vignette|318x318px|tableau Hôtel de la plage à Saint-Jean de monts René Levrel est un peintre, graveur et lithographe français né à Nantes (Loire-Inférieure) le et mort à Pruillé-l'Éguillé (Sarthe) le .

Biographie René Levrel est inscrit à l'École des beaux-arts de Nantes dès 1916. Il découvre les œuvres de Gustave Courbet , de Pierre Bonnard, de Pierre Laprade et de Félix Valloton. À Paris, il suit des cours à l'École nationale supérieure des beaux-arts dès 1920 et réalise de nombreuses copies au musée du Louvre (Chardin et Rembrandt), le peintre fauviste Henry Ottmann lui achetant sa copie de la Bethsabée de Rembrandt. Il participe au Salon des indépendantsde 1926 et 1928 (les catalogues du salon le disent alors installé au 18, rue Cuvier dans le 5e arrondissement)Salon des indépendants, catalogue, 1926, n°2200-2201, Salon des indépendants, catalogue, 1928, n°2583-2584, et fait sa première exposition personnelle à la galerie du poète et dramaturge Charles Vildrac en 1927.

La première période algérienne René Levrel est lauréat du prix Abd-el-Tif en 1928. Il séjourne à Alger à la villa Abd-el-Tif et se lie avec Étienne Bouchaud, Pierre-Eugène Clairin, Jean Launois et Lucien Mainssieux. Il devient membre du comité de la Société des artistes orientalistes et également membre du jury Abd-El-Tif. Très attiré par le sud algérien, il se rend à Touggourt et circule en Algérie.

Le groupe de Saint-Jean de Monts Il revient en France en 1930. Il découvre la Vendée et Saint-Jean-de-Monts, où il retournera de nombreuses fois. Il fait partie du groupe de Saint -Jean de monts. Ce bourg adossé au marais vendéen se double d'une petite station balnéaire. Sa lumière, sa simplicité, son immense plage de sable, sa forêt de pins et son arrière pays avec ses canaux, les traditions de ses habitants, les " maraîchins" ont attiré plusieurs générations de peintres. Arnaud Lepère (1849-1918) et Charles Milcendeau ont été les pionniers de ces artistes. Une seconde vague a été accueillie dans les années 1920 et 1930 par des hôteliers locaux intéressés par la peinture mais également par des amateurs d'art et des collectionneurs. Parmi les anciens pensionnaires de la villa Abd-el-Tif œuvrant à Saint-Jean-de-Monts figurent René Levrel, Albert Pommier, Eugène Corneau, Pierre-Eugène Clairin et Jean Chabot.

René Levrel réalise une fresque monumentale pour l'Exposition universelle de 1937 pour le pavillon des États pontificaux.

Un peintre de Paris membre de l'école de Paris Pour des raisons professionnelles, il suit son épouse, sœur de l’homme politique Pierre Abelin à Douai puis à Aix-en-Provence. Ce dernier séjour dans le Midi inspire plusieurs de ses huiles et de ses aquarelles (Corse, Marseille, Provence, La Sainte Victoire). En 1942, il s’installe définitivement à Paris et habite 27, quai de la Tournelle derrière le chevet de Notre-Dame et face à l’île Saint-Louis. De son atelier, il peint comme Albert Marquet de nombreux tableaux ayant pour objet la Seine et les ponts parisiens (Pont neuf, pont Marie, pont de la Tournelle, pont de l'Île Saint-Louis). Il consacre également nombre de ses toiles au palais du Louvre, à l’hôtel de la Monnaie, à l'Île Saint-Louis, à l’Institut, à Notre Dame, au Jardin des Plantes.

Le catalogue de l’exposition de son œuvre élaboré par les musées de Vendée en 1992 décrit ainsi le style de ses tableaux parisiens :

Cette analyse rejoignait celle faite seize ans plus tôt par le conservateur du musée des Beaux-Arts de Nantes, dans sa préface au catalogue de la rétrospective de l’œuvre de René Levrel :

René Levrel se rattache au courant de l'École de Paris. Gérald Schurr situant René Levrel , le présente ainsi en 1983 :

La seconde période algérienne Il retourne en Algérie en 1953 comme boursier du Gouvernement général pour les territoires du Sud et y rejoint Étienne Bouchaud à Laghouat. Il trouve son inspiration dans les paysages algériens, dans des scènes d’Alger et de villages, dans les ruines romaines de Tipaza. En 1957, il réalise avec Étienne Bouchaud deux panneaux décoratifs pour la salle de réception du commandant du Penthièvre II, pinardier reliant Oran à Nantes.

Un peintre de la mer et de la campagne Bien qu'ayant séjourné en Algérie et ayant voyagé dans le pourtour méditerranéen, sa palette est claire obscure. Mais c’est aussi un grand aquarelliste.

En France, ses pas le mènent en Anjou (Champtoceaux), en Bretagne à la fin des années 1940 et en 1954 (Bénodet, Douarnenez, Telgruc) ainsi qu’à l'Île d'Yeu, en Charentes, dans le Dauphiné (La Ville de Paris lui achète en 1934 sa toile Printemps dans le Dauphiné), dans les Alpes de Haute-Provence, dans le Poitou, en Seine-et-Marne et en Vendée. Comme le relève le catalogue de l’exposition du Puy–du-Fou de 1992 dédiée à son œuvre : .

Il acquiert en 1962 un prieuré dans une petite commune sarthoise, Pruillé-l'Éguillé, dont il fera sa résidence secondaire jusqu’à sa disparition en 1981. Ses séjours sarthois nourrissent une partie de l’œuvre de la fin de sa vie, à travers la description de la campagne, au fil des saisons. Il retrace la vie rurale de cette époque dans des toiles fortes et colorées représentant des vergers, les moissons, la forêt, les travaux des champs, les animaux et des scènes de fêtes villageoises.

Des sujets européens Au cours des années 1950 et 1960, il est également conduit à voyager en Angleterre (Londres), en Écosse, en Espagne (Avila, Séville), en Italie (Florence et Toscane, Naples, Rome, Venise) et aux Pays–Bas (Amsterdam). Il ramène de ses voyages de nombreuses aquarelles et huiles :

Il ne délaisse pas le genre de la nature morte comme en témoignent ses bouquets de fleurs ou ses plats culinaires.

Le graveur À côté de nombreuses huiles et aquarelles, Levrel laisse un œuvre gravé puisant son inspiration dans des sujets variés, tels que les quais de Seine, le Jardin des plantes, le marais vendéen, les environs de Nantes ou des scènes de jardin. Il ne néglige pas non plus la lithographie. Il illustre ainsi de 34 lithographies l’ouvrage de Jean Giono Naissance de l’Odyssée édité en 1959 chez Les amis du Livre moderne et tiré à 180 exemplaires.

Expositions

Vente publique Solanet, Godeau et Audap, commissaires-priseurs, vente de l'atelier René Levrel, hôtel Drouot, Paris, .

Réception critique - Gérald Schurr

Collections publiques Algérie Musée national des Beaux-Arts d'Alger. Musée national Zabana d'Oran. France

Tunisie Musée de Tunis.

Collections privées et archives

Collections privées: Allemagne, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Suisse, Venezuela Archives départementales de Loire-Atlantique (fonds coté 356 J).

Distinctions

Notes et références

Bibliographie Ouvrages René Levrel, Genève, Éditions Pierre Cailler, collection « Les cahiers d'art. Documents », 1957. Louis-Eugène Angeli, Une maison algérienne des artistes, La villa Abd-El-Tif, Editions de l'Office algérien d'action économique et touristique, 40-42 rue d'Isly, Alger, Décembre 1957. Jacques Lethève et Françoise Gardy, Inventaire du fonds français avant 1800, tome quatorzième, Bibliothèque nationale - Département des estampes, Paris, 1967 (consulter en ligne, ). Christophe Vital, Le groupe de Saint-Jean-de-Monts. Deux générations d'artistes dans le marais vendéen, 1892-1950, Somogy éditions d'art, 2000,1ère édition, 2005,2 ème édition. Pierre-Eugène Clairin et François Villatte, René Levrel, Ville de Saint-Jean-de-Monts, Imprimerie Sitol, Olonne-sur-Mer, 1977. René Levrel, Éditions du Musée des beaux-arts de Nantes, 1978. Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1981. Gérald Schurr, Catalogue de l'atelier René Levrel, Solanet, Godeau et Audap, commissaires-priseurs à Paris, . Christophe Vital, René Levrel, Éditions du Conseil général de Vendée, 1992. Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Arts et Images du Monde, 1992. Françoise Woimant, Marie-Cécile Miessner et Anne Mœglin-Delcroix, De Bonnard à Baselitz, estampes et livres d'artistes, BnF, 1992. Élisabeth Cazenave, la Villa Abd El Tif, un demi-siècle de vie artistique en Algérie, 1907-1962, 1998, Association Abd el Tif, Prix Algérianiste 1999, . Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999. Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001 (lire en ligne). Archives nationales, F21/4237. Ursula Hasler Roumois, Die schiere Wahrheit, Limmat Verlag, 2021 Zürich, la couverture de ce roman policie écrite par une romancière suisse et qui se déroule à Saint-Jean-de-Monts reproduit le tableau de l'hôtel de la plage exposé au musée d'histoire de la Vendée et figurant ci-dessus.

Articles de presse George Besson, « René Levrel », Les Lettres françaises'', n°915,

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