Gérard Blain, né le à Paris où il est mort le , est un acteur, réalisateur et scénariste français.

Biographie Enfance Gérard Blain est issu d'une famille parisienne depuis plusieurs générations. Il est très jeune quand son père, architecte en chef de la ville de Paris, délaisse le foyer familial. Les relations de Gérard Blain avec sa mère et sa sœur deviennent alors conflictuelles. Il quitte l'école à 13 ans sans même avoir le certificat d'études primaires et commence une vie mouvementée d'enfant de la rue, livré à toutes sortes de difficultés dans le Paris de l'Occupation. L'année de ses 14 ans, alors qu'il travaille comme garçon d'écurie à Maisons-Laffitte, il est victime d'une agression sexuelle de la part d'un hommeJean-Claude Brialy, J'ai oublié de vous dire...XO éditions, 2004, p.163 : « Il [Gérard Blain] avait commencé à travailler adolescent, et c'est l'année de ses quatorze ans qu'un drame atroce bouleversera définitivement sa vie. Lad à Maisons-Laffitte, il fut victime d'une agression. Il est toujours resté très secret sur ces sombres années mais, de ce presque viol, Gérard garda toute sa vie une terrible blessure qui jamais ne se referma. Il fit toujours montre d'une haine farouche envers les homosexuels. ». À 14 ans, il fait un bref séjour dans les FFI. Il dira lui-même « Depuis mon enfance, je me considère avec la société en état de légitime défense ». Cette enfance malheureuse sera un des sujets récurrents de ses films, notamment Un enfant dans la foule, film aux accents autobiographiquesIl décrit lui-même ce film comme contenant . Supplément DVD de Un enfant dans la foule.

Débuts Il commence par hasard à faire de la figuration dans des films, remarqué pour sa « belle petite gueule ». C'est Julien Duvivier qui, en lui donnant enfin un rôle consistant dans Voici le temps des assassins, alors qu'il a 26 ans, le lance définitivement dans le monde du cinéma. Du fait de son allure de jeune rebelle, il est présenté dans les médias comme le Jean-François Rauger, Gérard Blain, rebelle intransigeant du cinéma français , Le Monde, 18 décembre 2000. Il rencontre les réalisateurs de la Nouvelle Vague, notamment Jean-Luc Godard et Claude Chabrol, nés la même année que lui. Il devient vedette avec Le Beau Serge réalisé par Claude Chabrol, avec qui il tourne ensuite Les Cousins. Il travaille également pour le cinéma italien, où il tient la vedette dans plusieurs films au début des années 1960. Il joue dans le film hollywoodien Hatari aux côtés de John Wayne et prétend lui avoir appris à tenir une winchesterJean-Claude Brialy, J'ai oublié de vous dire…, XO éditions, 2004, p. 166 : . Toutefois, ne pouvant s'adapter au vedettariat à l'américaine, il refuse de signer un contrat et revient en France.

Ses idées de sur le cinéma se heurtent à un certain conformisme qu'il rejette. C'est un acteur rebelle, moralement intransigeant, nostalgique des , en révolte permanente contre son temps. Associé à la Nouvelle Vague, il n'en déclare pas moins plus tard que Sébastien Catroux, La Mort de Gérard Blain, Le Parisien, 18 décembre 2000.

Passage à la réalisation Insatisfait de son métier d'acteur, il décide de s'exprimer en passant à la réalisation et signe en 1971 le film Les Amis. Gérard Blain se veut un puriste du cinéma, préférant les acteurs amateurs aux professionnels, partisan de l'épure des plans et d'un son maîtrisé, hostile à tout effet artificiel. Son cinéma est extrêmement influencé par celui de Robert Bresson, qu'il admire. Il tourne en tant que réalisateur une dizaine de films, dont deux sont sélectionnés pour le Festival de Cannes, mais il n'arrive jamais à obtenir un véritable succès populaire. Bien que son partenaire à l'écran Jean-Claude Brialy ait écrit plus tard que Blain, suite à l'abus sexuel qu'il avait subi, faisait montre d', plusieurs de ses films en tant que réalisateur, notamment Les Amis, traitent du thème de l'homosexualité de manière sensible. Un enfant dans la foule, qui montre un jeune adolescent négligé par sa famille connaitre des expériences sexuelles avec plusieurs hommes et une femme, s'inspire directement de l'expérience vécue par Gérard BlainDidier Roth-Bettoni, L'Homosexualité au cinéma, La Musardine, 2007, p. 234.

Certains considèrent Gérard Blain comme un « anarchiste de droite », en raison de son anticonformisme éthique. En 1999, il signe pour s'opposer à la guerre en Serbie la pétition « Les Européens veulent la paix »., lancée par le collectif Non à la guerre.. Il considère aussi que la France est sous une trop grande influence américaine et fait savoir son soutien à Jack Lang quand celui-ci, nouveau Ministre de la culture, refuse d'aller au Festival du cinéma américain de Deauville : . Son film Pierre et Djemila, présenté au festival de Cannes 1987, aborde les questions de l'immigration, de l'intégration et du racisme à travers l'histoire d'amour tragique entre deux adolescents, un Français et une Maghrébine. Le film est cependant accusé de racisme car l'un des coscénaristes, Michel Marmin, est un membre de la Nouvelle Droite"Pierre et Djemila", de Gérard Blain Les enfants qui voulaient s'aimer, Le Monde, 13 mai 1987. Atteint par cette polémique, Gérard Blain reste ensuite plusieurs années sans tourner pour le cinémaCécile-Fleur Brunod, La Nuit Gérard Blain, Il était une fois le cinéma.

Vie privée Il a été successivement marié aux actrices Estella Blain (1953 à 1956) et Bernadette Lafont (1956 à 1959), puis à Monique Sobieski (1960 à 1966) avec qui il a eu un fils (Paul, 1960), enfin à Marie-Hélène Bauret (1966 à 2000) avec qui il a eu deux autres fils (Régis et Pierre).

Mort Le , Gérard Blain décède des suites d'un cancer à l'âge de 70 ans. Il est inhumé au cimetière de Saint-Cloud.

Filmographie Acteur

Réalisateur

Théâtre 1945 : Topaze de Marcel Pagnol, mise en scène Alfred Pasquali, théâtre Pigalle. 1947 : Les Épiphanies d'Henri Pichette, mise en scène Georges Vitaly, théâtre des Noctambules. 1953 : Été et Fumées, adaptation par Paule de Beaumont de la pièce Summer and Smoke de Tennessee Williams, mise en scène Jean Le Poulain, théâtre de l'Œuvre. 1955 : La Tragédie des Albigeois de Maurice Clavel et Jacques Panijel, mise en scène Raymond Hermantier, festival de Nîmes. 1959 : Le Vélo devant la porte, adaptation par Marc-Gilbert Sauvajon de la pièce Desperate Hours de Joseph Hayes, mise en scène Jean-Pierre Grenier, théâtre Marigny.

Distinctions Récompense Festival de Locarno 1971 : Léopard d'or de la meilleure première œuvre pour Les Amis

Sélections Berlinale 1974 : Le Pélican, sélection officielle en compétition pour l'Ours d'or Festival de Cannes 1976 : Un enfant dans la foule, sélection officielle en compétition pour la Palme d'or Festival de Cannes 1987 : Pierre et Djemila, sélection officielle en compétition pour la Palme d'or Festival de Locarno 1999 : Ainsi soit-il, en compétition pour le Léopard d'or

Bibliographie

Nicolas Azalbert, « Gérard Blain, légitime défense », Cahiers du cinéma, , , pp. 88-95

Notes et références

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