La base d'aéronautique navale de Lann-Bihoué (ou BAN Lann-Bihoué) est une base d'aéronautique navale de la Marine nationale française., située sur les communes de Ploemeur, Gestel et Quéven, à à l'ouest de Lorient (Morbihan) et qui accueille également l'aéroport civil de Lorient - Bretagne Sud , une Brigade de Surveillance Aéromaritime des Douanes (BSAM) et à proximité immédiate, l'hélistation de la Sécurité civile de Lorient (Dragon 56).
Elle est la deuxième plus grande base aérienne militaire de France et la plus grande base aéronavale d'Europe..
Elle accueille cinq Flottilles de l'aviation navale : la Flottille 4F, la Flottille 21F, la Flottille 23F, la Flottille 24F et la Flottille 28F..
Elle accueille également à des fins d'entrainement et de préparation à l'embarquement des avions de combat (Dassault Rafale) qui opèrent sur la BAN de Landivisiau et le porte avions nucléaire Charles de Gaulle.
Toponymie L'appellation « Lann-Bihoué » est d'origine bretonne et trouve ses racines dans la toponymie rurale du pays de Lorient.
Le premier terme, lann, fait référence à la lande, un paysage de bruyères et d'ajoncs typique du climat océanique, mais revêt également une dimension sociale forte en désignant historiquement des terres communes non cultivées utilisées pour la litière ou le pâturage des animaux.
Le second terme, Bihoué, provient du nom d'un ancien chef de territoire ou propriétaire local, dont les mentions écrites les plus anciennes remontent au .
Au fil des siècles, le patronyme a connu diverses variations orthographiques (Bevoy, Bezvoay, Bezoay ou Bihouay) tout en conservant une prononciation identique.
C'est lors de la création de l'aéroport civil dans les années 1930 sur ces anciennes landes, situées dans la trève de Bihoué sur la commune de Quéven, que le site a définitivement hérité de ce nom de « Lann-Bihoué »..
Historique
Prémices L'histoire de l'aviation maritime lorientaise commence en 1912, avec la création du premier comité d'aviation qui organise des manifestations en faveur de l'aviation maritime.
À la suite du succès de ces manifestations, le Ministre de la Marine promet de donner le nom de "Ville de Lorient" à l'un des 12 hydroplanes qui seront commandés en avril 1914.
Au cours du premier conflit mondial, pour surveiller le trafic maritime, les mouvements de sous-marins et la présence de mines, les côtes françaises sont divisées en secteurs de défense et le centre aéro-maritime de Lorient (CAML), mettant en œuvre des hydravions et des ballons captifs est créé en avril 1917, sur la rive gauche du Scorff, au lieu-dit de la "Pointe du Malheur".
En juin 1917, le CAML fait partie des « patrouilles aériennes de la Loire » et assure la surveillance du secteur allant de la pointe de Penmarc'h à l'embouchure de la Loire. Il est dissous en décembre 1920 et son personnel est affecté au CAM Brest.
Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale De 1920 à 1925, l'activité aéronautique reprend à Lorient en été, lors des exercices généraux mettant en œuvre les escadres de la Méditerranée, du Nord, les hydravions d'Hourtin, de Brest et de Cherbourg.
À compter du , Lorient devient « une simple base d'exercice », assurant l'entraînement des pilotes.
En 1933, la chambre de commerce cherche à implanter un terrain d'aviation dans le Morbihan.
Les débuts de l'aviation à terre à Lann Bihoué remontent à 1938. À l'époque, un aéro-club utilise une petite plate-forme à la croisée des deux pistes actuelles. Le nom de la base provient du hameau de Bihoué qui se situait à cet endroit. Bihoué, ou Bezehoi, vient du breton Bezvhoed signifiant la « Boulaie ».
Ne pouvant assumer les dépenses de l'aérodrome, la chambre de commerce vend en 1939 à la Marine pour l'aéronautique navale. Le projet de base aéronavale est interrompu par l'armistice de 1940.
Dès leur arrivée en 1940, les Allemands s'intéressent au site et entreprennent de relancer le projet en l'élargissant considérablement à sur les communes de Guidel, Ploemeur et Quéven. À partir de mars 1941, ils débutent la construction d'une importante base comprenant deux pistes de , des parkings très dispersés, de nombreux abris et hangars dont certains existent toujours.
À fin 1941, la base, qui s'appelle alors Kerlin-Bastard, accueille des Messerschmitt Bf 109, Heinkel He 111, Focke-Wulf Fw 200, Junkers Ju 88, Bücker Bü 131 et Fieseler Fi 156. Ses missions étaient la protection des sous-marins de la Kriegsmarine entrant et sortant de la base sous-marine de Lorient, le flux logistique avec l'Allemagne, les relèves d'équipages des U-Boote et l'attaque des convois alliés au large de l'Irlande.
En juin 1942 la base compte une centaine d'avions. À la suite du débarquement allié, l'activité aérienne décline. Les troupes allemandes sur place freinent l'avancée des troupes alliées vers Lorient et compromettent la libération du secteur en créant une poche de défense pendant jusqu'à la fin des hostilitéshttps://www.queven.com/wp-content/uploads/2020/06/Lave-Base-Aeronavale-de-Lann-Bihoue.pdf.
Le , les allemands toujours sur place se rendent.
Après la Seconde Guerre mondiale L'Armée de l'air française prend possession du terrain et entreprend sa remise en état.
À partir de 1951, l’escadrille 1S et la flottille 10F de patrouille maritime y stationnent, avec des Avro Lancaster. En août 1953, la flottille 25F s’installa également sur le site du «Poullo».
À partir du , la flottille 24F quitte l'Indochine pour rejoindre la BAN de Lann-Bihoué, où elle effectue des missions de surveillance du littoral Atlantique.
L’escadrille 56 S rapatriée d’Agadir en 1960 s’installe d’abord à Lorient avant de rejoindre Nîmes en 1964.. thumb|upright=0.6|Lockheed SP-2H Neptune de la 25F en 1973 thumb|upright=0.6|Breguet 1150 Atlantic de la 23F en 1983 À partir de 1964, la base de Lann-Bihoué acquiert le statut de base principale de l’aviation de patrouille anti-sous-marine et anti-surface de la façade atlantique, fonction assurée par la BAN Nîmes-Garons pour la façade méditerranéenne.
De 1964 à 1968, les flottilles 12F et 14F opèrent sur F-8E(FN) Crusader depuis la base.
Après 1970, une escadrille, la 2S, et quatre flottilles sont stationnées à Lann-Bihoué : la 4F, sur Breguet Alizé, les 23F et 24F, sur Breguet Atlantic, et la 25F sur Lockheed Neptune.
La fermeture de la BAN Nîmes-Garons en 2011 conduit au format actuel de Lann-Bihoué : une importante plate-forme d’où évoluent cinq flottilles, dont l’une est attachée au Groupe Aérien Embarqué, la 4F et ses Grumman E-2C Hawkeye.
La 24F, équipée de Falcon 50M, se consacre aux missions de surveillance et de secours maritime. Deux flottilles sont centrées sur la patrouille maritime, les 21F et 23F en Atlantique 2 ou ATL2..
En 2014 sur par an, 33 % sont effectués par les aéronefs militaires, 38 % d’aéroclubs, 15 % sont des transporteurs civils et 10 % par d’autres opérateurs (Douanes, Sécurité civile).
En 2023, la BAN de Lann-Bihoué est l’une des plus grandes bases aériennes de France. et une des plus grandes d’Europe en superficie. Elle emploie , dont , et utilise 30 aéronefs. Elle s’étend sur répartis entre les communes de Ploemeur, Quéven et Guidel pour une circonférence de . Sa piste principale 07/25 de catégorie C, longue de , est partagée avec l'aéroport civil de Lorient-Bretagne-Sud, ouverte au trafic national et international commercial. Il s'y trouve également une piste secondaire 02/20 de https://www.morbihan.gouv.fr/contenu/telechargement/27983/216734/file/PEB_Lann-Bihoue_rapport_STAC_appro_sign_pref_2017_05_17.pdf.
En 2025, les avions de la base de Lann-Bihoué ont cumulé 12 000 heures de vols, 900 jours de déploiements pour les Atlantiques 2 et les Falcon 50, ainsi qu’un déploiement de 140 jours en mer sur le Charles-de-Gaulle pour les Hawkeye.
Les unités présentes actuellement sur la BAN thumb|upright=0.6|Grumman E-2C Hawkeye de la marine française vignette|upright=0.6|Falcon 50 de la 24F en 2010. vignette|upright=0.6|Futur Falcon 2000 Albatros de la 24F. Flottille 4F (- et depuis ) Flottille de guet aérien embarqué, équipée en 1960 du Breguet Br.1050 Alizé ( - ) , elle se dote d' E2-C Hawkeye en 2000.. Missions : à partir d’un porte-avions, assurer la sûreté d’une force navale contre les menaces aériennes et de surface grâce aux capacités du Hawkeye dans la détection, l’identification lointaine, le contrôle et le guidage des avions d’interception. Courant 2027, la 4F sera donné du nouvelle E-2D Advanced Hawkeye.
Flottille 21F (- et à partir de l'été 2011) Flottille de patrouille maritime. et 23F (depuis )., équipées d'Atlantique 2. Missions : renseignement en mer et établissement de la situation tactique au profit d'une force navale, lutte anti-sous-marine et anti-surface, missions de service public.
Également équipée des avions suivants: Lockheed P2V-6 Neptune (-) Breguet Br-1150 Atlantic (-) Dassault Atlantique ATL2 (depuis et modernisé et livrés sur la période de la Loi de programmation militaire 2019-2025, 18ème et dernier livré en 2026) Airbus A321 MPA prévu entre 2030 et 2040 dans le programme de renouvellement PATMAR.
Flottille 24F (-, - et depuis ) Flottille de surveillance maritime., équipée de Falcon 50M et du nouveau Falcon 2000LXS Albatros. Missions : surveillance maritime, lutte contre le narco-trafic, recherche et sauvetage en mer..
La 24 F est equipée des avions suivants:
Avro Lancaster (-).
Lockheed P2V-7 Neptune (-). Breguet Br-1150 Atlantic (-). Il est parfois appelé Atlantic 1, parfois ATL1, vu que c'est le prédécesseur de l'ATL2. Dassault Atlantique ATL2 (-). Aérospatiale N262E Frégate (-). Embraer EMB-121 Xingu (-2010). Dassault Falcon 50M (depuis ). 4 à l'origine. Le et dernier Falcon 50B (gouvernementaux) modifié en Falcon 50M pour la mission de surveillance Maritime (SURMAR) a été réceptionné le .. Dassault Falcon 2000LXS Albatros. Le premier vol a été effectué le à Mérignac sous l'immatriculation temporaire F-WATM. Les deux premiers exemplaires ont été livrés à la 24F le 27 et 31 juillet 2026.
Flottille 28F (à partir de l'été 2010) Flottille de soutien aux forces., équipée d'Embraer EMB 121 Xingu. Missions : mise en condition opérationnelle des flottilles de l’aviation embarquée et de la patrouille maritime, soutien logistique des états-majors et des unités.
Les unités anciennement présentes sur la BAN vignette|upright=0.5|Crusader de la 14F. Flottille 9F sur Breguet Br.1050 Alizé (- dissolution) Flottille 12F sur Vought F-8(FN) Crusader (-) Flottille 14F sur Vought F-8(FN) Crusader (-) Flottille 25F sur Avro Lancaster (-) puis Lockheed P2V-7S Neptune (-) Escadrille 2S sur Aérospatiale N262E Frégate et Embraer EMB-121 Xingu (-) Escadrille 12S : soutien au Centre d'Essais des Landes (CEL) de Biscarosse avec des Lockheed P2H Neptune (-) Escadrille 52S : entraînement des jeunes pilotes de bimoteurs de la Marine sur Embraer EMB-121 Xingu (-).
Les flottilles basées à la BAN sont plus particulièrement chargées de la patrouille maritime et du sauvetage en mer au moyen d' et de Falcon 50M ainsi que des bimoteurs de guet aérien embarqués E-2 Hawkeye lorsqu'ils ne se trouvent pas sur le porte-avions Charles de Gaulle.
S'y trouve également des bimoteurs Embraer EMB-121 Xingu.
La Flottille 24F, par exemple, a évidemment exploité plusieurs types d'avions au cours de son histoire.
En 2010 et 2011, à la suite de la fermeture programmée de la BAN Nîmes-Garons, les flottilles 21F et 28F gagnent la BAN Lann-Bihoué, tout comme un certain nombre d'autres entités basées à Nîmes (CENTEX PATSIMAR, École du Personnel Volant).
La BAN Lann-Bihoué comprend une compagnie de fusiliers marins, chargés de la protection et de la surveillance du site..
Les chiffres de la BAN de Lann-Bihoué 2 000 personnes y travaillent dont 350 personnels civils., 14 000 heures de vols par an, 800 hectares sur 22 km de périmètre, 250 000 m² de bâtiments, 30 avions basés,