vignette|Illustration du pont et du ruisseau de Zennor tirée de The Mermaid of Zennor. Zennor est un village du comté des Cornouailles, à l’extrême sud ouest du Royaume-Uni. Il est situé sur la côte nord de la péninsule de Penwith, à une dizaine de kilomètres au nord de Penzance. Classé site naturel remarquable , il présente à l'instar des paroisses voisines de nombreux vestiges préhistoriques et témoignages d'un passé minier.
Son nom, le dernier dans la liste alphabétique des paroisses de Grande-Bretagne, est une transcription de celui de la sainte locale, appelée dans les manuscrits latins , écrit Senar et prononcé Zenor [zénɔʀ] en cornique. Zennor, siège d'une paroisse civile, réunit en outre trois hameaux qui s'étirent vers l'ouest le long de la , , et , ainsi que quelques écarts dispersés dans un bocage que dessine un réseau néolithique de chemins creux typiques.
Administration locale
La paroisse civile de Zennor élit tous les trois ans un Conseil. Ancienne paroisse du puis doyenné de Penwith, elle a été réunie le , par amendement de la , avec Madron, son voisin méridional, et les autres villages dans le . Du au , quand est entrée en vigueur la , elle a été rattachée au district de Penwith, et à ce titre participé aux . Depuis, elle est intégrée dans l'autorité unitaire du .
vignette|centré|Territoire de Zennor parmi les autres paroisses de la péninsule de Penwith.
Préhistoire Six artefacts, dont deux galets de quartz, l'un percé trouvé à Wicca, « . », in Cornish Archaeology, , , , Redruth, 1982 ., l'autre incisé trouvé à A. C. Thomas, « An inscribed pebble from Porthmeor, West Penwith. », in Proceedings of the , I, , Zennor, 1956., témoignent d'une fréquentation concentrée sur le site du futur Zennor durant le Mésolithique. Les habitants appartiennent à un même groupe de population qui, dans les Scilly, les îles Anglo-Normandes, les côtes de Basse-Bretagne et d'Irlande, exploite l'estran, particulièrement les pétoncles, les huitres, et les bigorneaux, voire les patelles.
Ả partir de , soit environ deux siècles après le début de la construction du cairn de Barnenez ou des plus anciennes tombes à couloir érigées plus au sud dans la région du Grand menhir, ces pêcheurs à pied, devenus en deux cents générations des hauturiers chasseurs de mammifères marins, entrent progressivementJ. G. D. Clark, Mesolithic Prelude : the Palaeolithic-Neolithic transition in Old World prehistory, , Presse universitaire d’Édimbourg, Édimbourg, 1980. dans le Néolithique en mettant au point une même architecture mégalithique de .
vignette|gauche|Sur les hauteurs qui séparent Zennor de Saint-Ives, la , sauvée en 1861 d'une destruction entamée par un éleveur, double, à peut être plus de deux milles d'écart, la quoite de . À un peu plus de deux kilomètres d'un rivage alors plus avancé, dominant aujourd'hui à deux cent trente mètres d'altitude la , un premier dolmen, aujourd'hui trop dégradé pour pouvoir être daté, est érigé sur la colline de Trendrine. Il est désigné aujourd'hui par un nom mêlant moyen anglais et cornique, celui de quoiteAncien français signifiant dolmen et resté dans ces toponymes anglais. de la , c'est-à-dire de l'Esprit. Les orthostates sont aujourd'hui dispersés alentour mais le monument faisait un mètre cinquante de haut.
Ả l'ouest, entre Zennor même et , un second dolmen, témoin possible d'un accroissement démographique, est construit dans un thalweg, la de Pennance. Haut de deux mètres, le cairn circulaire, relativement bien conservé, a un diamètre de huit mètres et présente une forme typique de la péninsule cornouaillaise et des Sorlingues, dit . La chambre intérieure, longue de quatre mètres, a pu, par retrait récurrent des ossements ou dépôts d'urnes funéraires, être le cimetière local de l'époque. Il est presque identique à une troisième située le long du thalweg suivant, moins de mille mètres plus à l'ouest au sud de Treen, en retrait de la . Ce dernier dolmen à un jumeau plus petit et a la particularité d'être orienté de façon qu'au solstice d'hiver, les rayons du soleil entrent dans la chambre en effleurant une éminence rocheuse située au sud-ouest, Carn Galva.
Érigée en position éminente à trois cents mètres de la , la , autre , semble, à cause de son caractère monumental et des techniques que cela suppose, très postérieure, peut être de deux mil ans. Le dolmen est haut de deux mètres quarante. La dalle, large de cinq mètres, pèse neuf tonnes.
Dès , c'est-à-dire en même tempsJean Danzé, Bretagne pré-celtique. Aux origines du peuplement armoricain., Coop Breizh, Spézet, 2001 . que leurs voisins d'outre-MancheJ. Briard, La protohistoire de Bretagne et d'Armorique, , Gisserot, Paris, 1991., ancêtres des Osismes avec lesquels ils développent une même civilisationP. R. Giot, J. Briard & L. Pape, Protohistoire de la Bretagne, , Ouest-France, Rennes, 1979. aristocratique, les futurs Cornouaillais entrent dans l'âge du bronze. Peut être le font-ils déjà, comme c'est alors le cas , sous l'impulsion des marins porteurs de la civilisation campaniforme. Sur le site de Zennor, ils disposent de deux des trois ressources nécessaires à la fonte du métal, mais le bois, lui, fait défaut. De la falaise de la , ils extraient le cuivre, dont les principaux gisements se trouvent en Cambrie et en Espagne. Des sables alluvionnaires grisés, ils récupèrent l'étain, dont les principaux gisements sont dans le Dartmoor et sur les rives de l'Aber-Ildut. En deux siècles, se développe avec les régions alentour un mode de vie princier, dit civilisation du Wessex, identique à la civilisation des tumulus armoricains.
Les habitations, du moins celles dont, quelques millénaires plus tard, il reste des traces, sont rassemblées sur la colline, dans le col qui s'étend entre la et le sommet recouvert de plusieurs cairns qui, immédiatement à l'est, domine toute la région. Ce sont sept alignées est ouest le long de la ligne de crête. À partir du , le site participe au développement capitalistique général du réseau d'échanges atlantique. Alors qu'à des dizaines de lieues au nord, le Dartmoor fait l'objet d', le territoire de Zennor se parsème d'étangs à roséeRobin Menneer, « Unusual old features in cornish hedges », , Guilde of Cornish Hedgders, Penzance, 2007., seulsRobin Menneer, « Unusual old features in cornish hedges », , Guilde of Cornish Hedgders, Penzance, 2007. points d'eau douce pouvant alimenter un élevage plus intensif.
Histoire Une génération après l'expédition exploratoire du carthaginois Himilcon partie de la colonie phénicienne de Tartessos, le grec Hérodote évoque sous le vague nom de Cassitérides les lointains rivages exportateurs d'étain, tels que le sont alors ceux du futur Zennor. Quelque trois cents ans plus tard, vraisemblablement durant la première moitié , le site participe au processus général de fortification que connaissent les promontoires des trois rives, irlandaise, britannique et armoricaine, de la mer Celtique. Le long de la côte septentrionale des Cornouailles, entre la Pointe Finistère et, distant de plus de cent kilomètres au-delà de Tintagel, , Bosigran et Trereen Dinas sont deux des . vignette|L'éperon barré de Trereen Dinas, sur la , date de l'âge du fer et domine la , dont la falaise fournissait le minerai de cuivre. À droite, les ruines du bâtiment érigé au au-dessus de la mine. Trereen Dinas est un éperon barré maritime qui, . Cinq lignes de défense ferment la . Entre un mur extérieur long de soixante mètres et une enceinte intérieure épaisse de cinq, autrefois beaucoup plus haute que le mètre quatre vingt qui se voit aujourd'hui, un talus sépare deux fossés. L'enceinte, dont le côté intérieur est un gradin à cinq étages, abritait sur trois hectares trois , dont l'une ne datait peut être que du Moyen Âge. À l'extérieur, révèlent que seize huttes semblables se blottissaient en deux groupes sur le côté oriental du promontoire, à l'abri du vent dominant. Au sud ouest, à moins d'un mille, le Château de Bosigran, traditionnellement appelé ainsi parce que le promontoire est ceint par un mur haut de plus de deux mètres, large de quatre et long de cent vingt, semble n'avoir été qu'un refuge pour les impedimenta« Bosigran Castle », Pastscapes, Patrimoine anglais, Swindon, décembre 2012. permettant à Trereen Dinas de soutenir un long siège.
Au lieu-dit , une typique de la péninsule cornouaillaise garde l'accès à la et son éperon barré. Un village de se développe autour. C'est là qu'à la fin de l'âge du fer le dispositif est équipé d'un . L'enceinte de Bosigran est alors reconstruite et le talus intermédiaire de Trereen Dinas est couronné d'un créneau, aujourd'hui disparu.
Avant le , dans le cadre de l'éradication du pélagianisme qui suit les missions menées en 429 et 436 par les évêques Palladius et Germain, une première église publique est construite au milieu d'une enceinte de l'âge du bronze, laquelle servira dès lors de cimetière. En 1170, la paroisse est enregistrée sous le patronage masculin de saint Sinar, en 1235 sous celui, féminin, de sainte Sinara, Nicholas Roscarrock's Lives of the Saints: Cornwall and Devon., , Coll. , n° XXXV, Devon and Cornwall Record Society, Exeter, 1992, ., ce qui ne signifie pas que le culte aurait été féminisé tardivement. Les bâtiments de l'actuelle datent du , 1172 ou 1177 à en croire l'inscription d'un chambranleW. Borlase, Registre de fabrique, Zennor, inédit, 1772, cité in J. Th. Blight, Churches of west Cornwall, , Association archéologique cambrienne, Oxford, 1865., mais le mur méridional conserve une fenêtre de style normandW. Borlase, Registre de fabrique, Zennor, inédit, 1772, cité in J. Th. Blight, Churches of west Cornwall, , Association archéologique cambrienne, Oxford, 1865., antérieur d'un siècle. La tour en granit appareillé typique du gothique vertical cornouaillais est de la seconde moitié du J. Th. Blight, Churches of west Cornwall, , Association archéologique cambrienne, Oxford, 1865.. Les travées dissymétriques, du .
Village minier, Zennor voit au ses contingents d'ouvriers émigrer vers les mines du nord de l'Angleterre, de l'Afrique du Sud, de l'Australie, de l'est des États-UnisWilliam A. Morris, « An Investigation into Migration Patterns for the Parish of Zennor in Cornwall during the Second Half of the Nineteenth Century », in , Cornish Studies, II, 7, , Presse de l'Université d'Exeter, Exeter, 1999..
La légende de la sirène de Zennor
Mathew Trewella était un beau jeune homme avec une belle voix. Chaque soir, il chantait en solo l'hymne de clôture à l'église de Zennor. Moreven, , dans la Crique du bout de l'eau (Pendour Cove), fut envoûtée par la musique. Elle se vêtit d'une robe longue pour cacher sa longue queue et avança un peu maladroitement jusqu'à l'église. Elle se contentait au début d'écouter avec émerveillement les chants de Mathew avant de retourner discrètement à la mer. Tous les jours elle venait à l'église et finalement, devenant plus audacieuse, elle resta de plus en plus longtemps. C'est lors d'une de ces visites que son regard rencontra celui de Mathew, et tous deux tombèrent amoureux.
vignette|Le rivage et la crique de Veor depuis le rocher qui ferme la crique de Pendour. Toutefois, la sirène savait qu'elle devait retourner à la mer ou mourir. Comme elle s'apprêtait à partir, Mathew lui déclara : « S'il vous plaît, ne me quittez pas, qui êtes-vous, d'où êtes-vous? ». La sirène lui répondit qu'elle était une créature de la mer, fille du roi qui règne sur les flots, et qu'elle devait y retourner. Mathew se sentait tellement amoureux qu'il jura de la suivre où qu'elle allât. Il la transporta jusqu'à l'anse et la suivit sous les vagues pour disparaître à jamais.
Il est dit que si, au coucher du soleil, vous vous asseyez dans les hauteurs de Pendour Cove par une belle soirée d'été et que vous tendiez l'oreille, vous pourrez entendre le chant de Mathew porté par la briseCf. détails sur le site Cornish Myths and Legend..
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