Le Kemenet-Héboé était une grande seigneurie de l'ouest du comté de Vannes, qui la séparait de la Cornouaille. Son nom s'écrit également « Kemenet-héboë », « Quémenet-héboi », ou bien « Guemenet-héboy » ou « Guemené-héboy » et aussi « Kemenet-Guégan ».

Premières attestations

Au haut Moyen Âge, la région formait le Kemenet-HéboéLes kemenet pourraient être à l'origine des circonscriptions des pagi, mais cela reste incertain un pagus, c'est-à-dire une subdivision administrative du Vannetais.

En 1160, Conan IV confirme leurs possessions aux Hospitaliers en Bretagne dans une charte où l'on peut lire : Revue de Bretagne et de Vendée, ; charte reproduite dans Histoire de Bretagne, Dom Morice, Preuves I, 638.. Un acte de cité par Dom MoriceDom Morice, Histoire de Bretagne, Preuves I, 996, cité par la Revue de Bretagne et de Vendée, mentionne . On peut être tenté de lire dans Hebgoeu, le nom de Ab Gwion. Goeu étant similaire phonétiquement à gwioù, mot le plus semblable au prénom de Gwion.

Liste des seigneurs D'après les actes conservés dans le Cartulaire de Quimperlé, on peut citer les seigneurs suivants* André Chédeville & Noël-Yves Tonnerre La Bretagne féodale . Ouest-France Université Rennes (1987) 171 :

Bérenger, vivait en 1029 et 1037 Huelin son fils (mort entre 1037/1066), épouse Auan sœur d'Alain Canhiart Guegon, son fils, vers 1069 Tanki, son fils, entre 1096 et 1114 Guillaume son fils, mort vers 1120 Solimon/Salomon son fils, après 1163 Henri son fils avant 1200 Cartulaire du Morbihan, acte « Henri fils de Soliman donne à l'abbaye de Saint-Mélaine de Rennes la terre de Sainte-Marie d'Hennebont » 195. Henri (II) son fils († sp en 1200). Anne (?) dite d'Hennebont, sa sœur épouse vers 1208 Hervé II de Léon († 1218). Adelice dite d'Hennebont, sa sœur, épouse Olivier, baron de Lanvaux († av 1204).

La commendatio

Le Kemenet (traduit par le latin Commendatio dans la vie de Saint Judicaël) est en breton, le participe passé régulier du verbe kemenn, c'est-à-dire « mander », « commander », « ordonner ». Les noms joints à celui de Kemenet tels que Héboë, Guégant, Maen et Ili, sont des noms propres d'hommes. Le Kemenet-Guégant, est donc le territoire confié en garde (commendatus) à Guégant, ou bien le territoire commandé, régi et gouverné par Guégant; et ainsi des autres.

La commendatio est un contrat entre hommes libres dans lequel un homme se place volontairement et sans contrainte sous la protection d'un plus puissant que lui jusqu'à la mort de l’un des deux contractants.

Le protégé obtient ainsi la confirmation de ses droits de propriété sur une terre, la jouissance d'une terre attribuée par beneficium, (bienfait).

En retour, le « recommandé » doit à son protecteur le service militaire, l'aide économique, le conseil et l'assistance.

À partir du Kemenet signifie une seigneurie, un fief.

Limite territoriale

Le Kemenet-Héboé est limité :

au sud par la mer, à l'ouest par l'Ellé jusqu'à l'embouchure de la petite rivière du Pont-Rouge, entre les paroisses de Priziac et de Meslan , à l'est le Blavet jusqu'au lieu où il reçoit le ruisseau de La Sarre venant de Bubry, qui fait limite entre Bubry et Melrand, au nord, de l'embouchure du ruisseau de Bubry à celle du Pont-Rouge, une ligne irrégulière séparant le Kemenet-Héboé et le Kemenet-GuégantLe Kemenet-Guegant, dont le nom se retrouve dans celui de Guémené-sur-Scorff, serait issu, comme le Kemenet-Héboé, du démembrement d'un kemenet originel qui aurait été une division administrative du comté de Vannes. Il porterait le nom de Guégon [Guégan], qui en aurait été le premier titulaire...

Cette seigneurie comprenait au moins dans l'origine vingt-cinq paroisses et trèves : l'île de Groix, Plœmeur, Guidel, Quéven, Bihoué ou Bezehoi (qui vient de Bezvhoed en breton et signifie la « Boulaie »), trêve de Quéven, aujourd'hui simple village de cette même paroisse, Saint-Caradec-Hennebont, où se trouvaient la vieille ville et le vieux château d'Hennebont, autrement dit de Kemenet-Héboé, Caudan, Lesbin, où est la ville de Pont-scorff, du moins ce qu'on nomme le Haut-Pontscorff, car le Bas-Pontscorff est en Cléguer, Gestel, trêve de Lesbin, Rédéné, Saint-David, trève de Rédéné, Cléguer, Inzinzac, Penquesten, trêve d'Inzinzac, Quistinic, Lanvaudan, Lomelec, trève de Lanvaudan, Calan Plouay, Arzano, Guilligomarc'h, trève d'Arzano, Meslan, Berné, Inguiniel, Bubry, Et quelque partie de Saint-Caradec-Trégomel

Démembrement Le Kemenet-Héboé fut démembré durant le en trois châtellenies principales :

La Roche-Moisan (en Arzano) à l'ouest ; Pontcallec au nord-est ; Les « Fiefs-de-Léon » au sud-est, qui dépendaient de la vicomté de Léon.

Les Fiefs-de-Léon comprenaient une partie de la vieille ville d'Hennebont, chef-lieu du Kemenet-Héboé, avec les deux tiers du vieux château ; d'ailleurs ils sont constamment appelés Fiefs de Léon en Kémenet-Héboé, ou Fiefs de Kémenet-Héboé dépendants de la seigneurie de Léon.

Pour la Roche-Moisan, il suffit de lire les lettres où Jean IV, duc de Bretagne, donne, en 1380, à Jean , vicomte de Rohan,

La plupart de la vieille ville d'Hennebont et une partie de son vieux château dépendaient du Pontcallec. La paroisse de Cléguer, qui en dépendait aussi tout entière, est mise formellement dans le Kémenet-Héboé par un acte de 1160 ; et dans un acte du , il en est de même du fief de Tyhenri, dépendance du Pontcallec, qui embrassait la plus grande partie de Plouay.

Le nom de Kemenet-Heboë fut conservé comme celui d'un des six doyennés du diocèse de Vannes jusqu'à la Révolution française ; il comprenait 20 paroissesAurélien de Courson, "La Bretagne du Ve au XIIe siècle", 1863, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65691822/f162.image.r=Guidel?rk=8476436;4 et http://clergedol.free.fr/dioceses-bretons/di-vannes.htm.

Bibliographie Arthur de La Borderie, Le Quémenet-Héboi et les seigneuries de la Roche-Moisan, des Fiefs-de-Léon et de Pontcallec. Revue de Bretagne et de Vendée, Tome X, 1861, 372 - 387

Job Jaffré, Seigneurs et Seigneuries du Kemenet-Héboé, Éditions Dalc'homp Soñj, 1986

Notes et références Notes

Références

Catégorie:Seigneurie bretonne Catégorie:Comté de Vannes Catégorie:Histoire de Lorient