Les Comanches sont un peuple autochtone des Plaines du centre des États-Unis, qui compte environ dont la moitié vit en Oklahoma (ancien Territoire indien) ; le reste se répartit entre le Texas, la Californie et le Nouveau-Mexique.

Les Comanches sont aujourd'hui reconnus au niveau fédéral sous le nom de Nation comanche.

Ethnonymie

Il existe deux explications de l'origine du nom « Comanche », qui est un exonyme : c'est une dégénération soit du terme ute « komants », qui signifie « ceux qui nous combattent toujours », soit de l'espagnol « camino ancho », signifiant « large piste ». Ils étaient également appelés Padoucas ou « Paducah » par les premiers explorateurs français et américainsÀ l'époque de la Louisiane française, les Français appelaient Padouca cette nation amérindienne connue actuellement sous le nom de Comanche, elle fut approchée et décrite en 1724 par l'explorateur français Étienne de Veniard, sieur de Bourgmont.. Ils préfèrent être appelés par leur endonyme qui est Numunuh, signifiant « le Peuple ».

Histoire

vignette|droite|Distribution des tribus Comanche, 1740-1850. Origine des Comanches Les Comanches ont émergé comme un groupe distinct peu avant 1700, lorsqu'ils se sont détachés des Shoshones vivant le long de la partie supérieure de la rivière Platte au Wyoming. Ceci coïncide avec leur acquisition du cheval, qui leur a permis une plus grande mobilité dans leur recherche de meilleurs terrains de chasse. Leur migration originelle les a menés vers les Grandes Plaines, d'où ils se déplacèrent vers le sud sur un territoire s'étendant de la rivière Arkansas au centre du Texas. Pendant ce temps, leur population augmenta de manière importante grâce à l'abondance de bisons, une affluence de migrants shoshones, et l'adoption d'un nombre significatif de femmes et d'enfants faits prisonniers dans les groupes rivaux. Néanmoins, les Comanches n'ont jamais formé une entité tribale unie, et étaient divisés en une douzaine de groupes autonomes, qui partageaient les mêmes langue et culture, mais qui pourraient s'être battus entre eux aussi souvent qu'ils ont coopéré. Ces groupes étaient très souples, et se sont souvent unis et séparés, selon les circonstances.

Particularité des Comanches Les Pueblos avaient appris à monter le cheval, à l'utiliser comme source de nourriture ou comme marchandise d’échange avec les Indiens des Plaines. À la suite de la révolte des Pueblos en 1680, les Utes deviennent maîtres dans l’art du commerce de chevaux, puis les Utes en s'alliant aux Comanches les initient à la culture équestre dans les années 1705, ces derniers les utilisant notamment comme attelage de leurs travois, pour faire la guerre et pour chasser le bison à chevalLes indiens adoptent le cheval.. Le cheval a été un élément clé de l'émergence d'une culture comanche spécifique. On a même suggéré que c'est la recherche de nouvelles sources d'approvisionnement en chevaux parmi les colons mexicains du sud (plutôt que la recherche de nouveaux troupeaux de bisons) qui a d'abord mené les Comanches à se séparer des Shoshones. Les Comanches pourraient même avoir été le premier groupe amérindien des Plaines à complètement inclure le cheval dans leur culture, et ont peut-être aussi introduit le cheval auprès des autres peuples des Plaines. Vers le milieu du , ils fournissaient des chevaux aux commerçants et aux colons français et américains, et ensuite aux migrants traversant leur territoire sur la route de la ruée vers l'or californien. Beaucoup de ces chevaux étaient volés, et les Comanches acquirent bientôt une réputation de redoutables voleurs de chevaux et plus tard de bétail. Leurs victimes comprenaient les colons espagnols et américains, ainsi que les autres tribus des Plaines, ce qui menait souvent à la guerre. Ils étaient des adversaires redoutables, qui développèrent des stratégies complètes pour le combat à cheval avec des armes traditionnelles.

À une culture de chasse succède ainsi une économie nomade pastorale qui allie la chasse à l'élevage et au commerce du cheval et de la peau de bison.

Guerres comanches

Contre les Apaches et les Espagnols Leur émergence au tournant du et leur migration vers le sud les mirent en conflit avec les Apaches, qui vivaient déjà dans la région et qui commencèrent à migrer vers le Texas et le Nouveau-Mexique, dominés par les Espagnols. Pour tenter d'empêcher les incursions apaches, les Espagnols leur offrirent de l'aide dans leurs guerres contre les Comanches, mais ces efforts échouèrent la plupart du temps et les Apaches durent quitter les Plaines du Sud vers le milieu du siècle. À ce moment, les Comanches dominaient l'aire entourant le Panhandle du Texas, incluant l'ouest de l'Oklahoma et le nord-est du Nouveau-Mexique.

Contre les colons Les Comanches maintinrent des relations ambiguës avec les Européens et ensuite les Américains tentant de coloniser leur territoire. Ils étaient appréciés en tant que partenaires commerciaux, mais ils étaient également craints pour leurs raids. De même, les Comanches ont été en guerre à un moment ou à un autre avec chacune des tribus des Grandes Plaines, laissant ainsi la possibilité aux puissances coloniales européennes et aux États-Unis de manipuler politiquement les groupes rivaux. À un moment, Samuel Houston, le président de la république du Texas naissante, a failli réussir à signer un traité de paix avec les Comanches, mais ses efforts furent détruits lorsque le pouvoir législatif texan refusa de créer une frontière officielle entre le Texas et le territoire comanche.

Alors que les Comanches parvenaient à maintenir leur indépendance et même à agrandir leur territoire, ils passèrent près de l'annihilation au milieu du à cause de la vague d'épidémies introduite par les colons ainsi que de l'épuisement de leurs ressources en chevaux et bisons. Les épidémies de variole (1817, 1848) et de choléra (1849) coûtèrent très cher en vies humaines aux Comanches, dont la population chuta d'environ Les sources hautes vont jusqu'à . au milieu du siècle à seulement quelques milliers vers 1870, ce qui les obligea notamment à passer des traités avec les Espagnols. Ils s'adaptèrent durant les années 1860 et 1870, le traité de Medicine Lodge leur redonnant des herbages et la guerre de Sécession rendant disponible pour leurs raids des millions de têtes de bétail.

Pacification vignette|redresse|Quanah Parker, chef des Comanches. Les efforts pour déplacer les Comanches dans des réserves commencèrent à la fin des années 1860 avec le traité de Medicine Lodge (1867), qui leur accordait des églises, des écoles et un revenu annuel en échange d'un vaste morceau de terrain dépassant les . Le gouvernement promit d'arrêter les chasseurs de bisons qui massacraient les grands troupeaux des Plaines, à condition que les Comanches, avec les Apaches, les Kiowas, les Cheyennes et les Arapahos, s'installent dans une réserve de moins de de superficie. Pourtant, le gouvernement ne parvint pas à empêcher les chasseurs de bisons de massacrer les troupeaux, ce qui amena les Comanches, menés par (White Eagle) à attaquer un groupe de chasseurs dans le Texas Panhandle lors de la seconde bataille d'Adobe Walls (1874). L'attaque fut un désastre pour les Comanches, et l'armée fut appelée pour ramener les Comanches restants dans la réserve. En à peine dix ans, les bisons furent sur le point de s'éteindre, mettant fin au mode de vie des Comanches en tant que chasseurs. En 1875, le dernier groupe de Comanches libres, dirigé par un guerrier Quahadi nommé Quanah Parker, capitula et partit pour la réserve de fort Sill dans l'Oklahoma.

Entre-temps, le gouvernement négocia le (1892) avec les Comanches, les Kiowas et les Apaches, réduisant encore leur réserve à pour le prix de par kilomètre carré. Chaque tribu obtint un territoire correspondant à un lopin de terre de par membre de la tribu. En 1906, on accorde de nouveaux lopins de terre à tous les enfants nés après le , et la terre restante fut ouverte à l'installation des colons.

Les Comanches n'étaient pas préparés à la vie dans un système économique occidental moderne, et beaucoup perdirent ce qu'il restait de leur terre et de leurs possessions. Pendant la Seconde Guerre mondiale, beaucoup de Comanches quittèrent les réserves en Oklahoma à la recherche d'opportunités financières dans les villes de Californie et dans le sud-ouest. Aujourd'hui, près de la moitié de la population comanche habite toujours en Oklahoma, autour de la ville de Lawton. C'est le lieu du pow-wow annuel, lorsque les Comanches de tout le pays se réunissent pour célébrer leur héritage et leur culture.

Culture Langue La langue parlée par les Comanches, le comanche (Numu tekwapu), est une langue numique. Elle est apparentée au shoshone, dont elle a divergé vers 1700. Les deux langues restent proches, mais quelques différences de prononciation empêchent toute communication.

À la fin du , beaucoup d'enfants comanches furent placés dans des internats avec d'autres enfants provenant de différentes tribus. On leur apprenait l'anglais et on décourageait l'usage de leurs langues maternelles. Malgré les efforts actuels en vue d'assurer la survie de la langue, la plupart des locuteurs sont maintenant âgés, et moins d'un pour cent des Comanches savent encore la parler.

À l'instar des Navajos sur le théâtre Pacifique, un groupe de d'origine comanche fut employé sur le théâtre européen pendant la Seconde Guerre mondiale pour coder et transmettre des messages de l'armée américaine, ce qui fut plus tard appelé le « code comanche »..

Organisation sociale vignette|redresse|Uwat (Comanche), photographie d'Edward Curtis, 1930. Les groupes Comanches n'avaient pas de dirigeant unique reconnu par tous ; un petit nombre de leaders jouaient le rôle de conseillers de l'ensemble du groupe. Ceux-ci comprenaient le « chef de paix », les membres du conseil, et le « chef de guerre ». Le chef de paix était habituellement un individu ayant une grande expérience. Il n'y avait pas d'attribution formelle ou d'élection à ce poste, la nomination se faisant par consensus. Le conseil prenait des décisions relatives aux territoires de chasse, à la nécessité de faire la guerre contre leurs ennemis, ou aux opportunités d'alliance avec d'autres bandes. Chaque membre pouvait s'exprimer durant les réunions du conseil, bien qu'habituellement ce soient les hommes âgés qui prenaient la parole. En temps de guerre, le groupe choisissait un chef de guerre. Pour pouvoir être choisi, un homme devait prouver qu'il était un guerrier courageux ; il devait également avoir le respect de tous les autres guerriers de la bande. Pendant les combats, le chef de guerre avait autorité sur les guerriers qui devaient tous lui obéir. Une fois le conflit terminé, il perdait son autorité. Les hommes comanches se chargeaient de la plupart des activités de chasse, ainsi que de tous les combats. Ils apprenaient à monter les chevaux pendant leur enfance, et étaient impatients de prouver leur valeur en se battant. Dans les plaines, les femmes Comanche étaient chargées des travaux astreignants comme la cuisine, la préparation des peaux, l'établissement du camp, l'élevage des enfants, et le transport des biens domestiques.

Naissance vignette|gauche|redresse|Mère comanche et son nourrisson dans un porte-bébé sur planche, photo d'Edward Curtis. Quand une femme était sur le point d'accoucher alors que la bande se trouvait au camp, elle se rendait dans un tipi, ou une hutte de broussailles durant l'été, assistée d'une ou plusieurs femmes plus âgées. Les hommes n'étaient pas autorisés à pénétrer dans le tipi pendant ou immédiatement après l'accouchement.