Les Nordiques de Québec sont une franchise de hockey sur glace professionnelle d'Amérique du Nord qui était située dans la ville de Québec dans la province de Québec au Canada.

Le club est fondé le par un consortium formé par Marius Fortier, Jean-Marc Bruneau, John Dacres, Marcel Bédard, Jean-Claude Mathieu et Léo-Paul Beausoleil.. La franchise évolue dans l'Association mondiale de hockey (désignée par le sigle AMH) à partir de 1972. Le logo de l'équipe représentait un « n » minuscule stylisé sous la forme d'un igloo flanqué d'un bâton de hockey et d'un palet au-dessus de la crosse. L'uniforme de l'équipe portait les couleurs du drapeau du Québec, abordant les fleurs de lys aux épaules et autour de la taille. Jouant dans le Colisée de Québec, l'équipe accède une première fois à la finale de l'AMH en 1974-1975 mais elle perd en quatre matchs face aux Aeros de Houston. Elle prend sa revanche en 1976-1977 en battant les Jets de Winnipeg et en remportant le trophée mondial Avco..

L’équipe évolue dans la Ligue nationale de hockey (LNH) à partir de 1979 et jusqu'à sa vente en 1995. La franchise est constituée en société en commandite du Québec avec commanditaire principal la brasserie Carling-O'Keefe – fusionnée à la brasserie Molson en 1989. En 1988, les actions du commanditaire de l'équipe sont rachetées par un consortium d'entreprises québécoises à la suite des difficultés financières de la brasserie.. Ses commandités, Marcel Aubut et Marcel Dutil, vendent quant à eux leurs actions au groupe américain Comsat Vidéo en 1995 et l'équipe déménage à Denver et prend le nom de l’Avalanche du Colorado..

Histoire de la franchise

L'achat de la concession

En 1971, une nouvelle ligue est créée sous l'égide de Gary Davidson et Dennis Murphy : l'Association mondiale de hockey — désignée par le sigle AMH – de son nom anglais : (WHA). Cette ligue doit, selon ses fondateurs, concurrencer la Ligue nationale de hockeyHornby, « Les grands moments du Hockey », page 78.. Cette nouvelle association attire l'attention du groupe des actionnaires des Remparts de Québec de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Ce groupe communément appelé le « Groupe des six » est formé de Marcel Bédard, Léo-Paul Beausoleil, Jean-Marc Bruneau, John Dacres, Marius Fortier et de Jean-Claude Mathieu. Ne s'entendant pas sur certains points avec les autres actionnaires des Remparts, ils décident de vendre leurs actions, le , pour chacun et de les réinvestir dans l'achat d'une franchise de l'AMH.

Le coût fixé pour une concession dans ce nouveau circuit est au départ de mais les investisseurs de Québec s'y prennent trop tard et l'AMH refuse leur candidature. En , un certain espoir renait : Gary Davidson propose alors aux québécois le rachat de la franchise des Sharks de San Francisco pour , cette dernière ayant semble-t-il des difficultés à démarrer. Le groupe n'apprend que plus tard que cette franchise appartient à ce même Gary Davidson, ainsi qu'à son associé Dennis Murphy et à Mike O'Hara. Il avait été décidé de garder cette concession de disponible pour une éventuelle surenchère si des acheteurs se manifestaient plus tardFortier, « Les Nordiques et le circuit maudit », page 51.. S'entendant finalement sur une somme de , dont à verser comptant, la concession de Québec voit le jourFortier, « Les Nordiques et le circuit maudit », page 56..

Tout le monde croyait le club réellement lancé, mais plusieurs sceptiques laissent entendre que le budget que le groupe a prévu pour les opérations hockey était irréaliste et que le club ne verrait finalement pas le jour. Pour contrer ce scepticisme face au budget, ils réussissent à obtenir une rencontre avec George « Punch » Imlach, à l'époque directeur-gérant des Sabres de Buffalo de la LNH en compagnie de Joe Crozier. La rencontre a lieu à Toronto en et les participants à la rencontre comparent le budget projeté à celui des Sabres. Il en ressort que les budgets sont sensiblement les mêmes et Imlach les encourage à se lancer dans l'aventure avec ce budgetFortier, « Les Nordiques et le circuit maudit », page 73..

Malgré ces encouragements, peu d'investisseurs manifestent de l'intérêt pour l'équipe. De plus, il faut trouver une somme de à verser à l'AMH pour garantir l'entrée en scène de l'équipe lors de la saison inaugurale. Si le groupe ne réussit pas à remettre cet argent, il perd alors l'avance de déjà versée pour l'achat de la concession et est exclu de la saison devant débuter quelques mois plus tard. N'ayant pas l'argent demandé, John Dacres et Marius Fortier partent tout de même pour Chicago où doit se tenir une réunion avec la direction de l'AMH. À Chicago, ils reçoivent une première offre d'aide, celle d'un certain Martin Lazarus. L'aide est alors conditionnelle au transfert de l'équipe à Montréal. N'ayant pu trouver la somme avant l'ultimatum, les deux hommes se rendent tout de même à l'heure pour la réunion et à leur grande surprise, , propriétaire de la concession d'Edmonton, se porte garant et dépose l'argent pour le club de Québec.

Quelque temps plus tard, avec l'aide de Jean Lesage, les Nordiques réussissent à trouver en Charles Marquis un investisseur qui garantit les débuts de l'équipe sur une patinoireFortier, « Les Nordiques et le circuit maudit », page 79.. Marius Fortier devient, quant à lui, le directeur-gérant de la franchise. et Lesage est nommé président du conseil d'administration..

Identité de l'équipe Le nom de l'équipe est choisi par le groupe Les Sportifs de Québec et présenté au public le au restaurant Le Vatel de Charlesbourg. Un concours populaire de propositions du nom de l'équipe avait été fait auparavant. Plus de 1400 propositions dont 475 différentes ont été faites. Le nom Diamants a été proposé à de nombreuses reprises mais le nom Nordiques a été choisi car il représentait la localisation géographique de l'équipe et pour une efficacité du nom en français et en anglais.

Le logo est choisi par un concours populaire et le jeune Roger Gingras, 17 ans, arrive avec son concept d'igloo en forme de N représentant le Nord, le froid juxtaposé avec un bâton et une rondelle.

L'appartenance québécoise est ajoutée par la présence de fleur de lys sur les gilets à partir de la saison 1975-76..

Dans l'Association mondiale de hockey Les premières saisons (1972-1973 et 1973-1974) left|thumb|alt=Portrait noir et blanc de Maurice Richard|Maurice Richard, premier entraîneur de l'équipe des Nordiques.

Le premier entraîneur de l'équipe est Maurice Richard, une icône des québécois et joueur des Canadiens de Montréal de la LNH, pendant une vingtaine d'années ; il refuse d'abord la proposition de Fortier et de Maurice Filion, dépisteur de l'équipe, mais finalement pressé par sa femme, le « » accepte de se rendre à Québec et il signe son contrat avec la nouvelle équipe de l'AMH le . Quelques jours plus tôt, Jean-Claude Tremblay le défenseur vedette des Canadiens décide de changer de ligue et rejoint l'AMH et les Nordiques pour la somme de par saison. Les deux anciens des Canadiens sont les seules vedettes qu'engagent les Nordiques, le reste de l'équipe étant composé de joueurs franco-canadiens. Tremblay est désigné capitaine de l'équipe.

Québec joue son premier match dans l'AMH le soir du , une défaite 2-0 sur la glace des Crusaders de Cleveland.. À la suite de cette première défaite, Richard déclare à Fortier qu'il ne veut pas continuer et qu'il ne supporte pas la pression qu'engendre le poste d'entraîneur d'une équipeLarochelle, « Les Nordiques - Dix ans de suspence », pages 184 et 185.. Il accepte finalement de rester encore en place pour le premier match à domicile contre les Oilers de l'Alberta et une victoire 6-0 avec un blanchissageUn gardien de but effectue un « blanchissage » quand il réussit à ne concéder aucun but durant tout le match. Il faut également qu'il soit le seul gardien de l'équipe à avoir joué. de Serge Aubry. Le premier but de l'histoire des Nordiques est inscrit par François Lacombe. Mais encore une fois, Richard ne profite pas du match et la direction de Québec annonce d'une manière officielle que Richard se retire pour une semaine pour des raisons de santé ; Filion prend alors la place d'entraîneur..

Se calquant sur la LNH, l'AMH organise au mois de son premier Match des étoiles ; la ville de Québec accueille l'évènement et trois joueurs de l'équipe participent à la victoire de leur division : Aubry, Tremblay et Michel Parizeau. Avec trente-trois victoires, quarante défaites et cinq matchs nuls, les Nordiques finissent la saison régulière à la cinquième place de la division de l'Est et ne sont pas qualifiés pour les séries éliminatoires.. Tremblay est nommé meilleur défenseur de la saison et reçoit en conséquence le trophée Dennis-A.-Murphy..

À l'issue de cette première saison, Fortier doit trouver un successeur à Fillion mais également trouver le moyen d'amener plus de monde à venir assister aux matchs de l'équipe. L'équipe attire en effet une moyenne d'environ partisans par match, la deuxième moyenne de l'AMH mais les Remparts en attirent environ . Finalement, Jacques Plante est nommé pour occuper les postes de directeur généralDuplacey, « », page 180. et d'entraîneur de la franchise.

Malgré l'ajout de Plante derrière le banc et de joueurs comme Serge Bernier, Réjean Houle et Dale Hoganson, l'équipe ne parvient pas à s'imposer au cours de la saison 1973-1974. Plante se met plusieurs personnes de l'équipe à dos : d'abord les dirigeants puis certains des joueurs. Finalement, l'équipe manque une nouvelle fois les séries par un point au classement. Plante est alors largement critiqué par les partisans de Québec mais il décide de lui-même quitter la franchise le pour revenir au jeu la saison suivante avec les Oilers d'Edmonton..

Premières qualifications en séries (1974-1975 et 1975-1976) Avant le début de la saison 1974-1975 de l'AMH, les finances du club sont dans le rouge, en partie en raison du départ précipité de Plante, avant qu'André Veilleux n’investisse dans les caisses. Il entre ainsi au sein du nouveau conseil d'administration mais n'y reste que deux semaines après avoir voulu s'occuper de la gestion de l'équipe.. John Dacres devient le deuxième président du club et Fillion donne le poste d'entraîneur de l'équipe au nouveau retraité : Jean-Guy Gendron.. Au cours du repêchage amateurLe terme « repêchage » est un terme canadien correspondant à l'anglicisme et désigne un événement annuel présent dans tous les sports collectifs nord-américains, comparable à une bourse aux joueurs, où les équipes sélectionnent des sportifs issus de l'université, de l'école secondaire ou d'une autre ligue, voir d'une autre équipe. de l'AMH de 1974, l'équipe choisit en tant que neuvième équipe et sélectionne Réal Cloutier joueur junior des Remparts.

Dans le même temps, l'AMH se restructure en créant une troisième division et les Nordiques jouent désormais dans celle nommée division Canadienne avec les Jets de Winnipeg, les Blazers de Vancouver, les Oilers d'Edmonton et les Toros de Toronto. Les Nordiques luttent toute la saison avec ces derniers pour la première place de la division. Au mois de décembre, l'équipe réalise un échange de plusieurs joueurs avec celle des Stags du Michigan : Marc Tardif et rejoignent Québec en retour de Pierre Guité, Alain Caron et .. Très vite, il s'impose au sein de l'équipe et est invité au cours de la saison au Match des étoiles de l'AMH ; Bernier, Houle, Tremblay et Hoganson sont également présents au match qui se joue une nouvelle fois à Québec.

Entre le et le , l'équipe remporte neuf succès consécutifs. et se place alors à la première place de la division.. Au mois de mars, l'équipe est toujours première du championnat et malgré sept défaites enchaînées, ils tiennent bon à la première place et finissent le calendrier avec 92 points, le deuxième plus haut total de la ligue derrière les Aeros de Houston..