Le Cob Gypsy, connu sous les noms d’Irish Cob en Irlande, Gypsy Cob en Angleterre, Gypsy Vanner en Amérique du Nord, et Tinker en Europe continentale, est une race de chevaux de type cob, provenant des îles britanniques. Il est sélectionné à l'origine par des communautés nomades, Travellers d'Irlande et Gitans d'Angleterre, à partir de chevaux de races diverses. Sa fonction est de tracter leurs lourdes roulottes, les verdines. L'utilisation de ce cheval se répand à la fin du . La race est fixée par croisements après la Seconde Guerre mondiale. Sa reconnaissance internationale est récente, puisque ces chevaux n'ont jamais été considérés comme formant une race véritable avant l'établissement de registres généalogiques par écrit, après 1996. Les deux associations mères sont la au Royaume-Uni et l’ en Irlande, qui se disputent sa paternité.
Le Cob Gypsy est l'un des chevaux de race les plus reconnaissables qui soient grâce à son apparence trapue, sa taille de cob, sa robe généralement pie, son port de tête relevé et fier, sa ligne du dessus et surtout ses crins et ses fanons, très abondants. Il dispose aussi d'un caractère doux et amical envers l'homme et les autres animaux, qui fait pour beaucoup son succès. Toutefois, cette récente popularité l'expose aussi à des pratiques de sélection discutables. Deux maladies génétiques ont été identifiées chez la race.
Devenu un cheval de loisir familial, le Cob Gypsy est désormais très populaire pour l'équitation de loisir et de spectacle. Il est plébiscité en équithérapie, et s'adapte à la plupart des disciplines d'équitation. Il reste élevé de manière traditionnelle par les nomades britanniques, qui échangent des centaines de chevaux lors de grandes foires, en particulier celles de Ballinasloe en Irlande et d'Appleby-in-Westmorland en Angleterre. La présence et le charisme de la race ont entraîné une forte diffusion de son élevage dans une bonne partie du monde occidental, aussi bien l'Europe que l'Amérique du Nord et l'Australasie. Ce cheval fait aussi l'objet de nombreuses représentations culturelles.
Terminologie Les éleveurs nomades britanniques nomment traditionnellement et simplement leurs chevaux des « Cobs », ou « » (Cobs de couleur). Un spécimen particulièrement bon est qualifié de « ».. Toutefois, le nom de « cob », qui se réfère à un solide cheval aux jambes courtes, indique un type plutôt qu'une race.. Dans le but de faciliter la reconnaissance de ces chevaux en tant que race, différents noms ont été proposés, en particulier au début des années 1990.. Créées en 1998, 2002 et 2003, respectivement, l’., la . et la . ont qualifié cette race de . La , fusionnée en 2008, emploie le nom de et affiche sur son site web qu'elle reconnaît tous les noms d'usage.. En 2008 également, le GCSA est rebaptisé .
Nom Utilisation Cob Éleveurs nomades britanniques Éleveurs nomades britanniques Angleterre, Nouvelle-Zélande et États-Unis États-Unis et Australie États-Unis et Canada Irlande Îles britanniques Tinker Europe continentale
Gypsy Vanner thumb|gauche|Verdines à l'Appleby Horse Fair. Les premiers importateurs de ces chevaux en Amérique du Nord, Dennis et Cindy Thompson, considèrent que la race n'a pas de nom véritable. Ils souhaitent lui en créer un.. Dans ce but, ils choisissent « ». qu'ils ont vu employé en référence à la race dans le livre d'Edward Hart en 1993.. Ils l'incorporent dans le nom du registre américain fondé en 1996, la . Le terme « » est attesté dès 1888, et se réfère lui aussi à un type de cheval plutôt qu'à une race. Selon l'OED, un est Traduction de : .. Le mot apparaît en ce sens dans la presse pour la première fois au début des années 1800, pour désigner Traduction de : .OED, p. 3588.. est dérivé du mot , que l'OED estime lui-même dérivé de « caravane ». Ce dernier terme n'a pas été appliqué à une « maison sur roues avec cheminée », ou « vardo », avant 1872OED, p. 337..
En 1897, M. Horace Hayes décrit le comme un cheval de race indéterminée Traduction de : .. C'est un type intermédiaire entre le cheval d'attelage léger et le cheval de trait lourdTraduction de : ... Le est Traduction de : ... Avant la création de la société américaine de la race (1996), le mot apparaît dans deux sources écrites concernant ces chevaux, décrivant toutes deux le « type vanner » chez le cheval.. Edward Hart utilise le nom trois fois en référence au cheval des Gypsies... Il semble que ce nom désigne plus spécifiquement les chevaux des nomades de plus grand modèle, ceux qui tractent les roulottes les plus lourdes.
Tinker Un autre nom d'usage est « Tinker ». Il est employé en Europe continentale, notamment en Allemagne. et au Danemark. Les associations de race de Belgique, de Suède et des Pays-Bas référencent la race dans la base de données Universal equine life number sous les noms de et de .. D'après les associations françaises, « Tinker » est un nom générique permettant de désigner les stud-books officiellement reconnus en France, Gypsy Cob et Irish Cob..
Histoire vignette|Une verdine de Gitans en Grande-Bretagne, début du Récente, la race émerge au début du .. Ce cheval est sélectionné à l'origine par les communautés nomades des îles britanniques, les Travellers en Irlande, et les Gitans en Angleterre, pour la traction hippomobile. Il existe très peu de documentation à son sujet, tout étant transmis de génération en génération via la tradition orale. Des Roms gagnent les îles britanniques vers 1500, mais ils ne vivent dans des verdines que depuis les années 1850.. Auparavant, ils voyagent dans des chariots tractés à pied et dorment dessous, dans les charrettes ou encore de petites tentes.. L'usage de la verdine se répand réellement de la fin du aux deux premières décennies du ..
La formation, la gestion et les caractéristiques d'un cheval utilisé pour tracter une verdine sont uniques par certains aspects. L'animal est entraîné à ne pas s'arrêter avant d'atteindre le sommet d'une colline, sinon il pourrait ne pas avoir la force de prendre un nouveau départ. La formation débute à un âge très précoce, le jeune cheval est attaché avec une courte corde autour de la tête au du collier du cheval qui lui sert de tuteur, et marche à ses côtés.. Un vieux chapeau est parfois placé sur la tête d'un cheval peureux de manière à l'empêcher de voir la roulotte dans son dos, derrière le haut de ses œillères. La verdine est aussi un foyer d'habitation permanent. Le cheval qui la tracte doit être en bonne condition physique, grâce à la combinaison d'exercices, de pâturage sur une grande variété de végétaux dans le bocage, et de soins de qualité. L'animal est considéré comme un membre de la famille.. En raison de la proximité constante entre les chevaux et les enfants des nomades, les animaux dont le caractère n'est pas fiable sont écartés.. Ils doivent être peu émotifs et dociles, afin que les enfants puissent monter les poulains. Longtemps, ces chevaux n'ont pas de type réellement défini, ils diffèrent grandement les uns des autres, et sont achetés puis revendus en fonction des besoins.
D'après les communautés nomades, un élevage sélectif aurait été entrepris sur les chevaux durant les deux guerres mondiales afin de favoriser la couleur de robe pie, les chevaux pie n'étant pas réquisitionnés en temps de guerre. Cette couleur de robe représente aussi une forme de protection contre le vol des animaux. La race telle qu'elle est connue de nos jours commence vraisemblablement à prendre forme peu de temps après la fin de la Seconde Guerre mondiale..
Formation de la race en Grande-Bretagne vignette|gauche|Jument et poulain Gypsy Cob
Les Gitans de Grande-Bretagne élèvent des chevaux depuis la fin du .. Lorsque ces nomades britanniques commencent à vivre dans des verdines, vers 1850, ils utilisent des mules, puis se rabattent vers les chevaux de toute race adaptés au tirage. Ils choisissent leurs chevaux parmi différentes races de travail comme le Shire, le Clydesdale, le Dales, le poney Fell, et des poneys Welsches. Ils ont besoin d'un animal de trait rustique et puissant, qui soit capable de subsister en pâturant sur les végétaux qu'il trouve tout au long de la routeAlexandra Marie et Gypsy Cob Society France, « Le Gypsy Cob : le cheval des gitans… » dans .. Les Gitans attachent leurs chevaux avec de longues cordes et les laissent se sustenter librement lorsqu'ils ne tractent pas. Les choix de chevaux de traction incluent plus tard des chevaux « de couleur » pie, très démodés dans la société britannique et donc très généralement abattus.. Parmi eux, se trouvent un nombre significatif de Shires de couleur.. Au fil du temps, ces animaux ne sont plus seulement un moyen de transport, les Gitans les considèrent comme leur plus grande fierté.. Beaucoup de chevaux sont élevés par les Gitans. Vers les années 1950, ils sont considérés comme les symboles d'un statut social élevé au sein de leur culture. Les chevaux à robe tachetée connaissent une très courte mode durant la Seconde Guerre mondiale. Ces robes existent toujours chez la race de nos jours..
Il est possible que certaines familles gitanes aient sélectionné des lignées réputées.. En 1979, Denis E. Harvey décrit un cheval de Gitan dans son ouvrage, probablement un ancêtre proche des chevaux actuels, comme . En dehors de la tradition gitane, la première publication connue décrivant le Gypsy Cob comme une race à part remonte à 1993.
Formation de la race en Irlande vignette|Cheval de Traveller pâturant près de zones habitées. L'Irlande est réputée depuis longtemps pour l'excellente qualité des chevaux qui s'y élèvent.. L'histoire de l'Irish Cob prend ses sources au ., épousant celle de la nation irlandaise elle-même. De nombreux catholiques irlandais ont perdu leurs terres sous l'influence de la colonisation des Anglais protestants et, contraints de vivre en nomades, sont devenus les « Travellers », assimilés à des gens du voyage bien qu'ils soient eux-mêmes Irlandais. Pour se déplacer, ils récupèrent les chevaux dont personne ne veut, en particulier de petits animaux de trait à la robe pie, destinés aux travaux agricoles et rejetés par les Anglais. Au fil du temps, des croisements interviennent avec d'autres races présentes dans le pays comme le trait irlandais, le Hunter irlandais, le Pur-sang, le Connemara, le Cob de Show, le Frison, et même le Kerry bogBinetti-Dacquay, « L’Irish Cob : créé par l’histoire… » dans .. La grande famine irlandaise, entre 1845 et 1848, entraîne une accélération du phénomène : les Irlandais poussés à migrer de leur pays sous la pression des propriétaires terriens anglais abandonnent fermes et animaux, divers chevaux sont alors récupérés par les Travellers, et contribuent à la formation de la race connue de nos joursBinetti-Dacquay, « L’histoire de l’Irlande a forgé l’Irish Cob… » dans ..
Le cheval des Travellers n'a pas d'importance économique avant les années 1980, qui correspondent au réveil du « Tigre celtique ». Il devient populaire hors du cercle des nomades, son modèle se fixe par croisements avec d'autres chevaux anglo-saxons importés, tels que des Welsches, Shires et Clydesdales. Le rôle joué par les éleveurs dans cette sélection est prépondérant. Jusqu'aux années 1990, ces chevaux vivent à l'état semi-sauvage dans la banlieue pauvre de Dublin, il n'est pas rare d'en voir sur les balcons des immeubles.
Reconnaissance thumb|Cob Gypsy se roulant. La reconnaissance du Cob Gypsy est très récente. En 1993, il n'existe ni registre d'élevage, ni stud-book. Les traditions orales ont longtemps prévalu chez les Travellers comme chez les Gitans pour connaître la généalogie des chevaux. De plus, les institutions équestres internationales et les chercheurs, comme ceux de l'université de l'Oklahoma, ont rarement reconnu ces chevaux comme représentant de « véritables races », en raison de variations possibles dans leur modèle. En 2008, ces chevaux répondent toutefois parfaitement à la définition d'une « race ».