L'aéroport de Charleroi Bruxelles-Sud est un aéroport belge situé dans le nord de la ville de Charleroi. Il est localisé à environ au sud de Bruxelles - et à de l'aéroport international de Bruxelles, principal aéroport du pays -, d'où le qualificatif « Bruxelles-Sud » ajouté à son nom, afin de le rendre plus visible et attractif.

Avec passagers en 2024, Charleroi Bruxelles-Sud est le deuxième aéroport du pays et le premier de la Région wallonne quant au trafic de passagers.. Il est surtout dévolu aux compagnies aériennes à bas prix, notamment Ryanair, et à l'aviation légère.

Situation géographique

L'aéroport de Charleroi Bruxelles-Sud est situé sur le territoire de la ville de Charleroi, dans la section de Gosselies.

L'aéroport est en concurrence avec les aéroports de Bruxelles-National, Düsseldorf, Lille et Luxembourg. En outre, Charleroi est au cœur du quadrilatère Londres – Paris – Francfort-sur-le-Main – Amsterdam, qui regroupe les quatre aéroports les plus fréquentés d'Europe – Londres-Heathrow, Paris-Charles-de-Gaulle, Amsterdam-Schiphol et Francfort-sur-le-Main – sans compter les autres aéroports londoniens (Gatwick, Stansted, Luton, City et Southend) et parisiens (Orly et Beauvais).

Histoire vignette|gauche|Vue aérienne du champ d'aviation de Gosselies, carte postale des années 1920. Les premières activités aériennes à Gosselies remontent à 1919 : une école de pilotage, fondée entre autres par Fernand Jacquet., est ouverte sur le Mont des Bergers - point culminant de la région - puis, l'année suivante, la SEGA (Société Générale d’Aéronautique) débute des activités de maintenance aéronautique. Son activité consiste essentiellement en l’entretien et la réparation des machines volantes utilisées par les nombreux aéro-clubs de la région. Quatre cents pilotes militaires et civils destinés à l’aéronautique militaire sont formés à l’école d’aviation. En 1931, les statuts de la société Avions Fairey S.A. sont signés. Cette société allait faire de Gosselies un centre de l’industrie aéronautique belge. vignette|Vue du champ d'aviation avec les installations Fairey au début des années 1930. Après la Seconde Guerre mondiale, Gosselies est classée dans la catégorie des aérodromes publics et son exploitation est assurée par la Régie des voies aériennes (RVA). En 1954, associée à Fairey, la Société anonyme belge de constructions aéronautiques (SABCA) installée à Haren crée une seconde usine à Gosselies.

Dans les années 1970, Liège et Charleroi sont reliés quotidiennement à Londres-Heathrow. L’expérience sera rapidement abandonnée en raison de résultats décevants. L’aérodrome de Gosselies sera pratiquement sans aucun trafic passagers et sera utilisé principalement pour les vols privés, les vols d’entraînements et parfois quelques vols charters. En 1978, la SONACA, Société Nationale de Construction Aéronautique, est créée pour reprendre les activités de Fairey.

C’est le que la société anonyme Brussels South Charleroi Airport (BSCA) voit le jour. Cette opération s’inscrit directement dans le cadre du transfert effectif, de l’État aux Régions, des pouvoirs de gestion et d’exploitation des aéroports régionaux, transfert qui aura lieu le . Au cours des années 1992 et 1993 sont mis en place un ensemble de procédures de gestion qui commencent à prendre effet en 1995 et plus encore en 1996.

Le , la compagnie à bas prix Ryanair lance la liaison Bruxelles Sud Charleroi – Dublin, première légitimation du nouveau nom. Le succès est immédiatement au rendez-vous, l’aéroport enregistre un trafic de passagers par an. Le , l’aéroport de Bruxelles Sud Charleroi devient la première base continentale de Ryanair et enregistre passagers en 2001. Le phénomène low-cost en Belgique prend des parts de marché..

Pour faire face au trafic en rapide augmentation, un nouveau terminal (T1), d'une capacité annuelle de 3,5 millions de passagers, est inauguré le , tandis que le terminal T2, opérationnel en , portera la capacité annuelle de l'aéroport à passagers. Afin de permettre des opérations aériennes en condition de très basse visibilité, l'aéroport est équipé d'un "Instrument Landing System" en 2009. En d’autres termes, les avions peuvent décoller et atterrir malgré des conditions météorologiques peu favorables.

De nombreuses compagnies s’installent au sein de l’aéroport : en 2004 la compagnie aérienne hongroise Wizz Air, en 2006 la compagnie Jet4you (intégrée dans TUI fly Belgium), en 2007 Private Wings, en 2009 Jetairfly (devenue TUI fly Belgium) et Air Arabia Maroc (qui a quitté l'aéroport), en 2014 Pegasus Airlines et Thomas Cook (qui a quitté l'aéroport), en 2017 Air Corsica et Belavia.

Début , l'aéroport a dépassé les 7 millions de passagers annuels. Jean-Jacques Cloquet, l’Administrateur Délégué de l'aéroport, déclare le sur la radio privée Bel RTL avoir profité de 150 000 passagers supplémentaires à la suite des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles, qui avait paralysé Brussels Airport, qui était fermé pendant au moins 2 semaines.

Fin , l'aéroport a inauguré le Terminal 2, destiné à désengorger le Terminal 1 lors des heures de pointe et ainsi atteindre 10 000 000 de passagers annuels. Le nouveau terminal est entré en service le .

Le , le premier vol long-courrier de l'histoire de l'aéroport décolle à 15h02. Assuré par Air Belgium, il relie Charleroi à l'aéroport international de Hong Kong. Toutefois, tant que la piste de l'aéroport n'aura pas été allongée, les avions ne peuvent voler à pleine capacité. L'allongement de la piste est alors promis pour 2021, tandis que 6 à 7 millions € sont prévus pour un nouveau terminal, un lounge et une zone commerciale, entre autres.

Dès le mois de , Air Belgium suspend ses vols à destination de Hong Kong, en raison d'un litige avec les tours-opérateurs chinois. Dans un premier temps, un retour au printemps des vols vers la ville chinoise est prévue. En , la compagnie annonce que cette suspension provisoire devient définitive.

Deux nouvelles compagnies rejoignent l'aéroport. En d'abord, Air Algérie propose des vols à destination d'Alger. Ensuite, en octobre de l'année suivante, c'est au tour de Laudamotion de relier Charleroi, cette fois à l'aéroport de Vienne.

En , le permis pour l'allongement de la piste, de à , est octroyé par le Gouvernement wallon. La première pierre est posée le . L'objectif est alors d’atteindre les 10,5 millions de passagers à l’horizon 2026. Les travaux devraient se terminer pour la fin de l'année 2021.

Durant l'été 2019, la compagnie Air Belgium annonce qu'elle lancera dès la fin de l'automne une liaison vers la Guadeloupe et la Martinique. Deux destinations qui n'ont alors jamais été desservies directement depuis la Belgique. Le premier vol a lieu le samedi . Initialement prévus jusqu'au , la compagnie a prolongé ces vols jusqu'au .

À la suite de la crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus et aux confinements successifs, l'aéroport a enregistré une baisse historique de son activité en 2020.. Pour faire face aux difficultés financières, un accord a été signé entre les autorités publiques et les partenaires privés pour une recapitalisation à hauteur de 40 millions d'euros..

En , l'aéroport de Charleroi-Bruxelles-Sud dépasse, pour la première fois de son histoire, la barre des 10 millions de passagers annuels.

Infrastructures thumb|Aérogare du terminal 1 de l'aéroport de Charleroi Bruxelles Sud, vu depuis le tarmac. Terminal 1 Le terminal 1 est le principal terminal de l'aéroport. Situé au nord de la piste, à proximité immédiate de l'Aéropôle, il a été inauguré le , et mis en service le de la même année. Il remplace l'ancienne aérogare, située au sud de la piste, et qui avait atteint les limites de sa capacité. Son coût est estimé à 110 millions €, pour une capacité initiale de 5 millions de passagers par an, laquelle peut être portée ultérieurement à 8 millions. Il comporte 24 desk d'accueil et une vingtaine de bornes automatiques, et dispose de de surface commerciale, et de 12 portes d'embarquement.

Durant l'été 2010, l'aérogare arrive progressivement à saturation. La décision est prise d'augmenter la capacité du terminal, dès 2011 avec l'ajout de quatre portes d'embarquement supplémentaires, au rez-de-chaussée. Alors que l'aéroport termine l'année 2010 avec une fréquentation record de plus de 5 millions de passagers, le permis pour la construction de ces nouvelles portes d'embarquement est délivré en . Par la suite, un appel d'offres a été lancé, en vue de sélectionner un bureau d'études chargé de se pencher sur une extension de l'aéroport. Le , les quatre nouvelles portes d'embarquement sont inaugurées, pour un coût des travaux s'élevant à 4 millions €. Elles permettent à l'aéroport de traiter seize avions simultanément, contre douze auparavant.

En , une enquête publique concernant l'extension de l'aérogare est lancée. On parle alors d'étendre le bâtiment d'environ , avec de nouvelles portes d'embarquement, et de séparer le terminal des départs de celui des arrivées. En , la Ville de Charleroi délivre le permis d'extension. Celui-ci porte sur une surface de . Cependant, une décision de la Commission européenne imposant à l'aéroport de payer un loyer annuel de 15 millions € – contre 3 millions € auparavant – vient limiter ses capacités financières. L'agrandissement « XXL » de l'aéroport, dont le coût est estimé à 80 millions €, est reporté. En , la direction de l'aéroport lui préfère un « petit » agrandissement, à faible coût (15 millions €) et à réaliser rapidement. En avril, le ministre wallon chargé des aéroports, Carlo Di Antonio, confirme cette orientation, parlant d'un « petit terminal bis ». Le président du conseil d'administration de BSCA, Laurent Levêque, évoque quant à lui une « croissance maîtrisée » pour les années à venir. Ce « petit terminal bis » deviendra le terminal 2. Parallèlement à la construction de ce terminal, une extension du terminal 1 est construite, et dédié aux destinations non-Schengen.

Depuis les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles, qui touchèrent notamment l'aéroport de Bruxelles-National, un poste de pré-contrôle a été installé devant l'aérogare. À l'avenir, un bâtiment en dur remplacera les installations provisoires.

À la suite du déménagement des services administratifs et de direction vers le bâtiment Éole, dans l'Aéropôle, l'espace libéré à l'étage du terminal 1 permettra d'y développer des surfaces commerciales et horeca. Ces nouvelles installations devraient être inaugurées en .

Terminal 2 Le terminal 2 est le second terminal de l'aéroport.

Initialement, le plan principal original prévoyait une plus grande extension de l'aéroport. Mais la décision de la Commission européenne imposant une augmentation du loyer versé par l'aéroport auprès de la Région wallonne, de 3,5 millions à 15,5 millions €, a obligé la direction de l'aéroport à revoir ses ambitions à la baisse. La demande de permis est déposée en . Quant au financement du projet, malgré un refus des actionnaires privés (et minoritaires), le Conseil d'administration donne son feu vert en pour entamer des démarches auprès des banques ; la moitié du financement se faisant sur fonds propres, et l'autre moitié par emprunt bancaire. Le permis d'urbanisme est délivré en , et les travaux commencent en .