Le portugais est la langue officielle de l'Angola, sur le site ConstituteProject.Org (2013). et selon le recensement du pays de 2014 il est parlé dans les foyers par 78 % des Angolais, soit 17 millions de personnes (91 % en ville et 53 % en campagne).. Selon une étude de l'Institut National de la Statistique de l'Angola datant de 2012, 39 % des Angolais ont pour langue maternelle le portugaishttp://poing.me/layar/Colombia/brochuranoCrop.pdf, page 9.. Mais le pays compte également 33. langues locales dont six majeures ayant le statut de langues nationales : le kikongo, le kimbundu, le tchokwé, l'umbundu, le nganguela et le kuanyama.

Le recensement de 2014 montre que les langues nationales sont en voie de disparition progressive, étant de moins en moins transmises aux jeunes générations, la tendance étant à l'utilisation du portugais dans les foyers angolais. Il reste tout de même encore 9 millions d'Angolais âgés de 2 ans ou plus parlant plus d'une langue à la maison, soit 38 % de la population.

Le pays est un quadrilatère situé entre l’Afrique centrale francophone et l’Afrique australe anglophone. Il est le deuxième pays lusophone par son étendue et le troisième par sa population. Cette ancienne colonie portugaise est membre de la communauté des pays de langue portugaise. Les frontières actuelles résultent de la colonisation européenne.

Le taux d'alphabétisation chez les personnes âgées de 15 ans et plus en 2015 y est estimé par l'UNESCO à 71 %, dont 82 % chez les hommes et 61 % chez les femmes, sur le site de l'UNESCO (Onglet "Alphabétisme" puis descendre à "Taux d'alphabétisation (%)")..

La langue officielle, le portugais

L'adoption de la langue de l'ancien colonisateur comme langue officielle fit partie d'un processus commun à une majorité de pays africains. Notons en Angola le fait peu courant qu'une partie de la population n'a comme unique langue que celle héritée du Portugal.

Les raisons à cela sont nombreuses. La principale est l'implantation par le régime colonial portugais d'une politique d'assimilation qui visait à adopter les rites et coutumes portugais, considérées comme civilisés. De plus, un grand nombre de colons se sont dispersés à travers le pays au cours des déploiements militaires successifs.

L'adoption de la langue portugaise a permis la propagation de l'émancipation. Principalement à partir du milieu du , cette langue a facilité la communication entre les différentes ethnies. La guerre coloniale a été une période fondamentale de l'expansion de l'idée de conscience nationale angolaise. D'instrument de domination et de clivage entre colons et colonisés, le portugais acquit un caractère unificateur entre les peuples angolais.

Avec l'indépendance en 1975 et l'intensification de la guerre civile dans les années qui suivirent, il y a eu aussi une expansion en raison de la fuite des populations rurales vers les villes, et en particulier vers la capitale, Luanda. Le déracinement culturel a forcé ces populations à adopter rapidement le portugais.

L'État a renforcé la présence du portugais, utilisé dans l'armée, le système administratif, le système scolaire, les moyens de communication, etc.

Officiellement, le gouvernement déclare défendre les langues nationales, mais dans la pratique il tend à valoriser tout ce qui favorise l'unification au détriment des dialectes régionaux et ethniques.

Les langues nationales restent les langues maternelles de la majorité de la population, mais le portugais est la première langue pour 39 % de la population angolaisehttp://poing.me/layar/Colombia/brochuranoCrop.pdf. - proportion qui est bien supérieure à Luanda. 60 % des Angolais affirment l'utiliser comme première ou seconde langue. Le dernier recensement datant de 1970, ces chiffres sont des estimations qui font polémique. Les résultats du recensement national de 2014 portant sur les langues parlées à la maisonhttps://unstats.un.org/unsd/demographic/sources/census/quest/AGO2014ptHh.pdf, page 3. ont été publiés en .

Langue officielle et de l'enseignement, le portugais est en permanente mutation. Les interférences linguistiques avec les langues nationales génèrent l'apparition de nouveaux mots et de nouvelles expressions découlant du génie inventif populaire.

La langue littéraire est quasi exclusivement le portugais même si quelques œuvres en kimbundu et umbundu existent.

Les langues nationales

La grande majorité des Angolais (près de 82 %) est d'origine bantoue.

Le principal groupe ethnique bantou est celui des Ovimbundos qui se concentrent dans centre sud de l'Angola et s'exprime traditionnellement en umbundu, la langue qui compte le plus de locuteurs en Angola.

À côté, les Ambundos, parlant le kimbundu, seconde langue nationale en nombre de locuteurs, principalement dans la zone centre-nord, dans l'axe Luanda-Malanje et dans le Cuanza Sud. Le kimbundu est une langue importante car c'est la langue de la capitale et de l'ancien royaume de Ndongo. Il a été diffusé au Brésil par les esclaves originaires de cette région et on le retrouve (objets rituels, paroles cérémonielles, chants...) dans les candomblés (religions afro-brésiliennes) de rite angolais, et jusque dans le limbalú, cérémonie funéraire pratiquée au Nord de la ColombieAquiles Escalante, « Significado del Lumbalú : ritual funerario del Palenque de San Basilio », Universidad del Norte, Barranquilla, lire en ligne, consulté le 4 mai 2021. Il a laissé de nombreux mots dans la langue portugaise et a assimilé de nombreux vocables de cette dernière.

Dans le nord (provinces de Uíge et de Zaire) se concentrent les Bakongos, de langue kikongo, qui comprend plusieurs dialectes. C'était la langue de l'ancien royaume du Kongo.

Les Tchokwes occupent l'est, depuis la Lunda nord jusqu'au Moxico, et parlent le tchokwe.

Le kwanyama ou oxikuanyama, le nyaneka et le mbunda sont d'autres langues d'origine bantoue parlées en Angola.

Le sud de l'Angola est aussi habité par les Bochimans, peuple non bantou qui parle des langues khoïsanes.

Enfin, près de 20 % de la population actuelle est blanche ou métisse, majoritairement d'origine portugaise. C'est une population présente surtout dans les villes et qui a pour langue maternelle le portugais. Mentionnons l'existence d'un grand nombre de personnes parlant le français et le lingala, du fait des migrations générées par la lutte pour la libération et les affinités avec les voisins venant de la République du Congo et de la République Démocratique du Congo.

Promotion des langues nationales

Durant la période coloniale, l'usage des langues nationales était circonscrit à l'enseignement du catholicisme. Par conséquent, la langue portugaise n'a pas réussi à s'implanter dans tout le territoire. Les zones rurales ont conservé intactes leurs idiomes.

Avec l'indépendance, ces langues acquirent un statut de langues nationales à pied d'égalité avec le portugais.

En vue de valoriser et de promouvoir ces langues locales, l'Institut des Langues Nationales a fixé les orthographes de 6 langues en étudiant leurs aspects phonétiques, morphosynthaxiques, phonologiques, lexicaux et sémantiques, Boubacar (Ed), 1987. Alfabetos das línguas kikoongo, kimbundu, umbundu, cokwe, mbunda, oxikwanyama.. Les résultats de ce travail d'investigation servirent de base à l'élaboration de matériel didactique pour la future introduction de ces langues à l'école primaire en parallèle du portugais.

Dans les médias les langues africaines sont aussi utilisées, par exemple à la radio Ngola Yetu (Notre Angola, en kimbundu) qui émet quotidiennement programmes et nouvelles en 7 langues nationales.

Enseignement

Jusqu'en 2005, les écoles n’ont enseigné qu’en , aussi appelé "portugais familier", quel que soit le niveau (primaire, secondaire, université), mais depuis 2005 a cours une introduction des six langues nationales dans l'enseignement primaire, en parallèle avec le portugaishttps://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-01279235/document, page 102.. À l’université, on enseigne en portugais, mais aussi en anglais et en français.

Recensement de 2014 + Langues habituellement parlées à la maison dans les foyers Angolais par les personnes âgées de 2 ans ou plus selon le recensement général de la population et de l'habitat de l'Angola de 2014http://aiangola.com/wp-content/uploads/2016/03/Publica%C3%A7%C3%A3o-Resultados-Definitivos-Censo-Geral-2014_Vers%C3%A3o-22032016_DEFINITIVA-18H17.pdf Langue % Nombre Portugais 71,15 % Umbundu 22,96 % Kikongo / Ukongo 8,24 % Kimbundu 7,82 % Tchokwé / Kioko 6,54 % Nyaneka 3,42 % Ngangela 3,11 % Fiote 2,39 % Kuanyama 2,26 % Muhumbi 2,12 % Luvale 1,04 % Autres langues nationales 3,60 % Sourds / muets 0,50 % Total (sans doubles comptes) 100,00 %

Multilinguisme En 2014, le pourcentage d'Angolais parlant habituellement plus d'une langue à la maison est de 38 % (37 % en ville et 40 % en campagne).

Portugais En 2014, le portugais est habituellement parlé à la maison par 78 % des Angolais (91 % en ville et 53 % en campagne). En ville, il atteint même un pic de 95 % chez les jeunes de 15 à 19 ans.

Umbundu En 2014, l'umbundu est habituellement parlé à la maison par 23 % des Angolais (17 % en ville et 34 % en campagne).

Kikongo / Ukongo En 2014, le kikongo/ ukongo est habituellement parlé à la maison par 8,24 % des Angolais (7,86 % en ville et 8,89 % en campagne).

Kimbundu En 2014, le kimbundu est habituellement parlé à la maison par 7,82 % des Angolais (6,77 % en ville et 9,60 % en campagne).

Tchokwé / Kioko En 2014, le tchokwé / kioko est habituellement parlé à la maison par 6,54 % des Angolais (6,72 % en ville et 6,24 % en campagne).

Nyaneka En 2014, le nyaneka est habituellement parlé à la maison par 3,42 % des Angolais (1,22 % en ville et 7,19 % en campagne).

Lingala Le lingala est présent en Angola depuis les années 1970 avec près de locuteurs.. En Angola, le lingala reste présent dans la partie nord du pays et aussi dans l'enclave de Cabinda où il cohabite avec d'autres langues africaines, notamment le kikongo, et le portugaishttps://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-01279235/document, page 73..

Il y a toujours d'anciens réfugiés Angolais en République démocratique du Congo qui reviennent en Angola, avec souvent des enfants, ou des jeunes, qui ne connaissent pas du tout ce pays, et ils parlent le plus souvent le Lingala. D'ici à 2050, les locuteurs du Lingala en Angola pourraient représenter 5 250 000 locuteurs, au moins.

Français À la suite des phénomènes de migrations forcées par les guerres civiles et des répressions coloniales, l'Angola abrite un grand nombre de locuteurs francophoneshttps://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-01279235/document, page 7. ; la République démocratique du Congo et la République du Congo sont les pays principaux d’où proviennent les Angolais francophones au lendemain des guerres qu’a connues ce payshttps://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-01279235/document, page 21.. Ainsi, à Uíge, qui se trouve dans une province ‘quasi-francophone’ limitrophe de la République démocratique du Congo, la langue d’enseignement qu'est le portugais n’est ni la langue maternelle, ni la langue préférée de la plupart des étudiantshttps://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-01279235/document, page 9..

Ainsi, la communauté francophone, après la lusophone, constitue la plus forte représentation linguistique des langues européennes en Angolahttps://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-01279235/document, page 52..

Aujourd’hui, le français est la deuxième langue étrangère apprise à l’école à côté de l’anglaishttps://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-01279235/document, page 75..