vignette|Rayon dépouillé dans un supermarché en Chine à la suite de la contamination ().
Le scandale du lait de vache frelaté est un scandale sanitaire de santé publique en Chine survenu en 2008. Certains lots de lait de consommation courante et de lait infantile produits en Chine ont contenu pendant 10 mois de la mélamine, toxique, afin de les faire apparaître plus riches en protéines. De plus, des lots impropres à la consommation achetés aux deux-tiers du cours ont été ainsi maquillés en lots répondants aux normes sanitaires.
La compilation de la presse chinoise par Reuters suggère que le nombre de malades découlant de la contamination du lait par la mélamine a pu s'élever à à fin .
Les plaintes de malades ont été étouffées par les producteurs et les élus locaux jusqu'à ce qu'un importateur néo-zélandais découvre la toxicité du lait à la faveur d'un contrôle qualité poussé. L'ensemble du scandale a été rigoureusement censuré, et quatre personnes auraient été condamnées à mort ou à la perpétuité, dont deux auraient été exécutées.
Historique Les autorités chinoises ont incriminé au moins vingt-deux compagnies laitières dans le scandale, et ont reconnu qu'au moins deux d’entre elles exportaient leurs produits vers les pays d'Afrique et d'Asie, notamment Burundi, Gabon, Bangladesh, Birmanie et Yémen.
La première entreprise mêlée au scandale, Sanlu, dont le siège se trouve à Shijiazhuang, Hebei, est l'un des leaders dans le secteur agroalimentaire en Chine, avec une part de marché de 18 %. Une coopérative néo-zélandaise y est associée à 43 %. Le gouvernement de la Nouvelle-Zélande avait tiré la sonnette d'alarme auprès des autorités chinoises de Pékin, et a accusé le gouvernement local d'impéritielefigaro.fr, avec AFP, Lait frelaté en Chine - malades, lefigaro.fr, Le 15 septembre 2008..
Plusieurs milliers de tonnes des produits contaminés ont été retirés du marché et différentes personnalités ont été arrêtées ou limogées, dont le chef du contrôle national de la qualité« Lait contaminé: démission du chef du contrôle national de la qualité », 22/09/2008 Agence Xinhua .
Les Jeux olympiques auraient contribué à retarder le rappel des produits, car les directives données aux médias chinois pendant cette période classent, entre autres, le sujet de la sécurité alimentaire comme « hors limite »Was China's milk scandal hushed up?China accused over contaminated baby milk.
Depuis 2002, l'Autorité européenne de sécurité des aliments avait imposé un embargo sur l'importation de produits laitiers chinois en raison de l'insuffisance des contrôles par les autorités chinoises. Le scandale du lait frelaté l'amène à interdire l'importation de tous les produits alimentaires chinois qui pourraient contenir du lait en poudreVoir par exemple : Face à la menace, la France interdit les produits dérivés du lait chinois, dépêche d'agence reprise par Le Point, 26 septembre 2008.; les produits déjà présents sur le marché européen et qui contiennent plus de 15 % de lait en poudre chinois (biscuits, gâteaux, chocolat…) vont être contrôlés par les agences de sécurité alimentaire de chaque pays de l'UE.
D'autres pays ont pris des mesures préventives, notamment l'Inde qui a suspendu pour trois mois toute importation de produits laitiers chinois sur son territoireHindustan Times (New Delhi), 25 septembre 2008. India bans Chinese milk products. ; SingapourAgence France-Presse, 19 septembre 2008 22h58, dépêche reprise par ABS-CBS news : Singapore suspends China milk imports; deadly chemical found in yoghurt. et TaïwanAssociated Press, 22 septembre 2008 9h9, dépêche reprise par Business Week : Taiwan bans Chinese milk products, proteins. ont interdit l'importation ou la vente de produits laitiers chinois.
Début de la crise Fonterra, coopérative néo-zélandaise et associée de Sanlu, fait part du fait qu'il a connaissance de malfaçon chez son partenaire chinois au gouvernement néo-zélandais le . Trois jours plus tard, le premier ministre Helen Clark avertit Pékin.
Le , des reportages concernant des cas de maladie commencent à apparaître dans les médias chinois; la presse internationale, après Reuters, réagit le lendemain. Au départ, les médias de l'État n'ont pas dévoilé l'identité de la société en question, mais des citoyens sur le portail Tianya accusent Sanlu. Sanlu dément.
Une enquête du Conseil d'État met en évidence le fait que Sanlu aurait reçu des plaintes à partir de , et ce sans réagir jusqu'en . Ce n'est que le que les hauts fonctionnaires de Shijiazhuang auraient fait les déclarations nécessaires sur la contamination auprès des autorités provinciales et de l'État, contrevenant ainsi aux règles en matière de sécurité alimentaire. Selon People's Daily, Sanlu aurait adressé un courrier au gouvernement de la ville le , demandant , et « d'éviter ainsi la panique et une influence négative au sein de la communauté »China milk scandal firm asked for cover-up help - Reuters, .
Le secteur touché Le , l'administration générale du contrôle de la qualité, de l'inspection et de la quarantaine (AQSIQ), l'organisme officiel chinois chargé du contrôle qualitatif agroalimentaire, publie ses résultats des tests des échantillons pris de de produits commercialisés par les fabriquant du lait en poudre pour bébé. Tous les échantillons de Sanlu étaient positifs pour la mélamine. Sanlu, qui occupe un positionnement « premier prix » par rapport à ses concurrents, était en tête des « palmarès » pour la mélamine. Un échantillon donna ou Partie par million (ppm), bien plus haut que les vingt-et-une autres firmes où de la mélamine avait également été trouvée, dont les concentrations variaient de .
10 % du lait liquide échantillonné du Mengniu et Yili, ainsi que 6 % du Shanghai Bright Dairy furent testés positifs pour contamination. À la suite de la découverte de la contamination, les trois fabricants majeurs ont perdu le droit d'appellation « Marques nationales » Yili, Mengniu et Bright Dairy & Food Co. retirent les poudres contaminées du marché, et font leurs excuses. Mengniu rappela les stocks de lait en poudre, et son action à la bourse de Hong Kong fut suspendue le Le cours des actions de ses principaux concurrents chutèrent le lendemain. Le directeur financier de Mengniu tenta de rassurer les consommateurs avec une promesse de remboursement sur tous les produits, et en buvant du lait devant les journalistes à Hong Kong. Ses commentaires sur la probabilité faible de contamination de sa production exportée provoqua le fureur des Chinois continentaux..
Le , l'AQSIQ publia davantage de résultats : produits par différents avant le furent testés, et en provenance de vingt sociétés laitières étaient contaminés.. En réponse à l'augmentation des produits alimentaires chinois contaminés, la Food and Drug Administration des États-Unis ouvre ses premiers bureaux à l'étranger – Shanghai, Beijing et Guangzhou – en .
Le conseil d'État lance un programme d'inspection systématique de toute la production laitière, avec l'envoi de . Depuis l'année 2000, le secteur avait crû de 23 % par an en moyenne. En 2006, la production laitière atteint 30 millions de tonnes, dix fois plus que pendant la décennie précédente. Le marché est valorisé à de yuan ( de dollars) en 2007. Depuis le scandale, la confiance des consommateurs est gravement ébranlée.
Le scandale a mis en lumière les liens et relations très proches entre les entreprises et le gouvernement local. Non seulement ce dernier bénéficie des taxes et impôts – Sanlu aurait contribué pour de ¥ en 2007 – mais en plus les entreprises impliquent souvent les fonctionnaires ou les politiciens en échange de leur protection politique ; Tian Wenhua, le PDG déposé de Sanlu, devint député honoraire à l'Assemblée provinciale populaire.. La crise est également due aux problèmes structurels de production insuffisante, de la qualité insuffisante du lait recueilli et des méthodes de production « artisanales ». Mengniu et Yili sont les producteurs dominants dans la région de la Mongolie-Intérieure qui compte pour un quart de la production nationale. Ces deux entreprises avaient investi des millions pour établir des chaines de production dernier cri à Hohhot. En même temps, pour cause de manque de capacité, ils restent dépendants des fermes de petite taille pour 90 % de leur production. Selon les fermiers et les intermédiaires, les fabricants auraient auparavant acheté du lait de qualité non conforme, pour deux tiers du prix « normal », mais ils avaient mis fin à cette politique le à la suite du scandale.
vignette|Promotion au point de vente Yili Dairy certifiant la conformité aux analyses AQSIQ
La diminution de la demande provoquée par la contamination se répercute sur deux millions de fermiers qui n'arrivent plus à vendre leur lait, et donc perdent les moyens de nourrir les bêtes. Il n'y a guère d'acheteurs pour les animaux.. L'association laitière chinoise déclare que la baisse des ventes subie serait d'environ 30 à 40 % ; une perte financière de l'ordre de de ¥ est estimée sur deux ans"中國奶業協會常務理事王丁棉向記者透露,事件對伊利、蒙牛、光明這三大品牌一線企業的打擊與影響,是較嚴重的。 “ 他们的近期产品销售业绩已一落千丈,跌至同期数据的30%—40%。就全国乳品行业而言,它所受到的负面影响也是很大的,此场危机的最低谷波峰期可能要维持至2至3个月之久,至明年中期前仍会处于一个恢复期中。过了恢复期,市场应该开始有明显的反弹,整个事件的阴影淡化直到出现全面的复苏,也许还需要1至 2年的时间。但复苏的速度完全取决于消费者消费信心的恢复与树立。” 王丁棉感慨,这次事件对中国奶业造成的经济损失粗略估计应该超过200亿以上,可谓损失惨重。". Afin de relancer les ventes et de protéger leur parts de marché, les producteurs ont recours à des promotions agressives aux points de vente. Les produits sont surtout relancés avec des déclarations de conformité aux exigences qualitatives"伊利、蒙牛都在产品包装箱的显著位置赫然加印上“安全合格”、“未检出三聚氰胺”等字样以消除消费者的疑虑".
Victimes En , quatre nourrissons chinois sont déclarés morts et malades comptabilisés53.000 enfants ont eu des problèmes avec le lait frelaté, La Libre Belgique, 22 septembre 2008., parce qu'ils ont absorbé de la formule pour nourrisson frelatée, à laquelle avait été ajoutée de la mélamineà ne pas confondre avec la mélanine., afin de la faire apparaître plus riche en protéinesMélamine : Structure, Toxicité et Fraude, article scientifique École Normale Supérieure - DGESCO.
Le , le gouvernement chinois a annoncé qu'il cessait de publier des mises à jour sur le nombre de victimes. Néanmoins, Reuters a évalué ce nombre, fin , à : il y avait dans le Gansu, dans le Henan, et environ dans le Hebei.
Le , le Ministère de santé a mis à jour ses chiffres, confirmant que presque sont tombés malades à la suite de la consommation de ce lait en poudre contaminé.
Le nombre réel des cas pourrait avoir été sous-estimé. Il s'avère que les cas de calculs rénaux ont commencé à apparaître partout en Chine depuis avant 2007. Les médias ont publié plusieurs cas non encore reconnus par les autorités de santé et qui donc risquent d'être oubliés pour compensation. Le , Xinhua annonça que le Ministère de santé avait révisé le nombre de victimes à plus de , dont ; bien qu'il ait reçu notification de de morts soupçonnées d'intoxication par mélamine dans les provinces, il n'a confirmé que .
Condamnations Il y a eu de trafiquants de mélamine dans le Hebei et la Mongolie-Intérieure ; le scandale a fait tomber plusieurs politiciens et fonctionnaires : le ministre Li Changjiang, directeur de l'AQSIQ (l'Administration chinoise chargée du contrôle de qualité), a démissionné sous pression ; le secrétaire du Parti communiste, ainsi que le maire de Shijiazhuang ont été limogés ; deux personnes furent condamnées à mort par la cour populaire intermédiaire de Shijiazhuang. : Zhang Yujun pour avoir produit de poudre contaminée et Geng Jinping pour avoir produit et vendu de l'alimentation toxique ; la cour populaire intermédiaire à Shijiazhuang condamna Wang Yuliang et Hang Zhiqi, directeurs généraux adjoints de Sanlu à quinze et huit ans de prison respectivement, Wu Jusheng, ancien dirigeant, à cinq ans en prison.