Vladimir Ghika, Vladimir Ghyka ou Ghica, né à Constantinople le et mort à la prison de Jilava (près de Bucarest) le , est un prélat roumain issu d'une famille princière. Initialement orthodoxe, il passe au catholicisme et est ordonné prêtre catholique. Diplomate du Saint-Siège, fondateur d'hospices, adversaire du nazisme et du communisme, il est arrêté à près de 80 ans et meurt sous la torture en prison.

Il est déclaré bienheureux et martyr le . Il est fêté le .

Biographie Vladimir Ghica était le cinquième enfant du prince Jean Ghica, général et ambassadeur roumain auprès de l'Empire ottoman, et de son épouse, née Alexandrine Moret de Blaremberg. Il appartenait à la dynastie princière Ghica qui régna sur la Moldavie et la Valachie du . Son grand-père était Grigore V Ghica.

Élevé selon la tradition familiale dans la foi orthodoxe, il suivit ses études à Toulouse et à Paris, puis chez les Dominicains à l'Angelicum de Rome. Tourmenté par la recherche de l'unité des chrétiens et convaincu qu'elle pouvait être réalisée en reconnaissant la primauté du pape, il fit profession de la foi catholique en 1902Convertis du , Éditions Casterman, 1955, Paris-Tournai. Il obtint un doctorat en théologieBiographie de Vladimir Ghika sur le site du diocèse de Paris..

De retour en Roumanie, Vladimir Ghica fonda un dispensaire des Filles de la Charité et organisa en 1913 un lazaret pour les victimes du choléra. Il regagna Paris quelques années plus tard et, à l'âge de 50 ans, fut ordonné prêtre le par l'archevêque de Paris, le cardinal Louis-Ernest Dubois. Le pape lui accorda l'autorisation de célébrer la messe selon les deux rites, latin et byzantin. En ce sens, Vladimir Ghica se situait « à la croisée des mondes oriental et latin », comme un « précurseur en œcuménisme modernePhilippe Brizard, « déclaré martyr », L'Œuvre d'Orient , avril-juin 2013. ».

À Paris, Vladimir Ghica, désormais connu comme Vladimir Ghyka ou Ghika, s'installe à l'« Église des étrangers » au 33, rue de Sèvres (actuelle église Saint-Ignace). Il est proche de Jacques Maritain, d'Emmanuel Mounier, de Paul Claudel, de Charles Du Bos et, d'une manière plus générale, des intellectuels catholiques qui se retrouvaient autour des Maritains et des Bénédictines de la rue Monsieur. Il choisit alors de vivre parmi les déshérités et partit exercer son apostolat dans un bidonville de Villejuif, où il fut notamment à l'origine de l'église Sainte-Thérèse.

thumb|Timbre Roumain à l'effigie de Vladimir Ghika, à l'occasion des 5 ans de sa béatification.

En 1931, Pie XI le nomma protonotaire apostolique et l'envoya en mission au Japon et aux Congrès eucharistiques internationaux de Sydney, Carthage, Dublin, Buenos Aires, Manille et Budapest. Quand éclata la Seconde Guerre mondiale, Vladimir Ghica sollicita l'autorisation, qui lui fut accordée, de rentrer à Bucarest. En liaison avec la nonciature, il s'occupa principalement des réfugiés polonais qui avaient fui l'invasion nazieÉlisabeth de Miribel, La Mémoire des silences, Fayard, 1987, ., et pendant plusieurs années il se consacra aux plus démunis.

Après la guerre et la chute de la monarchie, il fait parvenir au Saint-Siège des rapports sur les persécutions du régime communiste de Roumanie contre les églises gréco-catholiques et romano-catholique. Il est arrêté le par la Securitate, la police politique communiste, accusé d'« espionnage au profit d'une puissance impérialiste » (le Vatican), puis condamné à trois ans d'incarcération au terme d'un simulacre de procès en même temps que cinq autres prêtresÉlisabeth de Miribel, op. cit., sqq.. Malgré son grand âge, il est privé de sommeil, insulté, maculé d'excréments, battu jusqu'au sang, torturé. Il mourut le à l'infirmerie de la prison de Jilava, des suites de ces mauvais traitements. Sa tombe est visible au cimetière Bellu de Bucarest (zone 19). Les inscriptions en grec sur sa tombe rappellent qu'il fut orthodoxe jusqu'à l'âge de 29 ans.

Son buste a été sculpté par le statuaire Philippe BesnardL'Atelier, Bulletin , 2008, de l'Association Le Temps d'Albert Besnard, consacré à l'œuvre de Philippe Besnard, .

Des reliques lui ayant appartenu sont déposées dans le nouvel autel de Notre Dame de Paris, le .

Vénération

Esprit Seize ans après sa mort, en 1970, le P. Bernard Lecareux, curé de Mérigny, fonde la Fraternité de la Transfiguration afin de poursuivre l'œuvre de Vladimir Ghica en faveur de l'unification des chrétiens nicéens (les patriarcats orthodoxes et la papauté catholique), selon l'esprit et la règle de l'encyclique Mortalium animos de Pie XI.

Culte thumb|200px|Reliques de Vladimir Ghika exposées dans la cathédrale Saint-Joseph de Bucarest.

Reconnaissance du martyre Le , au service célébré à l’abbaye bénédictine de Sainte-Marie où Monseigneur Ghika eut à Paris son port d’attache, le Révérendissime Dom Olphe Gaillard déclara dans son allocution prononcée en présence du Nonce Apostolique, Monseigneur Marella : «Il a été victime, victime volontaire, immolée pour sa foi: c’est la définition même du martyr»Une âme de feu, Monseigneur Vladimir Ghika, d'après les documents réunis par Mgr. Barlèa, Michel de Galzain, 1961.

Son procès en béatification, sous le nom de Vladimir Ghika, est ouvert en 1991 par la phase diocésaine dans le diocèse catholique de Bucarest. Il est clôturé en 2003 puis étudié par la Congrégation pour les causes des saints.

Le décret sur son martyre, ouvrant la voie à sa béatification, est ainsi signé le par le pape François..

Béatification

La messe de béatification a lieu en la de Bucarest, le , sous la présidence du cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints.

Le bienheureux Vladimir Ghika est fêté chaque année le , anniversaire de sa mort Monseniorul Vladimir Ghika va fi beatificat la 31 august 2013, la București..

Œuvres Méditation de l'Heure sainte, 1912 Pensées pour la suite des jours, Beauchesne, 1923 Les Intermèdes de Talloires, 1924 La Messe byzantine dite de saint Jean Chrysostome, 1924 La Visite des pauvres, 1923 La Sainte Vierge et le Saint-Sacrement, 1929 La Femme adultère, mystère évangélique, pièce de théâtre 1931 La Souffrance, 1932 La Liturgie du prochain, 1932 La Présence de Dieu, 1932 Entretiens spirituels, Beauchesne Derniers Témoignages (présentés par Yvonne Estienne), Beauchesne, 1970

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Biographie Jean Daujat, L'Apôtre du , Ghika, Nouvelles Éditions latines, 1962 Suzanne-Marie Durand, Vladimir Ghika, prince et berger, Casterman, 1962 Yvonne Estienne, Une flamme dans le vitrail, Souvenirs sur Ghika, éd. du Chalet, 1963 Michel de Galzain, Une âme de feu, Vladimir Ghika, Beauchesne, 1961 Élisabeth de Miribel, La Mémoire des silences : Vladimir Ghika, préface de Maurice Schumann, Fayard, 1987 Hélène Danubia, Prince et martyr, l'apôtre du Danube, Ghika, Téqui, 1993 Horia Cosmovici, Monseniorul: amintiri din viața de apostolat, Editura MC, Bucarest, 1996. Antonio Maria Sicari o.c.d., Vladimir Ghika. L'Angelo della Romania, in Il nono libro dei Ritratti di santi', Jaka Book, 2006. Charles Molette, . Prince, prêtre et martyr, AED, 2007. Horia Cosmovici, Monseniorul: amintiri și documente din viața Monseniorului Ghika în România, Editura Galaxia Gutenberg, Târgu Lăpuș, 2011. Anca Mărtinaș, Vladimir Ghika. Prințul cerșetor de iubire pentru Cristos, Editrice Velar, Editura ARCB, Bucarest 2013. Anca Mărtinaș, Vladimir Ghika. Il principe mendicante di amore per Cristo, Editrice Velar, Editrice ELLEDICI, Gorle, 2013. Francesca Baltaceanu et Monica Brosteanu, Vladimir Ghika, professeur d'espérance, préface de , Cerf, 2013 Francisca Băltăceanu, Andrei Brezianu, Monica Broșteanu, Emanuel Cosmovici, Luc Verly, Vladimir Ghika. Profesor de speranță'', préface de , Editura ARCB, Bucarest 2013.

Études . . . . .

Liens externes

Site officiel consacré à Vladimir Ghika Entretiens spirituels de Vladimir Ghika, Google Livres Conférence du P. Daniel Ange sur Vladimir Ghika, Vladimir Ghika amicus sur Vladimir Ghika, Vladimir Ghika amicus présenté par , diocèse de Paris, YouTube

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