La Royal Australian Navy ou RAN est la composante maritime des forces armées australiennes.
Histoire
Créée en 1911, après la création de la fédération australienne, elle a connu pour la première fois la guerre lors de la Première Guerre mondiale. Entre les deux guerres, sa taille varia plus ou moins en fonction de la situation financière du pays, et était plus petite qu'en 1914 au début de la Seconde Guerre mondiale. Après, elle intervint en Corée, au Viêt Nam, et dans d'autres petits conflits. Aujourd'hui, la marine australienne représente une petite force moderne.
Stratégie vignette|Le de la Classe Juan Carlos I en cours d’aménagement le à Williamstown (Victoria). Alliée de l'US Navy dans le Pacifique Sud, la marine royale australienne a accédé au rang de marine régionale après la Seconde Guerre mondiale, la du monde en 2008. Les débats stratégiques actuels montrent une volonté de coopération avec les marines néo-zélandaise, américaine et singapourienne, notamment au travers des exercices RIMPAC et du projet de mettre en œuvre avec la marine indonésienne un « pool » commun de drones de surveillance maritime. Par ailleurs est prise en compte la perception d'une menace venant de la marine de l’armée populaire de libération. Dans le cadre de la sa politique des deux océans, la RAN dispose de deux bases principales, la base navale de Stirling (base navale de l'ouest) et la base navale de Kuttabul (base navale de l'est) et est déjà très active au nord (Timor oriental) comme au nord-est (îles Salomon), voire outre-mer (Irak, Afghanistan, etc). Au-delà, le pays, qui bénéficie d'un assez large consensus politique sur le développement de ses forces armées pourrait adopter une posture plus expéditionnaire, permise par la construction des deuxDans le cadre d’une offre groupée (package), le LHD espagnol (de type Juan Carlos) est retenu le 20 juin 2007 pour 2 unités, les HMAS Canberra et Adelaide. Sont également commandés 3 destroyers dotés de lance-missiles Aegis de type F100, les , et dérivés des frégates Álvaro de Bazán en service dans l’Armada espagnole, le tout pour environ 6 milliards d’euros, voire trois LHD de classe CanberraÀ la suite de l'annonce de la rédaction d'un Livre blanc le 25 février 2008, la RAN a plaidé dans un document interne en partie publié par la presse pour un de classe Canberra apte à déployer des F-35B, selon « Marine : une liste à 4 milliards », dans Défense et sécurité internationale , 37 (mai 2008).
L'Australian Strategic Policy Institute a étudié 3 scénarios quant au futur de la RAN. Dans la première option, la RAN n'a pas besoin (ou ne veut pas) se hisser au niveau des puissances économiques et militaires émergentes de la région Asie-Pacifique. Ses capacités de combat de haute intensité seraient obérées par l'absence de destroyers anti-aériens et sa mission se limiterait à un rôle régional ou des opérations multinationales de maintien de la paix, de stabilisation ou d'aide humanitaire, avec pour conséquence une position dégradée au sein de l'ANZUS, voire le confinement dans le rôle de supplétif de l'US Navy. Dans la seconde option, la RAN est capable de combattre à proximité de ses côtes une marine d'égale puissance à condition d'acquérir une force de dissuasion crédible basée sur 12 sous-marins, des frégates avec capacités anti-aériennes et ASM et notamment des hélicoptères munis de sonars remorqués, de radar trans-horizon et de missiles antinavires. Dans la troisième option, les voies maritimes australiennes sont sécurisées par la mise en place de 2 task groups supplémentaires (à base d'un destroyer anti-aérien, d'au moins 2 frégates et de nouveaux hélicoptères), ainsi que de 4 avions de patrouille maritime et d'un pétrolier-ravitailleur.
Le Livre blanc sur la Défense 2009, publié le , semble avoir choisi un compromis entre les deux derniers scénarios. Ainsi, il propose à l'horizon 2030 un développement significatif de la RAN comprenant le remplacement de la classe Collins par 12 sous-marins, le remplacement des 8 frégates de classe Anzac par 8 bâtiments à capacité ASM, la mise en service de 20 corvettes, le remplacement de son pétrolier-ravitailleur, l'achat d'un navire de transport, de 6 embarcations de débarquement, de 24 hélicoptères (apparemment ASM, dont 8 seraient embarqués) et de 8 avions de patrouille maritime complétés par 7 drones HALE. La construction des 3 destroyers de classe Hobart et des 2 LHD de classe Canberra est confirmée.
Organisation actuelle La marine, après avoir longtemps eu un quartier-général autonome, dépend depuis 1996 d'un état-major commun aux forces australiennes qui est depuis 2004 le Quartier général australien des forces armées opérationnelles.
Bases de la marine
Les tableaux ci-dessous donnent la liste des différentes bases, actuelles ou anciennes, de la Royal Australian Navy.
NomTypeLieuPériodeNotesBase, DépôtSydney1943 - En servicePrincipale base de la côte estBase, DépôtGarden Island1978 - En servicePrincipale base de la côte ouest, base de sous-marinsBase de l'aéronavaleNowra1948 - En serviceBaseCairns1974 - En servicePatrouilleurs, navires hydrographiques et petits navires de guerreCentre d'entrainement1912 - 19211921 - En serviceAnciennement situé à Williamstown (Victoria)BaseDarwin1970 - En serviceAncien centre de transmission, actuellement base de patrouilleursHMAS CreswellCentre d'entrainementBaie de Jervis1958 - En serviceSiège du HMAS HarmanCentre de communicationsCanberra1943 - En serviceSert de centre de communications aux trois armesHMAS PenguinDépôt,Centre d'entrainement spécialiséBalmoral1913 - 19421943 - En serviceSiège de l'hôpital naval de BalmoralHMAS WaterhenBase1962 - En serviceBase des services anti-mines de la marineHMAS WatsonCentre d'entrainementSydney1945 - En service
Flotte Navires
La marine royale exploite, en 2008, une flotte de 12 navires de surface, 6 sous-marins, 3 LST, 14 patrouilleurs, 2 bâtiments de soutien. Avec un tonnage dépassant les , elle est légèrement supérieure à la Marine de la république de Singapour ou la Marine royale thaïlandaise mais plus petite que les marines chinoise, indienne ou japonaise. En termes de capacités, la RAN est une marine moyenne avec des frégates comme bâtiments de . L'absence de porte-avions (et de navires d'escorte d'un groupe aéronaval) réduit la palette d'opérations à laquelle elle peut prétendre. Par ailleurs, dans une région où la possession de sous-marins diésel-électriques, voire de SNA est la norme, la RAN accuse un retard en matière de lutte anti-sous-marine, notamment héliportée.
Les porte-aéronefs australiens thumb|right|L'HMAS Sydney à Port Melbourne (20 mai 1949) thumb|right|L'HMAS Melbourne au mouillage à Honiara (avril 1980) De 1928 à 1933, l’Australie dispose d’un transport d'hydravions indigène, l’, revendu ensuite à la Royal Navy. Durant la guerre du Pacifique, c’est la Royal Navy qui fournit l’essentiel des bâtiments de combat à l’ex-marine coloniale. Il faut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour qu’un rapport du comité de défense recommande à la Royal Australian Navy (RAN) de s’articuler autour d'une Force opérationnelle comprenant jusqu’à 3 porte-avions (2 en service et 1 en réserve)Hector Donohue, « From Empire Defence to the Long Haul: Post-war Defence Policy and its Impact on Naval Force Structure Planning 1945-1955 », dans Papers in Australian Maritime Affairs , 1 (octobre 1996). En juin 1947, des considérations budgétaires réduisent à deux les bâtiments achetés pour 2,75 millions de livres : l’HMS Terrible et son sister-ship de classe Majestic l’HMS MajesticDavid Hobbs, « HMAS Melbourne (II) - 25 Years On », dans The Navy , vol. 69, 4 (octobre 2007). Plus avancé en construction, le Terrible est terminé sans modifications et mis en service le . Cependant il n’est accepté par la RAN que le , sous le nom d’ tandis que le Majestic ne l’est que le sous le nom d’ et qui est doté d’un pont oblique à 5° et d’une catapulte. Il avait été prévu, dans la foulée de l’entrée en service du Melbourne, que le Sydney soit doté des mêmes perfectionnements, qui furent abandonnés pour des questions financières et de compétences techniques.
Le Sydney de , pour de longueur et 24,4 de largeur, embarque à l’origine 2 escadrons de Firefly (le 816 Squadron) et de Sea Fury (le 805 Squadron) de la Fleet Air Arm, qui seront complétés par d’autres aéronefs lors d’exercices au Royaume-Uni de juillet à décembre 1950 puis dans les eaux australiennes de janvier à septembre 1951. À partir de cette date, le navire remplace le pour suppléer les forces de l’ONU déployées durant la guerre de Corée. Il s’acquitte de sept patrouilles durant 64 jours de mer, dont plusieurs au combat. Notamment, la seconde, du 18 au , qui totalise 389 sorties, de munitions et de roquettes, et le largage de de bombes. On retrouve le Sydney au large des îles Montebello, en Australie occidentale, pour surveiller le essai nucléaire britannique (opération Hurricane), le . Le , il transfère son aviation embarquée sur le Melbourne, et est confiné à l’entraînement, rôle dévolu jusqu’alors au HMAS Vengeance loué à la Royal Navy de 1952 à 1955, puis est placé en réserve le . Le Sydney est transformé en transport de troupes (A214) le , sert durant la guerre du Viêt Nam jusqu’en 1972 avant d’être démoli en 1975 en Corée du SudDossier du Sea Power Centre - Australia (SPC-A) .
Désormais navire amiral, le Melbourne dispose de 8 chasseurs Sea Venom, de 16 Gannet de lutte anti-sous-marine (ASM) à ailes fixes et jusqu’à 2 hélicoptères Sycamore. En prévision de son obsolescence à la fin des années 1950, la RAN envisage l’achat d’appareils français et italiensLew Lind, « The Royal Australian Navy - Historic Naval Events Year by Year », , Reed Books (2006) voire d’un nouveau porte-avions (le ou un navire américain de la classe EssexDavid Stevens et John Reeve, « The Navy and the Nation: the influence of the Navy on modern Australia » Allen & Unwin (2005))). Finalement, en 1959, il est décidé que le Melbourne devienne un porte-hélicoptère à l’issue de sa modernisation de 1963 avec 27 Wessex remplaçant les avions. Après une nouvelle rénovation du au sont embarqués jusqu’en 1972 4 (puis 8) chasseurs-bombardiers A-4G Skyhawk, 6 Tracker et 10 hélicoptères ASM Wessex, (puis 10 Sea King). Le remplacement du Melbourne refait régulièrement surface en raison des coûts de maintenance du navire (jusqu’à 25 millions de dollars l’an, soit environ 53 millions d’euros au cours 2007), avec les offres ou projets d’acquisition de l’ en 1966, d’un STOVL CV de 1977 à 1981 (un LHD Iwo Jima modifié, un exemplaire du Giuseppe Garibaldi ou du futur Príncipe de Asturias) puis du , bradé à 285 millions de dollars en 1981 (Soit environ 495 millions d’euros au cours 2007). L’ aurait été mis en service en 1983 sous le nom d’HMAS Australia avec un groupe aéronaval à base de Sea Harrier. Après deux autres modernisations de novembre 1972 à juillet 1973 puis en 1978 (pour le faire durer jusqu’en 1985), le porte-avions est finalement retiré du service le et le , le gouvernement annonce que le Melbourne ne serait pas remplacé. Durant sa carrière, ce dernier est déployé hors-Australie à 35 occasions, fait escale dans 22 pays mais perd ou endommage une trentaine d’avions, heurte et coule 2 bâtiments d’escorte : les destroyers , le (82 morts) puis l’ le (74 morts)Dossier du Sea Power Centre - Australia (SPC-A) .