thumb|La Question arménienne
Krikor Zohrab (ou Grigor Zohrap, en ) est un écrivain arménien ottoman, né à Beşiktaş, Constantinople (aujourd'hui Istanbul, Turquie) le . Homme politique de renom, avocat et philanthrope, il est arrêté et assassiné début par le gouvernement ottoman dans le cadre du génocide arménien.
Biographie Krikor Zohrab naît dans le quartier stambouliote de Beşiktaş le . Il fait ses études primaires au lycée du district de Makruyan. Après le décès de son père, sa mère se remarie avec un avocat renommé et la famille s'installe à Ortaköy, où Krikor poursuit ses études au lycée de Targmanchats. C'est durant cette période qu'il commence à écrire de la poésie et des essais.
En 1876, il entre au lycée de Galatasaray et y acquiert des connaissances en géométrie et en pratique juridique. A cette époque, il collabore avec la revue Lraber. En 1880, il devient scribe dans le cabinet d'avocats de son beau-père, tout en suivant des cours de droit au lycée Galatasaray. Un an plus tard, quand le lycée ferme ses portes, Zohrab est transféré dans un autre établissement d'enseignement, qu'il quitte deux ans plus tard sans obtenir de diplôme. En 1884, il réussit l'examen à Edirne et obtient son diplôme de juriste.
Au début des années 1880, Zohrab s'engage dans la vie publique et devint une figure prometteuse du mouvement littéraire. Il obtient le titre de professeur et enseigna le droit pénal à l'Université de Constantinople. En 1883, avec l'aide de Hagop Baronian, il fonde la revue Erkragund, qui publiera par la suite son premier roman, La Génération disparue, roman qui sortira en volume en 1887.
En 1892, il dirige la revue Massis, qui avec Arevelk publie ses premières œuvres. Cette période marqua l'apogée de sa créativité. Il écrit ensuite son second roman, resté inachevé, Nardik. Ses nouvelles et ses articles sociaux à caractère politique lui valent également une large reconnaissance.
Arrestation et exécution Lors de la rafle des intellectuels arméniens du 24 avril 1915, qui marque le début du génocide arménien, Krikor Zohrab est l'un des rares, avec Vartkès, à ne pas être arrêté, peut-être pour être gardés comme l'historien Raymond Kévorkian en fait l'hypothèse. En mai, Vartkès et Krikor Zohrab sont les seules personnalités de poids de l'élite arménienne stambouliote encore présentes. À présent convaincus des réelles intentions du gouvernement jeune-turc, ils refusent toutefois de quitter le pays malgré les pressions de leur entourage (Bedri bey, préfet de police, conseille à Vartkès de quitter la capitale) et interpellent les membres du gouvernement au sujet des exactions subies par les Arméniens. Ils rencontrent notamment Talaat Pacha et cherchent à récupérer l'argent saisi lors de la perquisition des bureaux du journal Azadamard, argent qu'ils récupèrent le des mains de Bedri bey. Le , Vartkès rencontre de nouveau Talaat, qui l'informe du projet de l'extermination des Arméniens et dit à son interlocuteur interloqué vouloir ainsi continuer l’œuvre du sultan Abdülhamid II.
Le soir du , les deux hommes sont interpellés à leur domicile. Ils transitent au commissariat de Galatasaray puis sont envoyés par bateau à la gare de Haydarpaşa sous escorte policière. Leur destination est officiellement la ville de Diyarbakır, afin d'y être jugés par une cour martiale. Ils arrivent à Konya le puis peu après à Adana. Là, ils reçoivent la visite du chancelier de l'archevêché, qui raconte plus tard que Vartkès est alors .
Ils passent ensuite un mois à Alep, du au , où ils logent dans un hôtel grâce au vali Djelal bey, un de leurs amis. Djelal bey et d'autres tentent d'intercéder en leur faveur auprès de Talaat et Djemal Pacha, sachant pertinemment le sort qui les attendait s'ils quittaient Alep. Talaat convoque Djelal à Constantinople et, le jour même de son départ, Krikor Zohrab et Vartkès sont emmenés dans une prison à Urfa. Invités à un dîner par un autre député, Mahmud Nedine, ils sont arrêtés par des policiers au domicile de ce dernier.
Peu après avoir quitté Urfa, ils sont assassinés semble-t-il le ( dans le calendrier julien) par Çerkez Ahmed sur la route de Diyarbakır, à deux heures de leur ville de départ, dans la gorge de Seytan deresi. Ce dernier raconte : . Le , le ministre d'Intérieur Talaat Pacha envoie au gouverneur d'Alep un rapport selon lequel Krikor Zohrab est « mort des suites d'un accident ».
Œuvre En arménien
En français
Hommages thumb|Timbre-poste arménien émis à l'occasion du de la naissance de Krikor Zohrab. En 1899, le Comité juif a envoyé une médaille d'or du portrait de Dreyfus et une lettre de remerciement, car Zohrab a écrit une défense pour l'affaire Dreyfus.
En 2011, un timbre-poste arménien est émis à l'occasion du anniversaire de la naissance de Krikor Zohrab.
En , une plaque en son honneur et à celle des avocats arméniens assassinés lors du génocide est posée dans les locaux de l'École de formation professionnelle des barreaux de la cour d'appel de Paris.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Population arménienne ottomane Rafle des intellectuels arméniens du 24 avril 1915 à Constantinople
Bibliographie
Liens externes
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