Vidi aquam est l'incipit d'une antienne grégorienne, et par extension le nom donné à cette antienne, qui peut accompagner le rite de l'aspersion au début de la messe pendant le temps de Pâques dans la liturgie de l'Église catholique et de l'Église anglicane.
Texte antienne latin français Livre d'Ézéchiel 47, 1 et 9http://media.musicasacra.com/books/latin_missal2002.pdf Vidi aquam egredientem de templo,a latere dextro, alleluia ;et omnes, ad quos pervenit aqua ista,salvi facti sunt, et dicent : alleluia, alleluia. J'ai vu l'eau jaillir du temple,du côté droit, alléluia ;et tous ceux que cette eau a atteints ont été sauvés,et ils chantent : alléluia, alléluia. verset latin français. Psaume 118(facultatif) Confitemini Domino, quoniam bonusquoniam in sæculum misericordia eius. Acclamez le Seigneur, car il est bon ;car éternelle est sa miséricorde.
L'antienne est répétée après le verset (antienne - verset - antienne - Gloria Patri...(doxologie) ).
Partition
thumb|center|upright=1.6 Écouter en ligne avec partition : avec chœur de l'abbaye de Pluscarden ou Schola Sanctæ Scholasticæ (Royaume-Uni)
Le Vidi aquam grégorien figure dans les manuscrits suivants :
Manuscrit manuscrit Einsiedeln 121, folio 392 (vers 960 - 970) : (antienne de procession lors de Pâques (folio 391 « ANT. AD PROCESSIONE / INFRA PASCHA »)) manuscrit Saint-Gall 339, folio 106 (bibliothèque de l'abbaye de Saint-Gall, vers 1000) : (de même, antienne de procession du dimanche pascal « DOMINICA SCA(sancta) PASCAE AD PROCESSIONEM ») Graduale Albiense, folio 67v (bibliothèque nationale de France, manuscrit latin 776, ) : manuscrit Graz 807 (graduel), folio 101v (bibliothèque de l'université de Graz, ) :
Usage liturgique L'antienne, qui contient le mot « alleluia » est en usage pendant le Temps pascal, y compris l'octave de Pâques, à partir de la vigile pascale. Elle remplace l' Asperges me, chantée toute l'année sauf au cours de cette périodeL'alléluia était tout d'abord réservé à Pâques, uniquement. Puis, celui-ci a été utilisé entre Pâques et la Pentecôte. La Regina Cœli garde encore cette tradition. Par la suite, le pape saint Grégoire le Grand fit chanter l'alléluia même après la Pentecôte..
Le chant accompagne le rite de la bénédiction et de l'aspersion de l'eau bénite.
Il est cependant évident que l'origine de cette pièce était une des antiennes de procession du dimanche de Pâques, selon les manuscrits les plus anciens et les plus sûrs, tel celui d'Einsiedeln 121.
Caractéristiques Alors que la mélodie de lAsperges me reste moins ancienne (), la notation de l'antienne Vidi aquam remonte au . Cette antienne est donc présumée par certains auteurs mieux préserver les véritables caractéristiques du chant grégorien authentique, composé entre les . Ainsi, l'ambitus (élan limité en octave) y est effectivement respecté. Le quilisma s'utilisait, trois fois, pour les mots : omnes, facti et le dernier alleluia.
Cet usage de l'alléluia dans le texte indique que, telle l'antienne mariale Regina Cœli, son utilisation est réservée à Pâques et au temps pascal.
Il existe une autre version, plus simple, avec le même huitième mode, sans quilisma. On peut y ajouter le même psaume facultatif comme verset.
Postérité
L'antienne grégorienne a été publiée par Dom René-Jean Hesbert dans le Corpus antiphonalium officii, en tant que .
Le texte du Vidi aquam a été mis en musique par de nombreux compositeurs entre la Renaissance et la période contemporaine, notamment sous la forme de motets. Six arrangements différents du Vidi aquam pour trois et quatre voix figurent dans les Codices de Trente, une collection de manuscrits de musique du milieu du . Un Vidi aquam d'un auteur anonyme (motet à cinq voix) figure dans le Livre de chœur de Lambeth, un manuscrit enluminé du début du ; un autre Vidi aquam anonyme, un motet à quatre voix, figure également dans les Gyffard partbooks, un recueil manuscrit de musique de la Renaissance anglaise de la fin du .
À la Renaissance : (motet à quatre voix), Manuel Cardoso (deux motets à quatre voix, l'un dans le Liber primus missarum, l'autre dans le Liber secundus missarum), Roland de Lassus (motet à cinq voix), Filipe de Magalhães (motet à quatre voix), Cristóbal de Morales (motet à quatre voix), Tomás Luis de Victoria (motet à quatre voix). Un Vidi Aquam est attribué à Palestrina, mais de façon incertaine.
À la période baroque : José de Torres (un motet dans le Missarum Liber de 1703.), Samuel Webbe
Au : Josef Gruber (motet à quatre voix), Michael Haller (motet à quatre voix)
À la période contemporaine : William Armiger (motet à quatre voix), Domenico Bartolucci, Paul Grady (motet à sept voix), Oreste Ravanello. En 2020, le compositeur James MacMillan compose pour l'ensemble ORA un Vidi aquam à 40 voix, s'inspirant du Spem in Alium de Tallis, auquel la revue Classical Music trouve the aura of a masterpiece Spem in alium - Vidi Aquam sur musicologie.org..
Par ailleurs, le Vidi aquam, du fait de son texte, a pu inspirer la liturgie liée aux sanctuaires de fontaine. Par exemple, auprès de la source consacrée à sainte Quitterie près d’Aire-sur-l'Adour : « J'ai vu l'eau vive jaillissant du cœur du Christ, alléluia. Tous ceux que lave cette eau seront sauvés et chanteront : alléluiahttp://landes.catholique.fr/IMG/pdf/fontaine_aire-sur-l_adour_br_360.pdf. »
Voir aussi Chant grégorien Antienne Asperges me
Liens externes Documents Académie de chant grégorien, antiphona Vidi Aquam Université de Ratisbonne, neumes en synopsis Vidéo en ligne Gramophone 054773 (1904), avec notation en quatre lignes, chanté par Antonio Rella., maître de la chapelle Sixtine au Vatican : Plusieurs enregistrements sont disponibles sur YouTube dont :
Bibliographie Liturgie latine — mélodie grégorienne, Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, Solesmes 2005, 136 p.
Antiphonale synopticum (université de Ratisbonne) : (y compris des variations de texte)
Notes et références
Catégorie:Partie de la messe