André Beniest, dit Benn, né le à Ixelles (région de Bruxelles-Capitale), est un auteur de bande dessinée belge. Créateur de séries telles que Mic Mac Adam, Woogee et de romans graphiques tels que Le Magicien de Whitechapel, Valentine Pitié ou encore Elmer et moi.
Biographie
Jeunesse (1950-1969) Les origines de la famille de Benn sont de Scheveningen, aux Pays-Bas. Son grand-père est capitaine de bateau, il est parti au Congo et y est décédé. À la suite de ce deuil, le père d'André Beniest a d'abord vécu à Portsmouth (GB) puis pendant la Seconde Guerre mondiale, a été enrôlé soldat dans l'armée britannique. À l'établissement de son père en Belgique, qui exerçait le métier de Maître d'hôtel, Benn enfant jouait avec le paquetage de soldat anglais que son père avait emporté. Sa maman, Louise, rêvait qu'il devienne instituteur.. Très bon élève avant que le virus du dessin ne s'empare de lui, il était souvent premier de classeSa maman lui fera doubler son année scolaire malgré des résultats satisfaisants..
À l'âge de , il a dessiné, pendant les cours, son premier livre de Renier et les Voleurs de moto et a été déchiré par un professeur.. Par amusement, il imite Flash Gordon et il entreprit de recopier une petite planche de BD, extraite des aventures du cow-boy Tex Tone.. Agréablement surpris par le résultat, il prit pris conscience de ses capacités graphiques. En 1965, il s'exerce à dessiner les Schtroumpfs.. Dès lors, le dessin prit de plus en plus d'importance dans sa vie, finissant même par reléguer ses études au second plan. Sa famille souhaitait qu'il obtienne un diplôme avant de se lancer dans l'incertaine aventure du graphisme. À l'âge de , il se rend à la rédaction du Journal Tintin avec sa maman.. Ne souffrant pas la comparaison avec les planches qu'on lui montre, il en sort déprimé. Par la suite, il reviendra au journal mais seul. En 1968, il obtient le numéro de téléphone de Peyo, il lui rend visite à de multiples reprises, ce dernier l'encourage à persévérer en ayant vu ses dessins. Il s'y applique en travaillant jusque trois heures du matin, tout en poursuivant ses études.
Les débuts professionnels (1969-1972) vignette|La Tibetière : André Benn croqué par son ami Tibet. En 1969.., le jeune André Beniest entame sa carrière à l'âge de , on lui a conseillé d'utiliser un pseudonyme plus court à consonance commerciale plutôt que d'utiliser son propre nom de famille. Le choix est tombé sur Ben parce qu'en tant que petit garçon, il était souvent appelé « Ben ». Malheureusement, Albert Desprechins, scénariste du troisième album de Tif et Tondu, entre autres, utilisait déjà le pseudonyme Ben ; c'est donc en apposant un 'n' supplémentaire que c'est devenu Benn.. Il débutera par le lettrage en néerlandais dAventure à Manhattan d'Hermann et Greg. Ce sera Greg justement, qui lui achètera son premier dessin (une illustration du Tour de France) et le publiera dans le journal Junior.. En 1969, pour Junior., il créera le personnage de Petit-Beurre., pour lequel il a reçu conseils et indications de Peyo.Il réalisera sept demi-planches à gags dont trois seront publiées..
En parallèle, il apprend durant trois années de fusain, une année de gravure. les techniques de la gravure et du fusain à l'Académie des beaux-arts de Bruxelles.. En 1970, il se présente au journal Spirou, y rencontre Maurice Rosy et lui publie deux mini-récits (La Famille Tik-Tak)... Pour Junior, il crée encore Sam et Tibond., série de planches à gags mettant en scène un jeune enfant et son dauphin, dont le personnage de Sam lui a été mis en main par François WalthéryWalthéry fera même le scénario d'un gag., sur des scénarios de Jacques Acar pour les gags puis de Mythic et Marc Wasterlain ainsi que sur les siens qui paraîtront régulièrement jusqu'en où plus de auront été publiées.. Fin 1971, Peyo remplace Roger Leloup.. par un jeune de vingt ans, timide mais persévérant, Benn. Il collabore au Studio Peyo. sur l'album Histoires de SchtroumpfsLe gag a été redessiné pendant des semaines. et fera des études de Benoît Brisefer..Comme Benn s'ennuyait un peu sur les Schtroumpfs, Peyo lui propose la reprise de Benoît Brisefer, ce qu'il préférait car les décors étaient plus élaborés et les personnages secondaires plus intéressants.. Peyo est tellement dur avec Benn qu'au bout de quelques semaines, celui-ci craque nerveusement.. Grâce à lui, il a appris à devenir exigeant.
Après un an et demi, Benn a pensé qu'il était temps de passer à autre chose car il voulait avoir ses propres héros de bandes dessinées.. En 1972, après le départ de Christian Denayer., il assiste TibetBenn fera les décors d'une quinzaine de planches sur cet album, Benn et Tibet seront amis par la suite., pour les décors d'Épitaphe pour Ric Hochet.. Avec Raoul Cauvin au scénario., il dessine deux histoires de quatre planches de Mischa..Mischa, un jeune explorateur qui voyage dans l'espace, pour Berck. La conception de leur métier étant trop divergente, la collaboration n'ira pas au-delà de ces parues dans Primo Comic en Allemagne.. Toujours cette même année, Benn rencontre Michel Deligne, libraire et éditeurMichel Deligne, pionnier de la réédition de BD., qui lui passe commande de divers travaux dont notamment le lettrage de la traduction d'auteurs américains et espagnols. Cette collaboration cessera à la mise en liquidation de la société. de l'éditeur bruxellois en 1986.
Période journal Tintin (1972-1978)
C'est en 1972 que l'on découvre la signature d'André Benn dans le journal Tintin. avec une illustration du Cadeau du mois, à la suite de Turk et de Groot. Michel Deligne lui demande de dessiner un de ses scénarios Le Fantôme de Geronimo, une histoire réaliste pour son magazine Curiosity. L'histoire et le scénario réalistes ne convenaient pas du tout à Benn et il a déchiré ses neuf pages dessinées avant que l'histoire ne puisse être publiée. Deligne a essayé en vain d'empêcher ceci en enrôlant Maurice Tillieux, qui a exprimé son approbation du travail de Benn. Pour le de Curiosity Magazine. en 1973, est publié un gag en strip avec un soldat de Napoléon intitulé Grognon Grognard. En 1973, toujours pour Curiosity Magazine, il réalise Autant en emporte le Blizzard, un épisode de en noir et blanc dYves Boréal qui sera repris ensuite dans Junior en 1976. Pour ce journal, Benn a pratiquement dû refaire toutes les planches pour en expurger la violence et notamment en supprimer les mitraillettes, la parution était cette fois en couleurs réalisées par son épouse.
Pour Tintin et pour le pocket Tintin Sélection, il illustrera beaucoup de jeux, des illustrations de nouvelles pour Duval. De à , Benn signe une vingtaine de gags en une demi-planche parfois scénarisés par Mythic dans Junior, le supplément pour enfants de la revue Chez Nous et fait la couverture de ces magazines. Il illustre ensuite aux éditions du Lombard diverses histoires complètes pour le pocket. Durant cette période, il dessine pour divers magazines tels que Libelle, Télé-Moustique ainsi que Play Tennis, Stars et Cinéma.… À partir de 1975. en collaboration avec le scénariste Vicq, il dessine les aventures de Tom Applepie... pour le journal Tintin, ce personnage vivra le temps de jusqu'au début 1978, une série appréciée de l'éditeur car elle visait un public âgé de Le slogan du journal Tintin est Tintin : Le journal des jeunes de 7 à ..
Les années Mic Mac Adam (1978-1987)
Au journal Tintin, André Benn a fait la connaissance de Stephen Desberg. avec lequel il partage une passion commune pour les histoires fantastiques. et a déjà en tête le personnage de Mic Mac Adam et même son graphisme, ils vont entamer une collaboration et vont proposer leur projet au nouveau rédacteur en chef de Spirou Alain De Kuyssche qui cherche des séries intéressantes et a compris l’originalité de Mic Mac Adam. Le genre fantastique n'était pas courant en bande dessinée à cette époque.. En 1978, la première apparition dans Spirou de ce personnage est une annonce d'une planche pour La Porte condamnée. Dupuis publie les deux premiers tomes de Mic Mac Adam. À partir de 1987, Fleurus publie les trois tomes suivants. Le Bois des lépreux se voit offrir un tirage de tête en noir et blanc (Fleurus, 1987). Avec la conclusion du récit Les se termine la collaboration sur cette série dans Spirou. Ce ne seront pas moins de , un conte., une nouvelle sur les effets des drogues. qui auront été publiés dans ce journal de 1978 à 1987. Pendant toutes ces années, André Benn participera à la vie du journal en fournissant des illustrations, un sommaire., des posters en supplément.., fera l'école de la BD. et même un faux Chaminou. de Raymond Macherot.
La naissance d'un auteur (1986-1990)
, en changeant d'éditeur, de support presse, Benn change également de lectorat pour délaisser le public enfantin et choisit une histoire immorale en adaptant le roman policier Monsieur Cauchemar de Pierre Siniac. qui connaîtra une prépublication dans le magazine Circus, avant de paraître en album en 1986. 1987, il poursuivra avec une nouvelle série Elmer et moi en deux tomes. Cette fois encore son graphisme évolue tout en conservant le style semi-réaliste, il accentue le dessin réaliste. La technique s'adapte au récit, il délaisse la gouache pour l'aquarelle. Le Benn nouveau est arrivé et se veut caustique, lucide, drôle. Le ton devient ironique, grinçant et mordant..
Chez Dargaud (1991-2009) En , une planche de Mic Mac Adam est adjugée par Christie's.. Pour son arrivée chez Dargaud, Benn réalise la campagne publicitaire Génération Dargaudcomprenant une couverture et trois illustrations. début 1992.. ., il crée une nouvelle série Woogee, aux éditions Dargaud, (où les histoires auront comme toile de fond la métropole hollywoodienne) qu'il poursuivra sur quatre tomes. Ainsi le dernier tome cette série est présenté au festival d'Angoulême en 1998. Parallèlement, il scénarise une histoire pour son ami Philippe Delaby ainsi que pour Eddy Paape qui paraîtront dans l'album Le Père Noël dans ses Petits Souliers.. À partir de 1996., il fait une petite série de strips intitulée Benn fait son manga sur la vie d'un dessinateur de BD qui paraîtront dans les premiers manhwas traduits en français dont il faisait le lettrage, chez Kana pour les séries Angel Dick et Armagedon en remplissage des trous.
En 1998, il travaille pendant un mois au studio BelvisionLe studio Belvision se situait un étage au-dessous de celui de Dargaud. et y réalise des décors pour un dessin animé dont le projet n'aboutira pas. En 1999, le fait qu'il partage son bureau chez Dargaud avec Philippe Delaby, l'amène à la réalisation à quatre mains des couleurs à l'aquarelle du tome 2 de la série Murena - De sable et de sang de Jean Dufaux. Philippe Delaby lui rend hommage. pour la mise en couleurs directes de cet album. Il animera en l'an 2000, un atelier. de BD à la Villa de Ganshoren. Il illustre différents romans pour la jeunesse pour les éditions Fleurus de la collection « Z'Azimut » jusqu'en 2001. À partir de cette année, Mic Mac Adam va vivre de nouvelles aventures dont le scénario est assuré par Luc Brunschwig, son frère Yves Brunschwig, Sylvain Runberg avec le coloriste Christian Lerolle sous le titre Les Nouvelles Aventures de Mic Mac Adam. Le sort l'intégrale des premières aventures de Mic Mac Adam et, la critique est élogieuse . Le sort le troisième tome de cette intégrale. En 2008, à l'occasion des du journal Spirou, le Centre belge de la bande dessinée expose ses œuvres.. En hommage à Jijé, il refait la couverture de Valhardi II..
Les nouveaux romans graphiques (2010-2016)