L'énergie en Turquie est principalement fournie, en 2023, par les combustibles fossiles : pétrole : 32,9 %, gaz naturel : 24,9 %, charbon : 23,6 %, soit au total 81,3 % de la consommation d'énergie primaire ; ces combustibles étaient importés à 83,7 % en 2022.

La consommation d'énergie primaire par habitant en Turquie en 2023 était supérieure de 6 % à la moyenne mondiale, mais inférieure de 39 % à celle de la France et de 40 % à celle de l'Allemagne.

L'électricité couvrait 21,1 % de la consommation finale d'énergie en 2021 ; elle était issue en 2023 en majorité de la production thermique fossile : 57,5 %, surtout du charbon : 36,1 % et du gaz naturel : 21,2 % ; les énergies renouvelables assuraient 42 % de la production : centrales hydroélectriques 19,5 %, énergie éolienne 10,4 %, énergie solaire photovoltaïque 6,2 %, centrales géothermiques 3,3 %, biomasse 2,6 %.

La production hydroélectrique de la Turquie se classe en 2023 au mondial avec 1,5 % du total mondial ; la puissance installée de ses centrales hydroélectriques est au mondial avec 2,3 % du total mondial. La Turquie se classe en 2023 au mondial pour sa production d'électricité éolienne et au mondial pour la production d'électricité de ses centrales solaires.

La Turquie étant en forte croissance, ses besoins énergétiques augmentent rapidement : +199 % entre 1990 et 2022. Pour répondre à cette forte demande, Ankara a lancé plusieurs grands projets : le Projet d'Anatolie du Sud-Est inclut la construction de 19 centrales hydroélectriques ; la loi sur la géothermie a permis de multiplier par vingt la puissance installée des centrales géothermiques entre 1990 et 2015, et les projets en cours pourraient encore la quadrupler ; le Programme national de développement de la technologie nucléaire, lancé en 2007 par le TAEK (Institut turc à l'énergie atomique), prévoyait alors de porter la part de l'énergie nucléaire dans la production nationale d'électricité à un minimum de 8 % en 2020 et de 20 % en 2030 ; la mise en service de la centrale nucléaire d'Akkuyu était prévue en 2023 ; la construction des 4 réacteurs, de chacun, a commencé en 2018, 2020, 2021 et 2022 ; le Plan d'action national pour l'énergie renouvelable publié en 2013 fixait l'objectif de porter la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité de 29 % en 2013 à 38 % en 2023.

Les émissions de liées à l'énergie en Turquie par habitant en 2022 étaient supérieures de 3 % à la moyenne mondiale et de 9 % à celle de la France, mais inférieures de 39 % à celle de l'Allemagne.

Vue d'ensemble Principaux indicateurs de l'énergie en Turquie Population Consomm.énergieprimaire Produc-tion Importa-tion nette Consomm.élect.* ÉmissionsGES**tab.GHG-FC Année Million PJ PJ PJ TWh Mt éq 1990 55,1 50 133,4 2000 64,1 105 205,7 2010 73,1 180 272,3 2015 78,2 229 322,9 2016 79,3 244 343,0 2017 80,3 262 382,8 2018 81,4 273 378,6 2019 82,6 272,0 370,2 2020 83,4 276,7 369,9 2021 84,1 301,9 404,7 2022 85,0 299,6 378,8 variation1990-2022 +54 % +199 % +97 % +221 % +499 % +203 % * consommation brute d'électricité = production+importations-exportations-pertes en ligne** émissions de gaz à effet de serre par combustion.

Production d'énergie primaire + Production d'énergie primaire en Turquie par source (PJ) Source 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2022 % 2022 var.2022/1990 Charbon 477 45,9 545 49,3 701 52,9 628 33,9 684 33,3 % +43 % Pétrole 151 14,6 114 10,3 111 8,4 137 7,4 153 7,5 % +1 % Gaz naturel 7 0,7 22 2,0 24 1,8 15 0,8 13 0,6 % +79 % Total fossiles 635 61,1 682 61,7 835 63,1 781 42,1 851 41,4 % +34 % Hydraulique 83 8,0 111 10,1 186 14,1 281 15,2 242 11,8 % +190 % Biomasse-déchets 302 29,0 272 24,6 190 14,3 158 8,5 219 10,7 % -28 % Éolien, géoth., solaire 19 1,9 40 3,7 113 8,5 633 34,2 742 36,1 % +3746 % Total EnR 404 38,9 424 38,3 489 36,9 57,9 58,6 % +198 % Total 404 100 100 100 100 100 % +97 %Source des données : Agence internationale de l'énergie. La production d'énergie primaire de la Turquie ne couvre que 31,9 % de sa consommation intérieure : 73,6 % sont importés, dont 3 % alimentent la consommation des transports internationaux. Les combustibles fossiles sont importés à 83,7 %.

Charbon thumb|right|le pays importe plus de la moitié du charbon qu'il utilise Les réserves prouvées récupérables de charbon de la Turquie étaient estimées par l'Agence fédérale allemande pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR) à (millions de tonnes) fin 2022, soit 0,07 % des réserves mondiales de charbon, et ses ressources ultimes à . Ces réserves représentent 393 ans de production au rythme de 2022 : 96. Celles de lignite sont estimées à , soit 3,4 % des réserves mondiales de lignite, au mondial108. Elles représentent 136 ans de production au rythme de 2022 : ( mondial)109. Les ressources ultimes de lignite de la Turquie sont estimées à , soit 0,1 % du total mondial, au mondial107.

La production de charbon et lignite de la Turquie en 2023 est estimée par l'Energy Institute à 47, soit , en recul de 29,7 % par rapport à 2022. Elle avait reculé de en 2013 à en 2015 avant de remonter à en 202248.

En 2022, la production de charbon de la Turquie atteignait , en progression de 43 % par rapport à 1990. Elle couvrait 42,3 % de la consommation du pays ; les importations s'élevaient à . En 2021, 58 % de la consommation était consacrée à la production d'électricité ; la consommation finale de se répartissait entre l'industrie (66 %), le tertiaire (27 %) et le secteur résidentiel (7 %).

Pétrole Les réserves de pétrole prouvées et économiquement récupérables de la Turquie sont estimées par l'Agence fédérale allemande pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR) fin 2022 à (millions de tonnes), et les ressources potentielles supplémentaires à ; la production cumulée jusqu'à 2022 atteint : la Turquie a donc déjà très largement entamé ses ressources ; au rythme de la production actuelle, soit en 2022, les réserves seraient épuisées en 15 ans74 ; elles ont cependant été revues en hausse de 16 % depuis 2010 Kurzstudie Reserven, Ressourcen und Verfügbarkeit von Energierohstoffen 2011 (pages 38, 48, 58), Agence fédérale pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR), 8 décembre 2011..

En 2022, la Turquie a produit de pétrole, en hausse de 1 % par rapport à 1990 ; cette production ne couvre que 8,3 % de sa consommation intérieure ; elle a importé de pétrole brut et de produits pétroliers, et exporté ; au total ses importations nettes représentent 102,5 % de sa consommation intérieure de , les soutes internationales absorbant .

En 2023, la Turquie a consommé (milliers de barils par jour)26, soit (exajoules) de pétrole et produits pétroliers, en hausse de 5,4 % en 2023 et de 55 % depuis 2013. Elle représente 1,2 % de la consommation mondiale27.

Seul État membre de l’OTAN à ne pas appliquer les sanctions contre la Russie, la Turquie, au premier semestre 2022, achète deux fois plus de pétrole à la Russie que l’année précédente, rejoignant des pays comme l’Inde et la Chine, qui profitent du fait que Moscou cherche d’autres débouchés pour obtenir des prix réduitsAndrei Stiru, Le commerce entre la Russie et la Turquie continue d’augmenter: les importations de pétrole ont augmenté de plus de 100%, businessam.be, 23 août 2022.

Oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan

L'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, qui part de l'Azerbaïdjan pour atteindre le port méditerranéen de Ceyhan, en Turquie, a été inauguré en 2005.

Gaz naturel Les réserves de gaz naturel prouvées récupérables de la Turquie sont évaluées par BGR fin 2022 à (milliards de mètres cubes), et les ressources potentielles supplémentaires à ; la production cumulée jusqu'à 2022 atteint : la Turquie a donc très largement entamé ses réserves ; au rythme de la production actuelle ( en 2022), les réserves prouvées seraient épuisées en 7 ans85 ; elles ont été réévaluées en baisse de moitié depuis 2010, mais les ressources potentielles ont été réévaluées en hausse de 82 %.

En 2023, la Turquie a consommé (milliards de mètres cubes) de gaz naturel39, soit (exajoule), en baisse de 5,5 % en 2023, mais en hausse de 10 % depuis 2013. Elle représente 1,2 % de la consommation mondiale40. Ses importations par méthaniers sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL) ont atteint , en baisse de 2,3 % en 2023, mais en progression de 151 % depuis 201343 ; elles proviennent en particulier d'Algérie pour , des États-Unis pour , de Russie pour , d'Égypte pour et du Nigeria pour 44. Les importations de l'Europe par gazoducs ne sont pas détaillées par pays par l'Energy Institute45.

La Turquie a produit de gaz naturel en 2022, production en progression de 79 % par rapport à 1990, mais qui couvre seulement 0,7 % de la consommation de gaz du pays ; le reste, soit , est importé. Le gaz naturel a été utilisé en 2021 à 30,3 % pour produire de l'électricité et 4 % pour la cogénération (production combinée de chaleur et d'électricité) ; la consommation finale de gaz, soit en 2021, se répartit entre 37 % pour l'industrie, 46 % pour les ménages et 13 % pour le tertiaire.

Les importations nettes de gaz naturel de la Turquie la classent au mondial en 2022 avec .

La Turquie a consommé de gaz en 2021 ; elle est dépendante à environ 45 % de la Russie pour son approvisionnement. Le gazoduc TurkStream, inauguré en 2020, est immergé sous la mer Noire et livre le gaz russe à Kiyiköy, au nord-ouest d'Istanbul. Sa capacité est de , destinés à la Turquie et aux pays des Balkans. La Russie exporte aussi son gaz en Turquie depuis le début des années 2000 par le gazoduc Blue Stream, également sous la mer Noire, d'une capacité annuelle de . La Russie a proposé en octobre 2022 de créer en Turquie un « hub gazier » par lequel pourraient transiter les exportations russes, après l'arrêt des gazoducs Nord Stream 1 et 2, mais il est peu probable que les entreprises capables de construire ce genre de gazoduc se risquent pas à s'engager dans un tel projet malgré les sanctions contre la Russie. La Turquie a commencé à exploiter un premier gisement de gaz naturel en mer Noire, à 170 km du rivage ; sa production devrait s'élever à au premier trimestre 2023, pour atteindre un pic de production en 2026 ; elle prospecte également depuis plusieurs années en Méditerranée orientale, entrant en conflit avec la Grèce et Chypre sur la définition de leurs frontières maritimesLa Turquie ambitionne de devenir un hub gazier aux portes de l'Europe, 19 octobre 2022..

Ses importations par gazoducs ont atteint en 2019, dont (47 %) en provenance de Russie, (29 %) d'Azerbaïdjan et (24 %) d'Iran BP Statistical Review of World Energy 2020 - 69th edition (pages 42-43), BP, .

Le président Recep Tayyip Erdogan annonce le la découverte d'un gisement de de gaz naturel en mer Noire. Il espère un démarrage de la production dès 2023 pour réduire la dépendance énergétique de la Turquie, mais cet objectif est jugé ambitieux car les réserves doivent encore être confirmées et l'exploitation du champ en eaux profondes s'annonce complexeTurquie: d'importantes réserves de gaz découvertes en mer Noire, Les Échos, 21 août 2020.La Turquie a découvert « le plus grand » gisement de gaz naturel « de son histoire » en mer Noire, selon Erdogan, 20 Minutes avec AFP, 21 août 2020..

Gazoducs

Le gazoduc Blue Stream alimente depuis 2003 la Turquie et l'Europe à partir de la Russie à travers la mer Noire. vignette|Tracé du Turkish Stream et du Tesla Pipeline avec les pays fournisseurs et clients.