Le SVR () ou Service des renseignements extérieurs de la fédération de Russie (, retranscrit en Sloujba vnechneï razvedki Rossiskoï Federatsitranslittération ISO 9 : ) est la forme administrative actuelle de l'espionnage extérieur politique russe.

Historique vignette|gauche|Emblème de la Tchéka puis du KGB : l'épée et le bouclier.

Le SVR est le successeur officiel de la Première direction générale du KGB de l'URSS. Il revendique son héritage tchékiste par son lien direct avec Histoire du SVR en version officielle. les services spéciaux communistes Tchéka-Guépéou-NKVD-MGB-KGB.

Les opérations de renseignement sont pratiquées par la Tchéka dès l'année 1918. La création de l’INO a donné à l’espionnage politique au sein de la Vé-Tché-Ka de Félix Dzerjinski une existence administrative.

Selon le mythe des tchékistes, et conformément aux déclarations officielles du SVR, le a été créé le Département étranger (INO) de la Vé-Tché-Ka (du russe « Commission panrusse extraordinaire », celle-ci ayant été fondée en pour lutter contre la résistance « bourgeoise » lors de la révolution d'Octobre) près du Soviet des commissaires du peuple (SNK) .

L’INO est en réalité créée dès le printemps 1920Article par Serguei Jirnov: Qu'est-ce que les espions de Yassénévo fêtent le 20 décembre ? Что шпионы из Ясенево празднуют двадцатого декабря?., d’abord au sein du Département spécial de la Vé-Tché-Ka. À l'été 1920, son travail est jugé insuffisant par le Politburo. Sa réorganisation a commencé dès septembre. Le , Dzerjinski signe le premier ordre de réorganisation. C’est la date de l'ordre du que les mythologues tchékistes ont retenu comme le jour de naissance de l’espionnage politique soviétique.

Avant 1991, le renseignement extérieur faisait partie du KGB (Comité de sécurité d’État) de l’URSS dissout en octobre à la suite du putsch de Moscou. Le , le renseignement extérieur de l'Union soviétique cesse d’être une entité du KGB. Il devient un organisme autonome et dépolitisé, rebaptisé Service central de renseignement de l'URSS. Ce nouveau service n'existe que pour quelques semaines.

vignette|gauche|Boris Eltsine, premier président de la fédération de Russie post soviétique et fondateur du SVR actuel. À la suite de la dissolution de l’URSS, le président de la RSFSR Boris Eltsine par son Oukase du crée officiellement le SVR de la RSFSR.

Par l'oukase du , Boris Eltsine nomme Ievgueni Primakov comme le premier directeur du SVR post-soviétique. Il présente au président des propositions de statuts du nouveau service, de structure ainsi que d'effectifs.

Par l’oukase du , la première équipe dirigeante du SVR nouvellement créé a été nommée ; elle se composait d’un premier adjoint du directeur et de cinq adjoints.

Selon la vision officielle du SVR actuel Vision officielle du SVR sur l'histoire du service dans les années 1990., le Boris Eltsine n'a pas créé un nouveau service spécial de la RSFSR, mais a rebaptisé le Service central de renseignement de l'URSS en SVR. Donc, selon le SVR lui-même, ce service n'est que la forme administrative actuelle de l'espionnage politique extérieur soviétique existant depuis le qui est profondément idéologique et extrêmement corporatiste, dont l’idéologie fondatrice est le tchéquisme bolchevik.. Le SVR continue à rendre un hommage particulier à Félix Dzerjinski qu'il considère toujours comme son père créateur et idéologue initial.

Le SVR de la RSFSR a été réorganisé et rebaptisé à plusieurs reprises : en en SVR de la fédération de Russie, le , en Service fédéral des renseignements extérieurs de Russie Page 4 de l'oukase n°1148 du 30.09.92 ., le , en SVR auprès du président de Russie Oukase n°1185 du 07.10.1992., et ensuite en SVR de la fédération de Russie (service fédéral) sous sa forme actuelle.

Par son oukase du , le président de la fédération de Russie Dmitri Medvedev a instauré les nouvelles armoiries, fanion et drapeau du SVRNouvel emblème du SVR.Oukase n°1233 du 31.10.2009.

Les bases juridiques du SVR de Russie La première loi fédérale russe spécifique relative au SVR est adoptée à l'été 1992.

Le statut et les activités du SVR de la fédération de Russie sont régis principalement par la loi fédérale du relative au renseignement extérieur en version consolidée avec les modifications apportées par les lois fédérales du , du , du et du Texte officiel de la loi relative au SVR..

Dans une moindre mesure l’existence du SVR est régie par d’autres lois fédérales Pages des bases juridiques du SVR sur son site officiel., dont : du relative à la défense ; du relative au statut des militaires (avec les modifications apportées par les lois fédérales du , , et ) ; du relative au secret d'État (modifiée par la loi du ) ; du relative à l’activité d’investigation judiciaire opérationnelle.

Le SVR se proclame un fervent défenseur de la Constitution de la fédération de Russie.

Le statut gouvernemental du SVR vignette|redresse|Vladimir Poutine, président de la fédération de Russie. Au sein du pouvoir exécutif russe, le SVR jouit du statut d’un service fédéral situé directement sous les ordres du président selon l'oukase du .

Le SVR est un élément constitutif des forces de sécurité dont la mission est de protéger les citoyens, la société et l’État russe contre les dangers extérieurs.

Les dirigeants du SVR sont personnellement responsables devant le président de la véracité et de l’objectivité des informations fournies.

Les champs d’actions et les compétences du SVR Le SVR enquête pour fournir au président, à l’Assemblée fédérale et au gouvernement de la fédération de Russie les informations nécessaires pour prendre des décisions dans les domaines politique, économique, militaire, scientifique, technique et écologique ; pour créer des conditions propices à la mise en œuvre de la politique de la Russie en matière de sécurité ; pour concourir au développement et au progrès scientifique et technique du pays, pour assurer la sécurité de la Russie sur le plan militaire.

Activités intérieures et extérieures Selon une croyance largement répandue, le SVR serait responsable du renseignement extérieur tandis que le Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie (FSB) couvrirait le territoire national. En réalité, les deux services fédéraux russes mènent des activités intérieures et extérieures. La différence capitale entre ces deux « frères ennemis » n’est pas géographique mais fonctionnelle.

À la différence du FSB, service du contre-espionnage qui protège la Russie et ses secrets contre les actions subversives d’espions étrangers et de terroristes, le SVR est lui-même un service subversif d’espionnage qui infiltre activement et illégalement les pays étrangers. Il utilise des moyens et des méthodes spécifiques (clandestines et donc répréhensibles). Il identifie des sources confidentielles d’informations sensibles auprès des étrangers, des secrets politiques, économiques, militaires, scientifiques et technologiques. Il réalise des actes subversifs . Comme tout service d'espionnage, la propagande fait partie de ses méthodes.

L’espionnage à partir du territoire de son pays En Russie, le SVR peut mener « l’espionnage à partir du territoire » (en russe « Разведка с территории » ou РТ - RT) c’est-à-dire l'approche sur le sol russe des diverses catégories d'étrangers (personnels des ambassades et consulats, membres des délégations, voire touristes, étrangers de passage) dans le but de leur soutirer des informations. De retour dans leurs pays d’origine, les contacts les plus prometteurs sont mis en relation soit avec des agents opérationnels « légaux » du SVR en postes dans ces pays soit avec des « illégaux » ; cette méthode, avec la chute du communisme, n'a pas grand intérêt aujourd'hui.

droite|vignette|Emblème de la Stasi

L’espionnage à « partir du territoire russe » est donc généralement considéré chez les espions de carrière comme une branche secondaire et peu valorisante. Le président Vladimir Poutine est lui-même issu de cette branche, quand cette activité était encore rattachée aux « organes territoriaux » du KGB (территориальные органы КГБ). Principalement basé à Leningrad, il a exécuté une seule mission extérieure, en République démocratique allemande (RDA) – à Dresde. Il agissait dans une branche de la représentation officielle du KGB auprès de la Stasi. Sa relative animosité envers le SVR viendrait de cette expérience personnelle Poutine est un faux espion - recherche par Sergueï Jakov.

Le SVR se détourne de ses activités d’espionnage à partir du territoire national ; il semble peu probable qu’il y ait totalement renoncé. Selon les dires en 2001 d’un ancien transfuge de la Pé-Gué-Ou, Stanislav Levtchenko, l’espionnage à partir du territoire russe serait confié au du SVR et cette activité aurait augmenté du fait de la fermeture d’antennes à l’étranger dans les années 1990Статья Ст.Левченко в журнале "Вестник" ШПИОНАЖ В НОВОМ ТЫСЯЧЕЛЕТИИ, часть 1Статья Ст.Левченко в журнале "Вестник" ШПИОНАЖ В НОВОМ ТЫСЯЧЕЛЕТИИ, часть 2.

Le SVR utiliserait parfois comme couverture les « organes territoriaux » du ministère russe des Affaires étrangères auprès des sujets fédéraux de Russie (территориальные органы МИДа в субъектах РФ)Le Site de la représentation du MAE de Russie en circonscription fédérale d’Extrême-Orient ou les associations d’amitié internationale à l'étranger.

Selon d’autres sources, l’espionnage à partir du territoire serait passé du SVR au FSB après la liquidation du KGB en 1991« Ce que sait le lieutenant-colonel », article du journal « Novaya gazeta » n°74 du 06.10.2008.

Le contre-espionnage extérieur À l’extérieur de la Russie, le SVR possède une fonction anciennement détenue par le FSB : le contre-espionnage extérieur (внешняя контраразведка, ou КР - KR). Il consiste à protéger les établissements et les ressortissants russes à l’étranger. Il vise également la protection contre les infiltrations conduites par des services étrangers et à infiltrer en retour les services spéciaux étrangers.

Le détachement « Zaslon » border|100px|Insigne de l'unité Vympel Un détachement d'élite du SVR — Zaslon (« Заслон ») — a été créé en 1998 pour mener les opérations actives en dehors du territoire de la Russie et pour assurer la protection des établissements et des ressortissants russes à l’étranger.

« Zaslon » était censé remplacer l'unité Spetsnaz Vympel (« Вымпел ») du KGB, créée par Youri Andropov en et dépendant jusqu'à la chute de l'URSS du de la Direction « S » de la Première direction générale du KGB (le prédécesseur du SVR) qui a ensuite été rattachée au MVD de Russie puis à partir de 1995 au FSB.

En , deux unités opérationnelles d'intervention du détachement « Zaslon » seraient venues en Irak, avant le début de l’intervention des États-Unis et de leurs alliés, avec pour mission officielle la protection des ressortissants russes et pour mission non officielle de se procurer des archives des services irakiens de sécurité. Une autre unité serait arrivée en Iran. Tout ceci se serait passé après une visite secrète du directeur du SVR Primakov en à Bagdad et après ses entretiens avec Saddam Hussein pour le dissuader de résister aux États-Unis et le convaincre de quitter le pouvoirJeanne Assouly, « Irak : la paix manquée », Outre-Terre, 2006/1, , ..

La coopération interservices En Russie post-soviétique, le SVR fait partie d’une « communauté de renseignement » à l’américaine (Intelligence Community). Il est ainsi censé travailler en collaboration avec le service de renseignement militaire russe (GRU) et d’autres organismes des renseignements extérieurs, comme le Service de renseignement économique du ministère de l’Économie et des Finances). Il faut bien souligner « censé » car sur le terrain il y a toujours une compétition plus ou moins déloyale entre ces services et aucun d’entre eux n’a de monopole total sur un champ spécifique d’action.

La coopération internationale