La zingara (La Bohémienne) est un opéra semiseria (melodramma semiserio) en deux actes, musique de Gaetano Donizetti, livret d'Andrea Leone Tottola, représenté pour la première fois au Teatro Nuovo de Naples le .

Histoire

Après le succès de Zoraida di Granata, créé à Rome au début de 1822, Donizetti part dans la seconde quinzaine de février pour Naples, où il s'est engagé par contrat vis-à-vis de l'impresario Domenico Barbaja. Il y arrive peu de jours avant que Rossini ne quitte définitivement la ville avec Isabella Colbran, la célèbre prima donna qu'il ne va pas tarder à épouser.

À Naples, parmi divers travaux comme la direction des répétitions d'un ouvrage de Carafa et la composition d'une cantate pour la naissance de la fille du prince de Salerne, Marie-Thérèse, future impératrice du Brésil, Donizetti compose très rapidement« precipitevolissimevolmente » (cité par Kaminsky, p. 338) un nouvel opéra sur un livret du prolifique Andrea Leone Tottola, basé sur un mélodrame de Louis-Charles Caigniez intitulé La Petite bohémienne (Paris, 1816)probablement via une adaptation italienne non identifiée, lui-même imité d'une pièce d'August von Kotzebue.

Créée au Teatro Nuovo le , La zingara enchante le public napolitainLe critique du Giornale del Regno delle Due Sicilie du évoque un Donizetti « couronné de succès » et indique que : « le public l'a appelé à plusieurs reprises et lui a accordé des applaudissements enthousiastes » (cité par Ashbrook, p. 26). Francesco Florimo, futur directeur de la bibliothèque du Conservatoire et ennemi déclaré de Donizetti, rapporte que le compositeur Carlo Conti recommanda à des élèves du Conservatoire, parmi lesquels Vincenzo Bellini et lui-même, de ne pas manquer La zingara car elle renfermait un septuor qui n'avait pu être écrit que par un élève de Mayr (Bellini: memorie e lettere, Florence, 1882, pp. 129-130). et reçoit vingt-huit représentations consécutives. Donizetti lui-même écrit le : « Le chanceux Donizetti a fait ses débuts dimanche avec La zingara, et le public n'a pas ménagé ses compliments. Je pourrais presque dire qu'il l'en a couvert, alors qu'à Naples ils applaudissent très peu [...] Hier, à la deuxième représentation, le public n'a pas négligé certains morceaux qui lui avaient échappé le premier soir. J'ai été appelé à nouveau pour recevoir des applaudissements que les chanteurs méritaient peut-être plus que moi. Ce soir, pour la première fois, le roiFerdinand I des Deux-Siciles viendra. »Donizetti à Anna Carnevali, , cité par Ashbrook, p. 26

Dès le mois de juillet, La zingara est reprise à Naples et tient encore l'affiche pendant vingt représentationsAshbrook, p. 26. P. Kaminsky (p. 338) donne pour sa part le chiffre de 24.. Premier opéra de Donizetti à être représenté en dehors d'Italie, elle est donnée en Allemagne en 1823. Elle a sa dernière représentation au à La Havane en 1859Ashbrook, p. 603 note 32. Elle n'est remontée, avec succès, qu'en 2001 au festival de Martina Franca.

Distribution

RôleType de voixDistribution lors de la premièrele Argillamezzo-sopranoGiacinta CanoniciInessopranoCaterina MonticelliFernandoténorMarco VenierDon Ranuccio ZappadorbarytonCarlo MoncadaDon Sebastiano AlvarezbarytonGiuseppe FioravantiDuca di AlzirasténorAlessandro BustiPapaccionebasse bouffeCarlo CasacciaAmelia sopranoFrancesca CeccheriniGhitasopranoClementina GrassiManuelitasopranoMarianna GrassiAntonio Alvarez ténorRaffaele SartiSguiglio ténorRaffaele Casaccia jrDomestiques de Zappador, bohémiens.

Argument

Le méchant Ranuccio a fait emprisonner Don Sebastiano dans son château et médite d'assassiner le duc d'Alziras. La fille de Ranuccio, Ines, aime le frère du duc, Ferrando, mais son père veut lui faire épouser Antonio, neveu de Don Sebastiano. Argilla, une Bohémienne rusée, de passage au château pour y dire la bonne aventure aux uns et aux autres, a vent de ces intrigues et parvient à les déjouer. Elle unit les amants Ines et Ferrando, déjoue le complot de Ranuccio pour assassiner le duc d'Alziras, réunit ce dernier avec son frère Ferrando et libère Don Sebastiano, non sans convaincre au passage le domestique ridicule Pappacione d'explorer une vieille citerne à la recherche d'or. En définitive, elle se révèle être la fille depuis longtemps perdue de Don Sebastiano.

Analyse

La zingara comporte, comme c'était la règle au Teatro Nuovo, une basse bouffe — le célèbre Carlo Casaccia lors de la première — et des dialogues parlés en napolitain qui lui confèrent son caractère semiserio. Pour le reste, il s'agit d'un de ces mélodrames compliqués et larmoyants dans la tradition de Kotzebue, dont la pièce de Caigniez est paraît-il inspiréeselon la page de titre de l'édition originale publiée à Paris en 1816.

Le septuor de l'acte II passe pour être la préfiguration du sextuor de Lucia di LammermoorKaminsky, p. 338.

Discographie

AnnéeDistribution (Argilla, Ranuccio, Duca di Alziras, Sebastiano)Chef d'orchestre,Orchestre et chœurLabel2001 Manuela Custer,Filippo Morace,Cataldo Gallone,Piero Terranova Arnold Bosman,Orchestre International d'Italie,Chœur de chambre de Bratislava CD Audio : DynamicRéférence : CDS396Enregistrement live

Notes et références

Voir aussi Sources

William Ashbrook, Donizetti and his operas, Cambridge University Press, 1982

Piotr Kaminski, Mille et un opéras, Paris, Fayard, coll. Les Indispensables de la musique, 2003

Liens externes

Livret intégral en italien Fiche sur la base operone

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