Les Comores, en forme longue l'union des Comores (en comorien : et , en arabe : et ), sont un État indépendant d'Afrique australe composé de trois îles. situées dans le nord du canal du Mozambique, un espace maritime de l'océan Indien.

Le pays a pour capitale Moroni, pour langues officielles le comorien (shikomori), parlé par de la population., le français et l'arabe.., et pour monnaie le franc comorien.

L'union des Comores est membre de la Ligue arabe, de l'Organisation de la coopération islamique, de l'Organisation internationale de la francophonie et de l'Assemblée parlementaire de la francophonie. Colonie française à partir de , les Comores ont obtenu leur indépendance le .

La Constitution comorienne identifie l'union des Comores à l'archipel des Comores, composé de quatre îles : Grande Comore (Ngazidja), Mohéli (Mwali), Anjouan (Ndzuwani) et Mayotte (Maoré), cette dernière île ayant cependant décidé, par référendum, de rester française lors du processus de décolonisation (elle était française depuis , alors que le reste de l'archipel l’était depuis 1892). Cette scission des Comores a été dénoncée par l'Assemblée générale des Nations unies jusque dans les années 1990 et l'État comorien revendique toujours son autorité sur Mayotte. Toutefois ce choix du peuple mahorais a été confirmé par plusieurs autres référendums, qui ont conduit à son accession au statut de département français en . Le drapeau national des Comores comporte un croissant de lune, quatre étoiles et quatre bandes symbolisant les quatre îles principales dont Mayotte (bande blanche). L'emblème national comporte également quatre étoiles.

Étymologie On lit souvent que le nom « Comores » dériverait du mot arabe , qui, en français, signifie : les Comores sont d'ailleurs surnommées en français .. Cependant, cette étymologie populaire est apocryphe, le mot venant plutôt de l'ancien nom arabe de Madagascar, « » (). : les Comores étaient, pour les Arabes, les .

Histoire

Histoire ancienne et peuplement Formé il y a environ d'années, l'archipel des Comores, d'origine volcanique, ne semble pas avoir connu de présence humaine avant le ., les mammifères en étant probablement absents à l'exception des roussettes.

Les voient les premières installations humaines. Il semble que les premiers habitants appartiennent déjà aux premiers peuples swahilis, caractérisés par une culture d'origine bantoue. répandue sur l'ensemble des rivages de l'Afrique de l'Est de la Somalie au Mozambique, entretenant des relations encore mal connues avec les populations malgaches, d'origine austronésienne. Mayotte et Anjouan ont été occupées plus tardivement car les deux îles se différencient de l'ensemble des Comores par une évolution linguistique spécifique, et une influence malgache plus prononcée. Le commerce maritime, très actif dès cette époque, atteste des contacts avec le Moyen-Orient musulman, notamment la Perse, puis l'Oman. Les premières populations n'étaient vraisemblablement pas musulmanes, et ne se seraient islamisées que plus tard, au contact des marchands arabes.

Aux , l'archipel se structure sous la direction de chefs musulmans, les Fani. Les contacts culturels avec la côte swahilie et Madagascar sont importants.

Vers , des sultanats shirazi (originaires de Perse) s'établissent progressivement sur les îles, reconnus jusqu'au début du . C'est de cette époque que date l'établissement de l'islam sunnite chaféite encore pratiqué dans l'archipel.

L'archipel des Comores constitue la frontière sud de l'aire culturelle swahilie qui se développe à partir de la fin du Moyen Âge dans cette région que l'on appelle à l'époque le Zanguebar ; Mayotte constitue également le point de contact de cet ensemble avec la culture malgache, très différente, ce qui fait de cette île un carrefour d'influences — mais aussi une cible guerrière. Les influences venues de l'ensemble de l'océan Indien, mais aussi de la côte africaine, chamboulée par l'irruption des Bantous, et de la côte malgache, ne cessent de façonner la société swahilie insulaire. Une immigration bantoue et malgache (Sakalaves) commence insensiblementLes Bantous sont plus présents sur la Grande Comore et sur Mayotte que sur Anjouan. Les peuples malgaches appelés Sakalaves et Antalaotsi profitent de la proximité avec le sous-continent malgache..

Époque moderne En , la chute de Constantinople ferme brutalement les routes commerciales qui reliaient l'Europe à l'Orient. S'ouvre alors l'âge d'or du commerce maritime, qui contourne l'Afrique pour atteindre l'Inde et la Chine : le canal du Mozambique se retrouve donc subitement au cœur de la principale route commerciale au monde, entraînant une importante période de prospérité pour les nombreuses îles et cités-États de l'aire culturelle swahilie. C'est alors Anjouan qui devient l'île la plus prospère de l'archipel, car plébiscitée par les marins : comme elle dispose de trois côtes, les marins sont sûrs de pouvoir s'y mettre à l'abri de n'importe quel vent, et les mouillages y sont excellents ; les Portugais en font rapidement une relâche incontournable dans la route des Indes, et établissent des relations commerciales avec la population ..

C'est du début du que datent les premières relations directes avec les peuples européens, et tout d'abord les navigateurs portugais, mais aussi des navigateurs ottomans comme Piri Reis. L'archipel est suffisamment connu des Européens en pour avoir un article à son nom dans l'Encyclopédie de Denis Diderot et Jean Le Rond d'AlembertArticle , dans l’Encyclopédie, , 1751 (tome 3, ). lire en ligne..

Les sont une période particulièrement prospère pour les Comores, idéalement placées sur une route commerciale florissante entre l'Europe et ce qui devient l'empire omanais. Mais cette richesse s'accompagne bientôt de rivalités politiques entre les quatre îles (on parle alors de ), qui donnent lieu à de nombreuses razzias et guerres ouvertes : ainsi, de à , le sultanat d'Anjouan réalise plusieurs tentatives pour conquérir le sultanat de Mayotte, et vole notamment le minbar en bois sculpté de la mosquée de Tsingoni. De à , les razzias des pirates malgaches (Sakalaves et Betsimisarakas) dépeuplent considérablement les trois îles mineures, et font sombrer l'archipel dans une grave crise économique, rapidement doublée d'une crise politique, marquée par de nombreux assassinats de sultans et prises de pouvoir par des souverains étrangers (malgaches, zanzibariens, omanais, …). En particulier, le roi sakalave du Iboina à Madagascar, Andriantsoly, offre sa protection au sultan de Mayotte Bwana Combo en échange de la moitié de son île, mais l'expulse ensuite à Mohéli. Celui-ci tente alors de s'allier au sultan local d'origine malgache, le hova Ramanetaka (devenu le maître de Mohéli sous le nom d'Abderahmane), qui préfère cependant le spolier pour devenir co-sultan de Mayotte à sa place. Ambitieux, il chasse Andriantsoly de Mayotte en pour régner sans partage sur l'île, mais regagne ensuite Mohéli. Andriantsoly s'allie alors au sultan Abdallah d'Anjouan pour récupérer l'île.. Andriantsoly souhaite préserver l'autonomie de son île face aux autres souverains comoriens, et la protéger des attaques de pirates : or, dépourvu d'allié contre ces derniers et contre la monarchie malgache soutenue par la Grande-Bretagne, il se sait menacé. Il se tourne alors vers les rivaux des Britanniques, les Français, qui, eux aussi présents à Madagascar depuis 1643, viennent d'obtenir le protectorat sur Nosy Be à la demande de la reine de cette île, Tsiomeko.

Le , le sultan Andriantsoly, considérant qu'il ne peut plus protéger son île presque entièrement dépeuplée par les guerres incessantes (tous les villages sont alors abandonnés à l'exception de Dzaoudzi), vend Mayotte à la France., en échange d'une rente à vie et de l'autorisation d'élever ses enfants à la Réunion aux frais de la France.

À cette date, , alors roi des Français, intègre officiellement Mayotte à la France..

Histoire contemporaine Mayotte lie donc son destin à celui de la France dès le début du , tandis que les trois autres îles demeurent un temps indépendantes, mais sont rapidement courtisées et convoitées par les différentes puissances coloniales. En 1851, par l'expédition d'Anjouan, les États-Unis imposent à Anjouan un traité de commerce privilégié.

En 1869, l'ouverture du canal de Suez signe l'arrêt de mort de la route des Indes par le canal du Mozambique : en quelques décennies, les milliers de navires de commerce qui faisaient escale aux Comores chaque année se déroutent vers l'Égypte, et la manne financière que représentait l'activité portuaire disparaît brutalement, plongeant les ports de la région dans la misère.

Des Européens s'installent progressivement aux Comores, y acquièrent des terres et y font parfois fortune, comme Léon Humblot (installé en 1884), qui, à la suite d'un contrat avec le sultan de Bambao Said Ali bin Said Omar, devient rapidement l'homme le plus puissant de l'archipel, surnommé le , régnant d'une poigne de fer sur la Grande Comore, à la tête d'un système reposant sur l'esclavage. C'est donc en partie pour tempérer ces ambitions individuelles que la France entreprend d'établir un protectorat aux Comores, ratifié par le sultan de Grande Comore en 1886. À partir de 1892, le pouvoir sur les îles des Comores est exercé par les Résidents subordonnés aux gouverneurs de Mayotte (donc sous autorité du président de la République française), qui, peu à peu, ont pris le pouvoir et fait abolir l'esclavage (Humblot est déchu de ses privilèges en 1896). Les exploitations coloniales constituent près de la moitié de la Grande Comore, 40 % d'Anjouan, 20 % de Mohéli. Les îles deviennent alors colonie de « Mayotte et dépendances ». La langue officielle devient le français, l'enseignement passe de l'arabe au français. L'usage des dialectes kiswahilis se poursuit cependant dans le milieu du commerce.

En 1904, le rattachement juridique officiel se fait entre les îles. Il est suivi, le , d'un second décret rattachant officiellement à Madagascar. Peu à peu, les terres sont rétrocédées aux Comoriens, et une élite locale voit progressivement le jour (souvent éduquée à la Réunion avant la fondation du lycée de Moroni).

Territoire des Comores

En 1946, l'entité « Colonie de Madagascar et dépendances » est une colonie française. Le territoire des Comores n'est plus rattaché administrativement à Madagascar, devenue indépendante le , et forme pour la première fois de son histoire une entité administrative unie et reconnue, sous le statut de territoire d'outre-mer (TOM). Ce sera véritablement la première fois que les quatre îles forment un seul bloc d'un point de vue administratif, malgré le mécontentement des Mahorais qui, dès 1946, voyant la Guadeloupe, La Guyane, La Réunion et la Martinique départementalisées, formulent publiquement au gouvernement le souhait de transformer l'île en département. Ce souhait ne se réalise que plus tard.

Les 22 et , un cyclone ravage Mohéli et Anjouan, faisant près de , en particulier dans cette dernière île, que visite alors François Mitterrand, ministre de la France d'Outre-mer. À la suite des dommages causés aux infrastructures de transport, une importante partie des colons d’Anjouan s’installe à Moroni, anticipant le transfert de la capitale vers la Grande comore en 1962.

Après la vague des indépendances des pays africains durant les années 1960, un certain nombre d'intellectuels commencent à réclamer l'indépendance pour les Comores. Avec les accords du 15 juin 1973, dans un objectif d'indépendance concertée, la France organise la consultation de 1974. La population de l'île de Mayotte, française deux générations avant ses iles sœurs, s'exprime différemment des trois autres îles: elle fait le choix du maintien de son statut français alors que le reste de l'archipel choisit massivement l'indépendance.