L'Arsenal VB 10 est un chasseur lourd français de la Seconde Guerre mondiale. Dessiné en 1938 par l’ingénieur général de l'Air Marius Vernisse, assisté de l’ingénieur Badie (Initiales VB pour Vernisse-Badie), le prototype ne put être achevé avant l'armistice du 22 juin 1940. Il ne prit donc l'air qu'une fois la guerre terminée et resta au stade expérimental.

Origine

En 1938, l’Arsenal de l'aéronautique reçut commande d’un chasseur lourd destiné à l'Armée de l'air et l'Aéronavale. Or, faute de pouvoir disposer de moteurs de pour équiper un projet de quadrimoteur transatlantique, l’ingénieur Vernisse avait étudié en 1937 la possibilité de monter en tandem deux en V Hispano-Suiza de entraînant des hélices contrarotatives. Cette idée fut reprise sur le projet du futur chasseur, développé en collaboration avec l’ingénieur Badie (d’où les initiales VB).

Description

Le VB-10 se présentait comme un monoplan monoplace à aile basse cantilever et train classique escamotable, avec des allures de monomoteur puisqu’il était entraîné par deux moteurs 12 cylindres en V Hispano-Suiza montés en tandem dans le fuselage, entraînant des hélices contrarotatives. Le pilote était installé entre les deux moteurs et l’armement prévu très impressionnant pour l’époque : de et de voilure. Outre sa motorisation, le VB-10 s'annonçait comme un appareil moderne et ambitieux, construit entièrement en alliages légers. Mais la France manquant d’aluminium, il fut décidé en 1939 de modifier la structure de l’appareil afin qu’une partie de la cellule puisse être réalisée en bois.

Victime des événements

La décision de construire un avion en matériaux non stratégiques engendra du retard dans la réalisation du prototype et, bien qu’une commande de ait été établie en , le VB-10 n’avait pas pris l’air au moment de l’Armistice de 1940. En , le RLM autorisera les autorités de Vichy à reprendre la mise au point du groupe-moteur, mais Michel Vernisse fut arrêté par les Allemands pour manque de collaboration et le banc d’essais volant du moteur détruit par un bombardement allié à Lyon-Bron le .

Remis en chantier en , le VB 10 effectua son premier vol le 7 juillet 1945 piloté par Modeste Vonner, avec deux Hispano-Suiza 12Y-31 de . Le le prototype atteignit , justifiant une commande de à produire par la SNCAN à Méaulte.

Un programme catastrophe

Le second prototype fut motorisé avec des moteurs Hispano-Suiza HS 12Z12/13 de , et prit l'air le . Il fut suivi le du premier avion de série, équipé de moteurs HS 12Z Ars 15/16. Ces moteurs Hispano-Suiza produits après guerre se montrèrent rapidement décevants : Pannes à répétition et problèmes de surchauffe des moteurs entraînèrent dans un premier temps la réduction de la commande à . Le , le prototype 02 prit feu en vol dans le sud de la région parisienne. Son pilote, Pierre Decroo, parvint à éviter que l’appareil ne s’écrase sur une zone habitée avant de sauter en parachute mais il fut gravement brûlé. Le , le pilote Koechlin périt carbonisé à bord du troisième exemplaire de série. Ce fut le dernier avion à voler. Cet accident entraîna l’annulation du programme le suivant et l’envoi à la ferraille des appareils construits (5 au total) ou en cours de production.

Références

Jacques Nœtinger, Le . À propos de l'Arsenal VB 10-01. Revue Pegase ()

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