vignette|redresse=0.8|Le docteur Irving F. Stein.

Le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP), anciennement dénommé syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), syndrome des ovaires micropolykystiques (OMPK)., polykystose ovarienne ou syndrome de Stein-Leventhal, est une maladie fréquente touchant les ovaires. Il s'agit du syndrome gynéco-endocrinien le plus courant chez les femmes en âge de procréer.

Il est encore mal connu et ses effets sont nombreux (dont possibles complications métaboliques comme le diabète de type 2, l'obésité et les maladies cardiovasculaires). Ses causes peuvent être génétiques (dans environ 10 % des cas), environnementales et épigénétiques.

Le syndrome est caractérisé par un déséquilibre hormonal qui se traduit par des cycles menstruels irréguliers (avec des règles peu abondantes ou absentes), une acné persistante et une pilosité importante (hirsutisme). Tous ces symptômes ne sont pas toujours conjointement présents, ce qui rend le diagnostic assez difficile et favorise l'errance diagnostique.

Terminologie Le nom syndrome des ovaires polykystiques provient d'une caractéristique observée par l'imagerie médicale, appelée la morphologie des ovaires polykystiques. La présence de cette morphologie n'est cependant pas toujours associée à un développement du SOPK.

Le terme syndrome des ovaires polykystiques rencontre cependant plusieurs objections dans la littérature, puisque .

Plusieurs études pointent que le nom du SOPK est un obstacle à sa bonne compréhension. Selon les 2023 Guidelines for Polycystic Ovary Syndrome (Directives de 2023 sur le SOPK), le nom du syndrome ne reflète pas efficacement ses caractéristiques et semble induire la perception inexacte qu'il s'agit principalement d'un syndrome gynécologique. Une étude globale menée entre 2015 et 2023 auprès de personnes atteintes du SOPK et de professionnels de la santé a déterminé qu'un consensus existait afin de déterminer et d'implémenter un nouveau nom pour le SOPK.

Dans la mesure où ce syndrome semble affecter aussi des hommes, et plus précisément avoir une origine génétique non liée au sexe, il a été suggéré d'utiliser un nom n'impliquant pas que ce syndrome ne concernerait qu'un sexe. En 2012, un effort coordonné d'un groupe de chercheurs fir mene afin de renommer le syndrome en , mais la forme anglaise de ce nom, , aurait été abrégée en "MRS", ce qui aurait perpétué l'idée d'une nature féminine du syndromehttps://www.scientificamerican.com/article/polycystic-ovary-syndrome-might-affect-men-too-heres-how/.

Historiquement, le SOPK a été appelé , après les deux premiers gynécologues américains à l'avoir documenté. Stein et Leventhal ont fait le lien entre la présence d'ovaires polykystiques avec l'observation d'autres symptômes du SOPK.

Le , à Prague, le Congrès européen d'endocrinologie adopte une nouvelle terminologie, le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP).

Mécanismes et causes Il s'agit du ; il touche 3 à 10 % des femmesLegro RS, Driscoll D, Strauss JF 3rd, et al. Evidence for a genetic basis for hyperandrogenemia in polycystic ovary syndrome. Proc Natl Acad Sci U S A 1998;95:14956–14960Dunaif A. Insulin resistance and the polycystic ovary syndrome: mechanism and implications for pathogenesis. Endocr Rev 1997;18:774–800, et son mécanisme est encore mal élucidé. Il a été décrit pour la première fois en 1935Stein I, Leventhal M, Amenorrhea associated with bilateral polycystic ovaries, Am J Obstet Gynecol, 1935;29:181-5 et se caractérise par un déséquilibre de l'hypophyse et de l'axe hypophyse-hypothalamus, engendrant entre autres une anomalie de sécrétion d'une hormone hypophysaire gonadotrope, l'hormone lutéinisante (LH). La sécrétion de LH se comporte comme si elle était hyper-sensible à la stimulation par la LH-RH (Luteinizing Hormone Releasing Hormone) ou la GnRH (Gonadotrophin Releasing Hormone), hormone sécrétée par l'hypothalamus.

Dans moins de 10% des cas, une cause génétique est trouvée, sinon, des causes environnementale influant l'épigénétique (pouvant au moins remonter à une génération précédente, celle de la mère) existent, et il semble exister une relation entre l'exposition aux perturbateurs endocriniens au cours de la vie utérine et ovaires polykystiquesRéseau Environnement Santé : communiqué de presse (16 mai 2012) – La prévention des maladies chroniques : c'est maintenant ! Lien : .

Plusieurs études ont montré des taux de polychlorobiphényles (PCB), d’acide perfluorooctanoïque (PFOA) et d’acide perfluorooctane sulfonique (PFOS) ou de BPA plus élevés dans le sang des patientes ayant un syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP) que dans celui des patientes sans ce syndrome.

Aspects cliniques Les signes fonctionnels comportent : une raréfaction des règles (spanioménorrhée) aboutissant à leur cessation (aménorrhée, dite alors secondaire). L'absence d'emblée des règles est possible (aménorrhée primaire) ; une virilisation avec hirsutisme, acné, alopécie ; une obésité de type androïde est fréquente, mais, contrairement à ce qui avait été indiqué dans la première description du SMOP , elle n'est pas systématique, certaines patientes étant même minces. 50 à 70 % des patientes montrent une insulinorésistance (souvent associée à un surpoids, et parfois à une obésité androïde). des troubles de la fertilité, le plus souvent d'origine ovulatoire ; une résistance à l'insuline ; une courbe thermique plate (cycles anovulatoires).

L'examen clinique permet de retrouver de gros ovaires lisses à la palpation..

Le déséquilibre hormonal induit, dans 40 % des cas, une surcharge pondérale aggravant la surabondance des règlesGoldzieher JW, Axelrod LR, Clinical and biochemical features of polycystic ovarian disease, Fertil Steril, 1963;14:631-53..

Malgré les problèmes méthodologiques liés à la détection du syndrome (et donc à la délimitation de la population concernéeDans une étude récente, il est apparu que 70 % des femmes porteuses du syndrome n'avaient pas été diagnostiquées. Voir Teede H, Deeks A, Moran L. Polycystic ovary syndrome: a complex condition with psychological, reproductive and metabolic manifestations that impacts on health across the lifespan. BMC Med. 2010;8:41), on estime que : 60 % des femmes touchées par ce syndrome sont fertiles (avant un an), bien que le temps de fécondation soit sensiblement plus long ; 90 % des cas d'infertilité associés à ce syndrome sont accompagnés d'une surcharge pondérale ; 70 % à 95 % des cas d'infertilité qui sont liés à l'anovulation sont accompagnés de ce syndromeVoir sur ces trois points, Teede et al., idem et Brassard M, AinMelk Y, Baillargeon JP., Basic infertility including polycystic ovary syndrome, Med Clin North Am. 2008 Sep;92(5):1163-92, xi..

En cas de grossesse, ces dernières s'avèrent souvent compliquées (diabète gestationnel, prééclampsie, prématurité, mortalité et morbidité péri-natale...)Boomsma CM, Eijkemans MJ, Hughes EG et al. A meta-analysis of pregnancy outcomes in women with polycystic ovary syndrome, Hum Reprod Update, 2006;12:673-83Roos N, Kieler H, Sahlin L et al. Risk of adverse pregnancy outcomes in women with polycystic ovary syndrome: population based cohort study, BMJ, 2011;343:d6309.

Les ovaires des personnes atteintes présentent de nombreux follicules (d'où le nom), mais la maturation est souvent interrompue avant l'ovulation. Les femmes atteintes de ce syndrome ont sept fois plus de chances de développer le diabète de type 2 que les femmes non atteintes. Des tests de dépistage sont donc recommandés, car des symptômes pré-diabétiques peuvent être détectés cinq à six ans avant que le diabète lui-même ne se manifeste. L'insulinorésistance peut constituer un facteur de diabète, et ce quelle que soit la corpulence de la femme.

Différents types de SMOP Le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP) est un trouble endocrinien complexe qui se manifeste sous plusieurs formes. Voici un aperçu des principaux types de SMOP :

SMOP classique : Le SMOP classique est le type le plus répandu et est souvent associé à une résistance à l'insuline. Cette résistance perturbe la régulation de la glycémie et stimule la production d'androgènes (hormones mâles) par les ovaires, entraînant des symptômes tels que l'acné, la croissance excessive de poils et des irrégularités menstruelles ; SMOP non classique : Ce type de SMOP a des similitudes avec le SMOP classique, avec des symptômes moins sévères ou moins fréquents. La résistance à l'insuline peut également être un facteur contributif ; SMOP oligoménorrhée-hyperandrogénie : Le « SMOP oligoménorrhée hyperandrogénie » se caractérise par des irrégularités menstruelles importantes et des niveaux élevés d'androgènes. La résistance à l'insuline peut jouer un rôle majeur, et les femmes atteintes peuvent rencontrer des difficultés à concevoir ; SMOP surrénalien : Moins courant que les types précédents, le SMOP surrénalien est lié à une surproduction d'androgènes par les glandes surrénales plutôt que par les ovaires. Les symptômes sont similaires à ceux du SMOP classique, mais la source des androgènes diffère.

Ces différents types de SMOP reflètent la complexité du syndrome, et nécessitent chacun une gestion adaptées aux besoins de la patiente. La compréhension des mécanismes sous-jacents et des caractéristiques spécifiques de chaque type est essentielle pour un diagnostic précis et un traitement approprié..

Explorations paracliniques Dosages hormonaux La LH a un taux sanguin très augmenté (avec un rapport LH/FSH supérieur à 2) et très variable (hyperpulsatilité) avec une réponse explosive au test de stimulation par la LH-RH

Le taux sanguin de FSH est normal, celui de la progestérone quasi nul. Il existe une hyperœstrogénie relative avec des androgènes (delta-4-androsténédione, testostérone) augmentés.

Le dosage du cortisol et de la prolactine dans le sang sont normaux (diagnostic différentiel).

Examens morphologiques L'échographie pelvienne montre des ovaires augmentés de volume avec un stroma épaissi. La cœlioscopie montre de gros ovaires lisses

Diagnostic L'European Society for Reproduction and Endocrinology et l'American Society of Reproductive Medicine définissent la maladie comme l'association de deux des trois critères suivantsThe Rotterdam ESHRE/ASRM-sponsored PCOS consensus workshop group, Revised 2003 consensus on diagnostic criteria and long-term health risks related to polycystic ovary syndrome (PCOS), Hum Reprod, 2004;19:41-7, en l'absence de cause nette : ovulations rares ou absentes ; signes d'hyperandrogénie (virilisation) clinique ou biologique ; ovaires polykystiques.

Diagnostic différentiel Il est possible d'avoir un syndrome métabolique ovarien polyendocrinien sans avoir un ovaire polykystique diagnostiqué par échographie si d'autres problèmes de santé sont exclus, tels que :

hyperplasie congénitale des surrénales ; tumeurs productrices d'androgènes ; hyperprolactinémie.

Traitement Le syndrome de Stein-Leventhal n'a pas de traitement curatif. On ne peut en traiter que quelques symptômes (en particulier, le traitement de l'hyperandrogénie est une prescription de progestatifs (acétate de cyprotérone - Androcur). .

Traitement de l'infertilité ou de l'hypofécondité Plus d'un tiers des femmes aux ovaires touchés peuvent concevoir naturellement. Certaines femmes atteintes du SMOP n'ovulent pas du tout (naturellement) mais la majorité ovulent de façon irrégulière ; ce qui réduit leurs chances de tomber enceinte.