Michel de Castelnau (1517 - ), seigneur de La Mauvissière, est un homme de guerre et un diplomate français du . Il a successivement servi les rois de France , Henri II, François II, Charles IX, Henri III et enfin Henri IV.

Enfance et adolescence Michel de Castelnau est né à La Mauvissière, en Touraine vers 1517. Il est le second d'une fratrie de neuf enfants. Sa famille est de souche béarnaise, du comté de BigorreLivre de la paroisse de Neuvy.. Il est le fils de Jean Castelnau, deuxième du nom, et Jeanne Dumesnil.

Enfant déjà, il possède une prodigieuse mémoire des paroles et de l'événement que le temps qui passe n'altère pas. C'est aussi un brillant orateur précis et concis. Enfin, il possède un jugement mesuré et juste. Ces aptitudes font de lui un témoin fiable et objectif de son époque. Ces qualités remarquables induisent ses parents à soigner son éducation et son instruction en lettres et en sciences, disciplines où il excelle.

Parallèlement à ces enseignements de l'esprit, il reçoit ceux des exercices physiques du maniement des armes et de l'équitation que se doivent de maîtriser tous nobles soldats. Ces savoirs vont être perfectionnés lors de ses nombreux voyages en Italie, à Milan, à Naples et à Rome puis à Chypre où il étudie la civilisation ottomane« Notice sur Castelnau et sur ses mémoires », éditions Foucault, Paris, 1823, 504 pages, pages 3 et 4..

Une allée lui est dédiée dans sa paroisse natale.

Carrière militaire Vers 1547, au début du règne d'Henri II« Henri II : roi gentilhomme », Georges Bordonove, édition Pygmalion – Gerard Watelet, Paris, 1987. 291 pages., il fait partie d'une compagnie de chevau-légers que commande le comte de Brissac, qui le remarque vite pour son courage et son intelligence. Il le recommande alors à François de Lorraine, grand prieur de l'ordre de Malte en France, qui le prend sous sa protection. De retour en France, Michel de Castelnau est présenté à la Cour par son protecteur qui, en 1557, était devenu général des galères royales de l'ordre. François de Lorraine propose tout naturellement à Castelnau de prendre le commandement de l'une d'elles, ce qu'il accepte de bon cœur, malgré le peu d'attrait qu'exerce à cette époque la marine royale sur les gentilshommes. Il profite de ce commandement pour rédiger quelques notes sur la modernisation de la marine de combat« Notice sur Castelnau et sur ses mémoires », éditions Foucault, Paris, 1823, 504 pages, pages 4, 5 et 6..

C'est donc à Malte, port d'attache de sa galère, qu'il apprend la désastreuse défaite que les Français subirent le , lors de la bataille de Saint-Quentin contre les Espagnols« La bataille de Saint Quentin et les prisonniers français », Henri Stein, éditions Poette, Paris, 1889.. Avec des chevaliers qui lui sont proches, il constitue alors une petite flotte et met le cap sur l'Atlantique afin de combattre aux côtés des troupes françaises en lutte contre celles de Charles Quint. En 1558, François de Lorraine, qui mène alors les affaires en l'absence du duc de Guise son frère, lui confie la mission d'assurer la liaison entre le roi Henri II et le duc de Nevers qui se trouve à Laon avec les restes de l'armée royale, et qui parvient ainsi à neutraliser les effets du succès militaire espagnol. Lorsque l'année suivante, en 1559, s'ouvre la négociation des deux traités de Cateau-Cambrésis des , 2 et « Le traité de Cateau-Cambrésis des 2 et 3 avril 1559 », Alphonse Ruble, édition Champion-Honoré, Paris, 1989., Michel de Castelnau accompagne les négociateurs et assure la liaison entre les plénipotentiaires et le roi Henri II afin de prendre ses ordres.

Carrière diplomatique À la demande de Henri II, Michel de Castelnau quitte le métier des armes pour devenir ambassadeur et diplomate. Il est envoyé d'abord en Écosse auprès de la reine Marie de Guise, mère de Marie Stuart. Puis il rejoint l'Angleterre pour une ambassade auprès de la jeune reine Élisabeth « Élisabeth », Jacques Chastenet, éditions Fayard, Paris, 1953., dont il sut se faire écouter et apprécier au point de devenir son ami. Ainsi il obtient d'elle le renoncement à la capitulation de Calais.

Alors qu'il se trouve en ambassade en Allemagne auprès de plusieurs princes pour en faire des alliés, il apprend la mort du roi Henri II de France le , des suites d'une grave blessure au visage lors d'un tournoi, qui eut lieu à Paris près de l'actuelle Place des Vosges en l'honneur du mariage de sa fille Élisabeth avec Philippe II d'Espagne« Philippe II », Orestes Ferrera, Francis de Miomande, André Daniel Toledano, édition Albin Michel, Paris, 1961, 447 pages.. Délaissant la poursuite de sa mission aux Pays-Bas, il rentre précipitamment en France où les Guise qui contrôlent le jeune nouveau roi François II lui renouvellent leur confiance, et lui confient une mission auprès du duc de Savoie, qui passait pour être le meilleur soldat de l'époque. Après cela, il fut envoyé à Rome où il aida à l'élection du pape Pie IV.

De retour en France, les Guise, qui envisageaient une guerre contre la reine Élisabeth d'Angleterre, l'envoyèrent à Malte afin de faire passer les galères royales de la Méditerranée en Atlantique. Lorsqu'il arrive à Nantes avec la flotte, après un pénible voyage, il apprend que les Guise ont renoncé à leur projet de guerre. C'est dans cette même ville de Nantes qu'il apprend l'existence d'une conjuration qui sera appelée conjuration d'Amboise, formée par des gentilshommes protestants dans le but d'enlever le jeune roi François II et de le soustraire ainsi à l'influence des Guise. Il est alors chargé de suivre l'évolution de cette secrète rébellion contre la royauté qui sera impitoyablement réprimée par l'écartèlement de Jean du Barry et l'exécution par pendaison aux balcons du château d'Amboise ou noyades dans la Loire. Cette répression coûta la vie à près de « La conjuration d'Amboise, l'aurore sanglante de la liberté de conscience, le règne et la mort de François II », Lucien Romier, éditions Perrin, Paris, 1923, 290 pages..

Pour tous ses services, il obtient le titre de gouverneur de Saint-Dizier.

Le roi François II meurt le et son épouse Marie Stuart« La Reine Maudite », Jean Claude Pascal, éditions Le Rochet, Paris, 1988. 992 pages. doit renoncer au titre de reine de France et retrouver son royaume d'Écosse. C'est Michel de Castelnau qui, en 1561, est chargé par Catherine de Médicis« Catherine de Médicis (1519-1589) », Jacques Thomas de Castelnau, Jacques Castelnau, éditions Hachette, Paris, 1954, 223 pages. de l'accompagner lors de son voyage vers l'Écosse, et de rester près d'elle comme ambassadeur de France et conseiller. Cette mission l'amena souvent à jouer l'intermédiaire entre Marie Stuart la catholique et Élisabeth Tudor la protestante, dont les relations étaient pour le moins tendues.

Après son ambassade à la Cour d'Écosse, il est envoyé à celle d'Angleterre où il reste près d'un an.

Pendant les guerres de religion De 1562 à 1563 Ce sont les premiers troubles de 1562, prémices aux guerres de religion, entre catholiques et huguenots qui poussent Michel de Castelnau à envisager son retour en France. Fait prisonnier par les huguenots que soutient l’Angleterre et qui demandent rançon, Michel de Castelnau est racheté par le roi Charles IX de France« Charles IX ». Michel Simonin. Français. Éditions Fayard. Paris. 1995. 510 pages lui-même.

La première guerre éclate lorsque les protestants français livrent le Havre aux Anglais. Michel de Castelnau est alors chargé de rassembler les forces catholiques de Bretagne et de marcher sur le Havre. Ceci fait, sur la route, il est attaqué par le baron de la Colombière, fait prisonnier et conduit au Havre où sa notoriété auprès des gentilshommes anglais lui permet de jouir d’une certaine liberté dans les murs de la ville. Il va alors mettre à profit ses facultés d’observation des lieux et d’écoute des indiscrétions des soldats anglais, en les mémorisant fidèlement, en vue de les utiliser plus tard au profit de son roi.

Échangé, il rejoint l’armée catholique avec laquelle il prend part au siège de Rouen, puis à la bataille de Dreux. Le duc Henri de Guise lui confie le commandement d’un corps de lansquenets avec lequel, en se faisant passer pour l’avant-garde de l’armée catholique, il se fait ouvrir sans coup de feu les portes de la ville de Tancarville dont les magasins sont gorgés de vivres et de munitions. Les renseignements militaires et politiques qu’il avait mémorisés lors de sa captivité au Havre, ajoutés à la mise à disposition des vivres et armements gagnés à Tancarville, ne furent pas étrangers à la reprise du port du Havre. L’assassinat du duc de Guise à Saint-Mesmin, près d’Orléans, précipita la signature du traité de la Paix d'Amboise« La faveur de roi mignons et courtisans au temps des derniers Valois [vers 1547- vers 1589] Époques : Mignons et courtisans au temps des derniers Valois » Nicolas Leroux. Français. Édition Champ Vallon. Paris 2001. 805 pages. le .

De 1563 à 1567 Après ces glorieux faits d’armes, Michel de Castelnau reprend son bâton de diplomate et part une nouvelle fois pour l’Angleterre, chargé par Catherine de Médicis de demander la main de la reine Élisabeth, qui est âgée de trente ans, pour le jeune roi de France Charles IX qui lui n’a que quatorze ans. Castelnau sait que cette demande est irréaliste, mais il sait aussi qu’Élisabeth d’Angleterre en sera très flattée et que, de par cette considération, il lui sera plus facile de négocier avec la reine un rapprochement entre l’Angleterre et l’Écosse. Il échoue dans cette mission de rapprochement mais il parvient à atténuer les tensions, et à retarder ainsi les confrontations belliqueuses entre les deux royaumes.

De 1567 à 1568 Les agitations que causent les affrontements entre protestants et catholiques le font revenir en France. De nouveau, la guerre se profile à l’horizon. Il est alors envoyé en Allemagne et aux Pays-Bas pour y recruter des mercenaires lansquenets et cavaliers (reîtres), puis à Bruxelles pour connaître les intentions du nouveau gouverneur à porter secours à la France, dans le cas où la guerre civile se raviverait. C’est lors de cette ambassade, en , qu’il découvre un complot qui projette d’enlever le roi Charles et sa mère Catherine par les protestants du prince de Condé. Il alerte la cour de France, faisant ainsi, malgré les réticences ministérielles, échouer cette conspiration le . Ce complot est connu sous le nom de « surprise de Meaux »« Commentaires sur la guerre civile de France/ de la surprise de Meaux à la bataille de Saint Denis ». Étienne Vitelli, Anne Lombard Jourdan, Marc H. Smith, André Thevet. École des chartes. Paris 2005. 142 pages et sa répression nîmoise sous celui des « Michelade ». C’est à cette même date, et de par cet événement, qu’éclate la deuxième guerre de religion. Catherine de Médicis envoie alors Michel de Castelnau à Bruxelles, avec la mission d’obtenir des troupes de secours. Il revient en France avec deux mille cavaliers flamands qui traînent les pieds pour ne pas être engagés à la bataille de Saint-Denis le ». Peu de temps après, il est envoyé par la reine mère Catherine auprès de Jeanne III de Navarre aussi connue sous le nom de « Jeanne d'Albret », pour négocier le mariage de son fils Henri prince de Navarre (futur roi Henri IV) avec Marguerite de France« Marguerite de Valois ». Janine Garrisson. Française. Éditions Fayard. Paris. 1994. 373 pages. sœur du roi, la célèbre « reine Margot ».

Devant la menace, pour les catholiques, de l’avancée de l’armée du duc Casimir, Castelnau part en Allemagne pour revenir avec une troupe de secours de six mille cavaliers, qui eux aussi arriveront après la signature de la paix de Longjumeau le « La réforme en France jusqu’à l’Édit de Nantes » Auguste Bailly. Français. Paris 1960. 552 pages qui met fin à cette deuxième guerre de religion.

De 1568 à 1570