Alain Levent, né le à Paris où il est mort le Relevé des fichiers de l'Insee, est un directeur de la photographie et réalisateur français.

Biographie Après une sérieuse formation au laboratoire GTC, Alain LeventFils du directeur de la photographie Pierre Levent commence sa carrière en 1958 sur le tournage de Véronique et son cancre où il assiste le directeur de la photographie Charles Bitsch. Il est ensuite l’assistant des chefs opérateurs Henri Decaë (Le Beau Serge, Les Quatre Cents Coups…), Jean Penzer (Les Jeux de l'amour, Le Farceur), Nicolas Hayer (Le Signe du lion, Le Doulos) avant d’accéder au poste de cadreur aux côtés de Quinto Albicocco (Le Rat d’Amérique) et de Jean Rabier (Cléo de 5 à 7, Landru).

Le producteur Georges de Beauregard lui donne sa chance comme directeur de la photographie en 1964 avec un film à sketches : La Chance et l'Amour. Puis il enchaîne sur les films des réalisateurs Maurice Ronet (Le Voleur de Tibidabo), Léonard Kiegel (La Dame de pique), Jean-Daniel Pollet (Une balle au cœur, L’Acrobate), Jacques Rivette (La Religieuse, L’Amour fou). Il signe également les images « érotiques » du générique du Mépris de Jean-Luc Godard.

Sa carrière reste marquée par sa rencontre avec Jacques Brel dans les années 1968-1973. Entre collaboration professionnelle et amitié, il signe la photographie de cinq films que Brel interprète ou réalise : La Bande à Bonnot, Mon oncle Benjamin, Mont-Dragon, Franz, Le Far West.

Par ailleurs, Alain Levent réalise Le Bar de la Fourche en 1972 (images signées Emmanuel Machuel), avec Jacques Brel dans le rôle principalDossier consacré au film Le Bar de la fourche dans Brel… ceci n'est pas un hommage, première partie Jacques Brel et Le Bar de la Fourche (de la Colombie Britannique aux bords du Saint-Laurent en passant par la Bretagne), par Paul Melchior, Pascal Maurice éditeur .

« Alain Levent n’est pas l’un de ces directeurs de la photo qui imposent leur “style”. D’une part, il se fond dans le désir du metteur en scène et, d’autre part, s’emploie à capter les vibrations singulières du visage des comédiens. Sa caméra n’enjolive pas, elle révèle, elle humanise, elle approfondit. » (N. T. Binh, La Lettre de l’AFC, afcinema.com).

Dans les années 1980, il réalise plusieurs films pour la télévision. Il adapte et réalise Comme le temps passe, d’après le roman de Robert Brasillach, avec Patrick Bouchitey et Thérèse Liotard dans les rôles principaux (2 × 90 min). En 1981, il tourne Carte vermeil, d’après Boileau-Narcejac, avec Jean-Pierre Aumont et Micheline Presle, puis La Traversée de l’Islande en 1982. Enfin il signe deux adaptations de Maigret avec Jean Richard dans le rôle du commissaire : La Colère de Maigret et Maigret à Vichy.

Sa carrière de directeur de la photographie se poursuit parallèlement jusqu’en 2006.

Entre cinéma et téléfilms, il n’a jamais cessé d’être actif, auprès de réalisateurs comme Édouard Molinaro, Roger Hanin, Laurent Heynemann, Bertrand Tavernier, Jean-Claude Guiguet, Samuel Fuller, Nouri Bouzid, Mehdi Charef, Pierre Boutron…

« Une autre caractéristique d’Alain se devine en parcourant les titres de sa filmographie : l’engagement. Les causes généreuses lui donnaient des ailes. Pour lui, faire du cinéma était une manière de désobéissance civile, et les sujets des films qu’on lui proposait interrogeaient la société de leur temps : l’intolérance (La Religieuse), la colonisation (Loin du Vietnam), la torture (La Question), la spéculation immobilière (Des enfants gâtés)… à chaque fois, ces titres sont parmi les plus “politiques” de leurs auteurs.

Cet engagement, Alain Levent lui a été fidèle jusqu’à la fin. Conjugué à un esprit aventurier, il lui a permis, ces dernières années, de tourner, parfois à l’étranger et dans des conditions difficiles, au service de cinéastes singuliers et révoltés comme Nouri Bouzid, Mehdi Charef, ou Randa Chahal Sabbagh. » (N. T. Binh, La Lettre de l’AFC, afcinema.com).

« Ce qui est excitant dans la mise en lumière d’un lieu, c’est qu’en choisissant l’importance de l’ombre et de la lumière, on révèle les centres d’intérêt dramaturgiques qui aideront à raconter l’histoire. C’est le seul trajet que l’on doit trouver et suivre quand on éclaire un décor. » Alain Levent, cité par Armand Marco (La Lettre de l’AFC, afcinema.com).

Filmographie partielle Comme réalisateur et scénariste 1972 : Le Bar de la Fourche 1980 : Comme le temps passe (TV) 1981 : Carte Vermeil (TV) 1983 : La Colère de Maigret (TV) 1983 : La Traversée de l'Islande (TV) 1984 : Maigret à Vichy (TV)

Comme directeur de la photographie Longs métrages 1962 : Cléo de 5 à 7 de Agnès Varda 1963 : Cover-girls de José Bénazéraf co-Alain Derobe 1963 : 24 heures d'un Américain à Paris / Paris Erotika de José Bénazéraf co-Alain Derobe 1963 : Le Mépris (prologue non crédité) de Jean-Luc Godard 1963 : Paris vu par… (sketch "Place de l’Étoile") de Éric Rohmer 1963 : Paris vu par… (sketch "Rue Saint-Denis") de Jean-Daniel Pollet 1964 : Le Voleur du Tibidabo de Maurice Ronet 1964 : La Chance et l'Amour (sketch La Chance du guerrier) de Claude Berri La Chance et l'Amour est un film à sketches coréalisé avec Charles L. Bitsch, Éric Schlumberger et Bertrand Tavernier 1965 : Le Vampire de Düsseldorf de Robert Hossein 1965 : La Dame de pique de Léonard Keigel 1965 : La Religieuse de Jacques Rivette 1966 : Objectif 500 millions de Pierre Schoendoerffer 1966 : Un choix d'assassins de Philippe Fourastié 1966 : Une balle au cœur de Jean-Daniel Pollet 1967 : Lamiel de Jean Aurel 1967 : Un épais manteau de sang de José Bénazéraf 1967 : Les Gauloises bleues de Michel Cournot 1967 : Loin du Vietnam de Chris Marker (séquence de Jean-Luc GodardLoin du Vietnam est un film à sketches coréalisé avec Joris Ivens, William Klein, Claude Lelouch, Chris Marker, Alain Resnais et Agnès Varda) 1967 : L’Amour fou de Jacques Rivette 1968 : Il pleut dans mon village de Aleksandar Petrović 1968 : La Bande à Bonnot de Philippe Fourastié 1969 : Love and Anger (sketch Évangile 70 de Jean-Luc GodardLove and Anger est un film à sketches franco-italien coréalisé avec Carlo Lizzani, Bernardo Bertolucci, Pier Paolo Pasolini, Marco Bellocchio) 1969 : Mon oncle Benjamin de Édouard Molinaro 1970 : Sabra de Denys de la Pattelière 1970 : Le Mur de l'Atlantique de Marcel Camus 1970 : La Poupée rouge de Francis Leroi 1971 : On est toujours trop bon avec les femmes de Michel Boisrond 1971 : Franz de Jacques Brel 1973 : Le Sexe nu de José Bénazéraf 1973 : Le Far West de Jacques Brel 1974 : Dracula père et fils d'Édouard Molinaro 1974 : Le Cri du cœur de Claude Lallemand 1975 : Le Faux-cul, de Roger Hanin 1975 : L’Acrobate de Jean-Daniel Pollet 1977 : La Question de Laurent Heynemann 1977 : Des enfants gâtés de Bertrand Tavernier 1979 : Le Mors aux dents de Laurent Heynemann 1981 : Brantôme 81 : Vie de dames galantes de José Bénazéraf 1985 : L'Homme qui n'était pas là de René Féret 1986 : Faubourg Saint-Martin de Jean-Claude Guiguet 1989 : Manika, une vie plus tard de François Villiers 1990 : Contretemps de Jean-Daniel Pollet 1991 : Bezness de Nouri Bouzid 1992 : Le Mirage de Jean-Claude Guiguet 1999 : Le Monde de Marty de Denis Bardiau 2000 : Marie-Line de Mehdi Charef 2001 : La Fille de Keltoum de Mehdi Charef 2003 : Le Cerf-volant de Randa Chahal Sabbagh

Téléfilms

1978 : Messieurs les ronds-de-cuir (téléfilm) de Daniel Ceccaldi 1978 : Madame le juge, épisode Le Dossier Françoise Muller d’Édouard Molinaro 1982 : La Veuve rouge de Édouard Molinaro 1983 : Le Dernier Civil de Laurent Heynemann 1983 : Elle voulait faire du cinéma de Caroline Huppert 1985 : L'Ordre d'Étienne Périer 1986 : Un métier de seigneur de Édouard Molinaro 1987 : (The Madonna and the Dragon) de Samuel Fuller 1994 : Couchettes express de Luc Béraud 2003 : L’Affaire Dominici de Pierre Boutron 2004 : La Cliente de Pierre Boutron 2004 : de Moufida Tlatli 2005 : Le Rainbow Warrior de Pierre Boutron 2005 : Le Voyageur de la Toussaint de Philippe Laïk 2006 : Monsieur Léon de Pierre Boutron

Courts métrages 1960 : Photo souvenir de Henri Fabiani 1961 : Gala de Jean-Daniel Pollet

Comme cadreur 1961 : Cléo de 5 à 7 d'Agnès Varda 1962 : L'Œil du Malin de Claude Chabrol 1963 : Ophélia de Claude Chabrol 1963 : Landru de Claude Chabrol 1963 : Peau de banane de Marcel Ophüls

Comme assistant opérateur 1958 : Véronique et son cancre d'Éric Rohmer (court-métrage) 1959 : Le Beau Serge de Claude Chabrol 1959 : Les Cousins de Claude Chabrol 1959 : Le Signe du lion d'Éric Rohmer 1959 : Les Quatre Cents Coups de François Truffaut 1960 : Le Farceur de Philippe de Broca 1960 : Les Jeux de l'amour de Philippe de Broca

Notes et références

Liens externes

Entretien avec Alain Levent sur le site de l'AFC

Catégorie:Réalisateur français Catégorie:Directeur de la photographie français Catégorie:Scénariste français de cinéma Catégorie:Naissance en septembre 1934 Catégorie:Naissance dans le 19e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en août 2008 Catégorie:Décès dans le 14e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 73 ans