Les Mandans sont un peuple des premières nations qui vivaient historiquement sur les rives du Missouri et de deux de ses affluents, la Heart River et la Knife River, dans les États actuels du Dakota du Nord et du Dakota du Sud. Locuteurs du mandan, une langue siouane, les Mandans dont la particularité était d’avoir créé des villages permanents se distinguaient des autres tribus de la région des Grandes Plaines qui menaient une existence nomade en suivant les troupeaux de bisons. Ces établissements permanents étaient composés d’habitations rondes, des huttes en terre entourant une place centrale. Alors que la chasse au bison constituait à l’origine l’essentiel du quotidien alimentaire des Mandans, les ressources qu’elle apportait étaient ensuite complétées par l'agriculture et le commerce.

Les recherches archéologiques suggèrent que le peuple mandan a émigré des rives de l’Ohio vers la vallée du Missouri. Leur première rencontre avec les Européens dans nos archives occidentales, remonte à 1738 et leurs valeurs de partage et d'inclusion a amené de nombreux négociants en fourrures et trappeurs dans leurs villages, au cours du siècle suivant. Au tournant du , les épidémies volontaires de variole et de coqueluche, ont entraîné une diminution très importante de la population mandan. En 1837, des draps et couvertures infectées et volontairement troquées, a créé une grande épidémie de variole, ce qui a réduit leur nombre à environ Ce chiffre est donné par la plupart des sources bien qu'il existe une controverse à ce sujet.. Avec des effectifs aussi faibles, les Mandans ont dû se regrouper avec deux tribus voisines, les Arikaras et les Hidatsas.

Au cours des décennies suivantes, les trois tribus ont vu la superficie de leurs terres réduite par différents traités, par la force. Dans un effort visant à établir de bonnes relations, le gouvernement américain, a fondé la Fort Berthold Agency pour isoler les trois tribus et leur retirer leur possibilité de se déplacer, ce qui a détérioré la qualité de vie des trois tribus nomades. L'Agence a aussitôt mis en place la réserve de Fort Berthold dotée à l'origine d'environ d'acres () mais en 1910, la taille de la réserve était d'environ (). Avec l’ de 1934, la nation Mandan a officiellement fusionné avec les peuples Hidatsa et Arikara pour former la « Nation des trois tribus affiliées », connue sous le nom de nation Mandan, Hidatsa et Arikara. Le dernier Mandan non metisse est mort en 1971, parmi les autres membres de sang métissés de la nation. Environ la moitié des Mandans résident encore sur le domaine de la réserve, les autres étant dispersés aux États-Unis et au Canada.

Ethnonymie Le nom anglais Mandan est issu du mot exonyme des langues sioux voisines, comme le mot Teton Miwatani, le mot Yanktonai Miwatani, des peuples Yankton Mawátani ou Mąwátanį, des peuples Dakota Mawátąna ou Mawátadą, etc. Les Mandans ont utilisé plusieurs termes à des moments différents pour se désigner eux-mêmes : Rųwą́ʔka•ki, « les hommes, le peuple » : avant 1837 (transcrit par les Occidentaux en Numakaki, Numangkake) ; Wį́ʔti Ų́tahąkt, « l’East Village » (d’après le village du même nom) : à la fin du (transcrit par les Occidentaux en Metutahanke ou Mitutahankish) ; Rų́ʔeta, « Nous-mêmes, notre peuple », (à l'origine le nom d'une tribu spécifique) : c’est le terme couramment utilisé actuellement.

Les Mandans utilisaient probablement le terme Rųwą́ʔka•ki pour désigner une entité tribale. Plus tard, ce mot est tombé en désuétude et deux noms ont été utilisés à sa place, Nuweta ou Ruptare (c'est-à-dire en Mandan Rų́ʔeta). Plus tard, le terme, Rų́ʔeta a été étendu pour désigner une entité tribale. Le nom Mi-ah´ta-nēs enregistré par Ferdinand Vandeveer Hayden en 1862, pourrait signifier « le peuple des berges de la rivière », mais il peut s’agir d’une étymologie populaire. Plusieurs autres termes et variantes orthographiques sont retrouvées dans la littérature, y compris : Mayátana, Mayátani, Mąwádanį, Mąwádąδį, Huatanis, Mandani, Wahtani, Mantannes, Mantons, Mendanne, Mandanne, Mandians, Maw-dân, Meandans, les Mandals, Me-too´-ta-häk, Numakshi, Rųwąʔkši, Wíhwatann, Mevatan, MevataneoSynonymy section written by D. R. Parks in Wood & Irwin .. Gloria Jahoda dans son livre The trail of tears (la piste des larmes) prétend qu’ils s’appelaient eux-mêmes également le « Pheasant people » (peuple du faisan).. Ce trait est confirmé par le témoignage de George Catlin en 1844 (les indiens d’Amérique du Nord., lettre 11).

Langue

Le mandan appartient à la famille des langues sioux. On a d'abord pensé qu’elle était très proche de la langue des Hidatsas et de celle des Crows. Toutefois, du fait que le mandan était devenue la langue utilisée lors des transactions avec les Hidatsas et les Crows depuis de nombreuses années, la relation exacte entre le mandan et d'autres langues sioux (y compris le hidatsa et le crow) s’est obscurcie et elle n’est pas actuellement bien déterminée. Pour cette raison, le mandan est le plus souvent considéré comme une branche séparée de la famille des langues sioux.

Le mandan comprend deux dialectes principaux : le nuptare et le nuetare. Seule la variante nuptare a été parlée jusqu’au , et tous les locuteurs étaient bilingues et connaissaient le hidatsa. Le linguiste Mauricio Mixco de l’université de l'Utah travaille sur le terrain avec d’autres intervenants depuis 1993. En 1999, il n’existait plus que six locuteurs encore en vie parlant couramment le mandan, mais il existe actuellement des programmes dans les écoles locales afin d'encourager l'usage de la languePersonal communication from Mauricio Mixco in 1999, reported in Parks & Rankin ..

Les Mandans et leur langue ont fait l’objet de beaucoup d'attention de la part des Américains d’origine européenne, en raison de la couleur claire de leur peau, ayant suscité certaines spéculations sur leur origine européenne supposée. Dans les années 1830, le prince Maximilian zu Wied-Neuwied a passé plus de temps à enregistrer le mandan qu’à étudier toutes les autres langues siouanes et a en outre établi une liste de correspondance de mots entre le mandan et le gallois (il pensait que le mandan pouvait dériver du gallois).. La théorie de la filiation mandan / gallois, désormais écartée, a également été défendue par George Catlin.

Le mandan possède différentes formes grammaticales qui dépendent du genre de l’interlocuteur. Les questions posées à des hommes doivent utiliser le suffixe -oʔša alors que le suffixe -oʔrą est utilisé lorsqu'on s’adresse à des femmes. De même, le suffixe du mode indicatif est -oʔs lorsqu’on s’adresse à un homme et -oʔre lorsqu’il s’agit de femmes, et aussi pour le mode impératif : -ta- (masculin), |- rą (féminin)... Le Mandan, comme beaucoup d'autres langues d'Amérique du Nord, possède des sons symboliques, dans son vocabulaire. Un son « » indique souvent la petitesse ou la faible intensité, le son « » indique la modération, le son « » indique la grandeur ou une plus grande intensitéHollow & Parks 1980, . :

síre "jaune" šíre "fauve" xíre "brun"

sró "tinter" xró "cliqueter"

Culture Habitations et villages

Une des caractéristiques les plus remarquables des Mandans était leurs villages permanents composés de maisons en terre, les óti. Chaque hutte est circulaire avec un toit en forme de dôme et un trou carré au sommet de la coupole par laquelle la fumée peut s'échapper. L'extérieur est recouvert d'une natte faite de roseaux et de brindilles, le tout recouvert de foin et de terre. Ce pavillon présentait également une structure de type portique à l'entrée. L'intérieur se composait de quatre grands piliers sur lesquels reposaient des traverses soutenant le toit. Ces habitations étaient conçues et construites par les femmes de la tribu qui en avaient la propriété et qu’elles transmettaient aux femmes de leur lignage. Elles pouvaient abriter jusqu'à 30 ou et les villages comprenaient généralement environ .. On peut voir des reconstitutions de ces habitations à Fort Abraham Lincoln State Park près de Mandan et au site historique national de Knife River Indian Villages. Les maisons d’origine étaient rectangulaires, mais vers 1500 après l'ère commune, les huttes ont commencé à être construites sous une forme circulaire. Vers la fin du , les Mandans ont commencé à construire de petites cabanes, le plus souvent avec deux chambres. En voyage ou à la chasse, les Mandans utilisaient des tipis de peau..

Les villages sont généralement construits autour d’une place utilisée pour les jeux (chunkey) et les cérémonies rituelles. Au centre de la place était planté un arbre entouré d'une enceinte en bois représentant Numá’k Máxana, l'« Homme Seul », l'un des principaux personnages de la mythologie mandan qui avait construit le mur de bois qui avait permis de sauver le monde du déluge. Les villages sont souvent situés en haut des falaises au-dessus de la rivière et ils ont fréquemment été construits au confluent de plusieurs affluents, l'eau servant alors de barrière naturelle. Là où il n'existe pas ou peu de barrières naturelles, les villages sont entourés de fortifications, comprenant des fossés et des palissades.

Vie familiale

La nation mandan était divisée en treize clansMandan Social and Ceremonial Organization by Alfred W. Bowers and Gerard Baker 1950 republished 2004 organisés autour des meilleurs chasseurs et de leurs parents. Chaque clan devait prendre soin de tous ses membres, y compris les orphelins et les personnes âgées, de la naissance à la mort. Les clans avaient en garde des faisceaux sacrés, qui se composaient de quelques objets rassemblés pour les pouvoirs qu’on leur attribuait. Ceux qui étaient en possession de ces faisceaux étaient considérés comme détenteurs de pouvoirs sacrés qui leur avaient été confiés par les esprits et, par conséquent, étaient considérés comme les chefs du clan et de la tribu.

Les enfants recevaient un nom dix jours après leur naissance au cours d’une cérémonie d’accueil, qui officialisait également les liens de l'enfant avec sa famille et son clan. Les filles apprenaient à accomplir les tâches domestiques, à cultiver les champs et à tenir une maison, tandis que les garçons étaient entraînés à la chasse et à la pêche.

Le rite d'initiation à l'âge adulte commençait par un jeûne, de plusieurs jours, effectué à partir l'âge de dix ou onze ans. Le peintre George Catlin, qui observa ce rite au , décrit les pratiques particulièrement douloureuses et insupportables qui ont alors lieu, s'assimilant, aux yeux d'un observateur extérieur, à de la torture..

Les mariages chez les Mandans étaient généralement arrangés par les membres du clan, même si de temps en temps, ils convolaient sans que l’union du couple soit approuvée par les parents. Le divorce pouvait être facilement obtenu.

Lors du décès d'un membre de la famille, une plateforme est érigée à proximité du village pour recevoir le corps qui sera allongé avec la tête dirigée vers le nord-ouest et les pieds vers le sud-est. (Le sud-est est la direction de la vallée de l’Ohio, d'où sont venus les Mandans. Pendant son sommeil un Mandan ne choisirait pas cette orientation, car elle appellerait la mort sur lui.) Après une cérémonie pour chasser l'esprit, la famille veillera le défunt sur la plateforme pendant quatre jours. Lorsque le corps aura pourri et que la plateforme se sera effondrée, les os seront rassemblés et enterrés, à l’exception du crâne, qui sera placé dans un cercle situé près du village. Les membres de la famille rendront visite aux crânes pour leur parler, leur racontant parfois leurs problèmes ou égayant les morts avec des plaisanteries. Après la déportation des Mandans à la réserve de Fort Berthold, les familles ont dû avoir recours à d’autres méthodes et ranger les corps dans des caisses ou des troncs ou encore les envelopper dans des robes de fourrure et les déposer dans des fissures du rocher.

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