Le Lapin de garenne ou Lapin commun ()Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad. Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. , 9780444518774. 857 pages. Rechercher dans le document numérisé est une espèce de mammifères lagomorphes de la famille des Léporidés.

Les populations sauvages sont communes en Europe, mais en déclin, et l'espèce a été introduite en Australie en 1859 où elle est devenue envahissante.

Jusqu'au Moyen Âge, ce lapin était souvent élevé en semi-liberté, dans de vastes espaces clos appelés des garennes, ce qui lui vaut son nom vernaculaire. Sous sa forme domestiquée l'espèce est commune un peu partout dans le monde, élevée dans des clapiers. Le lapin de garenne est l'espèce souche de tous les lapins domestiques, avec de nombreuses races et variétés obtenues par sélection, y compris des lapins nains.

Dénominations Nom scientifique valide : Oryctolagus cuniculus (Linnaeus, 1758)Protonyme : Lepus cuniculus Linnaeus, 1758Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Lapin de garenne, Lapin, Lapin commun, Lapin des bois, Lapin domestique, Lapin ordinaire, Lapin sauvage, Lapin vulgaire, Lièvre de garenne, Lièvre lapinNoms vernaculaires (langage courant) : conilh europèu (occitan), conill de bosc (catalan), connil (ancien français), counél (arpitan), etxe-untxi (basque), kanéngchen (luxembourgeois), konikl (breton), lapereau, lapine, såvaedje robete (wallon), untxi arrunt (basque), wëll kanéngchen (luxembourgeois)

Fossiles Selon Paleobiology Database en 2026, cette espèce Oryctolagus cuniculus a quarante-six collections référencées de fossiles, du Pléistocène inférieur au présent, c'est-à-dire datant de .

Nomenclature et systématique

Le nom de genre Oryctolagus trouve son origine dans le grec oruktês signifiant « fouisseur » et lagôs désignant un lièvre. Le mot cuniculus correspond lui au nom latin du lapin, dérivé de l’ibère et transcrit pour la première fois en « ko(n)niklos » par l’historien gréco-romain Polybe. En ancien français, l'animal s'appelait connil (du latin cuniculus ; cf. le castillan conejo, le portugais coelho, l'italien coniglio ou le néerlandais konijn). Le mot connil/connin ressemblant trop à celui de con (avec tous ses sens...), il fut supplanté au par « lapin » (on trouve ce mot dans les Chroniques de Charlemagne, 1458), dont l'étymologie controversée est très vraisemblablement une interférence de laper (manger avec avidité) et de lapereau (petit lièvre), ce dernier provenant de lapriel (du latin : leporellus, lapereau).

Le lapin commun, autrefois classé dans l'ordre des rongeurs, appartient à l'ordre des lagomorphes, qui diffère du premier par la présence de deux paires d'incisives à la mâchoire supérieure (l'une derrière l'autre) contre une seule pour les rongeurs, mais aussi par une mastication latérale et non pas d'avant en arrière et par un nombre de doigts différent aux membres.. Il s'agit de l'unique léporidé du genre Oryctolagus, qu'il ne faut pas confondre avec d'autres lapins de la famille des léporidés, appartenant à d'autres genres comme le lapin d'Amérique. Le lapin commun ne peut donc s'hybrider avec aucune autre espèce de lapin.

Liste des sous-espèces

Selon et : sous-espèce Oryctolagus cuniculus algirus (Loche, 1858) - présence est limitée à la Galice, au Portugal, et à la moitié sud-ouest de la péninsule Ibérique. De taille un peu plus petite qu'O.c.cuniculus. sous-espèce Oryctolagus cuniculus brachyotus Trouessart, 1917 sous-espèce Oryctolagus cuniculus cnossius Bate, 1906 sous-espèce Oryctolagus cuniculus cuniculus (Linnaeus, 1758) - l'ancêtre du lapin domestiqueConejo dans le site www.sierradebaza.org. sous-espèce Oryctolagus cuniculus habetensis Cabrera, 1923 sous-espèce Oryctolagus cuniculus huxleyi Haeckel, 1874

Le lapin domestique est lui aussi parfois considéré comme une sous-espèce à part entière : Oryctolagus cuniculus domesticusVoir par exemple HB Baghdadi et EM Al-Mathal, Anti-coccidial effect of Commiphora molmol in the domestic rabbit (Oryctolagus cuniculus domesticus L.) dans Journal of the Egyptian Society of Parasitology, 2010, 40(3), pages 653-668.

Description

Morphologie

La forme sauvage du lapin de garenne mesure de 32 à (longueur tête et corps) pour des oreilles de 6 à . Sa masse varie de à . Il possède une fourrure douce de couleur gris-beige à gris brun sur le dos et les flancs, et gris-blanc sur le ventre, avec une tache roussâtre sur la nuque. Ce pelage constitue un bon camouflage contre ses prédateurs. Les individus bruns sombres ou mélaniques sont fréquents dans certaines populations sauvagesS.Aulagier, P.Haffner, A.J Mitchell-Jones, F. Moutou, J. Zima, Guide des mammifères d'Europe, d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, Delachaux & Niestlé, 2008, . Les dents d'un lapin, notamment ses incisives, poussent sans arrêt.

On distingue les mâles grâce à leur tête, plus large et moins fine que celle des femelles, et à l'écart entre l'anus et les organes génitaux externes.

Différence avec le lièvre d'Europe Le lapin commun est un lagomorphe comme le lièvre d'Europe, mais très différent, il s'en distingue facilement par plusieurs caractéristiques : il est plus petit, nettement plus rond, avec des pattes plus courtes ; il est moins rapide à la course ; des oreilles plus courtes que la tête (chez l'individu sauvage) ; un iris brun sombre ; l'ongle des orteils non fendu ; une gestation de 31 jours ; des petits qui naissent aveugles et nus ; une vie en société hiérarchisée ; il creuse des terriers ; 44 chromosomes.

Perceptions sensorielles Vue

On considère généralement que chacun des deux yeux du lapin a un champ de vision de 192°, voire plus pour certains auteurs qui estiment que ce champ peut atteindre 240°. Au total, le champ de vision du lapin est de 360°, et la zone de vision binoculaire est de 24° devant lui et 30 ° au-dessus de la tête. En cas d'alerte, le lapin peut accroître cette vision binoculaire à 30° vers l'avant et 8 à 10° vers l'arrière en modifiant la position de ses yeux dans leurs orbites. C'est en effet uniquement dans la zone de vision binoculaire que l'animal peut évaluer la distance à laquelle se trouvent les éléments. Les oreilles seules peuvent obstruer la vision des lapins, notamment chez les lapins béliers. Par ailleurs, il existe un angle mort d’une dizaine de cm devant le nez. Dans cette zone ce sont les vibrisses de l'animal qui permettent de percevoir les éléments placés devant lui. Les cellules de la rétine sensibles à la lumière sont peu denses chez le lapin, qui perçoit de ce fait une image floue. Il est donc plus sensible au mouvement des choses qu'à leur forme.

La rétine de l'œil est, chez tous les mammifères, tapissée de cellules sensibles à la lumière. On distingue notamment des cellules en bâtonnet et des cellules en forme de cône. Les premières sont particulièrement représentées chez le lapin, ce qui lui permet de percevoir les choses avec une très faible quantité de lumière. Le lapin peut donc voir dans l'obscurité. Les cellules coniques du lapin contiennent deux types de molécules d'opsine, qui ont une absorption maximale de la lumière pour des longueurs d'onde correspondant au bleu pour l'une et au vert pour l'autre. Le lapin perçoit donc particulièrement bien ces couleurs, tandis que les autres couleurs comme notamment le rouge et l'orange sont très mal distinguées.

Toucher

Les nombreux poils longs appelés vibrisses présents sur la tête du lapin, notamment sur la lèvre supérieure et la partie antérieure de la joue, mais également au-dessus des yeux et dans la région temporale, ont un rôle essentiel dans la perception du toucher.

Goût La langue du lapin est tapissée d'environ cellules gustatives qui lui permettent de distinguer les quatre saveurs de base : salé, sucré, acide et amer. Le lapin préfère sensiblement les aliments un peu sucrés et un peu amers. Lorsque l'animal n'est pas soumis à un choix, sa consommation alimentaire est indépendante de l'appétence de l'aliment dont il dispose.

Ouïe Le lapin a une bonne sensibilité auditive. Il perçoit les sons entre 360 et à , alors que l'Homme n'entend qu'entre 20 et . Cela signifie que les lapins n'entendent pas les sons très graves, mais qu'ils sont sensibles à une très large gamme d'ultrasons. Le lapin a par contre du mal à localiser avec précision l'origine d'un son : il ne les localise qu'à 20-30° près contre 0,5 à 1° près pour l'homme. Une fois alerté, le lapin peut se dresser sur ses pattes arrière pour mieux voir et entendre un éventuel danger. vignette|centré|L'ouïe des « veilleurs » sécurise l'entrée d'un terrier.

Odorat L’odorat du lapin est assez développé. Il dispose de 500 millions à 1 milliard de récepteurs sur sa muqueuse olfactive (contre 10 millions pour l'homme et 2 à 3 milliards pour le chien à titre de comparaison). La surface importante de ses cornets nasaux explique ces nombreux récepteurs, mais il faut noter que les maladies comme le ou la rhinite altèrent très fortement les capacités olfactives de l'animal. L'odorat est un sens qui est développé dès la naissance du lapereau, et il permet à celui-ci de repérer les tétines par le biais des phéromones que celles-ci dégagent.

Comportement

Il communique avec ses congénères principalement par les odeurs, qui permettent d'identifier le sexe et l'âge, mais aussi le statut social.

À l'état sauvage, les individus vivent en couple si la densité est faible, et en groupe quand elle est plus importante. Un groupe compte jusqu'à 20 sujets adultes, généralement de 1 à 6 mâles et de 1 à 6 femelles. Il comporte des mâles et femelles dominants : les premiers monopolisent les accouplements tandis que les secondes disposent des meilleurs emplacements pour creuser les rabouillères (terriers d'accouchement). L'ordre hiérarchique est remis en cause à chaque printemps par des comportements d'intimidation et des combats. Une fois la hiérarchie en place, les interactions agressives décroissent significativement. Les individus dominés ne se défendent pas contre les attaques des dominants. Tous les membres du groupe défendent la partie centrale de leur zone d'influence contre les prédateurs, les sujets dominés vivant en périphérie.

Quand le lapin de garenne sent un danger, il prévient ses congénères en tapant de la patte arrière, ce qui provoque un bruit sec, net et bien audible à grande distance. Lorsqu'il attaque, le lapin couche ses oreilles en arrière et pointe son nez vers l'ennemi, comme s'il cherchait à lui donner des coups de museau. Cette attitude agressive est rare chez le lapin en captivité.

Le lapin commun est presque muet ; on dit que le lapin clapit. Ce petit cri ressemble à un gémissement aigu. Dans de très rares situations d'extrême peur ou d'excitation, il peut émettre un son, sorte de vibration lorsque la femelle est en chaleur ; le mâle couine également lors du bref coït avant de s'écrouler sur le côté pour se reposer. Le lapin pousse également un cri aigu lorsqu'il comprend qu'il va mourir (généralement une ou deux secondes avant de succomber).

Reproduction et longévité

Le lapin commun est très prolifique. On a calculé que la descendance théorique d'un seul couple pourrait atteindre le chiffre de individus à la première génération si tout facteur de mortalité précoce était écarté (W. G. Foster, 1972).