Thubten Jigme Norbu aussi écrit Thupten Jigme Norbu et Thoubten Jigme Norbou (), né le à Taktser (Amdo/Qinghai) Taktser Tulku Honored by Bloomington, Indianahttp://www.kalacakra.org/calendar/tdata/pl_1922.txt et décédé le à Bloomington Taktser Rinpoche - An Obituary, Phayul.com., est le lama tibétain de la lignée des Taktser Rinpoché du monastère de Kumbum.
Fils de Gyalyum Chenmo et Choekyong Tsering, il est le premier des trois frères aînés de Tenzin Gyatso, le dalaï-lama.
À la suite de l'Intervention militaire chinoise au Tibet, il est l'un des premiers Tibétains de haut profil à partir en exil en 1951 et est le premier Tibétain à s'établir aux États-Unis. Comme son frère Gyalo Thondup Obituary - Thubten Jigme Norbu, TibetInfoNet, 17 septembre 2008 : , Thupten Jigme Norbu collabore avec la CIA dans la mise en place d'une guérilla tibétaine Bobby Ghosh, Who's Who on the CIA Payroll. CIA Recruits: Thubten Jigme Norbu, Time, 28 octobre 2009 : . à l'insu du dalaï-lama.
Il est également représentant de gouvernement tibétain en exil au Japon puis en Amérique du Nord, professeur d'études tibétaines à l'université de l'Indiana et écrivain, publiant plusieurs livres, dont son autobiographie, Tibet, Patrie Perdue, racontée par Heinrich Harrer. Au cours des années, il donna de nombreuses conférences sur la situation tibétaine lors de séminaires à travers le monde.
Biographie Débuts thumb|Le monastère de Shadzong Ritro, fondé par le Karmapa au , où Norbu commence ses études Thupten Jigme Norbu est né le du de l'année tibétaine du chien d'eauThupten Jigme Norbu, Tibet, patrie perdue, raconté en tibétain à Heinrich Harrer, éd. Albin Michel, 1963, . (1922), à Taktser, petit village de montagne de l'Amdo au nord-est du Tibet, situé dans ce qui allait devenir en 1928 la province du Qinghai, une région alors sous contrôle des seigneurs de guerre de la clique des Ma en République de Chine.
Ses parents le nommèrent Tashi Tsering (), mais il était habituellement appelé Cho-la (fils aîné en tibétain)Mary Craig, p. 45.Thupten Jigme Norbu, Tibet, patrie perdue, raconté en tibétain à Heinrich Harrer, éd. Albin Michel, 1963.. Comme son frère, le dalaï-lama, il appartient, selon la plupart des sources Sam van Schaik, Tibet: A History, London and New York, Yale University Press, 2011, .Mary Craig, Kundun: une biographie du dalaï-lama et de sa famille, préface du dalaï-lama, traduction François Vidonne, Presses du Châtelet, 1998, , : , à l’ethnie tibétaine ou, selon Nathan Hill, à l'ethnie monguor : (Pour finir, la remarque selon laquelle "Yonten Gyatso ... reste le seul non-Tibétain à avoir exercé la fonction de dalaï-lama" (p. 177) présente un Monpa (le sixième dalaï-lama) et un Monguor (le dalaï-lama) comme Tibétains alors que ni l'un ni l'autre ne parlait le tibétain comme langue maternelle" »)..
Sa langue maternelle est le dialecte de Xining, un dialecte chinois Jamyang Norbu, Remembering Rangzen, sur le site Memories of Movement, september 18, 2008 : .. Il devait par la suite apprendre le tibétain, le mongol, le japonais, le chinois, l'anglais et plusieurs dialectes des nomades de l'AmdoL'opérateur radio Robert W. Ford, qui séjourna au Tibet à la fin des années 1940 et passa plusieurs années dans les prisons chinoises, rapporte dans ses mémoires l'avoir rencontré à Londres, des années plus tard et avoir parlé avec lui en chinois ; cf Wind Between the Worlds, David McKay Company, Inc., 1957, : Dans ses entretiens avec Thomas Laird (The Story of Tibet: Conversations with the Dalai Lama, , ), le dalaï-lama qualifie ce dialecte de « broken Chinese » ou « broken Xining language which was (a dialect of the) Chinese language » : ..
Taktser Rinpoché À l'âge de trois ans, il est reconnu par le dalaï-lama comme la réincarnation de Taktser Rinpoché Alexander F. Remington, Thubten Jigme Norbu; Brother of Dalai Lama Advocated for Tibet, Washington Post, 13 septembre 2008 – l'un des réincarnés les plus importants du Tibet oriental –, succédant ainsi à Lobsang Tsultrim Jigme Gyatso, l'oncle maternel de son père Thubten Jigme Norbu. .
À l'âge de huit ans, en , il est amené au monastère de Shadzong Ritro puis rejoint en mai le monastère de Kumbum où un de ses oncles est trésorierHistoriquement, le monastère de Kumbum, le lieu de naissance de Tsongkha-pa, fondateur de l'école Gelugpa du bouddhisme tibétain, était aussi fréquemment la résidence des dalaï-lamas et des panchen-lamas. À cette époque, Kumbum était l'un des plus grands monastères du Tibet oriental.. Il y est ordonné moine la même annéeHeinrich Harrer, Chronologie de Thupten Jigme Norbu, in Tibet, patrie perdue, raconté en tibétain à Heinrich Harrer, éd. Albin Michel, 1963, ..
En 1933, Tsultrim Lhagsam devint son précepteur. En 1935, il retourne à Shadzong Ritro. En 1936, Ohön Jongdzin devient son professeur de logique, il passe son et est admis au Tsogtschen. Il est rejoint le du de 1937 par son frère Lobsang Samten, qui devient lui aussi moine à Kumbum.
Durant l'hiver 1938-1939, son jeune frère, le futur dalaï-lama est amené à Kumbum par ses parents.
En 1940, il passe un nouvel examen, puis quitte Kumbum en 1941 pour rejoindre les membres de sa famille à Lhassa, où il poursuit ses études au monastère de Drepung. En 1945, Lobsang Samten le rejoint à Drépung. En 1946, il y passe un nouvel examen.
À l'automne 1947, il se rend en Inde puis en Chine et revient en 1948 à Kumbum, où, à l'âge de 27 ans, il devient l'abbé du monastère le du de 1949. À l'automne de cette année, des communistes chinois arrivent dans l'Amdo.
Selon Lawrence H. Gerstein, et Mikel Dunham, le secteur du monastère de Kumbum est cependant l'un des premiers à être envahis par l'armée de la République populaire de Chine (RPC) en 1949-1950. La RPC maintient Norbu en résidence surveillée au monastère, allant jusqu'à placer un surveillant qui dort aussi dans sa chambre et le suit 24 heures sur 24. La RPC exige qu'il voyage à Lhassa, qu'il dénonce le gouvernement tibétain, ainsi que son jeune frère le dalaï-lama, alors âgé d'environ 15 ans. Norbu fait semblant d'être en accord avec les demandes de la RPC de façon à pouvoir se rendre à Lhassa et avertir son frère du sérieux de l'invasion chinoise Lawrence H. Gerstein et Doris Kirkpatrick, Counseling Psychology and Nonviolent Activism. Independence for Tibet!, in Handbook for Social Justice in Counseling Psychology: Leadership, eds Rebecca L. Toporek, Lawrence Gerstein, Nadya Fouad, . Elizabeth Cody Kimmel, Boy on the Lion Throne: The Childhood of the 14th Dalai Lama, p. 101-102.
Le du de 1950, il démissionne de sa fonction d'abbé de Kumbum et part en juin pour Lhassa où il arrive en octobre. En novembre, il se rend à Chumbi avec sa mère, ses frères et sa sœur, où ils sont rejoints en décembre par le dalaï-lama.
Exil en 1951 Ayant trahi le plan chinois, Taktser Rinpoché n’a pas d’autre choix que de fuir définitivement le TibetMikel Dunham, In Memoriam: Remembrance of Taktser Rinpoche, 6 septembre 2008. En 1950, Norbu décida de partir du Tibet et de tenter d'informer le monde au sujet de la résistance tibétaine.
En 1951, il accompagne sa mère (Diki Tsering) et ses jeunes enfants, lesquels quittent Yatung pour l'Inde en passant par la route caravanière menant à Gangtok (Sikkim), après avoir passé le col himalayen de Nathu La, peu avant qu'une délégation chinoise n'emprunte le chemin inverse en juillet pour rencontrer le dalaï-lamaThupten Jigme Norbu Tibet, patrie perdue, raconté en tibétain à Heinrich Harrer, traduit de l'allemand par Louise Servicen, éd. Albin Michel, 1963, . De là, ils se rendent à Kalimpong, important centre de commerce entre l'Inde et le Tibet, où sont installés nombre de TibétainsMary Craig, , ..
Norbu est invité par le Comité pour une Asie libre, en fait une émanation de la CIA, à séjourner un an aux États-Unis. Il annonce son départ à sa mère et à Tsering Dolma, lesquelles s'en inquiètent, et se rend à Calcutta, d'où il adresse une longue lettre au dalaï-lama. Il y rencontre les délégués tibétains de l'accord en 17 points revenus de Pékin, tous logés, à l’exception de son beau-frère Phuntsok Tashi Takla, à l'ambassade de Chine, sous la surveillance de Chang Ching-wu. Celui-ci, qui doit rejoindre le dalaï-lama à Yatoung au Tibet, insiste pour qu'il se joigne à leur voyage. Prétendant y songer, Norbu informe discrètement son beau-frère de son départ la nuit suivante en avion pour New-York.
Premier séjour aux États-Unis (1951-1952) Le matin du , Thupten Jigme Norbu arrive à New York United States. Dept. of State, Foreign relations of the United States, : , où il est accueilli par nombre de journalistes et par Robert B. Ekvall, fils de missionnaires chrétiens ayant séjourné des années en Amdo, et parlant le dialecte de la région.
À l'été 1951, il se rend à Fairfax pour rétablir sa santé.
Séjour au Japon (1952 - 1955)
En , il se rend à la session mondiale du bouddhisme au Japon, où il va devoir rester trois ans, car son document de voyage indien est arrivé à expiration lors de son séjour, il lui est impossible de retourner aux États-Unis, et même de se rendre en Inde. Durant son séjour, il apprend le japonaisMary Craig, , ..
Hisao Kimura, qui avait initialement accompagné la caravane de Takster Rinpoché à Lhassa, l'a aidé durant cette période et les deux sont devenus des amis prochesScott Berry, Monks, Spies, and a Soldier of Fortune: The Japanese in Tibet, Athlone Press, 1995, p. 328 : "When Takster Rimpoche, the Dalai Lama's brother whose caravan he had originally accompanied to Lhasa, came to Japan during the 1950s and was stuck for some time without a passport, it was Kimura who helped him out, and the two became close friends." .
Plus tard, en 1967, Takster Rinpoché accompagne le dalaï-lama lors de sa première visite au Japon et lui présente KimuraHisao Kimura, Scott Berry, Japanese Agent in Tibet: My Ten Years of Travel in Disguise, p. 217.
Obtention de l'asile politique aux États-Unis en 1955 thumb|250px|Rinpoché a travaillé comme professeur d'études tibétaines à l'université de l'Indiana. À l'été 1955, il se rend en Inde en passant par Hong Kong. À l'automne, il peut retourner aux États-Unis sous le , grâce à l'aide du (CWS) The Living Church, Volume 138, 1959, : .
Selon Douglas Martin, il est peut-être le premier Tibétain fuyant le communisme à être venu aux États-Unis pour rechercher la citoyenneté américaine Douglas Martin, Thubten Norbu, eldest brother of Dalai Lama, dies, The New York Times, 9 septembre 2008.. Il obtint l’asile politique aux États-Unis cette année-là Bertrand M. Roehner, Relations between foreign forces and the population of China (1900-1960), 27 avril 2010 : ou en 1957, du président Eisenhower. Trois ans plus tard, il se marie à la sœur de Sakya Dagchen Rinpoché, un haut lama, et réside brièvement à Seattle avant d'accepter un poste de conservateur au muséum américain d'histoire naturelle à New York. Il devint citoyen américain à cette époque Elaine Woo, Tibetan scholar, symbol of independence struggle, Los Angeles Times, 11 septembre 2008. .
Lors de l'hiver 1955-1956, il suit des cours de langues à l'université Columbia.
Collaboration avec la CIA À l'automne 1956, passant par l'Europe, il va retrouver sa mère et ses frères et sœurs en Inde où ils sont rejoints par le dalaï-lama. Il s'entretient avec le premier ministre chinois Zhou Enlai, qui lui demande de rentrer au Tibet. Selon John Gittings, faisant valoir les « appuis extérieurs » dont il dispose, il essaie de convaincre le dalaï-lama de rester en Inde mais le jeune homme préfère écouter Chou Enlaï et rentrer à Lhassa.