Henry Hughes Wilson, baronnet, né le à Ballinalee (Irlande) et mort le à Londres, est un maréchal britannique de la Première Guerre mondiale. Il joue un rôle important dans les relations anglo-françaises avant et durant la Première Guerre mondiale comme officier de liaison avec l'Armée française. Durant la guerre, il n'a qu'un seul commandement opérationnel en 1916 lorsqu'il dirige le d'armée.

Il est ensuite conseiller du premier ministre britannique et devient chef d'état-major impérial durant la dernière année du conflit. Impliqué dans l'incident de Curragh en , Il devient conseiller à la sécurité en Irlande du Nord, lors de la partition du pays. Membre du Parlement, Wilson est assassiné par l'IRA le jour de l'inauguration d'une stèle aux victimes de guerre de la station de Liverpool Street.

Biographie Début de carrière Après des études secondaires à Marlborough College, il tente par deux fois d'entrer à l'académie royale militaire et trois fois à Sandhurst sans succès entre 1880 et 1882. En 1882, il est recruté comme lieutenant dans la milice du comté de Longford puis rapidement transféré dans un bataillon régulier appartenant à la Rifle Brigade. En 1884, il est brièvement incorporé aux Royal Irish Rifles mais retourne dans sa brigade d'origine.

À partir de 1885 Wilson est présent en Inde où il participe à la guerre anglo-birmane en 1886 et sérieusement blessé. Il perd un œil (ce qui lui vaut les surnoms de « Ugly Wislon » ou « d'homme le plus laid de l'armée britannique »), ses autres blessures l'obligent à utiliser une canne jusqu'à la fin de sa vie. Ses blessures ne se soignant pas en Inde, il retourne en Irlande en convalescence jusqu'en 1888, année à laquelle il est de nouveau déclaré apte pour le service actif. Il passe les examens d'entrée au Staff College de Camberley d'où il sort diplômé en 1893 et promu capitaine. À partir de , grâce à ses connaissances du français et de l'allemand Wilson travaille au département du renseignement militaire du War Office.

Wilson est un protégé de Lord Roberts, il est détaché à l'état-major en 1895. En 1897, il est brigadier-major de la à Aldershot. De 1899 à 1901, il participe à la seconde guerre des Boers à la tête de la Brigade légère comme major de brigade. Il est nommé ensuite vice adjudant-général adjoint avant de devenir conseiller militaire de Lord Roberts. Au cours de ce conflit, il est cité dans les dépêches et reçoit l'ordre du Service distingué et est recommandé pour obtenir le grade de lieutenant-général breveté.

Au cours de cette période, Wilson reçoit la parole du lieutenant-colonel d'arrêter sa liaison et de ne plus rencontrer Lady Garstin. Ce dernier faillit à sa parole et doit démissionner de l'armée.

War Office Il retourne en Angleterre en 1901, il obtient la promotion de major en décembre. Il est nommé commandant du provisoire de Rifle Brigade de Colchester en 1902. En 1903, il devient adjudant général adjoint. En 1907, il devient colonel puis brigadier-général à titre temporaire et dirige le Staff College de Camberley, Surrey. Au cours de cette affectation il se brouille avec lord Kitchener, lors d'une visite de ce dernier accompagné par Robertson en .

Planification de la guerre En 1910, Wilson devient directeur des opérations militaires au War Office. Les rapprochements militaires franco-anglais amorcés en 1906 sont dynamisés par sa présence. Wilson préconise l'envoi d'un corps expéditionnaire britannique en France en cas d'attaque allemande. En , il a des entretiens secrets avec le général Dubail (chef d'état-major de l'armée française) et Adolphe Messimy (le ministre de la Guerre français). Les Français appellent la Force expéditionnaire « l'Armée Wilson », même si cette dénomination donne une idée exagérée de l'importance de l'envoi de troupes britanniques. Lors de la crise d'Agadir occasionnée par l'envoi d'une canonnière allemande, le général Wilson se rend à Paris pour suivre les manœuvres françaises. Les Anglais coopèrent avec la France et poussent le président du Conseil Joseph Caillaux à réagir fermement vis-à-vis de l'Allemagne. Le général Joffre témoigne :

Lors de la réunion du Comité de Défense Impérial (CDI) suivant la crise d'Agadir, le First Sea Lord Sir Arthur Wilson présente des plans de la Royal Navy pour débarquer des troupes sur la côte Baltique ou à Anvers en fonction des opportunités. Ce dernier considère que les Allemands seraient à mi-chemin de Paris le temps pour un corps expéditionnaire d'être prêt et que de plus les quatre à six divisions Grande-Bretagne auraient peu d'effet dans une guerre où les armées disposent de 70 à 80 divisions de part et d'autre.

Henry Wilson expose ses propres plans mettant en avant la haute qualité des soldats britanniques et leur utilisation possible pour renforcer l'aile gauche du dispositif français contre l'aile droite de l'armée allemande. Il indique également que leur présence aurait un effet important sur le moral des Français. Hankey rapporte que la présentation de Wilson a emporté les suffrages, même si Hankey lui-même n'est pas entièrement d'accord avec les positions de Wilson. Le Premier ministre Asquith ordonne à la Marine de préparer l'organisation du déploiement de la force expéditionnaire en France. Hankey précise également qu'en 1914, French et Haig ne sont pas pleinement conscients des décisions prises. De leur côté Morley et Burns démissionnent du Cabinet n'étant d'accord avec les décisions du CDI, quant à Churchill et Lloyd George, ils n'ont jamais complètement accepté les implications de l'envoi d'une force militaire en France. Après la réunion, Hankey commence à rédiger un document détaillant les plans de mobilisation de guerre cependant le le déploiement exact de la BEF n'est pas encore définitif.

Wilson réalise l'ampleur des difficultés d'organisation et passe une grande énergie à préparer le déploiement du BEF en France en cas de guerre. Il passe la plupart de ses vacances à bicyclette en Belgique et dans le nord-ouest de la France. En 1912, il est nommé colonel honoraire du du Royal Irish Rifles. Wilson est promu major-général en . Le après une réunion des officiers supérieurs du BEF (French, Haig, Wilson, Paget, Grierson), Wilson s'inquiète en privé du manque d'intellect de French et espère qu'il n'y aura pas de guerre sous le commandement de ce dernier. Brian Bond considère que la plus grande réussite de Wilson comme DMO est la fourniture de chevaux et de transport et d'autres mesures qui ont permis à la mobilisation de se dérouler en douceur.

Incident de Curragh En 1914, Wilson soutient les officiers britanniques qui ont menacé de démissionner plutôt que d'intervenir contre les adversaires unionistes d'Ulster au Homes Rules irlandais dans l'incident de Curragh, certains lui reprochent d'incitation à l'incident et ensuite de ne pas avoir soutenu les « mutins ». Wilson divulgue des renseignements à des Volontaires d'Ulster et de l'opposition conservatrice. Le gouvernement élabore une formule rédigée avec soin pour éviter la démission des officiers, mais à la suite d'interrogations de Henry Wilson, Seely le secrétaire d'État à la Guerre ajoute deux paragraphes indiquant que l'armée ne serait pas nécessaire pour contraindre l'Ulster à appliquer les Home Rules. Seely doit démissionner. Wilson sonde alors l'opinion des différents officiers et indique à French, qui a paraphé les modifications de Seely, qu'il doit démissionner de son poste CIGS, ce qu'il fait le .

Première Guerre mondiale 1914 -1916 Au début août, Wilson appelle l'attaché militaire français de la Panouse et l'ambassadeur français Paul Cambon pour leur indiquer qu'Asquith honorerait la décision de la Grande-Bretagne de d'envoyer cinq divisions en France. Cette décision est validée le par le Conseil de Guerre, mais l'engagement est réduit à quatre divisions par Kitchener le lendemain. Pendant le même temps, le Conseil de Guerre débat de l'opportunité de déployer le BEF à Maubeuge, à Amiens ou à Anvers.

Sous-chef d'état-major du BEF Wilson est proposé pour le poste de « brigadier-général des opérations », mais étant déjà major-général il négocie une mise à jour de son titre en « sous-chef d'état-major ». , et Murray affirment après la guerre que French a souhaité avoir Wilson comme chef d'état-major, mais que cette nomination est bloquée à cause du rôle de Wilson dans la mutinerie Curragh, il n'existe cependant aucune preuve contemporaine de ce fait, même dans le journal de Wilson.

Le , Wilson rencontre Victor Huguet un officier de liaison français convoqué à Londres à la demande de Kitchener. Il le renvoie en France pour obtenir plus d'informations de Joffre et fournir les plans britanniques des déplacements des troupes le . Kitchener convoque Wilson à son bureau pour une réprimande car ce dernier a agi sans consultations. Wilson est en colère contre Kitchener qui a mobilisé les troupes dans la confusion en les déployant d'Aldershot à Grimsby craignant une invasion allemande.

Le Huguet revient en Angleterre et rencontre French, Murray et Wilson. Ils conviennent de déployer le BEF à Maubeuge. Mais Kitchener, lors d'une réunion de trois heures, « mémorable en montrant l'ignorance colossale K et sa vanité » selon Wilson, essaie d'imposer un déploiement du BEF à Amiens où il aurait moins de risque de rencontrer les Allemands venant du nord de la Meuse. Le conflit de personnalité entre Wilson et Kitchener aggravent les relations entre Kitchener et Sir John French, ce dernier suivant souvent les conseils de Wilson.

Le Wilson, French et Murray arrivent en France. Wilson est sceptique sur les conséquences de l'invasion allemande de la Belgique, il estime qu'elle s'arrêterait lors des attaques françaises en Lorraine et dans les Ardennes. Ayant reconnu la zone de déploiement avec Harper en , Wilson souhaitait déployer le BEF juste à l'est de Namur. Il est possible que les forces anglo-françaises auraient pu attaquer au nord en menaçant de couper les armées allemandes qui se déplaçaient vers l'ouest au nord de la Meuse.

Comme les autres commandants britanniques, Wilson dans un premier temps sous-estime les forces allemandes face au BEF. Il conseille à French de continuer à progresser considérant que le BEF est face à un corps d'armée et une division de cavalerie malgré des estimations des troupes plus réalistes de . Le , le jour de la bataille de Mons, Wilson initialement rédige un ordre d'attaque pour le lendemain, que Sir John French annule le . Wilson considère qu'aucune retraite n'aurait été nécessaire si le BEF était formé des six divisions d'infanterie initialement prévues au lieu de quatre.

L'état-major du BEF, qui n'est pas entraîné, a des ratés de fonctionnement au cours des jours suivants. Divers témoins indiquent que Wilson est l'un des membres du GQG le plus calme, mais il est cependant préoccupé par les problèmes médicaux de Murray et l'apparente incapacité de French à comprendre la situation. Wilson s'oppose à la décision de Smith-Dorrien de se battre au Cateau le .