Cet article présente l'histoire du Stade toulousain.

thumb|Carte de la Haute-Garonne. thumb|redresse|Les Équipes Toulousaines, un tableau de Georges Castex (vers 1900). Genèse Le rugby à XV fait son apparition à Toulouse à la fin du et les premiers clubs se forment dans les années 1890. Ce sont notamment les lycéens et étudiants qui pratiquent ce sport dont l'existence en France est toute récente, avec la création du Havre Athletic Club en 1872. C'est d'ailleurs M. Claustre, un maître répétiteur au lycée qui ne s'appelle pas encore Fermat, qui, arrivant de cette ville, introduit le rugby à Toulouse. Les matchs se déroulent alors à la prairie des Filtres, située en centre-ville près du lycée et de l'université. Le SOET (Stade olympien des étudiants toulousains), créé en 1897 et regroupant des étudiants de toutes les disciplines, est bientôt scindé puisque l'USEV (Union sportive de l'École Vétérinaire) voit le jour en 1899. À ces deux clubs s'ajoutent le SAT (Sport Athlétique Toulousain).

Néanmoins, le SOET est le club principal de la ville et le , au stade de la prairie des Filtres à Toulouse, devant spectateurs, il s'incline face au Stade français en finale du championnat de France, sur le score de 16 à 8 (le futur international Augustin Pujol rejoignant le Stade français la saison suivante).

Premières années thumb|right|redresse|Portrait d'Ernest Wallon, premier président du Stade toulousain. En 1907, la fusion des trois clubs toulousains (le SOET, l'USEV, et le SAT) donne naissance au Stade toulousain. La même année, l'association des « Amis du Stade », regroupant quelques notables, et notamment Ernest Wallon et Charles Audry, achète un terrain de sept hectares dans le quartier des Ponts-Jumeaux, facilement accessible en tramway, et y fait construire le premier stade du club, le stade des Ponts-Jumeaux qui sera remplacé par l'actuel stade Ernest-Wallon en 1980. Le nouveau club toulousain dispute son premier match le dimanche contre l'US Bergerac (victoire 27 à 4).

En 1910, Alfred Mayssonnié est le premier joueur du club à jouer en Équipe de France. Il décède en 1914, lors de la bataille de la Marne. Une stèle à sa mémoire est érigée en 1925 avec la sculpture Héraklès archer de Toulouse du sculpteur Antoine Bourdelle..

Le , le Stade toulousain bat à domicile le Racing club de France, sur le score de 8 à 6Stade des Ponts-Jumeaux, Toulouse, 31 mars 1912, STADE TOULOUSAIN 8 - R.C. FRANCE 6, sur lnr.fr, consulté le 4 septembre 2008.. Ce premier titre de champion de France vient clore une saison durant laquelle le club, invaincu, est surnommé la « Vierge Rouge »..

Les cinq glorieuses En octobre 1921, le nouvel aménagement du stade du club est inauguré, avec une rencontre remportée face à l'Association Sportive BayonnaiseLe Cri de Toulouse, 8 octobre 1921, p.5..

Il faut attendre dix ans pour voir le Stade toulousain empocher un nouveau titre : de 1922 à 1927, il remporte cinq championnats, sur les six disputés. À la même époque le rugby, alors principalement pratiqué par les élites urbaines, se diffuse rapidement dans les différentes couches sociales et jusque dans les campagnes du sud-ouest de la France.

thumb|centre|1922, le stade des Ponts-Jumeaux du Stade Toulousain.

Date Vainqueur Score Finaliste Lieu SpectateursStadoceste tarbais8-3Racing club de FranceStade Sainte-Germaine, Le BouscatUSA Perpignan5-0Stade toulousainParc des Sports de Sauclières, BéziersStade toulousain6-0Aviron bayonnaisStade Sainte-Germaine, Le BouscatStade toulousain3-0Aviron bayonnaisStade Yves-du-Manoir, ColombesStade toulousain3-0USA PerpignanParc Lescure, BordeauxUSA Perpignan5-0Une première finale avait été jouée le 26 avril 1925 au Stade des Ponts-Jumeaux à Toulouse et s'était soldé par un 0-0 AP.US CarcassonneMaraussan, NarbonneStade toulousain11-0USA PerpignanParc Lescure, BordeauxStade toulousain19-9Stade français ParisStade des Ponts-Jumeaux, Toulouse

(Nota Bene : le , le Stade toulousain s'impose également à Barcelone face au champion d'Espagne et de Catalogne, le Club BarcelonaL'Écho d'Alger, 4 juin 1926, p.2..)

Années 1930 thumb|centre|1934 (), Stade toulousain (en sombre) et RC Toulon (en clair) déclarés -pour la première et dernière fois- co-vainqueurs du Challenge Yves du Manoir, à Lyon.(score vierge, 0-0).

Le trou noir Malgré un bref renouveau dans l'immédiat après-guerre (l’équipe des bouchers, invaincue durant la saison 1947, joueurs également vainqueurs de la Coupe de France en 1946 et 1947) et une finale perdue en 1969, il faut attendre le milieu des années 1980 pour que le club redevienne, enfin, l'élément-phare du championnat français.

Un éclair dans la brume Saisons 1973-1976

Sous la présidence d'Yves Noé nouvellement élu en 1973 à la tête de la section rugby, Toulouse démarre la nouvelle saison avec André Dabadie et Jean Gajan comme entraîneurs Lucien Remplon, op. cit., Saison 1973-1974 p.183-185. Max Barrau est parti, à peine arrivé, et Jean-Louis Bérot, une fois ses études terminées, quitte Toulouse pour rejoindre Dax et ouvrir un cabinet de kinésithérapie. Il a évolué neuf saisons au plus haut niveau sous les couleurs rouges et noires. Jean-Pierre Rives rejoint le stade. L'élite du championnat est répartie en deux groupes de trente-deux clubs, le groupe A compte quatre poules de huit clubs; à l'issue de la phase qualificative, vingt-quatre équipes du groupe A sont qualifiés pour les seizièmes de finale ainsi que huit équipes du groupe B. Le Stade fait un parcours moyen avec une troisième place (huit victoires, un nul et cinq défaites), Saint-Girons et Tarbes l'ont emporté en particulier aux Ponts-Jumeaux. Opposés à Albi (groupe B) en phase finale, les rouges et noirs s'inclinent 12-10 pour une journée de honte. Un jeune junior venu de Montréjeau, Gérald Martinez, joue un match avec l'équipe première en Challenge Yves du Manoir.

Après ce parcours médiocre, de nombreux joueurs, dont Mike O'Callaghan et Michel Billière, quittent le Stade, Henri Cazaux devient président de la section rugby. Un jeune joueur de Montréjeau, Serge Gabernet, rejoint le Stade Lucien Remplon, op. cit., Saison 1974-1975 p.186-187. Les Toulousains font une phase de championnat sérieuse avec une troisième place (neuf victoires, deux nuls et trois défaites) à seulement un point des Agenais et des Dacquois. La formule de championnat a encore changé avec huit poules de huit clubs, les quatre premiers de chaque poule accèdent aux phases finales, Toulouse joue contre le RC Toulon, il est dominé devant et s'incline 16-9.

L'ambition pour la saison 1975-1976 est plus grande avec les arrivées de Dominique Harize et surtout de Walter Spanghero. La troisième ligne J-P Rives-W.Spanghero-J-C Skrela est prometteuse. La saison est pourtant catastrophique Lucien Remplon, op. cit., Saison 1975-1976 p.188-190. La formule de championnat est encore modifiée avec deux groupes de quarante clubs, chaque groupe compte cinq poules de huit clubs; à l'issue de la phase qualificative, les cinq premiers de chaque poule du groupe A sont qualifiés pour les seizièmes de finale ainsi que les premiers et les deux meilleurs deuxièmes des poules du groupe B. La saison commence bien, avec une victoire en terre lavelanétienne. Mais pour le dernier match de la phase aller, Stade toulousain-Valence se transforme en affrontements continuels. Les sanctions sont lourdes en suspensions de joueurs et en points retirés pour les deux équipes. Lavelanet vient l'emporter à Toulouse, comme Béziers. Toulouse est relégable à deux journées de la fin. Il faut vaincre Tulle puis aller gagner à Valence. Si le premier pas est réussi (22-3), le Stade perd à Valence (4-10). Toulouse est sauvé par l'USAP qui fait match nul à Tulle et qui condamne les Corréziens. Si Henri Cazaux reste à la tête de la section rugby, l'entraîneur change et Claude Labatut est appelé. La saison a vu les débuts de deux jeunes, Serge Laïrle (formé à Lisle-Jourdain comme Skrela) et Guy NovèsJean-Claude Martinez et Jérôme Gibert, op. cit., 1947-1983. Dites 33 p.37.

Saisons 1976-1980 La saison 1976-1977 n'est pas brillante, le Stade toulousain fait un parcours moyen en phase aller de championnat avec une troisième place (neuf victoires, deux nuls et six défaites), les seizièmes de finale se déroulent sur deux matchs sur terrain neutre, l'adversaire est le CA Bègles qui s'incline 13-4, 16-7 Lucien Remplon, op. cit., Saison 1976-1977 p.194-196. Le huitième a lieu à Perpignan contre le RRC Nice d'André Herrero et des dissidents toulonnais. Le match est télévisé et disputé: 6-6 à la mi-temps, 9-9 après quatre-vingt minutes, 17-16 après la prolongation pour les Niçois. Trois Toulousains ont participé à la grande aventure du Grand chelem en rugby à XV de la France en 1977: l'équipe de France a remporté le Tournoi des cinq nations 1977 en réussissant un Grand chelem (quatre victoires en quatre matchs). Fait remarquable, l'équipe de France n'a pas encaissé d'essai au cours des quatre rencontres disputées et une même équipe de quinze joueurs a disputé et gagné les quatre rencontres. Jean-Pierre Rives, Jean-Claude Skrela et Dominique Harize font partie de cette équipe.

Pour la saison 1977-1978, Walter Spanghero s'est retiré, remplacé par Dugald MacDonald, Nigel Horton, deuxième ligne de l'équipe d'Angleterre, est arrivé également Lucien Remplon, op. cit., Saison 1977-1978 p.197-200. Le 11 novembre 1977, l'équipe de France reçoit au Stadium les All Blacks pour une victoire 18-13 et pour la première sélection de Guy Novès. Si la première journée du championnat est difficile avec une défaite à domicile contre le Stade beaumontois 10-12, le Stade enchaîne sur cinq succès dont deux à Mazamet et Aurillac. Le Stade toulousain aligne comme d'habitude des performances chaotiques en phase aller de championnat pour terminer avec une troisième place (huit victoires, un nul et cinq défaites). L'équipe compte pourtant des joueurs de qualité: les internationaux Jean-Pierre Rives, Jean-Claude Skrela, Dominique Harize, Guy Novès, Dugald MacDonald, Nigel Horton, Pierre Villepreux et les futurs bleus Gérald Martinez, Serge Gabernet. Pierre Villepreux est réapparu à l'ouverture, de retour de Polynésie. En seizième de finale, les rouges et noirs défont le CA Bègles 31-10, l'US Romans s'incline en huitième 18-6 avec un match remarquable de Pierre Villepreux, le Stade est alors en quart, ce qui n'est plus survenu depuis 1971. En quart, l'adversaire redoutable est le Stade bagnérais d'Antranik Torossian, Michel Urtizverea, Roland Bertranne, Jean-François Gourdon ou de Jean-Michel Aguirre. Le Stade s'impose 18-14 avec un essai inscrit sur un exploit individuel de Guy Novès. En demi-finale, le futur champion est solide sans être génial: 12-9 pour Béziers et ses joueurs, Armand Vaquerin, Alain Paco, Jean-Louis Martin, Georges Senal, Michel Palmié, Olivier Saïsset, Alain Estève, Richard Astre, Henri Cabrol, René Séguier, ou Jack Cantoni, qui dominent alors le championnat de France (titres en 1971, 1972, 1974, 1975, 1977, 1978, 1980, 1981, 1983 et 1984).