vignette|La Durance (à gauche) est un affluent de rive gauche du Rhône (à droite, coulant du bas vers le haut) à Avignon (en bas).

Un affluent ou tributaire est un cours d'eau qui se déverse dans un autre cours d'eau ou dans un lac..

Le lieu où un cours d'eau reçoit un affluent s'appelle point de confluence ou confluent. Le plus souvent, l'affluent possède un débit plus faible que le cours d'eau qu'il rejoint.

Mais ce n'est pas toujours le cas : parfois le tributaire est plus puissant, même en débit annuel moyen, que le cours d'eau qui est historiquement et géographiquement considéré comme principal, ainsi que l'atteste le maintien de son hydronyme en aval du confluent.

Le cours d'eau principal qui reçoit l'affluence de son tributaire se nomme, par opposition avec ce terme, le distributaire du système fluvial. Le cours d'eau dans lequel se jette un affluent reçoit aussi le nom d'« effluent ». Au couple d'opposition « tributaire / distributaire » correspond à peu près le couple « affluent / effluent » [voir aussi notes 1 et 2].

Typologie et généralités Ordonnancement et présentation des affluents

Position Un affluent se caractérise d'abord selon la position relative où il se trouve par rapport au cours d'eau principal : suivant la rive et le sens de l'écoulement : « affluent de rive droite » ou « affluent de rive gauche » ; (rappel : la rive droite d'un cours d'eau est celle qui est à ma droite quand, tournant le dos à la source, je regarde dans le sens du courant vers l'aval et vers l'embouchure) ; suivant le versant et la différence d'altitude : on dit « affluent amont » (du côté le plus haut, soit pour les rivières qui affluent dans la partie du cours d'eau principal la plus proche de sa source) ou « affluent aval » (du côté le plus bas, plus près de son embouchure).

Hiérarchisation Ensuite, il s'agit de déterminer le rang de chaque affluent dans l'arborescence du système hydrographique, et donc d'ordonner ce système en lui conférant une hiérarchisation topologique (ce système relève donc aussi d'une description mathématique).

Il existe différentes manières de décrire cet ordonnancement et de ranger cette arborescence..

vignette|gauche|Confluent, à Namur, du fleuve Meuse (à gauche et au premier plan) et de son important affluent la Sambre (située à droite de la photo mais en rive gauche de la Meuse qui s'écoule vers la droite).

Ainsi, les affluents d'une rivière, ou d'un fleuve, sont souvent énumérés dans le sens du courant, à partir des cours d'eau les plus proches de la source jusqu'à ceux qui sont les plus proches de l'embouchure du cours d'eau principal. Cette organisation à partir de la source est dite de type "top-down" soit du haut vers le bas..

On peut aussi ordonner la présentation des affluents à partir de la bouche et en remontant vers la source, toujours en distinguant les affluents de rive droite et les affluents de rive gauche. Cette fois, c'est l'organisation dite de type "bottom-up" ou du bas vers le haut..

Le nombre de Strahler examine l'arrangement des affluents d'un cours d'eau. Il les hiérarchise selon un ordre premier, ou deuxième, ou troisième ou supérieur, l'affluent de premier ordre étant alors le niveau le moins élevé : le premier ordre regroupe en effet les cours d'eau sans affluent. Deux (au minimum) affluents de premier ordre se combinent pour former un affluent de deuxième ordre, et ainsi de suite. Leur arborescence est organisée et définie par le nombre de Strahler dans la théorie des graphes.

Par exemple, on dit que le « rang de Strahler » du Mississippi est de dix., soit dix embranchements de niveau croissant ce qui indique une dimension de complexité élevée pour le « système fluvial » du Mississippi dont le bassin versant est le troisième plus grand du monde après ceux de l'Amazone et du Congo. Selon les sources, le rang de Strahler du Rhône est de neuf., ou de dix aussi., ce qui signe encore un niveau de complexité élevé pour le système hydrologique du plus puissant fleuve de France. Le rang de Strahler du plus complexe réseau fluvial et du plus grand bassin versant du monde, celui de l'Amazone, est de douze.

Sous-affluent

L'affluent d'un affluent peut être qualifié de « sous-affluent » du cours d'eau principal (qu'il soit un fleuve, une rivière plus importante, ou un plan d'eau de référence). Encore faut-il, pour que l'affluent d'un affluent soit considéré comme un véritable sous-affluent du fleuve principal, que l'apport de ce sous-affluent au système fluvial concerné soit notable.

Par exemple la Meurthe et la Sarre sont des rivières importantes affluentes de la Moselle qui est elle-même un affluent du Rhin : elles peuvent donc être considérées comme des sous-affluents du Rhin. Pour ce qui est de la Vologne ou de l'Orne, qui sont aussi des affluents de la Moselle mais sont des rivières moins importantes, il est moins sûr qu'elles accèdent au rang de sous-affluent du Rhin.

Après la confluence En aval d'une confluence, le lit de la rivière résultant de la conjonction des deux cours d'eau précédents est généralement plus étroit que la somme des largeurs des deux rivières en amont, alors que leurs débits respectifs s'additionnent exactement. Cette relative étroitesse est donc compensée par une plus grande profondeur du lit et une rapidité accrue du courant, pour "absorber" un débit plus puissant dans un espace légèrement restreint.

Bien sûr, les eaux des deux contributeurs (le tributaire-affluent et le distributaire-cours principal) deviendront bientôt indiscernables les unes des autres en aval du confluent, à une distance plus ou moins grande de ce dernier en fonction de la puissance respective des deux cours d'eau convergents et de la miscibilité de leurs eaux, de leur plus ou moins forte hétérogénéité au départ (différences de température, de densité, ou de taux d'acidité notamment). Un cas célèbre de mélange difficile des eaux de deux affluents, où les deux flux se côtoient longtemps sans fusionner, est celui du lieu-dit , soit le confluent du Rio Negro et du Rio Solimões qui se rejoignent sans brassage pendant plusieurs dizaines de kilomètres, voire plus d'une centaine (cf. les photographies ci-dessous et une analyse de ce phénomène dans les articles concernés par ces trois hydronymes).

Opposés d'affluent : émissaire, défluent, bifurcation

L'opposé de l'affluent d'un plan d'eau est un émissaire. Par exemple, le Rhône est un émissaire du Léman vers l'aval (comme il en est un affluent en amont), puisqu'il en émane après l'avoir traversé. De même la Vologne est à la fois l'affluent et l'émissaire du lac de Longemer à d'altitude ; elle s'en écoule au nord-ouest par les trois pierres saint Florent.

L'opposé de l'affluent d'un cours d'eau est le défluent, qui est une séparation d'un cours d'eau en plusieurs cours d'eau qui ne se rejoindront plus. Par exemple, le delta du Rhône est formé de deux défluents principaux : le Petit-Rhône et le Grand-Rhône.

Un autre opposé de l'affluent d'un cours d'eau (plus rare) est la bifurcation ou diffluence complète d'une rivière qui se divise vers l'aval en deux branches : la masse d'eau qui est bifurquée donne deux ramifications en forme de fourche, selon l'étymologie latine du mot (), lesquelles s'écoulent dans deux systèmes fluviaux différents.

Critères de discrimination affluent/cours d'eau principal Au point de confluence entre un fleuve et son affluent, les habitants de sa région et les géographes ont été historiquement confrontés à la question de déterminer lequel est le cours d'eau principal (en anglais : main stream) et lequel le cours d'eau tributaire, ne serait-ce que pour les nommer (soit en onomastique toponymique), et choisir lequel va conserver son hydronyme après le confluent. Or il se trouve que ces critères sont variés (même si certains d'entre eux sont le plus souvent choisis), et qu'ils ont été fluctuants, ce qui est bien le cas de le dire.

En règle générale, lorsque deux rivières se rejoignent, est considérée comme tributaire celle qui est déterminée comme d'importance mineure d'abord en raison de son débit (plus faible), mais aussi de sa longueur (plus courte avant le confluent), et/ou de la surface de son bassin versant (plus petite). Le problème est que ces trois critères ne sont pas toujours convergents. Par exemple, à leur confluent, l'un des deux cours d'eau peut-être à la fois le plus long des deux, et avoir pourtant un débit nettement plus faible malgré un bassin versant plus grand (mais plus aride). De plus les différences d'étiages (en amplitude et en période) peuvent parfois brouiller la comparaison et le repérage du cours d'eau qui a le débit moyen le plus élevé. De même, au moment de les nommer, le cours complet et les longueurs respectives des deux cours confluant sont parfois mal connus. Enfin, parfois les deux cours d'eau sont de force, de constance et de longueur comparables et semblent "à égalité" à leur confluent. Dans tous ces cas, comment décider lequel est le fleuve et lequel l'affluent?

Alors, outre la longueur, le débit et la taille de la zone de drainage de chacun des deux cours d'eau, d'autres critères sont parfois utilisés pour définir le cours d’eau principalNotre traduction de : .. Par exemple : la distance à la mer des deux sources ; ou les largeurs et profondeurs respectives au confluent (mais le plus large n'est pas souvent le plus profond ou le plus puissant, ce qui entraîne un conflit entre ces critères) ; ou bien l’angle d’impact (par exemple lorsque l'un des deux rencontre l'autre presque à angle droit, le cours relativement le plus rectiligne sera considéré comme le fleuve, et le plus sécant comme l'affluent) ; ou encore les altitudes respectives des sources des deux cours d'eau, lorsqu'elles sont connues, la plus haute définissant alors le cours principal, celui dont la déclivité générale moyenne est la plus forte, (mais pas forcément au point de confluence).

Parfois un seul de ces critères l'emporte sur tous les autres. Parfois c'est un cumul de plusieurs critères qui emporte la décision, et de nombreux cas de figures opposés existent à la surface du globe. Mais le critère le plus communément utilisé reste le premier : celui de la plus grande longueur avant la confluence (sauf en cas de différence de débit importante et très évidente en faveur du moins long des deux cours d'eau).

D'ailleurs d'autres sources indiquent au contraire que le critère le plus discriminant et le plus fréquent est celui du débit avant celui de la longueur.. Quoi qu'il en soit de ces règles générales et de la fréquence respective de leur observance ou de leurs exceptions, ce dernier critère du débit le plus fort est loin d'être toujours appliqué : ainsi par son débit nettement supérieur à celui de la Seine à Montereau, c'est l'Yonne et non la Seine qui devrait apparaître comme le véritable cours d'eau principal du bassin parisien. !

Le concept de discrimination à l’œuvre dans le couple d'opposition cours principal/cours tributaire, qui impose un choix et relève d'une sorte de vision de sujétion de l'un à l'autre, n'est pas toujours appliqué, et la confluence de deux cours d'eau, surtout lorsqu'ils sont très comparables, donne alors "naissance" à un "troisième" cours d'eau et à un troisième toponyme. C'est le cas par exemple en France de la Garonne et de la Dordogne qui deviennent la Gironde après leur jonction au bec d'Ambès.