La machine analytique ( en anglais) est une calculatrice mécanique programmable imaginée en 1834 par le mathématicien anglais Charles Babbage. Il ne la réalisera jamais (sauf pour un prototype inachevé), mais il passera le reste de sa vie à la concevoir dans les moindres détails. Le plus jeune de ses fils, , en construira l'unité centrale (le moulin) et l'imprimante de 1880 à 1910.
C'est pendant le développement d'une machine à calculer destinée au calcul et à l'impression de tables mathématiques (machine à différences) que Babbage eut l'idée d'y incorporer des cartes du métier Jacquard, dont la lecture séquentielle donnerait des instructions et des données à sa machine, et donc imagina, malgré des différences notables de fonctionnement (elle fonctionnait à la vapeur avec des roues et engrenages mécaniques), l'ancêtre des ordinateurs modernes.
C'est au cours du développement de cette machine qu'Ada Lovelace formalise les idées de Babbage et développe le premier algorithme de programmation de l'histoire, devenant la première informaticienne de l'humanité.
Description et fonctionnement La machine comprend les différentes parties que l'on retrouve dans un ordinateur d'aujourd'hui : périphérique d'entrée des programmes et données (clavier ou mémoire de masse), unité de commande (microprocesseur), unité de calcul (une partie du microprocesseur), mémoire (disque dur), et périphérique de sortie (imprimante). un dispositif d'entrée comporte deux lecteurs de cartes perforées (instructions et données) ; ces cartes sont issues des techniques du métier à tisser. un organe de commande gère le transfert des nombres et leur mise en ordre pour le traitement ; un moulin est chargé d'exécuter les opérations sur les nombres ; un magasin permet de stocker les résultats intermédiaires ou finaux ; trois types d'imprimantes sont prévus.
Programmation La succession des instructions est l'équivalent d'un programme informatique ou logiciel.
La célèbre Ada Lovelace a initié leur écriture et formalisé les idées de Babbage dans un ouvrage qui fait d'elle la première programmeuse. Elle écrit :Elle se montre remarquable visionnaire en comprenant que la vocation de cette machine va bien au-delà des simples calculs numériques : le traitement des symboles et des équations symboliques lui est aussi grand ouvertL'original en Anglais : « Many persons who are not conversant with mathematical studies, imagine that because the business of the engine is to give its results in numerical notation, the nature of its processes must consequently be arithmetical and numerical, rather than algebraic and analytic. This is an error… The engine might develop three sets of results : […] symbolic results […] ; numerical results […] ; and algebraical results in literal notation. » : Histoire
La machine analytique n'était pas le premier essai de Babbage qui avait déjà inventé une machine à différences commandée par le gouvernement britannique pour établir des tables de calcul sans erreur. Cette machine à différences fut construite partiellement de 1822 à 1833 par Joseph Clement, l'un des meilleurs outilleurs britanniques de son temps.
Babbage commença le développement de sa machine analytique en 1834, réalisant qu'il pouvait simplifier sa machine à différences grâce à cette nouvelle machine programmable. Le parlement anglais refusa ce changement de direction et arrêta officiellement son soutien financier en 1842. La machine ne fut jamais achevée. On estime aujourd'hui que la machine complète aurait constitué un enchevêtrement de roues et d'engrenages mus par la vapeur et occupant la place d'une locomotive.
Babbage utilisa les principes découverts pendant le développement de la machine analytique pour créer une machine à différences 2 qui ne fut construite que cent ans après, validant la justesse de ses vues.
Le plus jeune fils de Babbage développa une partie de la machine analytique pour prouver le bien-fondé des idées de son père. Il commença en 1880 mais abandonna en 1888 après une erreur de calcul durant la démonstration du calcul et de l'impression de la table des quarante premiers multiples de π avec vingt-neuf décimales. Il reprit le développement en 1906 et donna une démonstration réussie de ce calcul devant l’académie royale anglaise d'astronomie. Henry Babbage fit don de cette machine au Musée des Sciences de Londres en 1910Robert Ligonnière, p. 109 (1987)..
Héritage : l'ancêtre des ordinateurs Malgré d'évidentes différences de technologie, la machine analytique est considérée comme l'ancêtre des ordinateurs modernes.
Notes et références
Sources
Voir aussi Articles connexes Charles Babbage Ada Lovelace Histoire de l'informatique Calculatrice mécanique
Liens externes Résumé d'un article parus dans les Histoire de la bureautique sur le site de l'École polytechnique fédérale de Lausanne , comprend des documents historiques et des simulations en ligne. "Notions sur la machine analytique de M. Charles Babbage", compte-rendu (1842) de Menabrea, en ligne et commenté sur BibNum. L. F. Menabrea, Ada Augusta, , Bibliothèque Universelle de Genève, numéro 82, Image du (version en cache du ), accompagnée d'une description moderne des caractéristiques opérationnelles et de programmation (section d'un site de l'université Stanford intitulé (version en cache du ; les images semblent indisponibles)) Image d'un plan ultérieur de Machine Analytique avec quadrillage dessiné (1858) Randell, Brian, , Annals of the History of Computing, volume 4, numéro 4, Premier « tonneau » de Babbage fonctionnant vraiment assemblé, vers 2005, démontrant sa faisabilité pour enregistrer et accéder à un micro-programme (les processeurs modernes dépendent toujours d'une capacité analogue) , IEEE Annals of the History of Computing, volume 22, numéro 4, octobre–
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