Wen Wang (nom posthume : , soit littéralement « roi Wen de Zhou » ou « roi Wen des Zhou »), ou encore Ji Chang () est le patriarche/dirigeant de l'État de Zhou à la fin de la dynastie Shang. Si Ji Chang initie le conflit entre les Zhou et les Shang, il meurt avant d'en voir la conclusion et c'est son second fils, Ji Fa, qui détruit définitivement les Shang lors de la bataille de Muye. Après sa victoire, Fa honore son père en lui accordant le rang de roi et fondateur de la dynastie Zhou à titre posthume.

Comme, de son vivant, Chang portait le titre de "Duc", il est fréquemment confondu avec son quatrième fils, le Duc de Zhou, également connu sous le nom de «Seigneur Zhou», alors que ce sont des personnages historiques différents.

De nombreuses odes du « Classique des vers » sont des éloges vantant l'héritage de Wen Wang. Certains considèrent qu'il s'agit du premier héros épique de l'histoire chinoise.

Archéologie

Des érudits chinois, dont Wang Yunwu (), Li Xueqin (), etc. ont identifié des mentions concernant le Wen Wang, grâce au sinogramme , mentionné dans les inscriptions H11:82 & H11:84 des os oraculaires trouvés lors de fouilles réalisées à Zhouyuan (), Xian de Qishan.

Biographie

Portant à la naissance le nom de Ji Chang (姬昌), Wen est le fils de Tairen et de Jili, le dirigeant des Zhou. Ces derniers sont un clan vassal de la dynastie Shang, dont le territoire s'étend le long de la rivière Wei dans l'actuel Shaanxi. Bien que servant fidèlement les Shang, Jili est trahi et exécuté par le roi Wen Ding à la fin du Le jeune Chang devient alors le nouveau chef de la lignée Zhou.

Wen Wang épouse Taisi et a dix fils et une fille avec elle, et au moins huit autres fils avec des concubines.

Au bout d'un certain temps, le roi Zhou de Shang commence a craindre le pouvoir croissant de Wen, et le fait emprisonner à YouliCe qui correspond actuellement à Tangyin dans le Henan, après qu'il a été calomnié par le marquis de ChongCihai, p. 201..

Selon certains récits, avant d’être libéré Wen Wang aurait été obligé de manger des galettes de viande, ou de la soupe, préparée à partir de la chair de son fils aîné Boyi Kao, qui venait d'être tué sur ordre du roi Xin. En réalité, on sait que Boyi est décédé avant son père, mais la cause de sa mort n'est pas historiquement déterminée. Quant à libération de Ji Chang, elle intervient lorsque certains fonctionnaires de Di Xin, impressionnés par la droiture du chef, finissent par soudoyer le roi pour obtenir sa miséricorde et la grâce de Wen. Il est finalement libéré et reçoit le titre de «Suzerain de l'Ouest», qui avait déjà été décerné à son pèreÀ la page 717 de son article, Pines écrit la précision suivante : « Le titre du roi Wen de Zhou 周文王 (décédé vers l'an 1047 avant notre ère) sous la dynastie Shang, Xibo 西伯, devrait être traduit par « suzerain de l'Ouest », et non par « comte de l'Ouest ». » Il note en outre que cette lecture anticipe et est apparentée au titre Ba, initialement orthographié avec le même mot..

Une fois de retour chez lui, Wen commence à comploter pour renverser les Shang. Au cours de sa première année en tant que suzerain de l'Ouest, il règle un conflit foncier entre les États de Yu et Rui, gagnant ainsi une plus grande reconnaissance parmi les nobles. C'est à ce moment-là que certains nobles commencent à l'appeler «Wang» (roi). C'est également à cette période qu'il aurait rencontré et recruté le stratège Jiang Ziya, futur duc de Qi et conseiller de grand talent. Il repousse également une invasion des Quanrong, un terme générique désignant des peuples non sinisés, et occupe une partie de leurs terres. L'année suivante, il fait campagne contre le Mixu, un État dont le chef harcèle les petits États de Ruan et Gong. Finalement, il annexe les trois États. L’année d’après, il attaque Li, un État sous le contrôle indirect des Shang, et encore un an plus tard, c'est au tour de E, un État rebelle opposé aux Shang. Dans les deux cas, le bref conflit s’achève par une annexion au profit des Zhou. L'année suivante, c'est au tour du Chong et de son marquis de subir les foudres des Zhou. Cette nouvelle victoire permet à Wen de se venger du responsable de sa disgrâce et d'accéder au gué de Meng. Ce gué est un passage stratégique, car il suffit de le franchir pour que les troupes des Zhou puissent attaquer directement les Shang.

Victoires après victoire, Wen Wang et les Zhou ont pris le contrôle d'environ les deux tiers de l'ensemble du royaume Shang, soit comme possessions directes, soit par le biais d'alliances. La même année, Wen déplace sa capitale administrative à Feng, une ville située une centaine de kilomètres à l'est du mont Qi. En agissant ainsi, il place les Shang sous la menace d'une attaque imminente, mais il ne peut pas la mener personnellement, car l'année suivante, le suzerain de l'Ouest meurt avant d'avoir pu traverser le gué. D'autres sources suggèrent qu'il est mort au combat pendant la campagne des Zhou contre les ShangGernet, J., (2019). EL MUNDO CHINO. Bogotá, Colombia: Editorial Planeta Colombiana.

Quatre ans après sa mort, son deuxième fils, Ji Fa, plus connu sous le nom de roi Wu de Zhou, suit ses traces et écrase les Shang lors de la bataille de Muye, acte fondateur de la dynastie ZhouSima Qian, 史記 (Shiji) . 10 vols. Beijing: Zhonghua Publishing, 1963.. Fa choisit de donner à son père le nom «Wen», qui signifie désormais «le cultivé» ou «le civilisé», après l'avoir élevé au rang de roi à titre posthume, ce afin de l'honorer. Il est le seul noble à porter le nom posthume de «Wen» pendant presque toute la première moitié de la dynastie Zhou, malgré son usage courant comme épithète d'éloge funèbre, afin d'honorer la personne décédée.

Mandat du Ciel

Le mandat du Ciel, ou mandat céleste (天命 : Tiānmìng), est la base de la légitimité politique de la dynastie Zhou. Cette théorie est largement reprise tout au long des millénaires suivants et va servir de base à la légitimité de tous les successeurs des Zhou, jusqu’à l'instauration de la république en Chine.

Selon cette théorie, c'est le Ciel (天, Tian), qui choisit le souverain de la Chine, de la même manière qu'un souverain établirait un vassal. Le souverain ainsi choisi est le Fils du ciel (chinois: 天子; pinyin: Tiānzǐ), qui règne sur le Céleste Empire (chinois: 天下, Pinyin: tiān xià, Wade-Giles: t'ien¹-hsia⁴), littéralement «Sous le ciel». Cette légitimité découlant de la volonté du Ciel est transmise, à travers la personne du dirigeant, jusqu'aux seigneurs et à la famille de ce dernier. Le titre de "Fils du ciel" porté par le souverain est un rappel direct de la structure de la société patrilinéaire basée sur la parenté des Zhou Prédynastiques. Si le souverain n'est pas suffisamment vertueux, le Ciel choisit un nouveau successeur, annoncé par divers présages ou désastres. D’après cette théorie, forgée en grande partie après la mort de Wen Wang, ce dernier avait été mandaté par le Ciel parce que la vertu des rois Shang avait trop décliné.

Si cette théorie politique a été affinée et complexifiée au fil du temps, elle semble avoir comme base l'interprétation par Wen Wang de deux phénomènes célestes inhabituels qui ont lieu en 1058 En mai, a lieu la conjonction planétaire la plus importante depuis cinq cents ans : les cinq planètes visibles à l'œil nu pouvant être observées dans la constellation du Cancer. Cette conjonction est suivie, quelque temps plus tard, par une apparition de la comète de Halley. Wen Wang observe ces phénomènes célestes et les interprète comme étant un message du Ciel le choisissant pour être le nouveau roi.

Les documents officiels de l'époque n'indiquent pas directement que Ji Chang a reçu le Mandat du Ciel; mais les textes anciens s'accordent tous pour dire qu'il a réellement obtenu la bénédiction divine afin de devenir le nouveau roi. Les premiers documents, tels que les inscriptions sur le Da Yu Ding, décrivent le Mandat du ciel comme étant une véritable événement astronomique. Le terme utilisé pour décrire cet événement est «le grand commandement dans le ciel» (). C'est au cours des générations suivantes que les Zhou vont développer ce concept, pour en faire un système de légitimation du pouvoir qui va être utilisé par les monarques et empereurs chinois pendant environ 3 000 ans.

Postérité

Une grande partie des odes les plus anciennes du « Classique des vers » (Shijing 詩經) sont des hymnes vantant les réalisations et l'héritage de Wen Wang. Il était également considéré comme étant un grand héros par Confucius, dont les adeptes ont joué un rôle important dans le façonnement de la culture chinoise.

Divination

Selon la tradition, Wen Wang aurait rédigé des commentaires sur les 64 hexagrammes du Yi Jing, appelés guaci (卦辭).

La séquence la plus couramment utilisée des 64 hexagrammes lui est attribuée et est généralement appelée "séquence du roi Wen".

Honneurs posthumes

En l'an 196 AV. jc, l'empereur Han Gaozu décerne à Wen Wang le titre de "Plus Grand de tous les Rois"Creel. The Origins of Statecraft, p. 42..

Famille

Épouse: Tai Si, de la branche Youshen du clan Si () Concubines: Une Dame, du clan Zi des Shang (子姓), fille de Wen Ding et sœur cadette de Di Yi Autres épouses.

FilsLivre des Han "Vol. 20" avec des annotations: Avec Tai SiSima Qian, Shiji "Maisons Héréditaires de Guan et Cai" citation: "武王同母兄弟十人。母曰太姒,文王正妃也。其長子曰伯邑考,次曰武王發,次曰管叔鮮,次曰周公旦,次曰蔡叔度,次曰曹叔振鐸,次曰成叔武,次曰霍叔處,次曰康叔封,次曰冉季載。冉季載最少。": Premier fils: Boyi Kao; Second fils: Fa (); fondateur de la dynastie Zhou et connu sous le nom de Roi Wu de Zhou; Troisième fils: Xian (), dirigeant de l'État de Guan; Quatrième fils: Dan (), Grand Tuteur et Régent du Roi Cheng de ZhouRegistres des sujets liés aux rites par Dai l'Ancien (大戴禮記), "Protecteurs et Tuteurs (保傅), citation: "召公為太保,周公為太傅,太公為太師。" traduction: "Le Duc de Shao agit en tant que Grand Protecteur, le Duc de Zhou comme Grand Tuteur, et le Grand Duc comme Grand Précepteur."; Boqin, le fils de Dans, devient Duc de Lu; Cinquième fils: Du (), dirigeant de l'État de Cai; Sixième fils: Zhenduo (), dirigeant de l'État de Cao; Septième fils: Wu (), dirigeant de l'État de Cheng (); Huitième fils: Chu (), dirigeant de l'État de Huo; Neuvième fils: Feng (), dirigeant de l'État de Kang, puis de celui de Wey; Dixième fils: Zai (), dirigeant de l'État de Ran () ou Dan (). Avec ses autres épousesZuo zhuan, "Duc Xi -24eme année (de règne) - zhuan". quote: "管、蔡、郕、霍、魯、衛、毛、聃、郜、雍、曹、滕、畢、原、酆、郇,文之昭也。" tranduction: "les domaines de Guan, Cai, Cheng, Huo, Lu, Wei, Mao, Dan, Gao, Yong, Cao, Teng, Bi, Yuan, Feng et Xun pour les fils du roi Wen des générations impaires": Le dirigeant de l'État de Gao ; Comte de Yong ; Zheng (), Duc de Mao Theobald, Ulrich (2012) Mao Gong 毛公, les Ducs de Mao extrait de ChinaKnowledge.de - An Encyclopaedia on Chinese History, Literature and Art.; Xiu (), dirigeant de l'État de TengTheobald, Ulrich (2018), "L’État régional de Teng 滕" extrait de ChinaKnowledge.de - An Encyclopaedia on Chinese History, Literature and Art.; Gao , Duc de Bi Theobald, Ulrich (2018), "L’État régional de Wei 魏" extrait de ChinaKnowledge.de - An Encyclopaedia on Chinese History, Literature and Art.; Le Comte de Yuan Le Marquis de Feng Le Comte de Xun