vignette|Le magazine causeur Causeur est un magazine d'actualité français créé le par la journaliste Élisabeth Lévy et l'historien Gil Mihaely ainsi que les philosophes Alain Finkielkraut, Paul Thibaud et Peter Sloterdijk. Il se présente comme un « salon de réflexions ». À ses débuts, le magazine est généralement classé parmi la droite réactionnaire, avant d'être à partir de 2019, le plus souvent, classé à l'extrême droite. Il se revendique pluraliste, anticonformiste, voire parfois réactionnaire et prône un libéralisme modéré sur le plan économique.

Histoire Le site web Causeur est créé le par la journaliste Élisabeth Lévy, l'historien Gil Mihaely, les philosophes Alain Finkielkraut, Paul Thibaud et Peter SloterdijkParis Communiqués.. Causeur héberge également plusieurs blogs.

Une version mensuelle sur papier est publiée depuis juin 2008, et distribuée chez les marchands de journaux depuis le ..

Durant la campagne précédant l'élection présidentielle française de 2012, une joute hebdomadaire par article interposé opposait un journaliste de Causeur à un représentant de Rue89, en partenariat avec Yahoo..

Le média Ligne éditoriale Causeur se présente comme un « salon de réflexions » et se veut opposé au « prêt-à-penser médiatique ». Il suscite régulièrement la polémique., avec par exemple tout un dossier publié en 2015 jugé antiféministe par L'Express.. Pour la directrice de la rédaction de Causeur, Élisabeth Lévy, le magazine est .

Selon l'ouvrage Le Discours « néo-réactionnaire », le magazine papier Causeur traite de sujets d'actualités, de culture, et de société, par exemple : « La dictature du politiquement correct ». Souvent, l'un des deux animateurs de Causeur, la journaliste Élisabeth Levy et l'historien Gil Mihaely, signent l'éditorial, mais d'autres individualités sont « fortement » mises en avant : Alain Finkielkraut chaque mois peut y importer ses chroniques diffusées sur RCJ ; le polémiste Basile de Koch y joue le rôle d'un « humoriste dandy », et le philosophe Roland Jaccard y intervient avec ses « Carnets » comme Mauriac dans L'Express par le passé. Dans les premiers numéros du magazine, la rubrique « Viens l'dire ici si t'es un homme ! » permettait à un contradicteur du magazine de s'y exprimer.

Ligne réactionnaire Pour Le Monde, en 2013, c'est , avec Gérald Penciolelli, personnalité d'extrême droite la finançant à 44 %. En 2017, le journal de gauche Politis qualifie Causeur de « réactionnaire »..

Le politologue Olivier Roy estime que les « réactionnaires » viennent de traditions très différentes, et que, s'ils se retrouvent chez Causeur, ils n'ont pas pour autant le même programme politique, par exemple en ce qui concerne le mariage homosexuel. Ils se rejoignent cependant tous ..

En 2016, le magazine Causeur fait partie des études de cas réalisées par un collectif de chercheurs venus de l'ensemble de la francophonie dans l'ouvrage Le Discours « néo-réactionnaire ». Ils affirment notamment que Causeur s'est fait connaître D'après Le Discours « néo-réactionnaire », « l'une des grandes obsessions » de Causeur est de critiquer le niveau du journalisme d'idées en France, qui aurait « une adhésion bornée aux diktats du progressisme ». Causeur a pour cibles privilégiées Le Grand Journal de Canal+, Libération, Le Nouvel Observateur.

Causeur critique également la gauche, estimant qu'elle n'est pas réellement progressiste et qu'elle n'est plus en lien avec les classes populaires et leurs souffrances. Les pages « Culture » du magazine servent « une autre obsession du journal » : le prophétisme. Les grands auteurs servent à justifier par leurs prédictions la peinture morose du présent réalisée par Causeur. Le Discours « néo-réactionnaire » affirme de plus que Causeur use fréquemment de techniques rhétoriques lui permettant de disqualifier ses adversaires idéologiques, multiplie les références hétérogènes, varie abruptement les genres de langage, passant par exemple de l'argot à une rédaction « la plus soutenue, la plus exigeante », ce qui lui permet d'assurer une réversibilité des interprétations et « l'inversion permanente des pôles légitimes et illégitimes ». L'ouvrage estime que ce qui est perçu comme le plus insupportable chez Causeur est qu'il s'engage sur le terrain de la critique radicale mais sans y mettre le sérieux qui y serait normalement attendu : Causeur alterne « la radicalité et la rigolade ». Causeur se réfère à des codes de comportements qui sont ceux du « salon mondain », usant d'une rhétorique définissant les conditions mêmes du débat d'idées et lui permettant de ringardiser les expressions de positionnement hors-cadre...

En , Acrimed parle d'une « parole réactionnaire en roue libre », estimant que Causeur vient de publier de nombreuses tribunes hostiles à #MeToo. Par exemple, Élisabeth Lévy critique ce qu'elle appelle un « harcèlement féministe » et affirme que « les magistrates de #balancetonporc » ont « condamné la gent masculine ».. Acrimed présente Causeur comme faisant partie des « médias de la droite décomplexée »..

Classement à l'extrême droite En 2009, Hugues Serraf sur le site Rue89, en réponse à la mention de Causeur « sur une liste compilée par le MRAP et recensant la plupart des sites d’extrême droite de l’Internet francophone », estime que si Causeur est parfois « un peu réac », le magazine . Hugues Serraf affirme que Causeur rassemble des « profils surprenants », entre autres Jérôme Leroy, qualifié de « poète stalinien non-reconstruit », Cyril Bennasar, « menuisier réac », Basile de Koch, « ex-ghost-writer de Charles Pasqua », Luc Rosenzweig, « rédacteur en chef du Monde retraité »« En ajoutant Causeur.fr à sa liste noire de sites, le Mrap dérape », Rue89, 26 février 2010..

En , L'Obs cite Élisabeth Lévy et Causeur, dans un dossier sur les « nouveaux fachos et leurs amis » avec Alain Soral, Robert Ménard ou encore Éric Zemmour, Renaud Camus et Richard Millet« Les nouveaux fachos et leurs amis », Le Nouvel Observateur, 20 septembre 2012.. Cela provoque plusieurs réponses sur Causeur« Quand Le Nouvel Obs traque les néo-fachos », causeur.fr, 20 septembre 2012.. Et pour Christian Millau dans Atlantico

En 2013, Libération classe à droite le magazine, lequel « Causeur l’ouvre en kiosques », sur archive.wikiwix.com, ., mais en 2019 considère Causeur comme un média d’extrême droite, au même titre que Valeurs actuelles.., de même qu'en 2023. Télérama qualifie le site de « réactionnaire » et d'« extrême droite ».. Le journaliste René Monzat étudie le cas de Causeur dans un dossier sur les « soutiens financiers de la presse d'extrême droite » et il soutient que même si des « cadres de l’extrême droite », actionnaires du magazine, ont soutenu Causeur, ce dernier n'est pas un nouveau Minute, qui « sortait des scoops », tandis que Causeur se contente selon lui « de news « people » dévalorisantes sur des militant·es antiracistes ».

Selon Les Inrocks en 2015, la ligne éditoriale de Causeur « plus proche d’Éric Zemmour que de « Causette » est « spécialiste de la provoc’ réac », et la « théorie d’un Big Brother féministe à l’œuvre est une vieille martingale des réacs »..

En 2021, Arrêt sur Images qualifie Causeur de « mensuel d'extrême droite » et écrit que « Causeur déborde Valeurs actuelles sur sa droite », à l'occasion d'un signalement au procureur de la République en lien avec sa Une évoquant une thèse raciste. Politis positionne Causeur parmi les « médias de droite extrême », avec Valeurs actuelles et le site Boulevard Voltaire.

En 2022, Le Monde décrit Causeur comme un magazine d’extrême droite, à propos d'une étude démographique que le magazine cite pour montrer un « basculement démographique historique » en France, en lien avec la théorie raciste du « grand remplacement ».

En 2023, France Info qualifie également la publication de « magazine d’extrême droite ». La même année, L'Opinion le classe également parmi les publications d'extrême droite.

Actionnariat Le magazine en ligne compte parmi ses sources de financement Charles Beigbeder, le milliardaire Xavier Niel et Arnaud Dassier. Gérald Penciolelli, actionnaire de référence de Causeur avec 44 % des parts, est l'ancien repreneur de l’hebdomadaire d'extrême droite MinuteAriane Chemin, Elisabeth Lévy, causeuse de troubles, lemonde.fr, 12 décembre 2013 et ancien membre de la direction d’Ordre Nouveau et du Parti des Forces Nouvelles. (groupes néofascistes). D'après Le Monde, Gérald Penciolelli a été présenté à Causeur par deux actionnaires fondateurs et collaborateurs du journal : « Basile de Koch, l'ex-plume de Charles Pasqua, marié à Frigide Barjot, et Marc Cohen, l'ancien communiste de L'Idiot international ». La femme d'affaires Anne Méaux, également ancienne membre dirigeante du Parti des forces nouvelles, compte parmi les actionnaires.

Selon Libération, Charles Gave renfloue le magazine à hauteur de en 2018.

Équipe de rédaction La direction est composée d'Élisabeth Lévy (directrice de la rédaction)Mentions légales sur causeur.fr., Gil Mihaely (président et directeur de la publication), Jeremy Stubbs (directeur adjoint de la rédaction et rédacteur en chef), Martin Pimentel (rédacteur en chef du site causeur.fr) et Jérôme Leroy., poète et romancier, qui ne fait plus partie des effectifs du journal depuis .

Causeur compte parmi ses collaborateurs réguliers : Alain Finkielkraut, Basile de Koch, Bruno Maillé, Cyril Bennasar, David Desgouilles, Eugénie Bastié, François-Xavier Ajavon, Hadrien Desuin, l'écrivain Roland Jaccard, l'essayiste et journaliste catholique Jacques de Guillebon, Luc Rosenzweig ancien journaliste du Monde, Patrick Mandon, Emmanuel Legeard, le philosophe Paul Thibaud, Renaud Chenu, le politologue Philippe Raynaud, l'avocat Régis de Castelnau, l'essayiste québécois Jérôme Blanchet-Gravel.

Causeur donne régulièrement la parole à des personnalités telles qu'Alain Finkielkraut, Jean-Claude Michéa, Marcel Gauchet, Paul Thibaud, Philippe Raynaud, ou l'économiste Jean-Luc Gréau. François Taillandier et Roland Jaccard y tiennent des chroniques régulières. Parmi ses contributeurs occasionnels, on trouve Benoît Duteurtre, Chantal Delsol, le romancier David di Nota, Malika Sorel, Natacha Polony ou encore Pascal Bruckner.

Causeur magazine est constitué de trois parties : un tour d'horizon de l'actualité politique et internationale, un dossier central sur un grand sujet d’actualité, et des pages « humeurs » consacrées à la culture.

Audience, ventes et résultats financiers Selon l'étude publiée par Médiamétrie-Netratings en mars 2009, Causeur a réuni uniques et le nombre de pages vues s'est élevé à « Causeur, nouvelle formule du mensuel », publié le ..

En 2018, Causeur revendique abonnés ; ses ventes en kiosque varient entre et exemplaires selon Élisabeth Lévy..

Élisabeth Lévy indique en 2018 que Causeur perd euros par an.

Controverses

Étude du MRAP « Internet, enjeu de la lutte contre le racisme »