Lunion de la Russie et de la Biélorussie (URB)La traduction française est celle du département de l'information et de la presse du ministère des Affaires étrangères de la fédération de Russie : « La priorité pour la Russie sera […] le travail de formation de l'Union de la Russie et de la Biélorussie, dans le cadre de la Communauté économique eurasiatique et du traité de la sécurité collective. » , dépêche datée du 29 décembre 2001, publiée le 8 janvier 2002. (en , Soiouz Rossi i Bieloroussi (SRB) ; en , Saiouznaïa dziarjava Rassi i Belaroussi) est une union supranationale de type confédérale et intergouvernementale qui est censée conduire à une progressive « fusion » entre la fédération de Russie et la république de Biélorussie (aussi appelée de Bélarus).

Elle fut créée par l'association de deux traités conclus entre Minsk et Moscou : le traité d'union entre la Biélorussie et la Russie signé le et le traité sur la création de l'union de la Russie et de la Biélorussie signé le La Yougoslavie ratifie également le Traité de l'Union slave. La Communauté de la Serbie-et-Monténégro, puis la Serbie succéderont à la Yougoslavie dans son rôle..

Formée dans le cadre de la Communauté des États indépendants, de la Communauté économique eurasiatique et du Traité de la sécurité collective . En tant que confédération, l'Union ne siège pas à l'Organisation des Nations unies.

L'union politique ne progressant guère et les deux pays conservant leur souveraineté nationale, l'Union n'a pas encore abouti à la suite de divergences entre les positions russes et biélorusses. D’autres états peuvent être membres de cette organisation, comme l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, en tant qu’états observateurs.

Différents noms de l'Union Bien que son nom officiel soit union de la Russie et de la Biélorussie, l'Union possède énormément d'appellations se ressemblant : Union de la Russie et de la Biélorussie (en russe : ) ;

État uni de la Russie et de la Biélorussie. (en russe : ) ; État unifié de la Russie et de la Biélorussie. (en russe : ) ; État de l'Union (en russe : ) ; .

Les États participant aux activités de l'Union vignette|droite|En rouge, les pays membres de l'union, et en violet, les autres pays membres de la CEI.

Les États membres de l'Union Russie (1999), État membre fondateur. Biélorussie (1999), État membre fondateur.

Les États observateurs (reconnus ou de facto) au sein de l'Union République fédérale de Yougoslavie (1999-2003) : Serbie-et-Monténégro (2003-2006) ; Serbie (2006). Abkhazie (2008) (État non reconnu internationalement) ; Ossétie du Sud (2008) (État non reconnu internationalement).

Liberté de circulation et de résidence pour les citoyens biélorusses et russes

Dans le cadre de l'union de la Russie et de la Biélorussie, les citoyens de chacune des deux parties bénéficient de la liberté de circulation, d'installation et de résidence sur le territoire de l'autre partie The agreement between the Republic of Belarus and the Russian Federation on providing the equal rights of citizens of the Republic of Belarus and the Russian Federation on freedom of travel, the choice of the place of stay and residence in the territories of the State Parties of the Union State.

Histoire de l'Union Dates importantes (chronologie) : création de la communauté de la Russie et de la Biélorussie entre la fédération de Russie et la Biélorussie. : signature du Traité d'union entre la Biélorussie et la Russie, remplaçant la communauté par l'union de la Russie et de la Biélorussie. : accords d'approfondissement signés pour amplifier l'intégration politique, économique et sociale. : adoption du Traité sur la création de l'union de la Russie et de la Biélorussie, qui a établi les institutions et cadre légal de l’État d'Union. : la Russie ratifie le Traité sur la création de l'union ; la Yougoslavie, elle, rejoint l'Union en tant que membre observateur. : la Biélorussie ratifie le Traité sur la création de l'union ; le Traité entre donc en vigueur. 2000-2005 : la « stagnation » de l'intégration russo-biélorusse. 2005-2007 : le « dégel » russo-biélorusse. 2007-2009 : la « relance » russo-biélorusse. : l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud deviennent des membres observateurs de l’État d'Union. 2009 : mise en place d'une DCA commune entre la Biélorussie et la Russie. : mise en place de l'union douanière entre la Russie et la Biélorussie. 2012 : adhésion du Kazakhstan à l'union douanière russo-biélorusse (union douanière de l'Union eurasiatique, puis Union économique eurasiatique).

Contexte, origines et naissance de l'Union (1989-1997) Fin de l'URSS (1989-1991) et Communauté des États indépendants (1991-1995) vignette|droite|Les 15 républiques fédérées soviétiques.

En , Eltsine, président du Soviet suprême de la RSFS de Russie déclara la souveraineté de la Russie. En , le Putsch de Moscou, mené par des membres conservateurs du gouvernement communiste, opposés aux réformes démocratiques de Gorbatchev (Glasnost et Perestroïka), montra à quel point le pouvoir central soviétique s'était fragilisée. Le complot échoua en grande partie grâce à l'intervention de Eltsine et des réformistes qui ont ainsi renforcé leur poids dans la lutte de pouvoirs au sein du Kremlin.

Au cours de l'automne 1991 les républiques constituantes de l'URSS proclamaient, l'une après l'autre, leur indépendance sans que le président soviétique Gorbatchev n'ait la possibilité de s'y opposer par la force. En , Eltsine publia un décret qui interdisait les activités du Parti communiste de l'Union soviétique sur le territoire de la fédération de Russie. Le , Gorbatchev démissionne de son poste de président de l'URSS, après qu'Eltsine a proclamé d'autorité, lors d'une séance au parlement, la dissolution de l'Union soviétique et l'indépendance de facto de la Russie qu'il dirige désormais.

vignette|180px|gauche|La Communauté des États indépendants.

La Communauté des États indépendants (CEI), une collectivité intergouvernementale de coopération, est créée le par le Traité de Minsk conclu entre Eltsine (président de RSFS de Russie), Kravtchouk (président de l'Ukraine) et Chouchkievitch (président du Parlement de la Biélorussie)La Communauté des États Indépendants. lors de leur réunion à la résidence de Viskouly où ils publièrent aussi au même moment une déclaration selon laquelle l'Union soviétique était dissoute. L'accord constitutif de la CEI était supposé faciliter l'accès à l'indépendance des républiques soviétiques et développer la coopération multilatérale.

Le , le Kazakhstan devient indépendant. Le , lors du sommet de Alma-Ata, la CEI est élargie à l'Arménie, à l'Azerbaïdjan, au Kazakhstan, au Kirghizistan, à la Moldavie au Turkménistan, au Tadjikistan et à l'Ouzbékistan alors que l'Ukraine, la Russie et la Biélorussie, eux, reçoivent le statut de membre fondateur de la Communauté. De plus, le Traité d'Alma-Ata, conclu lors de ce sommet et confirmant le Traité de Minsk, stipule la création de deux organes exécutifs de la CEI. Le , lors du sommet d'Alma-Ata, un accord est également conclu entre les quatre puissances nucléaires de la CEI (la Russie, l'Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan) sur l'instauration d'un commandement unique des forces nucléaires stratégiques. À cette occasion, un commandement militaire unifié fut également instauré.

Le , la Russie est reconnue par les Occidentaux comme État continuateur de l'Union soviétique et lui succède au Conseil de sécurité des Nations unies. Le , Gorbatchev (qui était encore président, mais sans pays, son pouvoir ne signifiait plus rien) démissionne de son poste de président de l'Union soviétique (après qu'Eltsine a proclamé d'autorité, lors d'une séance au parlement, la dissolution de l'Union soviétique et l'indépendance de facto de la Russie qu'il dirige désormais) et, donc, de son poste de directeur du Parti communiste, puis transmet à Eltsine, président de la Russie, le contrôle de l'armement nucléaire. Le , le Soviet suprême se réunit et dissout formellement l'Union soviétique.

Face à la difficulté économique due à l'éclatement de l'Union soviétique (1991) et aux immobilismes de la CEI (1994), certains pays issus de l'ex-URSS avaient émis des initiatives pour créer des unions plus poussées et plus dynamiques au sein de l'espace post-soviétique. Une partie des républiques de la CEI, conduite par notamment la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie, l'Ukraine et le Kirghizstan ont donc plaidé pour un niveau de rapprochement plus important que celui atteint au sein de la CEI. En effet, une proposition faite en 1994 par le président kazakh Nazarbayev envisageait la création d'une union eurasiatique mais cette proposition ne fut jamais adoptée Imprimé à l'origine dans Kommersant, 4 juin 2007, . (traduction anglaise par Ferghana.ru)..

Traité de libre-échange russo-biélorusse (1995)

Dans ce contexte, la Biélorussie, plus dépendante politiquement et économiquement que les autres ex-républiques soviétiques envers la Russie., cherche une alliance plus poussée sur le plan économique, politique et social avec elleSelon le Grand Atlas pour le , édition Le Soir, page 120.. Ainsi, sous la pression de ses propres opposants politiques qui défendaient la réunion des deux États, le président biélorusse Loukachenko voulait lier l'économie vacillante de son pays à celle de la Russie. Parallèlement, lassés de la crise et du déclin de leur propre pays sur la scène internationale, de nombreux Russes se disent favorables à la création d'un État unique entre la Russie et la Biélorussie, toutes deux slaves et de religion orthodoxe.

Ainsi, après une zone de libre-échange de la Communauté des États indépendants (CEI) créée en 1992, une union douanière fut mise en place entre la Biélorussie et la Russie pour faciliter leurs échanges, en Union douanière.Chronologie de la Biélorussie.. Réservée originellement à la Russie et à la Biélorussie, le Kazakhstan (1995) et le Kirghizistan (1996) adhéreront à l’union douanière par la suite. Ces processus d'intégration régionale seront les bases du processus d'« unification russo-biélorusse ».

Traité d'amitié et de coopération russo-biélorusse et référendum en Biélorussie (1995)

En 1995, avec ce traité, les parties contractantes coopéreront étroitement afin de maintenir la paix, la stabilité, la sécurité régionale et mondiale. Les parties contractantes mettront en place des relations d'amitié, de bon voisinage et de coopération, guidées par les principes du respect mutuel de la souveraineté de l'État et l'intégrité territoriale, l'inviolabilité des frontières, le règlement pacifique des différends et le recours à la force ou la menace de la force, l'égalité et la non-ingérence dans les affaires intérieures, le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que d'autres principes et normes universellement reconnus du droit international.

En , peu de temps après la signature du traité d'amitié et de coopération entre les deux pays, la Biélorussie a entrepris un référendum afin de renforcer davantage le lien l'unissant à la Russie. Ce référendum va être l'un des éléments déclencheur de la création des traités créés entre 1996 et 2000.

Naissance de l'union de la Russie et de la Biélorussie (1996-2000) Communauté de la Russie et de la Biélorussie (1996-1997) Le , un accord fut signé par Loukachenko et Eltsine afin de créer la Communauté de la Russie et de la Biélorussie.. Les parties ont alors convenu de créer une communauté politique et économique entre la Russie et la Biélorussie pour harmoniser les questions politiques et économiques entre les deux pays. ainsi que mettre les ressources et la capacité intellectuelle des deux États au service l'un de l'autre afin de garantir le redressement économique : « La création de conditions égales pour améliorer la vie des peuples et leur développement spirituel ».

Le traité a eu également, pour autre effet, la création du Conseil suprême et du Comité exécutif.