Le canton de Neuchâtel (NE), officiellement la République et Canton de Neuchâtel., est l'un des 26 cantons de la Suisse. Son chef-lieu est Neuchâtel.
Géographie Généralités vignette|Vue du lac de Neuchâtel et du littoral depuis la chaîne jurassienne.
Le canton de Neuchâtel est situé au nord-ouest de la Suisse dans le massif du Jura. Il comprend une partie basse bordant le lac de Neuchâtel, désignée par le Littoral ou le Bas ainsi qu'un plateau plus élevé, situé à environ d'altitude, désigné par les Montagnes neuchâteloises ou le Haut. La ville de Neuchâtel est située sur le littoral, celles de La Chaux-de-Fonds et de Locle sont situées dans les Montagnes. Elles jouxtent la frontière française située sur le Doubs, du nom de la rivière qui coupe la vallée en deux. Le Bas s'étend de Vaumarcus jusqu'à la limite du lac de Bienne. Plusieurs vallées existent entre le Haut et le Bas. Le Val-de-Travers, situé à l'ouest du canton, et le Val-de-Ruz - au centre - en sont les principaux.
Le canton de Neuchâtel culmine à l'ouest du Chasseral, à d'altitude., et ses points les plus bas se trouvent au bord des lacs de Bienne et de Neuchâtel, à d'altitude... Avec , Neuchâtel est le quinzième canton suisse par sa superficie.
Régions, communes et villes
Le canton était historiquement divisé en six districts qui formaient les quatre régions du canton : le district de Neuchâtel et le district de Boudry forment ensemble la région Littoral, le district du Val-de-Ruz ainsi que le district du Val-de-Travers forment chacun une région distincte qui porte le nom du district (Val-de-Ruz et Val-de-Travers). Le district de La Chaux-de-Fonds ainsi que celui du Locle forment ensemble la région Montagnes. Les districts sont supprimés le , les régions deviennent un échelon statistique mais plus du tout administratif..
Le canton de Neuchâtel compte 24 communes au , dont trois villes : Neuchâtel avec , La Chaux-de-Fonds avec et Le Locle avec .
Lacs et cours d'eau vignette|Les gorges de l'Areuse entre le Val-de-Travers et le Littoral.
La géomorphologie du Jura est de type karstique, ce qui rend difficile la présence d'un grand nombre de lacs et de cours d'eau. Malgré cela, on compte un certain nombre de lacs et de rivières dans le canton ; Le lac de Neuchâtel déjà cité plus haut est le plus grand lac sur le territoire suisse. D'autre part, on peut citer le lac des Taillères situé près de La Brévine et souvent utilisé en hiver pour le patinage lorsqu'il est gelé. Le lac des Brenets est situé à la frontière entre la Suisse et la France près de l'ancienne commune des Brenets. Le canton compte également deux lacs artificiels formés sur le Doubs par le barrage du Châtelot : le lac de Moron et le lac de Biaufond ; Les principales rivières du canton sont l'Areuse qui traverse le Val-de-Travers pour se déverser dans le lac de Neuchâtel après avoir emprunté les gorges de l'Areuse, la Serrière près de Neuchâtel, le Seyon qui traverse le Val-de-Ruz, emprunte les gorges du Seyon pour se déverser dans le lac de Neuchâtel et finalement le Doubs qui fait la frontière entre la Suisse et la France.
Faune, flore et paysages vignette|gauche|Le Creux-du-Van dans le Val-de-Travers.
Parmi les sites et paysages caractéristiques du canton, on peut citer le Creux-du-Van, un large cirque rocheux situé dans le Val-de-Travers qui forme le cœur d'une réserve naturelle couvrant plus de . Outre une riche flore alpine, on peut y observer des bouquetins qui ont été introduits dans le canton en 1965 ; Les vallées des Montagnes comprennent plusieurs hauts-marais, dont le plus important (et le plus visité) est le bois des Lattes aux Ponts-de-Martel. Après avoir été exploitées pendant plusieurs siècles (chauffage et tourbe horticole), ces tourbières sont désormais protégées depuis 1978. Elles recèlent une faune et une flore particulières comme la Vipère péliade ou des plantes carnivores comme les Rossolis (Drosera sp.), des espèces fortement menacées dans le Jura et plus généralement en Suisse ; Le canton de Neuchâtel est également connu pour ses pâturages boisés. Ils sont formés d'une mosaïque d'arbres et de prés, utilisés durant l'été pour la pâture du bétail, principalement des vaches mais également pour la production forestière ; Le canton abrite également parmi les dernières populations de Grand Tétras de la chaîne jurassienne.
Climat + Relevé météorologique du canton de Neuchâtel pour la période 1981-2010. Données Station jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année Températures moyennes max. (°C) La Brévine. 20 6 Neuchâtel. 5 14 La Chaux-de-Fonds. Températures moyennes min. (°C) La Brévine 6 Neuchâtel 15 3 La Chaux-de-Fonds Précipitations (mm) La Brévine 144 128 132 116 141 134 131 125 127 130 134 154 Neuchâtel 70 63 69 68 88 87 85 103 93 89 74 89 978 La Chaux-de-Fonds 107 99 111 98 141 124 126 136 128 123 120 128 Ensoleillement (heures) La Brévine − − − − − − − − − − − − − Neuchâtel 45 81 137 165 185 208 238 221 166 99 57 39 La Chaux-de-Fonds 100 106 134 150 159 180 212 200 158 131 97 82 Source : MétéoSuisse.
Transports vignette|ICN à la gare de Neuchâtel.
Plusieurs lignes de chemin de fer traversent le canton, dont la principale est celle dite « du pied du Jura » où passent les ICN reliant Genève ou Lausanne à Bâle ou Zurich / Saint-Gall. Ces trains s'arrêtent à Neuchâtel ; des trains régionaux circulent sur cette même ligne en direction d'Yverdon-les-Bains et de Bienne (liaison ouverte en 1860). Une ligne régionale relie Neuchâtel aux villes du Haut en passant par la gare de Chambrelien (où le train doit rebrousser chemin). Une ligne relie finalement la Chaux-de-Fonds à Bienne. Toutes ces lignes sont exploitées par les CFF. Une ligne relie également Neuchâtel à Berne ; elle est exploitée par la société BLS ; Neuchâtel se situait sur la ligne de TGV reliant Berne à Paris de 1987 à 2013. Depuis, la gare se situe sur la ligne de Paris-Gare-de-Lyon à Lausanne avec une correspondance par RegioExpress en gare de Frasne. Une ligne SNCF (TER) relie également Besançon, en France à La Chaux-de-Fonds ; Une ligne de train relie Neuchâtel au Val-de-Travers. Elle est exploitée par TransN (Transports publics neuchâtelois) qui opèrent également deux lignes à voie métrique reliant La Chaux-de-Fonds à La Sagne et aux Ponts-de-Martel d'une part, Le Locle aux Brenets d'autre part. Les CJ (Chemins de fer du Jura) opèrent une ligne entre la Chaux-de-Fonds et les Franches-Montagnes ; Plusieurs lignes de bus relient les gares à la plupart des communes du canton, exploitées par TransN ou CarPostal. Finalement, un tram relie Neuchâtel à Boudry ; Toutes les villes, ainsi que certains villages, ont par ailleurs leur propre réseau interne de transports par bus ou trolley ; Le canton entretient un réseau dense de routes parmi lesquelles on peut citer l'autoroute A5 traversant le littoral et continuant en direction de Bienne et d'Yverdon-les-Bains et la H20 entre Neuchâtel et la Chaux-de-Fonds puis Le Locle qui emprunte le tunnel sous la Vue des Alpes inauguré en 1994 ; Le canton de Neuchâtel est aussi pourvu d'un aéroport régional près de la Chaux-de-Fonds (aéroport des Éplatures) et de deux aérodromes, l'un près de Colombier et l'autre à Môtiers ; La navigation sur le lac de Neuchâtel est possible durant toute l'année. Des bateaux relient chaque jour les rives nord et sud du lac et du printemps à l'automne des lignes à vocation touristique permettent quotidiennement des excursions sur les lacs de Bienne et de Morat.. Après plusieurs années consacrées à sa restauration, le bateau à vapeur et à roues à aubes « Neuchâtel » a été remis en service en avril 2014.
Histoire
vignette|gauche|Carte du canton de Neuchâtel établie en par Ratelband. vignette|La Chaux-de-Fonds en 1863 lors du Tir fédéral.
La présence d'hominidés dans la région est attestée dès le paléolithique moyen, avec la présence de néandertaliens occupant la grotte de Cotencher et la grotte des Plaints. Entre -3800 et -3500, les terres neuchâteloises sont l'origine de la civilisation de Cortaillod dont les hommes commençaient à construire des villages, cultiver des céréales et façonner des poteries. Les découvertes archéologiques exceptionnelles faites lors de la correction des eaux du Jura (1868–1878) sur le site de La Tène ont donné au second âge du fer le nom de La Tène (de -500 à -50) et témoignent que l'endroit devait être un important péage sur la route entre le Rhône et le Rhin.
Jusqu'à l'an mille, on a peu de matériel concernant la région en particulier. On sait qu'en 998 les moines de Cluny fondent le prieuré de Bevaix. Ces années voient aussi la création de la ville de Neuchâtel. En 1011, première apparition écrite du nom de Neuchâtel dans un acte de donation de Rodolphe III de Bourgogne à sa femme Irmengarde. Le territoire cantonal devient vassal des Bourguignons, puis aussi combourgeois avec les cantons alémaniques ou encore sous la coupe du Saint-Empire romain germanique.
Dès le , le comté de Neuchâtel et Valangin devient une principauté, statut qui l'a relativement mis en dehors de tous les conflits armés extérieurs.
Fin , Guillaume Farel introduit la Réforme protestante dans le canton. Avec la révocation de l'édit de Nantes, Neuchâtel voit affluer nombre de huguenots. Le haut du canton commence à se peupler. Les souverains de l'époque, les Orléans-Longueville, notamment Henri II, portent beaucoup d'attention à ce coin de pays.
Lors du décès en 1707 de Marie de Nemours, les Neuchâtelois choisissent comme suzerain le roi de Prusse, l'éloignement géographique leur permettant d'être plus tranquilles.
En 1806, , après avoir obtenu Neuchâtel par un échange avec le roi de Prusse, remet la principauté au maréchal Louis-Alexandre Berthier.
En 1814, le roi de Prusse reprend officiellement possession de la principauté. Neuchâtel est reçu le (en même temps que Genève) dans la Confédération suisse, avec pleine égalité de droits..
Durant un siècle, le futur canton se développe économiquement, avec l'essor de l'horlogerie et la création de nombreuses manufactures textiles (les indiennes). La Société typographique de Neuchâtel édite durant cette période de nombreux livres interdits en France.
Le , la Diète fédérale réunie à Zurich admet la principauté de Neuchâtel dans la Confédération suisse, comme 21 canton. Elle reconnaît au roi de Prusse la qualité de prince de Neuchâtel. L'acte de réunion proprement dit du canton a été signé ultérieurement, soit le , la signature du Pacte fédéral du entérinant définitivement ces admissions. Dans la tradition, le canton de Neuchâtel reconnaît son adhésion à la Confédération le . Le a été célébré comme le bicentenaire.
Cette adhésion comme Principauté et canton implique que les dirigeants, dont le gouverneur du canton ainsi que les chefs de l'armée, seront nommés par le roi de Prusse. En revanche, militairement, il sera défendu par la Suisse et il devra se soumettre aux impératifs de celle-ci (envoyer des contingents à sa requête), et les échanges commerciaux seront soumis aux exigences suisses (taxe, douanes, etc.), mais le canton devra continuer de payer les émoluments sous forme d'impôts au roi de Prusse.
Ce n'est qu'avec la révolution du que Neuchâtel perd son statut de principauté en échange de celui de république, et s'intègre pleinement à la Suisse moderne. Il rompt les liens avec la monarchie prussienne qui ne s'en formalise pas, dans les faits en tout cas, car le traité de 1814 n'a pas officiellement été révoqué.
En à la suite de l'affaire de Neuchâtel, une tentative de coup d'État monarchiste durant laquelle le roi de Prusse menace de prendre les armes contre Neuchâtel et qui se finit par l'arrestation des putschistes, les dirigeants européens menés par Napoléon III, peu enclins à voir les troupes prussiennes traverser le Rhin, réussissent la médiation qui enlève tout droit sur Neuchâtel au roi de Prusse et accorde définitivement le statut de pays neutre à la Suisse.