L’histoire de l'Arabie saoudite proprement dite débute le . avec la proclamation officielle par Abdelaziz Ibn Saoud du royaume d'Arabie saouditeL'Arabie séoudite, selon la transcription française du nom de son fondateur, Ibn Séoud, à l'époque. De nos jours, les graphies Ibn Saoud et Arabie saoudite sont plus répandues, à l'image de l'anglais Saud., concrétisant ses conquêtes d'une grande partie de la péninsule arabique, à partir de la ville de Riyad reprise en 1902.

Ce royaume est le troisième État dominé par la famille royale saoudienne, le premier étant né en 1744, à Dariya, de l'alliance entre le chef tribal de cette oasis du Nejd, Mohammed ben Saoud et le prédicateur du tawhid Mohammed ben Abdelwahhab : émirat de Dariya (1744-1818).

Cependant, la région de l'Arabie saoudite actuelle est riche d'une histoire humaine remontant à la Préhistoire et a été au le berceau de l'islam. La dynastie saoudienne repose en partie sur cette origine religieuse.

Préhistoire vignette|Pétroglyphe, , province de Najran. Les premières explorations archéologiques menées avant le milieu des années 1970 ont mis en évidence les traces d'un peuplement ancien de la péninsule, datant d'entre et avant le présent.

Une équipe internationale de chercheurs établit en novembre 2018 dans la revue Nature d'un peuplement plus ancien encore qu'imaginé jusqu'alors : des populations de type Homo erectus auraient occupé la péninsule arabique cent mille ans auparavant. Ces hominidés n'auraient pas eu besoin de s'adapter au climat de l'époque, découvrant une Arabie Verte hospitalière.

Des outils de la fin du Paléolithique et du Néolithique, trouvés dans un Rub al-Khali aujourd'hui désertique, y ont été laissés par des chasseurs ou des colons venus s'installer sur les berges des lacs : une première vague de ces peuplements a eu lieu il y a , suivie d'une autre il y a et d'une dernière il y a . Des fouilles le long de la côte du Nord-Est ont fait la preuve de l'existence de liens antérieurs à -2500 (4500 ans avant le présent) avec les civilisations mésopotamiennes.

Al-Magar (9000-8000), culture néolithique du Nejd Période d'Obeïd (6500-3500)

Antiquité

Pendant cette période, la péninsule est marquée par la présence de tribus arabes, qui ont pu être, tardivement et partiellement, de religion chrétienne (dont le nestorianisme), ou juive (Himyar), et probablement une importante minorité de gens d'origine grecque, au moins sur les côtes.

Les habitants de la péninsule sont en partie des sédentaires vivant dans de petites agglomérations, généralement formées autour d'un cours d'eau, d'une source ou d'une oasis. Il existe également des nomades, bédouins, vivant dans des campements de tentes en milieu désertique. Il existe enfin des tribus marchandes.

L'Arabie préislamique, c'est donc d'abord la variété des tribus d'Arabie, Qahtanites (du Sud), Adnanites (du Nord), de langue arabe. Au moins, deux peuples (ou tribus) arabes (Ad et Thamud) sont réputés disparus depuis suffisamment longtemps pour qu'on leur attribue divers événements non datables : domestication du chameau, prophète Houd, prophète Sâlih, anciennes cités de la péninsule arabique.

Une partie de la route de l'encens et de la myrrhe, produits de l'actuel Yémen, sans doute commercialisés depuis -1800 vers la Méditerranée (Aqaba et Gaza), passe par la partie nord-ouest de la péninsule arabique, un temps annexée par les Achéménides puis les Séleucides : Royaume de Qédar (de -850 à -350, Nord-Arabie et Sud-Syrie et Palestine, capitale : Dumat Al-Djandal), Royaume nabatéen (vers 350-106, Nord-Ouest Arabie, Sud-Jordanie, capitale Pétra, ruines de Madâin Sâlih).

Le royaume de Lihyan (vers 550-250, Dadan, Al-'Ula) est lié à la route de l'encens, tout comme Tayma et Tabuk.

Le royaume de Kindah (vers 450-550, Nejd, Al Faw), au moins un temps vassal du royaume d'Himyar, renvoie également à l'histoire du Yémen, ou plus exactement à l'histoire de l'Arabie sud-péninsulaire : Royaume de Saba, Marib, Qataban, Awsan, Ma'in, Hadramaout, Himyar.

Le petit groupe tribal atypique ou Sulayb / Sleb / Sulluba, peut-être , en partie dans le désert du Néfoud (Nord-Ouest), serait lié à la région nommée Magan (dans l'Omanais), et à la région nommée Gédrosie (après l'expédition d'Alexandre le Grand) puis , ou Makran/Mékran (dans le Baloutchistan, Iran-Pakistan).

Après les campagnes d'Auguste en Afrique et en Arabie (de -30 à +6), se constitue la province romaine d'Arabie Pétrée (Bosra, Pétra) : la protection de l'Égypte romaine et byzantine (de -30 à +641) et de la province romaine de Judée (6-135, puis Syrie-Palestine de 135 à 390) passe par la constitution d'un Limes Arabicus, frontière du désert contre les attaques des tribus du désert d'Arabie et de l'incursion des armées perses (guerres perso-romaines), et d'une Via Nova Traiana (Bosra-Aqaba), souvent restaurée.

Au début de notre ère, deux royaumes arabes émergent, aux marges Nord, et s'imposent comme tampons contre toute excursion arabe péninsulaire : royaume des Ghassanides (220-638, capitale Jabiyah (Golan)), royaume des Lakhmides (300-602), alliés / vassaux des Sassanides, capitale Al-Hira (Nadjaf, Irak actuel).

C'est dans ce contexte complexe qu'apparaît, plus au Sud, dans la tribu des Quraych, le prophète Mahomet (570-632, arbre généalogique de Mahomet), dont le message ou révélation, à l'origine de l'Islam, marque la fin de l'ignorance (Jâhilîya).

Moyen Âge Naissance de l'islam

Au les Arabes sont divisés en plusieurs tribus et clans antagonistes. Seule une langue sémitique, l'arabe, unit ces diverses tribus. Celles-ci opèrent ponctuellement des razzias militaires sans lendemain contre le menaçant Empire byzantin, au nord. Mais ce sont les sables et l'aridité de la péninsule - du moins dans ses parties septentrionales et centrales -, qui protègent le mieux l'Arabie des incursions byzantines.

La Mecque, ville de commerçants et surtout centre religieux, constitue un point de passage entre le Yémen et le Levant pour de nombreuses caravanes. Prêchant une religion monothéiste dans la continuité du judaïsme et du christianisme, Mahomet fuit un assassinat en 622 et émigre vers Médine. Quelques années plus tard, cet exode, aussi appelé "hégire", constitue pour l'historiographie musulmane l'an 1 du nouveau calendrier musulman. Dans la ville instable de Médine (autrefois appelée "Yathrib"), les tribus lui confient rapidement le pouvoir politique, en raison de sa qualité d'arbitre entre les tribus juives, ainsi que de son rôle spirituel pour les nouveaux croyants. Mohamed parvient progressivement à unifier les tribus arabes et l'islam unifie rapidement l'essentiel de la péninsule Arabique, non sans susciter inquiétude - voire hostilité - parmi certaines tribus, restées polythéistes ou juives.

Mohamed devient alors législateur, organise l´administration de l'État naissant et lève une taxe en faveur des nécessiteux, la zakât. À sa mort, ses successeurs, les califes, répandent rapidement la religion musulmane. En 683, le monde musulman s'étend de la Perse aux côtes marocaines.

L’intense activité militaire et diplomatique qu’a été la Ridda peut être considérée comme la répression d’une apostasie, une reconquête ou une conquête. Un exemple est le cas particulier de Musaylima (Banû Hanifâ), dernière confédération de tribus du Hedjaz à être réfractaire aux demandes musulmanes. D’autres exemples isolés sont Ayhala le Noir au Yémen, Tulayha al-Asadî dans le Nedjd, et la prophétesse Sajâh des Tamîm et des Taghlib.

Califat Quand le flambeau du pouvoir politique et militaire de l'islam passe de La Mecque et Médine à Damas à la fin du (Omeyyades), puis à Bagdad (Abbassides), le rôle de l'Arabie en particulier l'Arabie centrale, désertique, entame un déclin de plusieurs siècles. La majeure partie de l'Arabie demeure une zone frontière, isolée et fragmentée en tribus rivales. Elle conserve l'importance des origines, des pèlerinages, du brassage de populations lors du hajj, et du commerce.

Ingérences étrangères régionales (1093-1918) Avec la chute du calife abbasside en 1258, l'autorité sur les lieux saints du Hedjaz passe entre les mains de l'Égypte mamelouk.

Il revient ensuite aux Ottomans quand les Turcs conquièrent l'Égypte en 1517. L'intérieur de la péninsule connaît alors une évolution séparée qui mène à l'émergence de la famille Al Saoud au . Matant les autres clans rivaux, tels que les Al Rachid, les Al Saoud parviennent à la domination du Nejd, région de plateaux située au centre de la péninsule arabique. Avec comme capitale Riyad, cette région constitue toujours le noyau du pouvoir de la famille royale.

L'État saoudien trouve sa source en 1744, lorsqu'une alliance est scellée entre un chef de tribu local, patriarche des Séoud, alors seigneurs de Nejd, Mohammed Ibn Saoud, qui s'associe avec un réformateur religieux, Mohammed ben Abdelwahhab, fondateur du wahhabisme, pour créer une nouvelle entité politique. La famille des Al Saoud et le royaume connaissent des hauts et des bas en fonction des accords et désaccords avec l'Égypte, l'Empire ottoman et d'autres familles arabes pour le pouvoir dans la péninsule.

Premier État saoudien : 1744-1818

En 1744, l'émir de Dariya (premier État saoudien), Mohammed Ibn Saoud, s'allie à un prédicateur religieux, Mohammed ben Abdelwahhab, un imam fondamentaliste qui prône le retour à la base de l'islam pur. Sa doctrine religieuse est parfois appelée unitarisme et souvent, de manière inadéquate, wahhabisme. Depuis leur capitale Dariya proche de Riyad, les deux chefs unissent les tribus du Nejd et prennent le contrôle de Riyad en 1773. Leurs successeurs étendent leur pouvoir à une grande partie de la péninsule Arabique, en 1806, jusqu'alors officiellement ottomane depuis presque trois siècles.

Après la défaite ottomane lors de la guerre russo-turque de 1768-1774, à l'issue de laquelle le khanat de Crimée (1441-1783) passe sous suzeraineté russe, au traité de Koutchouk-Kaïnardji, des critiques s'élèvent contre l'Empire ottoman.

La campagne d'Égypte (1798-1801), expédition militaire française, menée en Égypte par le général Bonaparte et ses successeurs, confirme le diagnostic de fragilité du pouvoir ottoman en Égypte, bien avant que le pouvoir ottoman n'impose la dynastie de Méhémet Ali (1805-1953) : Égypte sous les Alaouites.

Le , Abdelaziz ben Saoud, à la tête des wahhabites envahit l'Irak et pille KerbalaLe massacre de Kerbala (Irak) est souvent placé en 1802 ; il semble que 1801 soit la bonne date, notamment selon . Iconoclastes, ils y détruisent des sanctuaires, dont celui d'Al-Hussein ibn Ali, ainsi que son tombeau. Entre et sont tués : mausolée de l'imam Hussein, pillage du mausolée de l'imam Hussein. Le deuxième souverain de l'émirat de Dariya (1765-1803), Abdelaziz ben Mohammed ben Saoud, est assassiné en 1803 par un chiite à Dariya, durant une prière à la mosquée. Son fils (1803-1814) lui succède. Les Saoudiens conquièrent les plateaux de l'Asir et la région du Hedjaz, et les deux villes saintes de Médine et de La Mecque. Prônant un monothéisme strict, ils détruisent les différentes idoles et les tombeaux de saints. L'Empire ottoman, qui exerce la souveraineté sur les villes saintes depuis 1517, voit le pèlerinage compromis, selon les modalités ottomanes.

Les Ottomans envoient alors l'Égyptien Méhémet Ali les renverser et rétablir l'autorité de l'Empire sur le Hedjaz sacré. Malgré leur défaite à la (1811), les Égyptiens s'emparent de Yanbu (1811), Médine (1812), Djeddah (1813), La Mecque (1813), Ar Rass, Buraydah, Unaizah, et enfin de la capitale saoudite d'al-Diriyah en 1818 (). Ils détruisent ses forts et interrompant la domination des Al Saoud sur la région. Ils ne parviennent cependant pas à éradiquer les racines religieuses et nationales de leur pouvoir.

Période ottomane