est un film japonais réalisé par Kon Ichikawa, sorti en 1956. Il est adapté du roman homonyme de Michio Takeyama, publié au Japon en 1947. Kon Ichikawa réalisera une en 1985.
Synopsis Birmanie, fin de la Seconde Guerre mondiale. Après la capitulation, un groupe de soldats japonais musiciens est retenu en captivité dans un camp britannique en attendant son rapatriement. Un des leurs, Mizushima, le joueur de harpe, est chargé de convaincre un groupe isolé de soldats japonais insoumis. Mais, Mizushima n'est pas entendu et le groupe d'insoumis est massacré. À la suite du combat, celui-ci est porté disparu. Au cours de sa longue errance, il découvre les corps de centaines de ses compatriotes, morts sur le champ de bataille, et se met à enterrer leurs cadavres. Devenu moine bouddhiste, il renonce à rentrer au Japon, estimant que son rôle est d'assurer une sépulture aux soldats japonais morts et abandonnés sur le sol birman.
Fiche technique Titre : La Harpe de Birmanie Titre original : Réalisation : Kon Ichikawa Scénario : Natto Wada d'après le livre éponyme de Michio Takeyama Production : Masayuki Takaki Musique : Akira Ifukube Photographie : Minoru Yokoyama Montage : Masanori Tsujii Société de production : Nikkatsu Pays de production : Langue originale : japonais Format : noir et blanc - 1,33:1 - 35 mm - son mono Genre : film de guerre Durées : 63 minutes ( partie) + 81 minutes ( partie) — 116 minutes (version internationale) Dates de sortie : Japon : ( partie). - ( partie). France : .
Distribution Shōji Yasui : Yasuhiko Mizushima Rentarō Mikuni : le capitaine Inouye Jun Hamamura : le sergent Ito Taketoshi Naitō : Kobayashi : Maki Kō Nishimura : Baba Tomio Aoki : Oyama Tatsuya Mihashi : le commandant de la forteresse Yūnosuke Itō : le chef du village Tanie Kitabayashi : la vieille femme
Autour du film Le film de Kon Ichikawa, comme le roman de Michio Takeyama dont il est issu, s'inspire de l'histoire authentique d'un soldat japonais — Kazuo Nakamura (1917-2008) — qui, dès l'âge de treize ans, se sentant très attiré par le bouddhisme, se destine à devenir moine. Mobilisé dans l'armée japonaise, il combat sur divers fronts avant d'être envoyé en Birmanie où il apprend la fin de la guerre et la capitulation de son pays. Prisonnier en 1945 des troupes britanniques, il monte un chœur destiné à réconforter le moral de ses compagnons de captivité. Il leur propose d'interpréter des chansons très populaires comme Hanyū no yadoTitre japonais de Home, Sweet Home, traduit dès 1889 et devenu grandement populaire au Japon., Kōjō no tsuki ou Sakura. Il organise, en outre, diverses cérémonies en l'honneur des soldats morts au combat, ainsi que des lectures commentées des textes bouddhiques. Rapatrié en 1946, il devint bonze à Gunma, dans sa région natale, et retourne souvent en Birmanie où il fait élever une pagode en l'honneur des soldats japonais et birmans décédés au cours du second conflit mondialClaire Akiko-Brisset, maître de conférences à l'Université Paris VII : L'histoire d'un soldat, Allerton Films..
Des années auparavant, Takeyama s'empare du destin de ce personnage grâce au récit d'un témoin privilégié, enrôlé dans la brigade où officiait Nakamura. Au carrefour du conte pour enfants et de l'aventure philosophique, l'œuvre est initialement publiée en feuilleton entre 1947 et 1948. Voulant rendre compte du déchirement moral et spirituel du héros — le bouddhisme étant une religion, par essence, pacifiste — l'écrivain dédouble le personnage : au soldat Mizushima (Shōji Yasui), ici instrumentiste du groupe musical, est ajouté un nouveau protagoniste, totalement fictif, le capitaine Inouyé (Rentarō Mikuni), également chef de chœur. Takeyama veut ainsi confronter le destin individuel de Mizushima, lié à cette exigence intérieure qui le pousse à demeurer en Birmanie, et celui, collectif, du groupe de soldats, symbolisé par son capitaine. Cet antagonisme est de nature à renforcer l'expression dramatique de l'œuvre et la gravité du choix fait par Mizushima. Un autre personnage essentiel du livre est la harpe traditionnelle birmane, nommée encore saung-gauk, précisément rendue nécessaire par le dédoublement du héros. Dans le film d'Ichikawa, fidèle, pour l'essentiel, à l'esprit du roman, elle contribue à instaurer un climat émotionnel significatifClaire Akiko-Brisset : op. cité..
Lors de la scène de la rencontre entre la brigade japonaise et les soldats anglais dans le village birman, la chanson entamée est , l'équivalent de Home Sweet Home, ce qui permet aux anglais de reprendre le chant avec eux.
Lors de la dernière rencontre entre Mizushima et la brigade japonaise, les soldats chantent Hanyū no yado, espérant qu'il s'agit bien de leur compatriote et qu'il repartira au Japon avec eux. Mizushima leur répond alors en jouant à la harpe le morceau , une chanson apprise à l'école primaire et connue par tous. Cette chanson décrit dans ses paroles le départ d'un élève et le respect qu'il a pour son maître, permettant à Mizushima de signifier à la brigade qu'il ne repartira pas avec eux tout en remerciant son chef.
Distinctions
Récompenses 1956 : prix San Giorgio et prix OCIC mention honorable à la Mostra de Venise 1957 : prix Mainichi de la meilleure musique de film pour Akira Ifukube.
Sélections 1956 : en compétition pour le Lion d'or à la Mostra de Venise. 1957 : en compétition pour l'Oscar du meilleur film étranger.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Filmographie sur la Seconde Guerre mondiale
Liens externes
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