LArmée catholique et royale est le nom de l'armée insurgée vendéenne pendant la guerre de Vendée. Elle regroupe alors les trois armées vendéennes : l'armée catholique et royale du Centre, l'armée catholique et royale d'Anjou et du Haut-Poitou et l'armée catholique et royale du Bas-Poitou et du Pays de Retz, bien que cette dernière ne s'y joigne qu'occasionnellement.

Ses principaux chefs sont Jacques Cathelineau, Charles de Bonchamps, Maurice d'Elbée, François Athanase Charette de La Contrie, Henri de La Rochejaquelein, Louis de Salgues de Lescure, Jean-Nicolas Stofflet, Jacques-Nicolas Fleuriot de La Freulière, Charles de Royrand et Charles Sapinaud de La Rairie.

Les « Vendéens » étaient distincts des chouans, insurgés royalistes actifs quant à eux au nord de la Loire.

L'origine du nom left|thumb|300px|La Vendée militaire Lorsque la Vendée se soulève, à la mi-, les bandes angevines qui se placent sous les ordres de Bonchamps se baptisent « armée chrétienne ». Dès la fin du mois, cependant, d'autres noms apparaissent : « armée catholique et romaine » et « armée catholique et royale ». Déjà, en 1792, alors qu'il prépare le troisième camps de Jalès dans la Bas-Languedoc, le comte de Saillans avait pris le titre de « général de l'Armée chrétienne et royale de l'Orient ». Pour Claude Petitfrère, on peut penser que ces appellations ne sont pas d'origine populaire, mais qu'elles ont été choisies par les chefs nobles de l'insurrectionClaude Petitfrère, « Armée catholique et royale », dans Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989. – Rééd. : Quadrige, 2005, 33-34..

Au cours de l'année 1793, on en vient à distinguer plusieurs armées : l'« armée de Charette » dans le Marais breton, l'« armée catholique et royale d'Anjou et du Haut-Poitou », et celle du « Bas-Poitou et du Pays de Retz » au sud de la Loire. Quant aux bandes chouannes qui, au nord de la Loire, se joignent aux Vendéens lors de la virée de Galerne, elles prennent le nom d'« armée catholique et royale du Bas-Anjou et de la Haute-Bretagne ».

Malgré ces titres, il ne s'agit que d'un regroupement fluctuant de bandes autour d'un chef qui exerce son autorité sur les gens de sa mouvance ou de sa clientèle. Les seules unités à avoir une existence et une organisation quasi permanentes sont les « compagnies de paroisse », qui rassemblent les membres de communautés rurales – parents, amis ou voisins – et qui élisent leurs « capitaines ». Alors que les deux tiers des insurgés sont des paysans, ceux-ci ne représentent que la moitié des effectifs de ces compagnies ; le reste se compose d'artisans, de boutiquiers, parfois de tisserands dans les Mauges.

Les points faibles de cette armée sont les services de santé et d'intendance, embryonnaires, ainsi que le manque de combattants permanents, malgré le renfort de déserteurs « bleus » (républicains), de gabelous, d'Allemands ou de Suisses. L'armement et l'approvisionnement en munitions sont déficitaires. Quant à la cavalerie, elle ne comprend que les chefs nobles, quelques garde-chasses et employés des gabelles et des paysans en sabots montés sur des chevaux de trait. Enfin, l'artillerie n'est constituée que de vieilles couleuvrines raflées dans les châteaux et de quelques canons pris aux républicains, ce qui la rend incapable de s'opposer en rase campagne à une forte armée républicaine, ou de percer les murs d'une ville, comme à Granville.

Après la bataille de Savenay, l'armée est reconstituée sur le papier, mais est privée d'existence effective, l'insurrection dégénérant en chouannerie.

Généraux vendéens

Organisation des divisions Mars-juin 1793 Division de Saint-Florent-le-Vieil, :Général : Charles Artus de BonchampsGénéral : Jacques CathelineauHistoire des guerres de la Vendée et des Chouans, depuis l'année 1792 jusqu'en 1815, de Pierre Victor Jean Berthre de Bourniseaux, . 1

Division de Cholet et de Beaupréau, :Général : Maurice Gigost d'Elbée

Division de Maulévrier, :Général : Jean-Nicolas Stofflet

Division de Châtillon-sur-Sèvre, :Général : Henri du Vergier de La Rochejaquelein

Division de Bressuire, :Général : Louis de Salgues de Lescure

Division d'Argenton-les-Vallées, :Général : Alexandre-Dominique Jaudonnet de Laugrenière

Division du Loroux, :Général : François de Lyrot de La Patouillère

Cavalerie :Général : Jean-Louis de Dommaigné

Juin-juillet 1793 Armée catholique et royale de Vendée :Généralissime : Jacques Cathelineau († 1793, mortellement blessé à la bataille de Nantes), puisGénéralissime : Maurice Gigost d'ElbéeMajor-général : Jean-Nicolas Stofflet Cavalerie :Général : Jean-Louis de Dommaigné († 1793, tué à la bataille de Saumur), puisGénéral : Antoine-Philippe de La Trémoïlle de TalmontCommandant en second : Henri Forestier Artillerie :Général : Gaspard de Bernard de MarignyCommandant en second : Bertrand Poirier de Beauvais, Division de l'Anjou :Général : Charles Artus de BonchampsCommandant en second : Charles de Beaumont d'Autichamp Division du Poitou :Général : Louis de Salgues de LescureCommandant en second : Henri du Vergier de La Rochejaquelein Division du Centre :Général : Charles de RoyrandCommandant en second : Chevalier de Cumont Division de la Basse-Vendée :Général : Guy Joseph de Donnissan

Juillet-octobre 1793 Armée catholique et royale de VendéeÉtienne Aubrée, Les prisonniers de Malagra, librairie académique Perrin, 1938, . :Général en chef : Maurice Gigost d'ElbéeMajor-général : Jean-Nicolas StoffletGouverneur-général : Guy Joseph de DonnissanGouverneur en second : Charles de Royrand Cavalerie :Général : Antoine-Philippe de La Trémoïlle de TalmontCommandant en second : Henri Forestier Artillerie :Général : Gaspard de Bernard de MarignyCommandant en second : du Perrault Armée d'Angers et compagnies bretonnes :Général : Charles Artus de Bonchamps Armée de l'Anjou :Général : Louis de Salgues de Lescure Armée du Poitou :Général : Henri du Vergier de La Rochejaquelein Armée du Bas-Poitou et du Pays de Retz :Général : François-Athanase de Charette de La Contrie

Novembre-décembre 1793 Armée catholique et royale de VendéeVictoire de Donnissan de La Rochejaquelein, Mémoires de Madame la marquise de la Rochejaquelein, sixième édition, 1848. . :Général en chef : Henri de La RochejaqueleinGouverneur général : Guy Joseph de DonnissanMajor-général : Jean-Nicolas StoffletAdjudant-général : Augustin de HarguesAdjudant en second : chevalier de DuhouxTrésorier général : de Beauvollier l'aîné Chef du génie : d'ObenheimGénéral divisionnaire : des EssartsCommandant en second : Chevalier de Beauvollier Cavalerie :Général : Antoine-Philippe de La Trémoïlle de TalmontCommandant en second : Henri Forestier Artillerie :Général : Gaspard de Bernard de MarignyCommandant en second : de Perrault Division d'Angers et compagnies bretonnes :Général : Jacques Nicolas Fleuriot de La FleuriaisCommandant en second : Charles de Beaumont d'Autichamp Division de l'Anjou :Général : Piron de La VarenneCommandant en second : Pierre-Louis de La Ville-Baugé Division du Centre :Général : Charles de Royrand

Les Vendéens Les soldats-paysans thumb|left|Un combattant vendéen, Jacques-Louis Maupillier, dessiné par Marie-Louise de la Rochejaquelein.

thumb|Portraits d'anciens combattants vendéens de l'armée de Bonchamps réalisés d'après nature par David d'Angers en 1825.

Les insurgés « vendéens », que les républicains appelleront les « brigands », sont originaires de quatre départements – le sud du Maine-et-Loire, les deux-tiers nord de la Vendée, le nord des Deux-Sèvres, et le sud de la Loire-Atlantique –, situés dans les provinces du Poitou, d'Anjou et de Bretagne. Le territoire insurgé est aussi appelé Vendée militaire.

Lucas de La Championnière, officier dans l'armée Bas-Poitou et du Pays de Retz, rend également compte de la différence de mentalité suivant les régions de la Vendée ; entre les Paydrets et les Bas-Poitevins d'une part, et les Angevins et Haut-Poitevins de l'autre :

La grande majorité des insurgés vendéens sont des paysans, armés de faux s'ils n'ont pas de fusil, mais on trouve également parmi eux un grand nombre d'artisans et de tisserands, notamment dans les Mauges.

En cas de menace directe, la mobilisation de la population des territoires insurgés peut être massive, ainsi à Chemillé : l'âge des insurgés recensés lors de la bataille de Chemillé va de onze à soixante-sept ansManuel Jobard, Jacques Hussenet (dir.), « Détruisez la Vendée ! » Regards croisés sur les victimes et destructions de la guerre de Vendée, La Roche-sur-Yon, Centre vendéen de recherches historiques, 2007, 161.. Les insurgés vendéens ont cependant en moyenne de vingt-cinq à trente ans.

Au nombre des combattants vendéens, on compte également quelques femmes, dont la plus célèbre est Renée Bordereau, dite « l'Angevin ». L'armée de Charette est notamment connue pour avoir eu quelques « amazones » dans ses rangs, parmi lesquelles Céleste Bulkeley.

thumb|left|Sacré-Cœur vendéen accompagné de l'inscription « Dieu, le Roi ».

Cependant, durant la Virée de Galerne, les officiers adoptent des signes distinctifs : les généraux et officiers du conseil portent à leur ceinture des écharpes blanches avec des nœuds de différentes couleurs. Ainsi, La Rochejaquelein et Donnissan arborent-ils un nœud noir, Stofflet un rouge et Marigny un bleu. De leur côté, les officiers d'un grade inférieur se mettent à porter une écharpe blanche au bras gauche, .Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein, Mémoires de Madame la marquise de la Rochejaquelein, sixième édition, 1848, 335..

La cavalerie Quelques insurgés, des meuniers principalement, forment également une cavalerie, de valeur inégale. Ces cavaliers vendéens sont surnommés les « Marchands de cerises », ..

L'état de la cavalerie n'est pas différent dans l'armée du Marais en :

thumb|180px|Sacré-Cœur vendéen.

Les troupes régulières Quelques troupes régulières sont formées dans l'armée vendéenne, où elles servent de troupe d'élite. Charles de Bonchamps organise notamment des compagnies d'infanterie et de cavalerie qu'il équipe à ses frais. Ces troupes sont même dotées d'uniformes, gris pour l'infanterie et verts pour la cavalerie.

Cependant les Vendéens n'aiment pas quitter leurs foyers trop longtemps. Au bout de quelques jours de combats, ils « changeaient de chemise » : ils quittaient l'armée pour rentrer dans leurs villages, ce qui fait qu'ils étaient incapables de tenir une garnison. Plusieurs villes conquises comme Angers, Saumur, Thouars et Fontenay-le-Comte seront ainsi progressivement abandonnées et reprises par les républicains sans coup férir.

Pour pallier ce désavantage, les troupes régulières seront recrutées parmi des déserteurs républicains et les insurgés extérieurs à la Vendée militaire, principalement des Angevins du nord du Maine-et-Loire et des Bretons de la Loire-Atlantique, au nombre de , 81.. Plusieurs futurs officiers chouans servent dans ces corps, notamment Georges Cadoudal, Pierre-Mathurin Mercier, dit « la Vendée », Scépeaux, Jean Terrien, Joseph-Juste Coquereau et Louis Courtillé dit « Saint-Paul ».

Les troupes régulières vendéennes comptent en outre un grand nombre d'étrangers. En , au moment de la Virée de Galerne, dans une lettre à la Convention nationale, Jacques Léonard Laplanche, représentant en mission républicain, écrit notamment : « Un citoyen qu'ils avaient fait prisonnier, et qui m'a donné une partie des détails que je vous transmets ; il est resté assez longtemps avec eux pour avoir observé que le nombre des étrangers égale au moins celui des rebelles français ; parmi leur armée il y a remarqué entre autres des Russes, des Polonais, des Allemands et beaucoup de juifsArchives parlementaires de 1787 à 1860, t. 79, 66., .. »