La contention désigne, dans le domaine médical, l'ensemble des procédés et dispositifs destinés à entraver la mobilité d'une personne ou d'une partie du corps humain, afin d'en assurer l'immobilisation. On en distingue trois types : contention physique (maîtrise corporelle), mécanique (liens) ou chimiques (tranquillisants ou neuroleptiques administrés souvent par injection en cas de crise violente, ou de façon plus régulière, par voie orale) ; de nombreux auteurs estiment que l'abus de contention chimique est la dérive la plus fréquente dans le monde pédiatrique et pédopsychiatrique..

Utilisée dans plusieurs disciplines et pour des motifs variés (éviter le suicide, l'automutilation, la Pica, l'hétéro-agressivité), elle soulève des enjeux éthiques dès qu'elle porte atteinte à la liberté du patient, notamment dans le cas de dispositifs coercitifs tels que la camisole de force ou l'isolement imposé en psychiatrie. Bien que distincte de l'isolement, elle lui est souvent liée, en réponse ou prévention des conduites d'agitation de certains patients dits malades mentaux et appartenant généralement à la population présentant le plus haut risque de suicide abouti.

La contention forcée, devraient n'être utilisées qu'en dernier ressort. Selon les pays, les établissements et les patients possiblement concernés, elle est plus ou moins utilisée et c'est un sujet parmi les plus débattus en milieu institutionnel.. ..

Depuis la fin du siècle, en France et dans le monde, des .

.. En France, le ministère de la Santé a exprimé en 2026 l'objectif de réduire fortement, voire supprimer totalement le recours à la contention d'ici 2030.

Historique Le mot contention vient du latin contentio (signifiant la lutte).

En France, c'est Philippe Pinel, qui en 1793, fait libération des malades de leurs chaînes dans l'Hôpital de Bicêtre et celui de la Salpêtrière, un acte considéré comme l'un des premiers actes d'« éthique » envers les patients souffrant de troubles mentaux.

En 1991, l'ONU pose le principe d'une préférence pour l'alternative « la moins restrictive des libertés » en matière de soins en santé mentaleLivia Velpry (2018) Agir au mieux en situation extrême : la gestion des troubles du comportement sévères dans une unité de soins intensifs pour personnes autistes. Contrainte et consentement en santé mentale. Forcer, influencer, coopérer ⟨halshs-01936787⟩..

En 2016, en France la mise en contention ou en chambre d'isolement en psychiatrie sont qualifiées de pratiques de dernier recoursLOI n° 2016-41 de modernisation de notre système de santé, du 26 janvier 2016..

Dans les années 2010-2020, en France, un Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL, Adeline Hazan nommée pour 6 ans) a été créé le 30 octobre 2007 à la suite de la signature du protocole facultatif à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, mais a commencé à travailler le 13 juin 2008. Ce contrôleur doit veiller à , mais aussi au respect des droits à la vie, à l'intégrité physique et psychique ou à ne pas être soumis à un traitement inhumain ou dégradant. Il estime en 2020 (après enquête) qu'un Français sur cinq souffrira de troubles mentaux au moins une fois dans sa vie ou toute sa vie, et qu'en 2018, ont été hospitalisées en psychiatrie, dont près d'un quart sans leur consentement (CGLPL, 2020) CGLPL (2020). Soins sans consentement et droits fondamentaux. [Rapport thématique]. Contrôleur général des lieux de privation de liberté ; Soins sans consentement et droits fondamentaux (rapport intégral, PDF, 179 pages). Contrôleur général des lieux de privation de liberté ; éditions Dalloz ..

Contention consentie par la personne 100px|vignette|Attelle de la main droite.|alt=Plusieurs types de contention physique doivent être distingués :

la contention posturale passive : maintenir une partie du corps dans une certaine position ( attelle, plâtre, standing bar) ; la contention posturale active : travail du kinésithérapeute ; la contention avec consentement de la personne pour sa sécurité et son confort qui se sent ainsi rassurée.

Contention sans consentement de la personne L'emploi de l'isolement et de la contention (physique ou chimique) sans le consentement de la personne, visant à la priver de sa mobilité, et est une atteinte aux droits fondamentaux de la personne ; autorisée à certaines conditions (en cas de forte irritabilité et/ou de déambulation sources de mise en danger de la personne et/ou d'autrui (dans un contexte de démence par exemple), surviennent, elle pose toujours des questions légales, éthiques et déontologiques qui sont traités de manières différentes selon les établissements et territoires ( selon l'IRDES, au début des années 2020, )....

C'est une pratique jamais anodine, qui est paradoxalement parfois proche de certains "mauvais traitements" voire de torture, mais qui peut notamment limiter le risque de suicide. Le vécu émotionnel du patient soumis de force à la contention est généralement très négatif. Il peut être exacerbé chez certains, dont chez les personnes autistes et/ou avec déficience intellectuelle, dont certaines ne protesteront pas, ce qui peut conduire à une surenchère de mesures d'isolement et de contention, voire de maltraitance. Certaines personnes autistes ne supportent pas qu'on les touche, peuvent être non verbaux ou subir un mutisme sélectif face au stress intense, et/ou supportent très mal le contact avec certains tissus (la contention peut être utilisée dans certaines situations SCATED, acronyme signifiant (incluant les comportements-défis, dont le trouble oppositionnel avec provocation, et d'autres formes de trouble de la dysrégulation émotionnelle), notion utilisée dans un décret de mise en application de la loi de 2005 et dans un rapport du Centre d'études, de documentation, d'information et d'actions sociales [associé à la Fondation de France] en 2012, ainsi que dans certains groupes de travail) ; Des alternatives sont souvent possible, avec par exemple dans le cas de certaines spécificités autistiques une approche sensorimotrice ..

La contention est en outre source de stigmatisation : le Contrôleur général des lieux de privation de liberté note que ; les soignants, quant à eux, peuvent ressentir de la frustration, de la culpabilité, du dégoût, de la tristesse, de la colère et de la peur, la contention pouvant être assimilée selon eu à une maltraitance (plus ou moins nécessaire selon les cas). Pour changer cela, J. Guivarch (2016) propose un meilleur accompagnement du patient en faisant vivre les principes d'autonomie et de bienfaisance dans le soin et via des séances d'éthique appliquée où l'on questionnera perpétuellement cette pratique ; ainsi qu'en redonnant une place centrale aux réunions cliniques en psychiatrie..

Même en cas de troubles neurocognitifs majeurs (dont chez des enfants dans les services de pédopsychiatrie, principalement par l'usage de ceintures fixées au lit, ou chez la personne âgée touchée par la maladie d'Alzheimer), elle confronte les soignants à la gestion de la dégradation (momentanée ou durable) des fonctions mentales et de certains symptômes psychocomportementaux ( démence), qui sont à la fois un défi clinique et une source de risque pour le patient et son entourage. La contention physique est parfois utilisée pour prévenir ces dangers, mais les études montrent une forte hétérogénéité des usages, des perceptions, et des ressentis parmi les soignants (certains exprimant un sentiment de culpabilité tout en étant convaincus d'agir au mieux à ce moment pour la sécurité du patient). Comme l'isolement c'est une réponse nécessaire mais jamais suffisante, il faut y adjoindre le repérage de signes avant-coureurs, et une évaluation de la satisfaction des patients, et bien évaluer sa faisabilité dans de bonnes conditions dans les services d'urgence..

Dans l'« Intersecteur de psychiatrie de la personne âgée », des chartes et recommandations justifient certaines restrictions de liberté au nom de la bienfaisance, en cas d'autonomie mentale défaillante, mais la contention est parfois une forme de transgression éthique. Ce questionnement est encore peu présent dans les décisions psychiatriques et dans la conduite des soins en pratique clinique notent en 2026 G. Lavigne et C. Hazif-Thomas..

Des EPI (équipements de protection individuelle) adaptés à la contention sont, selon J. Lefèvre-Utile (2018), ; les soignants peuvent alors ..

Des études ethnographiques se sont intéressés aux soignants de la psychiatrie spécialisée (par exemple en charge de l'autisme avec déficience intellectuelle). Elles ont mis en évidence leur vulnérabilité morale face à la gestion des comportements défiants, quand ils doivent gérer l'impact émotionnel des crises et de la détresse suscité par l'usage de mesures de contrôle physique. L'un des obstacles aux alternatives à la contention est l'ambiguïté perçue entre soin et contrôle, ainsi que le manque d'approches véritablement inclusives ; alors que l'engagement personnel et professionnel des soignants apparaît être un levier essentiel. Reconnaître cette vulnérabilité soignante permettrait de promouvoir des pratiques fondées sur une autonomie relationnelle et une éthique du care, susceptibles de réduire la logique et la prégnance du contrôle en psychiatrie..

Handicap, inégalités de genre et d'origine Un travail de deux ans de recherche, publié en 2007, basé sur 960 patients d'un service d'urgence psychiatrique d'Europe du Nord, a évalué la fréquence et les types de mesures de contention, ainsi que leur association avec l'âge, le genre et l'origine migratoire : dans ce panel, 14 % des patients ont subi une contention. ; le "risque" d'en subir une était significativement plus élevé chez les personnes d'origine immigrée, en particulier parmi les plus jeunes ; les patients natifs étaient le plus souvent soumis à une contention mécanique seule, alors que ceux d'origine immigrée étaient plus souvent concernés par une combinaison de contention mécanique et pharmacologique ; l'usage de la contention diminuait nettement après 60 ans.

En 2020, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté constate que :

En France La contention physique est définie par la Haute autorité de santé (HAS), dans ses recommandations de bonne pratique sur l'isolement et la contention via 3 définitions complémentaires, issues de sources différentes : utilisation de la force physique (par une ou plusieurs personnes) afin d' ; mesure de contrôle visant à ; restriction à maîtrise des mouvements d'un patient .

La loi française du 5 juillet 2011 a réformé les soins psychiatriques sans consentement en réaffirmant les droits du patient, via : le contrôle systématique de la contention subie (par le juge des libertés et de la détention) ; la possibilité de soins ambulatoires imposés dans le cadre de programmes de soins ; une nouvelle procédure d'admission pour « soins en cas de péril imminent », visant à faciliter l'accès aux soins pour les personnes isolées ou désocialisées. La législation française introduit un régime de rétention et de surveillance de sûreté permettant l'enfermement ou le contrôle renforcé de personnes considérées comme présentant une dangerosité très élevée en raison d'un trouble grave de la personnalité, indépendamment de la commission d'une nouvelle infraction. Ce dispositif, fondé sur une présomption de dangerosité, a été critiqué par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, qui y voit une rupture avec les principes fondamentaux du droit pénal, notamment la légalité et la proportionnalité des peines. Parallèlement, l'augmentation des soins psychiatriques sous contrainte au titre du péril imminent ou de l'urgence recouvre des situations très hétérogènes, incluant des comportements sans substrat psychiatrique avéré, mêlés à de véritables détresses psychiques telles que les crises psychotiques aiguës ou suicidaires.