est une chanson écrite et composée par Paul Simon. Elle paraît en 1968 sur , le quatrième album du duo Simon and Garfunkel. Elle est considérée comme l'une de leurs meilleures chansons.

Les paroles s'inspirent d'une virée routière effectuée par Simon avec sa petite amie Kathy Chitty. Elles décrivent un jeune couple qui parcourt les routes des États-Unis en auto-stop et en autocar à la recherche de « l'Amérique », au sens propre comme au sens figuré.

Histoire

Écriture et enregistrement

Pour écrire , Paul Simon s'inspire d'une virée routière effectuée au mois de avec sa petite amie Kathy Chitty. Simon, qui vit alors à Londres, est rappelé aux États-Unis par le producteur Tom Wilson pour finaliser le mixage et la pochette du premier album de Simon & Garfunkel, . Le chanteur, qui n'a pas envie de se séparer de Chitty, l'invite à l'accompagner et ils passent cinq jours ensemble sur les routes américaines.

D'après le disc-jockey Bob Dyer, Simon aurait écrit en 1966, après que Simon & Garfunkel ont été invités à se produire à Saginaw, dans le Michigan, pour la branche locale de la YMCA. C'est de là que viendrait la référence à Saginaw dans les paroles de la chanson..

fait partie des dernières chansons enregistrées pour . À la suite du départ du producteur , son enregistrement, qui prend place le au studio Columbia B, situé dans le à Manhattan, est supervisé par Simon et Garfunkel eux-mêmes avec l'aide de l'ingénieur du son .

Parution et accueil

est publié le par Columbia Records. occupe la troisième piste de la première face du 33 tours, entre et . La critique mitigée de l'album parue dans le magazine , due à Arthur Schmidt, salue les arrangements de cuivres et les paroles de la chanson..

En 1972, est reprise sur , la première compilation officielle du duo. Elle figure également en face B du single édité pour la promouvoir, une version en concert inédite de . Ce single se classe des ventes aux États-Unis. Columbia inverse ensuite les deux faces du single et atteint la du hit-parade au mois de novembre. Dans sa critique de pour , Stephen Holden ne tarit pas d'éloges pour , qu'il décrit comme un grand pas en avant pour Simon en tant que parolier avec son alternance de détails spécifiques et d'observations générales. « Je ne pense pas qu'une chanson puisse être à la fois plus compacte et plus fluide que ça », conclut-il..

Avec le recul, est souvent considérée par les critiques et le public comme l'une des meilleures chansons de la discographie de Simon & Garfunkel : « pièce maîtresse de » d'après , « splendide vignette » pour David Nichols dans . Le disc-jockey Pete Fornatale la considère comme le meilleur morceau écrit par Paul Simon à ce stade de sa carrière. En 2014, invite son lectorat à élire les 10 meilleures chansons de Simon & Garfunkel. arrive en quatrième position de ce sondage, derrière , et . Le journaliste Andy Greene explique qu'elle « capture l'agitation et la confusion qui régnaient aux États-Unis l'année qui vit les assassinats de Martin Luther King et Robert F. Kennedy, ainsi que l'escalade de la guerre du Viêt Nam. ».

Postérité

Réutilisations

En 2016, la chanson sert de bande-son à une publicité en faveur de Bernie Sanders dans le cadre des primaires présidentielles du Parti démocrate. Son utilisation est approuvée aussi bien par Simon que par Garfunkel..

En 2010, les paroles de la chanson sont peintes à la bombe sur des bâtiments vides et des usines abandonnées à Saginaw. C'est l'œuvre du collectif d'artistes Paint Saginaw, qui souhaite attirer l'attention sur le déclin économique et démographique de la ville.

Reprises

Yes

est réarrangée par le groupe de rock progressif Yes en 1970. Ils l'interprètent en concert lors de la première tournée après le remplacement du guitariste Peter Banks par Steve Howe. Yes intègre à la chanson des éléments caractéristiques du rock progressif (changements de signature rythmique, longs segments instrumentaux) tout en supprimant la coda originale. Le bassiste Chris Squire cite de la comédie musicale dans l'introduction. Leur reprise dure dix minutes et demi dans sa version studio, mais il arrive qu'elle s'étende sur plus de quinze minutes pendant la tournée 1970-1971.

Les musiciens ayant participé à l'enregistrement de la version studio sont : Jon Anderson : chant Steve Howe : guitare Chris Squire : basse Rick Wakeman : orgue Hammond, piano électrique Bill Bruford : batterie

Cette version studio voit le jour en 1972 sur , une compilation d'artistes du label Atlantic Records. Elle est incluse par la suite sur la compilation de Yes en 1975, le coffret en 2002 et en bonus sur la réédition de 2003 de l'album .

Une version raccourcie à 4 minutes est publiée en single en 1972 et atteint la du Billboard Hot 100. Cette version courte est incluse dans le coffret et sa version condensée , ainsi que dans la compilation et en bonus de la réédition de 2003 de , tandis que la version studio non éditée apparaît sur l'édition remixée par Steven Wilson du même album en 2013. Une version live de la chanson apparaît sur en 1996, tandis qu'une version tirée du dernier concert de la tournée 1970-1971 voit le jour dans le coffret en 2005.

Dans son autobiographie, Steve Howe décrit comme « une sorte d'enregistrement perdu », qui figure rarement sur les best-of de Yes et le plus souvent sois sa forme tronquée. Il rapporte avoir croisé Paul Simon à l'occasion d'un concert caritatif en 1992 et que celui-ci a répondu par l'affirmative quand Howe lui a demandé s'il aimait la reprise de Yes..

Autres reprises

Avant même la sortie de l'album , est interprétée sur scène par le groupe de rock psychédélique écossais 1-2-3, rebaptisé Clouds en 1968. Leur version comprend des changements de signature rythmique et des passages supplémentaires, dont des intermèdes classiques, anticipant de quelques années le traitement que Yes apporte à cette chanson. Les membres du groupe ont découvert les chansons de Paul Simon à travers des démos enregistrées par ce dernier aux studios Levy de Londres en 1965. Une copie de ces démos leur a été fournie par l'ingénieur du son Stu Francis de Radio Luxembourg.

Le , le chanteur folk Bert Sommer interprète dans le cadre de son passage au festival de Woodstock. Elle figure également sur son deuxième album studio, , sorti l'année suivante.

Le , David Bowie ouvre le Concert for New York City par une interprétation minimaliste de la chanson, simplement accompagné par un omnichord.

a également été reprise par : Hamilton Camp sur l'album (1969) Phil Upchurch sur l'album (1969) Paul Desmond sur l'album (1970) The King's Singers sur l'album (1989) Josh Groban sur l'album (2003) sur l'album Lucy (2010) America sur l'album (2011) First Aid Kit sur l'EP America (2014)

Caractéristiques artistiques

Outre la guitare acoustique de Simon, l'instrumentation est assurée par des musiciens de studio réputés : le batteur Hal Blaine, le claviériste Larry Knechtel et le bassiste Joe Osborn. Sur , la chanson commence avec un fondu enchaîné avec le morceau précédent, . Cet effet n'est pas présent sur les versions parues en single, qui commencent par une ouverture nette.

Les paroles, écrites à la première personne, suivent un jeune couple qui effectue un voyage sur les routes « à la recherche de l'Amérique ». La compagne du narrateur s'appelle Kathy, comme la véritable petite amie de Simon. Ce dernier l'a déjà mentionnée dans , le précédent tube du duo, ainsi que dans , une chanson d'amour parue sur l'album . Le narrateur passe quatre jours à faire de l'auto-stop depuis Saginaw pour rejoindre Kathy à Pittsburgh, où ils empruntent un autocar Greyhound pour continuer leur voyage. Pour passer le temps, ils fument des cigarettes et s'amusent à essayer de deviner les origines de leurs compagnons de voyage. Kathy lit un magazine avant de s'endormir, laissant le narrateur réfléchir seul au sens du voyage. Dans le dernier couplet, le narrateur exprime ses sentiments les plus profonds à une Kathy incapable de l'entendre ou de lui répondre : « Je suis vide et j'ai mal et je ne sais pas pourquoi. » En regardant par la fenêtre, il compte les voitures sur l'autoroute du New Jersey Turnpike, dont tous les occupants sont comme lui « à la recherche de l'Amérique ». Les harmonies ascendantes et les cymbales contribuent à donner une puissance dramatique à la fin de la chanson.

Marc Eliot décrit comme « un tableau cinématique dans lequel le chanteur recherche une Amérique littérale et concrète qui semble avoir disparu avec sa beauté et ses idéaux ». Pour Pete Fornatale, ses paroles sont « une métaphore qui nous rappelle les âmes perdues qui erraient sur les autoroutes et les chemins de traverse de l'Amérique du milieu des années soixante en luttant dans les remous du désespoir et de l'espoir, de l'optimisme et de la désillusion ». Thom Jurek y voit « une ellipse, un message codé, une question à laquelle aucune réponse ne peut être apportée. ».

Fiche technique

Chansons

Musiciens

Simon & Garfunkel

Paul Simon : chant, guitare acoustique Art Garfunkel : chœurs

Musiciens supplémentaires

Hal Blaine : batterie Larry Knechtel : orgue Hammond Joe Osborn : basse inconnu : saxophone soprano

Équipe de production

Paul Simon : producteur Art Garfunkel : producteur : producteur, ingénieur du son Bob Johnston : assistant de production

Classements et certifications

+ Classements hebdomadaires Classement Meilleureposition

Références

Bibliographie

. . .

Liens externes

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