Françoise Demulder, née le à Paris et morte le à Levallois-PerretRelevé des fichiers de l'Insee, est une photojournaliste de guerre française, première lauréate féminine du World Press Photo.

Biographie Née en 1947 à Paris, Françoise Demulder, dite « Fifi », est la fille d'un ingénieur électronicien. Elle est d'abord mannequin, avant de suivre un photographe au Viêt Nam, au début des années 1970.

C'est cette aventure amoureuse qui est à l'origine de sa carrière de photographe de guerre. Après avoir débuté lors de la Guerre du Viêt Nam, qu'elle couvre durant trois ans, la baroudeuse autodidacte parcourt en reportage les différents lieux de crise de la planète que ce soit en Angola, au Liban, au Cambodge, au Salvador, en Éthiopie, au Pakistan ou à Cuba. Elle séjourne beaucoup au Proche-Orient, où elle réalise à plusieurs reprises des reportages sur Yasser Arafat avec lequel elle avait tissé des liens amicaux. Elle suit aussi la guerre Iran-Irak. Lors de la guerre du Golfe en 1991, elle est l'un des rares journalistes présents à Bagdad sous les bombardements. Françoise Demulder a notamment travaillé pour les agences de presse Gamma et Sipa, et pour les célèbres périodiques américains Time Magazine, Life et Newsweek. Parenthèse animalière dans une œuvre essentiellement consacrée à la violence du monde, elle a également réalisé une campagne de photographies consacrée aux manchots de l'Antarctique.

Elle doit une notoriété particulière à la force de ses photographies et en particulier à deux photographies célèbres dont elle est l'autrice.

La première fixe l'instant symbolique où un char nord-vietnamien défonce la grille d'entrée du palais présidentiel de Saïgon, lors de la prise de cette ville le .

La seconde fait d'elle, en 1977, la première lauréate féminine du World Press Photo, le prix le plus prestigieux du photojournalisme. Ainsi désignée comme le meilleur cliché de l'année, cette image en noir et blanc prise à Beyrouth le représente une Palestinienne implorant un milicien armé devant une maison en flammes, lors du massacre du quartier de la Quarantaine. Françoise Demulder confiera plus tard avoir été « poursuivie durant des années » par cette photographie et hantée par la « haine démentielle » du tueur cagoulé durant cette « véritable boucherie », qui fit environ un millier de morts.

Mais elle apprend qu'elle est atteinte d'une leucémie : , explique Christian Poveda. Le , une vente de solidarité réunissant plus de 300 tirages offerts à cet effet par des photographes internationaux, organisée à la galerie Vu à Paris en 2003, rapporte la somme de , destinée à venir en aide à la photojournaliste française gravement malade. Lors des enchères, la photographie qui avait valu le World Press Photo à Françoise Demulder est adjugée pour à Yann Arthus-Bertrand.

Restée lourdement handicapée par une paraplégie à la suite des séquelles de sa maladie en 2003 et d'une erreur médicale, sans jamais perdre son humour selon Jean-François Leroy, directeur du festival du photojournalisme, elle meurt à l'âge de 61 ans le à Levallois-Perret.

Récompenses thumb|Françoise Demulder recevant le prix World Press Photo. 1977 : World Press Photo pour une de ses photographies du massacre de la Quarantaine.

Collections publiques Chalon-sur-Saône, musée Nicéphore-Niépce Puteaux, Fonds national d'art contemporain

Expositions au , exposition « Conflits » au Novy Manezh, pour la édition de la biennale de la photographie de Moscou au , exposition « Au-delà des images » à la galerie Sfeir-Semler, à Beyrouth, réunissant un choix d'œuvres de la collection du Fonds national d'art contemporain au , exposition Femmes photographes de guerre au musée de la Libération de Paris - musée du Général Leclerc - musée Jean-Moulin (Paris).

Prix Françoise-Demulder En 2022, les deux bourses de production destinées à permettre à des femmes photojournalistes de réaliser un projet, allouées depuis 2020 par le ministère de la Culture et le festival de photojournalisme Visa pour l'image deviennent le prix Françoise-Demulder, nommé ainsi en l'honneur de la première lauréate féminine du World Press Photo of the Year en 1977, avec sa photographie prise à Beyrouth-Est dans le quartier de La Quarantaine le , lors du massacre de Karantina, au début de la guerre civile libanaise. Ce prix est attribué à des femmes photographes Dotées initialement de euros chacune, ces bourses voient leur dotation augmentée de euros, passant à euros par bourse.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Guerre Journalisme Photojournaliste Agence photographique Photographe de guerre Place des femmes dans la photographie Massacre de Karantina

Liens externes Dépêche AFP, « Décès de la photojournaliste F. Demulder », lefigaro.fr, 14 septembre 2008. Jacques-Marie Bourget, « La mort de Fifi », frontimago.com, 2009. Archives municipales d'Alençon

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