Crozant (crozantais : Crôzint) est une commune française située dans le département de la Creuse et la région Nouvelle-Aquitaine. Ses habitants sont appelés les Crozantais(es).

Dernier village creusois situé sur la rivière Creuse avant la frontière avec l'Indre, le bourg de Crozant connait une certaine importance durant le Moyen Âge, époque où son château appartient successivement à de grandes familles féodales telles que les Plantagenêt et les Lusignan..

Au siècle, Crozant devient un site prisé des peintres impressionnistes. Les ruines de la forteresse et le moulin de la Folie figurent aujourd'hui sur des milliers de tableaux conservés dans des musées nationaux et internationaux. Le musée "Hôtel Lépinat", situé dans le bourg et consacré à l'histoire des artistes de la vallée de la Creuse, expose chaque année des toiles originales provenant de collections particulières.

L'écrivaine George Sand a également contribué à la renommée artistique et touristique de la commune, en s'inspirant des ruines de la forteresse de Crozant pour certains de ses romans.

Géographie Localisation Crozant est située à la limite nord du département de la Creuse. La rivière, la Grande Creuse (qui s'est grossie de la Petite Creuse à quelques kilomètres en amont) y forme une limite avec le département de l'Indre.

La commune est à de Fresselines, 6,9 de La Chapelle-Balloue et 9,5 de Saint-SébastienItinéraires.

Géologie et relief 100px|vignette|La Creuse à Crozant. Elle a aussi une signification géologique : au sud, ce sont les contreforts granitiques du Massif central, tandis qu'au nord commencent les plaines calcaires du Bassin parisien.

Le territoire communal est traversé par le sentier de grande randonnée de pays du Val de Creuse.

Sismicité Commune située dans une zone de sismicité 2 faibleDidacticiel de la réglementation parasismique.

Hydrographie Cours d'eau traversant la commune : La CreuseLa Creuse. La SédelleLa Sédelle. Lac de Chambon, parfois appelé lac d'Éguzon.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique altéré et le climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Ouest et nord-ouest du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 900 à , maximale en automne et en hiver.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves...

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Éguzon-Chantôme à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune., un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Crozant est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (75 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (75 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (37,5 %), prairies (33 %), forêts (20,8 %), terres arables (4,4 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (3,4 %), zones urbanisées (0,8 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports Voies routières D 72 vers Changotin-VitratVoies de circulation. D 70 vers Saint-Sébastien.

Transports en commun Réseau TransCreuse.

vignette|130px|Gare de Saint-Sébastien. SNCF Gare de Saint-Sébastien, Gare d'Éguzon, Gare de La Souterraine, Gare d'Argenton-sur-Creuse, Gare de Fromental.

Risques majeurs Le territoire de la commune de Crozant est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse) et séisme (sismicité faible). Il est également exposé à un risque technologique, la rupture d'un barrage, et à un risque particulier : le risque de radon.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..

Risques naturels vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Crozant. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 35,7 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (33,6 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 185 sont en aléa moyen ou fort, soit 35 %, à comparer aux 25 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...

Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune..

La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982 et 1999. Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2019 et par des mouvements de terrain en 1999.

Risques technologiques La commune est en outre située en aval du barrage de Confolent, un ouvrage sur la Creuse de classe A soumis à PPI, disposant d'une retenue de de mètres cubes.. À ce titre elle est susceptible d’être touchée par l’onde de submersion consécutive à la rupture de cet ouvrage, chapitre Risque rupture de barrage..

Risque particulier Dans plusieurs parties du territoire national, le radon, accumulé dans certains logements ou autres locaux, peut constituer une source significative d’exposition de la population aux rayonnements ionisants. Certaines communes du département sont concernées par le risque radon à un niveau plus ou moins élevé. Selon la classification de 2018, la commune de Crozant est classée en zone 3, à savoir zone à potentiel radon significatif..

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes [S(ignum) Geraldi] de Crozenc en 1019 (Orig. Arch. Hte-Vienne ; fonds de Saint-Martial, n° prov. 9162 ; Voir : Leroux et Bosvieux, Chartes, p. 12)Henri Hemmer, Dictionnaire topographique de la Creuse, ouvrage dactylo, Archives départementales de la Creuse, p. 550 (lire en ligne sur DicoTopo) ; Crosent au (Voir : Labbe, Nov. Bibl. mss., t. II, p. 282 ; Voir : Lecl., p. 223) ; [priore de] Crozenc en 1208 (Donation à Aubepierre ; Arch. Cr. H 150) ; [Castellum de] Crosento en 1214 (Voir : Lecl., p. 223) ; Crozent en 1277Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Volume 1, Librairie Droz 1990. p. 49. ; [Mensura de] Crozanto en 1318 (Voir : Lecl., p. 223) ; Crouzant en 1457 (Cart. d’Aubignac ; Voir : Lecl., p. 223) ; Crousant en 1462 (Rémission ; Arch. Nat. JJ 198, ) ; Crousant en 1506 (Terr. des Places, fol. 5) ; [Chastellain de] Crousant en 1512 (Ch. d’Aubignac ; Voir : Lecl., p. 223) ; Crozant en 1844 (Langl.).

D'après les formes connues à partir du milieu du , la prononciation était Crouzant. Le premier élément est vraisemblablement le gaulois (celtique) *crosus, à l'origine du gallo-roman *CROSU qui a donné creux en français, même mot que la Creuse (Crosa ) au sens de « vallée profonde », nom de la rivière qui constitue vraisemblablement la racine du toponyme Crozant, suivie d'un suffixe., selon un processus fréquent en toponymie.

L'alternance des formes terminées par -c et par -t rend difficile l'identification du suffixe, d'autant plus que -c note souvent -t au Moyen Âge. Dans cette perspective d'explication par le celtique, il pourrait s'agir d’-entum identifié dans Douvrend (Seine-Maritime, Douvrenc vers 1060, Dovrent 1111 de *Dubrentum sur gaulois dubron, eau) ou encore Drevant (Cher, Derventum 1217 sur gaulois dervo, chêne) et les nombreux (de Novientum sur gaulois noviios, nouveau, neuf), dont les premiers éléments sont clairement identifiés comme celtiquesXavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Éditions Errance (2003)..

Albert Dauzat, natif du département, ne connaît pas de forme ancienne (il n'en cite aucune) et propose le suffixe pré-latin -ant-, mais Ernest Nègre y voit plutôt le suffixe adjectival occitan -enc, d'où sa signification de « (village) de la Creuse ».

Crozant fait, en effet, partie de l'aire linguistique du Croissant, zone de transition linguistique où se rejoignent et se mélangent la langue occitane et la langue d'oïl...

Histoire

Moyen Âge L'éperon rocheux inscrit entre la Creuse et un affluent, la Sédelle, a été occupé depuis l'époque préhistorique. Une forteresse semble y avoir été édifiée entre 997 et 1018. Mais c'est au que le château-fort prendra la forme que nous lui connaissons aujourd'hui. L'une des tours subsistantes porte d'ailleurs le nom d'Isabelle d'Angoulême, veuve de Jean sans Terre, épouse de Hugues X de Lusignan, qui, suivant une tradition, l'aurait fait construire. Au , les capitaines du lieu sont des Foucauld, seigneurs de Saint-Germain-Beaupré.

Le village est saccagé le lors de la seconde chevauchée du Prince noir, conduite depuis Bordeaux par Édouard de Woodstock.