croatie, Dora Pejačević vit dans la propriété familiale de Našice, mais de fréquents voyages la mènent à travers les grands centres culturels européens, tels Budapest, Munich, Prague et Vienne, où elle réside pendant d'assez longues périodes. Les dernières années de sa vie, de son mariage avec Ottomar Lümbe en 1921 jusqu'à sa mort en 1923, sont vécues principalement à Munich.
Durant sa vie, ses œuvres sont fréquemment jouées, non seulement en Croatie, mais aussi à l'étranger, entre autres à Londres, Dresde, Budapest, Stockholm, Vienne et Munich. Elles sont données par certains des musiciens les plus célèbres de l'époque : les pianistes Walter Bachmann, Svetislav Stančić et Alice Ripper, les violonistes Juan Manén, Václav Huml et Zlatko Baloković, les chefs d'orchestre Oskar Nebdal et Edwin Linder et des ensembles tels que le Thoman Trio, le Quatuor à cordes de Zagreb, l'Orchestre philharmonique de Zagreb, le Tonkünstlerorchester de Vienne et le Philharmonique de Dresde.
Pejačević est enterrée au cimetière de Našice (Croatie).
Style Dora Pejačević laisse 58 compositions, œuvres pour orchestre, voix et instruments, musique de chambre et piano. Son langage musical romantique tardif, enrichi d'harmonies impressionnistes, d'éléments de style expressionniste et de couleurs orchestrales somptueuses, font de Dora Pejačević une véritable enfant de l’Art Nouveau (Jugendstil) dans l'art pictural. Les œuvres de maturité de la compositrice sont marquées à parts égales par son enthousiasme pour la musique de Wagner et par sa maîtrise et sa virtuosité puissantes dans l'écriture de l'instrument pour lequel elle compose. D'une nature hypersensible, elle crée (Kos) et, selon ses propres mots, « dans une transe d'obsession musicale ».
La dernière œuvre complète de Dora Pejačević reflète un vigoureux développement musical que la mort arrête net dans sa plus somptueuse floraison : nous pouvons y trouver les traces d'une recherche délibérée de sa propre expression et de son propre langage musical et rencontrer une musique originale, vécue profondément et magistralement mise en forme.
Avec quelques autres musiciens de sa génération, parmi lesquels Josip Hatze et Blagoje Bersa ressortent par la haute qualité de leur art, Dora Pejačević (Kos).
La plupart de ses œuvres n'ont pas encore été publiées, ni enregistrées ; on note sa symphonie en Fa dièse mineur de 1916/20, son opus 41, un quatuor pour piano en Ré mineur opus 25, un quintette pour piano en Si mineur opus 40, une sonate pour piano en Si bémol mineur (son opus 36, publié par Hrvatsko muzikološko društvo en 2002) et une autre en La bémol majeur (opus 57), un concerto pour piano (opus 33 en Sol mineur, 1913, publié par Izdanja Muzikološkog Zavoda Muzičke Akademije en 1982) , deux sonates pour violon et piano (dont l'opus 26 en Ré majeur) et une sonate pour violoncelle (op. 35 en Mi mineur). Sylvie Vučić, soprano franco-croate, est en train d'enregistrer l'intégralité de son œuvre vocale.
Œuvre Piano
Musique de chambre Rêverie pour violon et piano, op. 3 (1897) Canzonetta en ré majeur, pour violon et piano, op. 8 (1899) Impromptu, pour quatuor avec piano, op. 9b (1903) Trio en ré majeur, op. 15 pour violon, violoncelle et piano (1902) Menuet en la majeur, op. 18, pour violon et piano (1904) Romance en fa majeur, op. 22, pour violon et piano (1907) Quatuor en ré mineur, op. 25 pour violon, alto, violoncelle et piano (1908) Sonate en ré majeur, « Frühlings-Sonate », op. 26 pour violon et piano (1909) Trio pour piano en do majeur, op. 29 pour violon, violoncelle et piano (1910) Quatuor à cordes en fa majeur, op. 31 (1911) — perdu Élégie en mi majeur pour violon et piano, op. 34 (1913) Sonate en mi mineur, op. 35 pour violoncelle et piano (1913) Quintette avec piano en si mineur, op. 40 pour 2 violons, alto, violoncelle et piano (1915–1918) Sonate en si mineur 'Slawische Sonate pour violon et piano, op. 43 (1917) Méditation pour violon et piano, op. 51 (1919) Quatuor à cordes en do majeur, op. 58 (1922)
Orchestre Concerto pour piano et orchestre en sol mineur, op. 33 (1913) Symphonie en fa dièse mineur op. 41 (1916 – 1917, revue en 1920) Fantaisie concertante en ré mineur pour piano et orchestre, op. 48 (1919) Ouverture en ré mineur pour grand orchestre, op. 49 (1919)
Musique vocale Lieder Ein Lied, op. 11 (texte de Paul Wilhelm), 1900 Warum ?, op. 13 (texte de Dora Pejačević), 1901 Ave Maria, Op. 16, pour voix, violon et orgue, 1903 Sieben Lieder, op. 23 (textes de Wilhelmine Wickenburg-Almásy), 1907 Sicheres Merkmal Es hat gleich einem Diebe Taut erst Blauveilchen Es jagen sich Mond und Sonne Du bist der helle Frühlingsmorgen In den Blättern wühlt Es war einmal Zwei Lieder, op. 27 (textes de Wilhelmine Wickenburg-Almásy et Ernst Strauss), 1909 Ich schleiche meine Straßen Verweht Vier Lieder, op. 30 (textes d'Anna Ritter), 1911 Ein Schrei Wie ein Rausch Ich glaub', lieber Schatz Traumglück Verwandlung pour voix, violon et orgue, op. 37a (texte de Karl Kraus), 1915 Mädchengestalten, op. 42 (textes de Rainer Maria Rilke), 1916 Als du mich einst gefunden hast Viel Fähren sind auf den Flüssen Ich bin eine Waise Ich war ein Kind und träumte viel An eine Falte, op. 46 (texte de Karl Kraus), 1918 Drei Gesänge, op. 53 (textes de Friedrich Nietzsche), 1919 - 1920 Venedig Vereinsamt Der Einsamste Zwei Lieder, op. 55 (Textes de Karl Henckell et Ricarda Huch), 1920 Zu dir ! Um bei dir zu sein Tri dječje pjesme (Trois chansons enfantines), op. 56 (textes : Zmaj Jovan Jovanović), 1921 Majčica, moj anđeo (Maman, mon ange) Dijete i baka (Enfant et grand-mère) Mali Radojica (Petite Radojica) Avec accompagnement d'orchestre Verwandlung, op. 37b (« Métamorphose », texte : Karl Kraus), 1915 Liebeslied, op. 39 (texte : Rainer Maria Rilke), 1915 Zwei Schmetterlingslieder, op. 52 (texte de Karl Henckell), 1920 Goldne Sterne, blaue Glöckchen Schwebe, du Schmetterling
Discographie Symphonie en fa dièse mineur, ; Fantaisie concertante pour piano et orchestre en ré mineur, - Volker Banfield, piano & Deutsche Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz ; Ari Rasilainen, direction (2011, CPO 777 418-2) Trio pour violon, violoncelle et piano en ut majeur, ; Sonate pour piano et violoncelle en mi mineur, - Christian Poltéra, violoncelle ; Andrej Bielow, violon & Oliver Triendl, piano (2011, CPO 777 419-2) Œuvres pour violon & piano : Sonate pour violon en ré majeur, ; Canzonetta, ; Menuet, ; Romance, ; Élégie, ; Sonate pour violon en si bémol majeur, & Méditation, : Andrej Bielow, violon & Oliver Triendl, piano (2013, CPO 777 420-2) Musique de chambre : Quintette pour piano en si mineur, ; Quatuor à cordes en ut majeur, ; Quatuor pour piano et cordes en ré mineur, & Impromptu pour violon, alto, violoncelle & piano - Oliver Triendl, piano & Quatuor Sine Nomine : Patrick Genet, violon ; François Gottraux, violon ; Hans Egidi, alto & Marc Jaermann, violoncelle (2013, 2 CD CPO 777 421-2) Mélodies choisies - Lieder - Ingeborg Danz, alto & Cord Garben, piano - CPO 777 422-2 (2012) Concerto pour piano en sol mineur, ; Ouverture en ré majeur, ; Verwandlung, ; Liebeslied, & Zwei schmetterlingslieder, ; Oliver Triendl, piano ; Ingeborg Danz, alto & Brandenburgisches Staatsorchester Frankfurt ; Howard Griffiths, direction - CPO 777 916-2 (2015) Intégrale de l'œuvre pour piano - Natasa Veljkovic, piano (2016, 2 CD CPO 555 003-2) Notes et références
Bibliographie
Biographie vidéo La boîte à pépites (voir en ligne)
Liens externes La Boite à Pépites « Quatuor avec piano en ré mineur, op.25 Andante con moto » interprète par Alexandre Pascal (violon), Léa Hennino (alto), Héloïse Luzzati (violoncelle), Celia Oneto Bensaid (piano) voir en ligne
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